jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2201343 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | PRUD'HOMME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 mai et 25 août 2022, l'institut médico technique de Neufchâteau et la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), représentés par la SELARL Piras et associés, demandent au tribunal :
1°) de condamner la société Engie énergie services à verser à la SHAM une somme de 32 830 euros en remboursement de l'indemnité qu'elle a versée à son assuré, avec intérêts au taux légal à compter du 5 février 2019 et capitalisation ;
2°) de condamner la société Engie énergie services à verser à l'institut médico technique de Neufchâteau des sommes de 235 euros au titre de la franchise contractuelle demeurant à sa charge et de 2 241 euros au titre de la surconsommation d'eau non prise en charge par son assureur, avec intérêts au taux légal à compter du 5 février 2019 ;
3°) de mettre à la charge de la société Engie énergie services une somme de 4 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Ils soutiennent que :
- la prescription biennale n'est applicable que dans les rapports entre un assureur et son assuré ;
- le délai de la prescription quinquennale a été interrompu par la première assignation délivrée le 6 février 2020 ;
- la responsabilité contractuelle d'Engie énergie services est engagée, sur le fondement de l'article 7 du cahier des clauses techniques particulières du marché, du fait de l'insuffisance ou de la mauvaise réalisation de ses interventions dans le traitement des fuites ;
- la SHAM, subrogée dans les droits de son assuré sur le fondement de l'article L. 121-12 du code des assurances, a droit à être indemnisée à hauteur de 32 830 euros, correspondant à la somme versée à son assuré ;
- l'institut médico technique a subi un préjudice de 235 euros en raison de la franchise d'assurances demeurée à sa charge et un préjudice de 2 241 euros du fait de la surconsommation d'eau.
Par des mémoires en défense enregistrés les 27 juillet 2022 et 23 juin 2023, la société Engie énergie services, représentée par Me Prud'homme, conclut, à titre principal, au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérantes une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens ou, subsidiairement, à ce que l'indemnité mise à sa charge soit ramenée à de plus justes proportions.
Elle soutient que :
- l'action des demandeurs est prescrite, au regard de la prescription biennale du constructeur de l'article 1792-3 du code civil et, subsidiairement, de la prescription quinquennale de l'article 2243 du même code ;
- il n'est pas justifié du fondement du recours de la SHAM en sa qualité de subrogé et du fondement de responsabilité évoqué ;
- l'expertise amiable ne permet pas de démontrer l'existence du sinistre ; l'origine du déboîtement n'est pas établie ;
- l'absence de report d'alarme par la société Easy Live l'exonère totalement de son éventuelle responsabilité contractuelle ;
- les sommes demandées sont excessives ; la SHAM ne justifie de son paiement qu'à hauteur de 29 532 euros ; seul le nettoyage chiffré à 640 euros pourrait être mis à sa charge ; la perte d'eau n'est pas établie, que ce soit en termes de quantité ou de coût ;
- les intérêts ne pourraient courir qu'à compter de la décision prononçant une condamnation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des assurances ;
- le code civil ;
- le code de justice administrative.
Les parties, régulièrement averties du jour de l'audience, n'étaient ni présentes ni représentées.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Samson-Dye, présidente-rapporteure,
- et les conclusions de Mme Cabecas, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. L'institut médico technique de Neufchâteau exploite un établissement d'apprentissage composé de plusieurs bâtiments alimentés par une chaudière collective et une chaudière en sous-station. Par un marché public en date du 23 mars 2015, l'entretien et la maintenance ont été confiés à la société Cofely Services, devenue Engie énergie services. Le week-end du 21 au 22 janvier 2017, une fuite est survenue sur une canalisation d'alimentation d'eau chaude, en provenance du ballon thermodynamique. Les écoulements ont atteint un élément électrique de la chaudière en sous-station, ce qui a provoqué une coupure générale de l'alimentation électrique mettant à l'arrêt la chaudière collective, alors que les températures extérieures étaient en-dessous de 0°C, provoquant le gel des canalisations et des installations de chauffage. Au dégel, les écoulements d'eau ont provoqué des dommages aux faux-plafonds, isolants et installations électriques. L'institut médico technique de Neufchâteau a déclaré le sinistre à son assureur, la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), qui a mandaté une expertise amiable, concluant à la responsabilité de la société Engie énergie services. Par une lettre d'acceptation du 14 octobre 2017, la SHAM a indiqué indemniser son assuré à hauteur de 32 830 euros. Par une lettre recommandée avec accusé de réception du 5 février 2019, reçue le lendemain, la SHAM a mis en demeure la société Engie ES de procéder au remboursement, ainsi qu'à l'indemnisation de son assuré pour des sommes qu'elle n'a pas indemnisées. Le 6 février 2020, l'institut médico technique de Neufchâteau et la SHAM ont saisi le tribunal judiciaire de Nanterre afin d'obtenir le remboursement des sommes demandées. La société Engie énergie services ayant soulevé l'incompétence de l'ordre judiciaire, les requérantes se sont désistées, avant de saisir le tribunal administratif, par la présente requête.
