jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2201705 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SCP HOCQUET-BERG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 juin 2022, Mme A B, représentée par Me Hocquet-Berg, demande au tribunal :
1°) de condamner in solidum le centre hospitalier régional universitaire de Nancy et la société Relyens, son assureur, à lui verser la somme totale de 189 293,41 euros augmentée des intérêts légaux à compter du 17 octobre 2020, en réparation des préjudices qu'elle a subis en raison de l'aggravation de son état de santé à la suite de l'infection dont elle a été victime ;
2°) de condamner in solidum le centre hospitalier régional universitaire de Nancy et son assureur aux entiers dépens ;
3°) de mettre in solidum à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Nancy et de son assureur une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les préjudices liés à l'aggravation de son état de santé et résultent de l'infection chirurgicale qu'elle a contractée au cours de l'opération chirurgicale qu'elle a subi au sein du centre hospitalier régional universitaire de Nancy ;
- le déficit fonctionnel temporaire doit être indemnisé à concurrence de 8 902,50 euros ;
- les souffrances endurées doivent être indemnisées à concurrence de 8 000 euros ;
- le préjudice esthétique temporaire doit être indemnisé à concurrence de 4 000 euros ;
- le déficit fonctionnel permanent doit être indemnisé à concurrence de 27 720 euros ;
- le préjudice esthétique permanent doit être indemnisé à concurrence de 5 000 euros ;
- le préjudice d'agrément doit être indemnisé à concurrence de 4 000,00 euros ;
- le préjudice de pathologie évolutive doit être indemnisé à concurrence de 10 000 euros ;
- les frais divers avant consolidation doivent être indemnisés à concurrence de 369,80 euros ;
- l'assistance par tierce personne temporaire doit être indemnisé à concurrence de 9 062,00 euros ;
- les frais divers après consolidation doivent être indemnisés à concurrence de 2 394,23 euros ;
- la perte de droits à la retraite doit être indemnisé à concurrence de 27 751,68 euros ;
- l'assistance par tierce personne définitive doit être indemnisé à concurrence de 59 299,44 euros ;
- les dépenses de santé doivent être indemnisées à concurrence de 14 436,31 euros ;
- les frais d'aménagement de la salle de bain doivent être indemnisés à concurrence de 7 507,45 euros ;
- les frais d'aménagement du véhicule doivent être indemnisés à concurrence de 1 350,00 euros ;
Par un mémoire enregistré le 18 août 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle conclut à :
1°) la condamnation in solidum du centre hospitalier régional universitaire de Nancy et de son assureur à lui verser la somme de 56 125,17 euros au titre des débours exposés ;
2°) la condamnation in solidum du centre hospitalier régional universitaire de Nancy et de son assureur à lui verser la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnitaire forfaitaire de gestion ;
3°) à ce que la somme de 2 000 euros soit mise in solidum à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Nancy et de son assureur sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les débours qu'elle a exposés s'élèvent à 56 125,17 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 août 2022, le centre hospitalier régional universitaire de Nancy, représenté par Me Marrion, conclut à ce que le montant de la condamnation mise à sa charge soit limité à la somme totale de 70 885,29 euros et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que
- le déficit fonctionnel temporaire doit être indemnisé à concurrence de 1 005 euros, 225 euros, 2 100 euros et 1 121,25 euros ;
- les souffrances endurées doivent être indemnisées à concurrence de 3 700 euros ;
- le préjudice esthétique temporaire doit être indemnisé à concurrence de 1 000 euros ;
- le préjudice esthétique permanent doit être indemnisé à concurrence de 2 000 euros ;
- le déficit fonctionnel permanent doit être indemnisé à concurrence de 9 600 euros ;
- l'assistance par tierce personne temporaire doit être indemnisé à concurrence de 30 691,79 euros ;
- les frais divers après consolidation doivent être indemnisés à concurrence de 1 540,90 euros ;
- les pertes de gain futurs doivent être indemnisés à concurrence de 16 551,35 euros ;
- les frais d'aménagement du véhicule doivent être indemnisés à concurrence de 1 350,00 euros.
Un mémoire a été enregistré, pour Mme B, le 4 novembre 2024, postérieurement à la clôture et n'a pas été communiqué.
La requête a été communiqué à la société Relyens qui n'a pas produit d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frédéric Durand, rapporteur,
- les conclusions de Mme Céline Marini, rapporteure publique,
- et les observations de Me Marrion, représentant le centre hospitalier régional universitaire de Nancy et la société Relyens.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été opérée le 21 mai 2015 au centre chirurgical Emile Gallé de Nancy. Le 27 juin 2015, une infection au staphylocoque epidermis a été diagnostiquée chez l'intéressée, ce qui a nécessité la réalisation d'une seconde intervention. Le 7 décembre 2017, Mme B a saisi la commission régionale de conciliation et d'indemnisation (CRCI) de Lorraine qui a ordonné une expertise médicale. Le rapport d'expertise a été déposé le 24 avril 2018 et la CRCI a rendu son avis le 5 juin 2018. A la suite de celui-ci l'assureur du centre hospitalier régional universitaire de Nancy a émis une offre d'indemnisation qui a été acceptée par Mme B. Le 17 octobre 2020, Mme B a saisi la CRCI de Lorraine d'une demande tendant à l'indemnisation de l'aggravation de son préjudice. Le 4 décembre 2020, la CRCI de Lorraine a ordonné une seconde expertise et le rapport d'expertise remis le 22 mars 2021 conclut à l'existence d'une aggravation de l'état de santé de Mme B, lié à un réveil infectieux. Par sa requête Mme B demande au tribunal de l'indemniser des préjudices liés à cette aggravation de son état de santé.
