mercredi 24 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2201288 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | GOHAUD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 3 mai et 20 juin 2022, le département de Meurthe-et-Moselle, représenté par Me Zimmer, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise portant sur les désordres affectant les brise-soleil du collège Georges Chepfer à Villers-lès-Nancy, en demandant à l'expert de déposer un pré-rapport préalablement au dépôt du rapport définitif.
Il soutient que la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle lui permettra de rechercher la responsabilité de la maîtrise d'œuvre et des entreprises en charge de la pose de brise-soleil orientables dans le cadre du marché relatif à la restructuration du collège Georges Chepfer.
Par un mémoire enregistré 10 mai 2022, la société MMA Iard et la société MMA Iard Assurances Mutuelles, représentées par Me Taesch, demandent au juge des référés :
1°) d'admettre l'intervention volontaire de la société MMA Iard ;
2°) de leur donner acte de ce qu'elles s'en rapportent à prudence de justice sur la demande d'expertise et qu'il convient de limiter aux seuls désordres allégués par le département, sans aucune reconnaissance ou approbation et sous leurs plus expresses réserves.
Elles soutiennent que la société Barizy Alu Pvc a résilié son contrat depuis le 1er janvier 2018 de sorte que seules les garanties obligatoires sont susceptibles d'être mobilisées.
Par un mémoire enregistré le 19 mai 2022, la société Plan Libre et son assureur, la CAMBTP, représentés par Me Lebon, s'associent à la mesure d'expertise sollicitée, sous leurs plus expresses réserves de droit.
Par un mémoire enregistré le 24 mai 2022, la société Barizy Alu Pvc, représentée par Me Leupold, demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte, de ce qu'elle conteste toute responsabilité dans la survenance du sinistre, sans s'opposer à la demande d'expertise sollicitée, tous droits et moyens réservés ;
2°) de constater qu'elle est régulièrement assurée auprès de la compagnie d'assurances MMA ;
3°) de réserver les dépens.
Elle conteste toute responsabilité dans le sinistre et soutient que si le procès-verbal de réception des travaux a été établi en son absence avec réserves, il ne lui a pas été demandé de procéder à la levée des réserves.
Par un mémoire enregistré le 25 mai 2022, la société Alu Badre, représentée par Me Renoux, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, sous ses protestations et réserves d'usage et de compléter la mission de l'expert conformément à ses écritures.
Par un mémoire enregistré le 30 mai 2022, la société Allianz Iard, représentée par Me Salhi, demande au juge des référés, d'une part, de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, tous droits et moyens réservés, sans reconnaissance de responsabilité ou de garanties d'aucune sorte, d'autre part, de mettre en cause la société Baumann Huppe.
Elle soutient que l'expertise devra être organisée au contradictoire de la société Baumann Huppe, qui a fabriqué et fourni les brise-soleil en litige.
Par un mémoire enregistré le 17 juin 2022, la société Baumann Huppe, représentée par Me Gohaud, demande au juge des référés :
1°) de lui donner acte de ses protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée ;
2°) de mettre en cause son assureur la compagnie d'assurances MAAF assurances ;
3°) de statuer sur les dépens.
Elle soutient que si sa responsabilité devait être engagée, il importe que cette expertise puisse se dérouler au contradictoire de son assureur, la MAAF.
Par un mémoire enregistré le 2 août 2022, la société MAAF assurances, représentée par la SCP Vilmin Canonica Remy Rollet, prise en la personne de Me Canonica, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle s'en rapporte quant à la décision de lui voir déclarer commune et opposable l'ordonnance à intervenir, sans aucune reconnaissance ou approbation et sous ses plus expresses réserves.
Elle rappelle que le fait de s'en rapporter à prudence de justice ne saurait valoir acquiescement de la demande adverse mais au contraire vaut contestation de celle-ci.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Di Candia, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer en matière de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. L'article R. 532-1 du code de justice administrative prévoit que : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
2. Le département de Meurthe-et-Moselle a confié le marché de maîtrise d'œuvre de l'opération de restructuration du collège Georges Chepfer, à Villers-lès-Nancy, à la société Plan Libre. Le lot n° 8 " Murs rideaux " a été confié à la société Alu Badre, la société Barizy Alu Pvc étant intervenue sur ce lot en qualité de sous-traitante pour la pose des brise-soleil. La société Baumann Huppe a quant à elle fourni à la société Alu Badre les brise-soleil. A la suite de ces travaux, des désordres sont apparus au niveau des brise-soleil du Collège Georges Chepfer. Le département saisit le juge des référés d'une demande d'expertise portant sur ces désordres.
3. La demande d'expertise apparaît utile pour déterminer l'origine des désordres affectant les brise-soleil du collège Georges Chepfer et entre ainsi dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de l'ordonnance.
Sur la demande de pré-rapport :
4. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir, à charge pour les parties de le lui demander. Il suit de là que les conclusions du département de Meurthe-et-Moselle tendant à ce que l'expert dresse un pré-rapport soumis aux parties ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux dépens :
5. Aux termes de l'article R. 761-1 du même code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'il n'appartient pas au juge des référés de statuer sur les dépens. Ainsi, les conclusions présentées en ce sens par la société Baumann Huppe doivent être rejetées.
ORDONNE :
Article 1er : M. A B, demeurant 10 rue Wimpfeling à Sélestat (67600), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres affectant les brise-soleil du collège Georges Chepfer à Villers-lès-Nancy ;
2°) décrire les malfaçons qui seraient constatées et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire si elles sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble ou à le rendre impropre à sa destination ; indiquer, pour chaque désordre, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences ; dans l'hypothèse où il était apparent, préciser s'il a fait l'objet de réserves et si ces réserves ont été levées ;
3°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'ouvrage ou à toute autre cause qu'il déterminera ou, en cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
4°) indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier aux désordres, en assurant la solidité du bâtiment et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus-value pour l'immeuble en cause ; dire si l'urgence et/ou la nature des désordres impliquent que des mesures conservatoires soient prises ;
5°) donner un avis motivé sur l'évaluation du coût des travaux propres à mettre fin aux désordres ; fixer la durée des travaux compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés et de leur exécution ; donner son avis sur les préjudices de toute nature causés par lesdits désordres et en évaluer le montant ;
6°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigations les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence du département de Meurthe-et-Moselle, de la société Alu Badre, de la société Allianz Iard, de la société Plan Libre, de la CAMBTP, de la société Barizy Alu Pvc, des sociétés MMA Iard et MMA Iard assurances mutuelles, de la société Baumann Huppe et de la société MAAF assurances.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de 8 mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle la présidente du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée au département de Meurthe-et-Moselle, à la société Alu Badre, à la société Allianz Iard, à la société Plan Libre, à la CAMBTP, à la société Barizy Alu Pvc, aux sociétés MMA Iard et MMA Iard assurances mutuelles, à la société Baumann Huppe, à la société MAAF assurances et à M. A B, expert.
Fait à Nancy, le 24 août 2022.
Le juge des référés,
O. Di Candia
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026