Sur la recevabilité du recours de la SHAM :
2. Aux termes de l'article L. 121-12 du code des assurances : " L'assureur qui a payé l'indemnité d'assurance est subrogé, jusqu'à concurrence de cette indemnité, dans les droits et actions de l'assuré contre les tiers qui, par leur fait, ont causé le dommage ayant donné lieu à la responsabilité de l'assureur ". Il appartient à l'assureur qui demande à bénéficier de la subrogation prévue par l'article L. 121-12 du code des assurances de justifier par tout moyen du paiement d'une indemnité à son assuré. En outre, l'assureur n'est fondé à se prévaloir de la subrogation légale dans les droits de son assuré que si l'indemnité a été versée en exécution d'un contrat d'assurance. Est fondé à se prévaloir de cette subrogation l'assureur qui, bien que n'ayant pas produit la police d'assurance en exécution de laquelle il a indemnisé l'assuré, a mentionné dans le rapport d'expertise établi à sa demande les éléments concernant cette police et notamment les évènements garantis ainsi que les modalités d'indemnisation en cas de sinistre.
3. La société Engie énergie services indique, dans son premier mémoire, sans d'ailleurs reprendre cette critique dans ses dernières écritures, que le contrat d'assurance de la SHAM n'a pas été communiqué et qu'il n'est pas justifié du fondement du recours de la SHAM en sa qualité de subrogé dans les droits de son assuré. Dans ses dernières écritures, elle fait valoir qu'il n'est justifié d'un paiement par la SHAN qu'à hauteur de 29 532 euros. Elle doit être regardée comme contestant la qualité de subrogé de la SHAM, et donc la recevabilité de la requête.
4. Cependant, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que la SHAM est l'assureur de l'institut médico technique de Neufchâteau, par le biais d'un contrat ayant une date d'effet au 1er janvier 2014, ce contrat incluant la garantie " dégâts des eaux ". La SHAM justifie également avoir versé à son assuré les sommes de 25 147 euros, en octobre 2017 et de 4 150 euros, en février 2018. Il suit de là que si la SHAM justifie de sa qualité de subrogé dans les droits de l'institut médico technique de Neufchâteau, sur le fondement de l'article L. 121-12 du code des assurances dont elle se prévaut, elle n'est en revanche subrogée qu'à hauteur de 29 297 euros. Les conclusions de la SHAM doivent donc être rejetées comme irrecevables en tant qu'elles excèdent ce montant.
Sur les exceptions de prescription :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 1792 du code civil : " Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination / Une telle responsabilité n'a point lieu si le constructeur prouve que les dommages proviennent d'une cause étrangère ". Aux termes de l'article 1972-1 du même code : " Est réputé constructeur de l'ouvrage : / 1° Tout architecte, entrepreneur, technicien ou autre personne liée au maître de l'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage ; / 2° Toute personne qui vend, après achèvement, un ouvrage qu'elle a construit ou fait construire ; / 3° Toute personne qui, bien qu'agissant en qualité de mandataire du propriétaire de l'ouvrage, accomplit une mission assimilable à celle d'un locateur d'ouvrage ". Aux termes de l'article 1792-2 : " La présomption de responsabilité établie par l'article 1792 s'étend également aux dommages qui affectent la solidité des éléments d'équipement d'un ouvrage, mais seulement lorsque ceux-ci font indissociablement corps avec les ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos ou de couvert. / Un élément d'équipement est considéré comme formant indissociablement corps avec l'un des ouvrages de viabilité, de fondation, d'ossature, de clos ou de couvert lorsque sa dépose, son démontage ou son remplacement ne peut s'effectuer sans détérioration ou enlèvement de matière de cet ouvrage ". Aux termes de l'article 1792-3 : " Les autres éléments d'équipement de l'ouvrage font l'objet d'une garantie de bon fonctionnement d'une durée minimale de deux ans à compter de sa réception ".
6. Il résulte des dispositions précitées que la prescription biennale dont se prévaut la société Engie énergie services n'est applicable qu'aux constructeurs de l'ouvrage. La société Engie énergie services étant titulaire d'un marché public d'exploitation, d'entretien et de maintenance, elle n'a pas la qualité de constructeur. Par suite, le moyen de défense tiré de la prescription biennale doit être écarté.
