jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2200956 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SAS BAROCHE ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 25 mars 2022 et le 9 novembre 2022, M. B A, représenté par Me Dutkowiak, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des redressements mis à sa charge au titre de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux de l'année 2017 ;
2°) de condamner l'Etat aux entiers dépens ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration n'est pas fondée à taxer la somme de 5 031 euros correspondant aux frais d'hébergement et de restauration qu'il a exposés en Suisse, sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, dès lors que les sommes en cause ne traduisent pas un appauvrissement de sa société mais constituent la contrepartie de l'acquisition d'éléments d'actifs par cette dernière ; subsidiairement, il n'est pas le bénéficiaire exclusif des frais en cause ;
- il est fondé à opposer à l'administration la réponse ministérielle du 22 juin 2021, sur le fondement de l'article L. 80A du livre des procédures fiscales ;
- l'administration n'est pas fondée à taxer la somme de 30 000 euros, sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, dès lors que ce montant ne traduit pas la mise à sa disposition d'une somme susceptible d'être qualifiée de revenu mais constitue la transcription comptable d'une avance en compte courant consentie par lui à sa société ; subsidiairement, la somme portée au crédit de son compte courant d'associé n'est pas disponible dès lors que, d'une part, au 31 décembre 2017, sa société ne disposait pas des liquidités suffisantes pour le rembourser et que, d'autre part, sa situation financière ne lui permettait pas de conclure un prêt auprès d'un établissement bancaire.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 septembre 2022, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est conclut :
1°) au non-lieu à statuer à hauteur des dégrèvements accordés en cours d'instance ;
2°) au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle soutient que :
- le rappel correspondant à la réintégration de la somme de 5 031 euros a été abandonné en cours d'instance ;
- M. A ne renverse pas la présomption de distribution posée par le 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts dès lors que la réalité du prêt qu'il soutient avoir conclu avec un ami n'est pas établie ;
- la situation financière de la société ne permet pas de conclure que la somme portée au crédit du compte courant du requérant était indisponible au 31 décembre 2017.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frédéric Durand, rapporteur,
- et les conclusions de Mme Céline Marini, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A était président et associé de la société par actions simplifiée, unipersonnelle Trade of cars. Cette société a fait l'objet, courant 2020, d'une vérification de comptabilité qui a porté sur la période allant du 1er janvier 2017 au 31 décembre 2018. L'administration fiscale a tiré les conséquences des résultats du contrôle en réintégrant dans les résultats imposables de M. A la somme de 35 031 euros au titre des revenus réputés distribués, sur le fondement du 1° et du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. M. A a saisi l'administration d'une réclamation tendant la décharge de ces rehaussements, qui a été explicitement rejetée, le 26 janvier 2022.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 14 septembre 2022, postérieure à l'introduction de la requête, l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est a prononcé le dégrèvement, à concurrence de la somme de 381 euros et 1 466 euros, en droits et 48 euros et 70 euros, en pénalités, au titre de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux auxquels M. A a été assujetti au titre de l'année 2017. Les conclusions de la requête sont donc, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
3. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices () ".
4. Les sommes inscrites au crédit d'un compte courant d'associé ont, sauf preuve contraire apportée par l'associé titulaire du compte de nature à démontrer notamment qu'il n'avait pas la disposition des sommes inscrites à son compte, ni qu'il n'aurait pu, en droit ou en fait, y opérer un prélèvement, le caractère de revenus et sont alors imposables dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
5. Il résulte de l'instruction qu'au cours de l'exercice clos le 31 décembre 2017, la société Trade of cars a porté la somme de 30 000 euros au crédit du compte courant d'associé que M. A détient dans les livres de cette société.
6. En premier lieu, pour contester la présomption d'imposition de ces sommes, M. A soutient que la somme portée au crédit de son compte courant d'associé est la conséquence d'un prêt qu'il a consenti à sa société, pour financer l'acquisition d'une immobilisation, et qu'il a lui-même financé au moyen d'un prêt que lui a consenti un ami.
7. Pour justifier de la réalité du prêt que lui a consenti son ami, M. A produit la copie d'une reconnaissance de dette, établie sous seing-privé, le 20 mai 2017 ainsi que différents extraits de comptes desquels il ressort que les fonds ont été virés directement du compte de l'ami de M. A à celui de la société Trade of cars. Si la circonstance qu'une reconnaissance de dette n'a pas été enregistrée ne fait pas obstacle à ce qu'un contribuable puisse valablement en opposer l'existence d'un prêt à l'administration dès lors que la conclusion d'un tel contrat n'est soumise à aucune formalité particulière, il ne résulte cependant d'aucune pièce comptable que M. A ait effectivement viré à la société Trade of cars les 30 000 euros qu'il prétend lui avoir prêtés. En l'absence d'un tel élément, M. A ne peut être considéré comme justifiant de ce qu'il n'avait pas la disposition des 30 000 euros crédités sur son compte courant d'associé.
8. En second lieu, M. A soutient qu'au 31 décembre 2017, sa société ne disposait pas des liquidités suffisantes pour le rembourser et que, d'autre part, sa situation financière ne lui permettait pas de conclure un prêt auprès d'un établissement bancaire.
9. Il est constant que la société Trade of cars ne disposait pas des liquidités suffisantes pour rembourser le montant du compte courant d'associé de M. A. Cependant, il résulte des pièces comptables produites que la société Trade of cars a généré un résultat de 88 606 euros au titre de l'exercice 2017, en nette progression par rapport à l'exercice 2016 au cours duquel elle n'avait constaté qu'un produit de 22 962 euros. L'exercice 2017 s'est par ailleurs caractérisé par une nette diminution de l'ensemble des emprunts et dette de la société, passant de 166 662 euros en 2016 à 104 561 euros en 2017, ces derniers étant notamment composés, à hauteur de 61 241 euros par des emprunts contractés auprès de M A et à hauteur de 1 456 euros seulement d'emprunts contractés auprès d'établissements bancaires. Par suite, en l'absence de tout autre élément tels que des refus de prêts émanant d'organisme bancaire, au regard de la situation financière particulièrement saine de la société Trade of cars, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il lui était, en fait impossible d'opérer un prélèvement sur son compte courant d'associé au 31 décembre 2017.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance et les dépens :
11. D'une part, la présente instance n'a donné lieu à aucun dépens. Les conclusions présentées à ce titre ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
12. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à la décharge des sommes de 381 euros et 1 466 euros, en droits et de 48 euros et 70 euros, en pénalités, au titre de l'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux de l'année 2017.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à l'administratrice générale des finances publiques chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Est.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
Le rapporteur,
F. Durand
Le président,
D. MartiLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200956
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026