7. En second lieu, aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer ". Aux termes de l'article 2241 du même code : " La demande en justice, même en référé, interrompt le délai de prescription ainsi que le délai de forclusion. / Il en est de même lorsqu'elle est portée devant une juridiction incompétente ou lorsque l'acte de saisine de la juridiction est annulé par l'effet d'un vice de procédure ". Aux termes de l'article 2243 : " L'interruption est non avenue si le demandeur se désiste de sa demande ou laisse périmer l'instance, ou si sa demande est définitivement rejetée ".
8. Il résulte de la combinaison de ces dispositions qu'une demande en justice interrompt le délai de cinq ans de la prescription de la garantie quinquennale. Toutefois, le titulaire du droit ou son subrogé ne peuvent se prévaloir de l'effet interruptif de la prescription qu'à la condition qu'ils ne se soient pas désistés de cette instance dès lors que le désistement a pour effet de faire disparaître la créance. Quand il est motivé par l'incompétence de la juridiction devant laquelle il est formulé, le désistement maintient cependant son effet interruptif.
9. Il résulte de l'instruction que le délai de prescription a commencé à courir au 23 janvier 2017, date à laquelle l'institut médico technique a pris connaissance du sinistre. Les requérantes ont saisi le tribunal judiciaire de Nanterre le 6 février 2020, ce qui a eu pour effet d'interrompre le délai de prescription. Par une ordonnance du 17 mars 2022, le juge de la mise en état du tribunal judiciaire de Nanterre a constaté leur désistement, en indiquant qu'il était intervenu en raison de l'incompétence de l'ordre judiciaire. Un tel désistement n'a pas eu pour effet de rendre nulle et non avenue l'interruption de la prescription quinquennale. La créance n'était donc pas prescrite au moment de la saisine du tribunal administratif. Par suite, le moyen de défense tiré de la prescription quinquennale doit être écarté.
Sur la responsabilité de la société Engie énergie services :
10. Aux termes de l'article 7 du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) du marché en cause, qui reprend partiellement l'article 14.1 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) : " Pendant toute la durée de l'exécution du marché, le titulaire est responsable des dommages qui pourraient être causés soit aux personnes, soit aux biens, soit aux installations dont il assure la conduite. Le titulaire prend à sa charge tous les risques de responsabilité civile (accidents, incendie, explosions, vols, dégâts des eaux) découlant de l'exploitation qui lui est confiée). "
11. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'article 1.2 du CCAP et de l'article 6.1 du CCTP que la société Engie ES était chargée non seulement de la conduite de l'exploitation, mais également de la surveillance et du réglage des différents matériels, dont les canalisations d'alimentation d'eau chaude, ainsi que de leur nettoyage et de leur entretien courant. Les désordres, constatés par une expertise amiable en date du 23 février 2017, qui peut être utilisée comme élément d'information quand bien même elle n'a pas été ordonnée judiciairement, sont survenus en raison d'une fuite d'eau sur une canalisation d'alimentation d'eau chaude, en provenance du ballon thermodynamique, pour laquelle la société Engie énergie services avait notamment un devoir de surveillance. De tels faits sont de nature à engager sa responsabilité contractuelle sur le fondement des stipulations précitées, sans que la société Engie énergie services puisse utilement se prévaloir de ce que l'origine du déboitement ayant occasionné la fuite est inconnue.
Sur le fait du tiers :
12. La société Engie énergie services se prévaut des stipulations de l'article 14.2 du CCAP, prévoyant une exonération de la responsabilité du titulaire du marché, en cas de fait du tiers. Elle fait valoir, à cet égard, que la société WLMH Easy Live, en charge du système d'alarme, ne lui pas envoyé de SMS au numéro d'astreinte lorsque la fuite a été constatée, en raison d'une mauvaise configuration. Toutefois, la société WLMH Easy Live n'est qu'un prestataire de la société Engie énergie services, qui demeurait seule en charge de la surveillance de l'institut médico technique de Neufchâteau, vis-à-vis de ce dernier, et qui ne saurait se prévaloir d'un éventuel manquement commis par son sous-traitant pour s'exonérer de sa responsabilité envers la personne publique. Au surplus, si ces faits sont effectivement reconnus par la société WLMH Easy Live, celle-ci affirme toutefois avoir transmis un courriel à la société Engie énergie services, ce qu'elle ne conteste pas. Il résulte de ce qui précède que la société Engie énergie services n'est pas fondée à soutenir que sa responsabilité n'est pas engagée en raison du fait d'un tiers.
Sur l'évaluation des préjudices :
13. La seule circonstance que l'expertise dont se prévalent les requérantes ait été réalisée de manière amiable et que le rapport ne porte pas la signature de la société Engie ES ne suffit pas à faire obstacle à ce qu'elle soit prise en compte par le tribunal, comme un élément d'information, étant précisé que cette expertise a été réalisée en sa présence. Il résulte du rapport réalisé à l'occasion de cette expertise amiable, ainsi que des justificatifs et des factures produits, que le montant des désordres subis par l'institut médico technique a été évaluée à 35 306 euros TTC. Les requérantes demandent à être indemnisées, d'une part, des dommages matériels, évalués à 33 065 euros TTC et, d'autre part, d'une surconsommation d'eau de 600m3 évaluée à 2 241 euros TTC.
14. En premier lieu, le principe de réparation intégrale du préjudice fait obstacle à ce qu'une indemnisation porte sur la valeur à neuf d'une installation. Ainsi le coefficient de vétusté doit être déduit de l'évaluation du préjudice. L'expertise amiable estime le montant de la vétusté devant être déduit de l'indemnisation à hauteur de 7 683 euros TTC, sans que les éléments soumis à l'instruction amènent à remettre en cause cette évaluation, comme celle du préjudice. Il sera donc fait une juste appréciation du préjudice matériel subi par l'institut médico technique de Neufchâteau en l'évaluant à 25 382 euros TTC.
15. En second lieu, l'institut médico technique de Neufchâteau demande l'indemnisation de son préjudice résultant d'une surconsommation d'eau. Il résulte de l'instruction, et notamment d'un courrier de la régie des eaux envoyé à l'institut médico technique le 24 mars, que ce dernier a connu une surconsommation d'eau entre le 1er décembre 2016 et le 7 mars 2017, période pendant laquelle est survenue la fuite d'eau. En effet, l'institut médico technique de Neufchâteau démontre que, durant la période du 23 septembre 2016 au 1er décembre 2012, il a consommé 521 m3 alors que, pour la période du 1er décembre 2016 au 7 mars 2017, sa consommation était de 1 402 m3, soit une différence de 881 m3. Ainsi, en retenant une surconsommation d'eau strictement imputable au sinistre de 600 m3, ainsi que l'a fait l'expert, et un prix par litre de 0,00372 euros TTC, conformément aux factures produites, il sera fait une juste appréciation du préjudice de l'institut médico technique de Neufchâteau en l'évaluant à 2 232 euros TTC.
Sur la répartition des indemnités :
16. En premier lieu, il résulte de l'instruction que l'institut médico technique de Neufchâteau a supporté une franchise de 235 euros, au titre des dommages matériels, ainsi qu'un préjudice lié à l'écoulement d'eau à hauteur de 2 232 euros. Par suite, l'indemnité à laquelle peut prétendre l'institut médico technique de Neufchâteau s'élève à la somme de 2 467 euros.
17. En second lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 14 et 16, l'indemnité à laquelle peut prétendre la SHAM s'élève à la somme de 25 147 euros TTC (25 382 - 235 euros).
Sur les intérêts et leur capitalisation :
18. Les requérantes ont droit aux intérêts au taux légal correspondant à leurs indemnités respectives, à compter du 6 février 2019, date de réception de leur demande préalable par la société Engie énergie services.
19. Aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Pour l'application de ces dispositions, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond. En l'espèce, les requérantes ont sollicité la capitalisation des intérêts par leur requête enregistrée le 9 mai 2022. A cette date, les intérêts échus étaient dus pour au moins une année entière. Dès lors, conformément aux dispositions de l'article 1343-2 du code civil, il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 9 mai 2022, puis à chaque échéance annuelle ultérieure.
Sur les dépens :
20. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun frais susceptible d'être qualifié de dépens, au sens de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, les conclusions présentées à ce titre doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
21. D'une part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Engie énergie services une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'institut médico technique de Neufchâteau et la SHAM et non compris dans les dépens, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
22. D'autre part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérantes, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que demande la société Engie énergie services au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La société Engie énergie services est condamnée à verser à l'institut médico technique de Neufchâteau la somme de 2 467 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 6 février 2019. Ces intérêts seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts au 9 mai 2022 et à chaque échéance annuelle ultérieure.
Article 2 : La société Engie énergie services est condamnée à verser à la société hospitalière d'assurances mutuelles la somme de 25 147 euros, augmentée des intérêts au taux légal à compter du 6 février 2019. Ces intérêts seront capitalisés pour produire eux-mêmes intérêts au 9 mai 2022 et à chaque échéance annuelle ultérieure.
Article 3 : La société Engie énergie services versera à l'institut médico technique de Neufchâteau et à la société hospitalière d'assurances mutuelles la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'institut médico technique de Neufchâteau, à la société hospitalière d'assurances mutuelles et à la société Engie énergie services.
Délibéré après l'audience publique du 17 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Samson-Dye présidente,
M. Bastian, conseiller,
Mme Philis, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 novembre 2024.
La présidente-rapporteure,
A. Samson-DyeL'assesseur le plus ancien,
P. Bastian
La greffière
L. Bourger
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2201343
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026