Sur la responsabilité du centre hospitalier régional universitaire de Nancy :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. / II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ".
3. Mme B a été opérée le 21 mai 2015 au sein du centre chirurgical Emile Gallé de Nancy. Le 27 juin 2015, une infection au staphylocoque epidermis a été diagnostiquée chez l'intéressée, ce qui a nécessité la réalisation d'une nouvelle intervention le 13 janvier 2016. Selon le rapport d'expertise du 24 avril 2018, l'infection constatée après l'intervention était survenue en l'absence de germe identifié préalablement à l'opération et présentait dès lors un caractère nosocomial. Selon le rapport d'expertise du 31 mai 2021, la demande d'indemnisation de la requérante fait suite à un réveil du processus infectieux. Ce réveil a entrainé un descellement septique de la prothèse totale de hanche gauche nécessitant une reprise chirurgicale effectuée le 22 mai 2019. Les prélèvements biologiques montreront la présence de plusieurs germes nécessitant un traitement antibiotique. Ainsi, Mme B a été victime d'une aggravation de son état de santé, ce que le CHRU ne conteste pas. Par suite, la requérante est fondée à demander la réparation des dommages résultant de cette aggravation.
Sur les préjudices de Mme B :
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
4. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 31 mai 2021, que Mme B a subi un déficit fonctionnel temporaire imputable à l'aggravation, qui peut être évalué à 25%, du 26 juillet 2018, date du début de l'aggravation, au 20 mai 2019, à 100% pendant son hospitalisation du 21 mai 2019 au 26 juillet 2019, puis à 75% du 27 juillet 2019 au 15 août 2019, correspondant à la période d'hospitalisation de jour, et à 50%, du 16 août 2019 au 21 mai 2020, date de consolidation. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à 4 450 euros.
Quant aux souffrances endurées :
5. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 31 mai 2021, que Mme B a enduré des souffrances qu'il est possible d'évaluer à un taux, imputable à l'aggravation, de 3/7. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à 3 500 euros.
Quant au préjudice esthétique temporaire :
6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 31 mai 2021, que Mme B a subi un préjudice esthétique temporaire qu'il est possible d'évaluer à 4/7 étant donné une boiterie très importante aggravée par la reprise chirurgicale, l'inégalité de longueur et la nécessité de cannes anglaises. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à 4 000 euros.
Quant au déficit fonctionnel permanent :
7. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 31 mai 2021, que Mme B a subi un déficit fonctionnel permanent de 8% imputable à l'aggravation, portant le taux de son déficit de 4% à 12%. Dans les circonstances de l'espèce, s'agissant d'une femme âgée de 65 ans au jour de la consolidation, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à 6 412 euros.
Quant au préjudice esthétique permanent :
8. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du 31 mai 2021, que Mme B a subi un préjudice esthétique permanent qu'il est possible d'évaluer à 2/7 en lien avec l'aggravation, du fait de la nécessité d'utiliser deux cannes, d'une boiterie augmentée par l'inégalité de longueur ainsi que d'une cicatrice un peu plus longue. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à 1 900 euros.
Quant au préjudice d'agrément :
9. Si Mme B soutient qu'elle pratiquait le vélo et la randonnée de façon active et que de telles activités ne lui sont désormais plus permises, l'intéressée ne saurait justifier de la réalité de son préjudice par la seule production de photographies prises à l'occasion d'une randonnée. La demande d'indemnisation présentée à ce titre par Mme B ne peut donc qu'être écartée.
Quant au préjudice de pathologie évolutive :
10. D'une part si la requérante soutient qu'elle vit dans la crainte d'un réveil de son infection et sollicite le versement d'une indemnité en raison du caractère potentiellement évolutif de sa pathologie, il résulte de l'instruction que l'état de santé de l'intéressée est consolidé depuis le 22 mai 2020.
11. D'autre part, à supposer que Mme B sollicite l'indemnisation d'un préjudice d'anxiété, elle ne peut être regardée comme établissant la réalité de celui-ci en se bornant à soutenir que, s'agissant d'une pathologie infectieuse, un réveil infectieux est toujours à craindre. Par suite, l'indemnité sollicitée au titre de ce poste de préjudice doit être rejetée.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
Quant aux frais liés à l'expertise :
12. Il résulte de l'instruction que Mme B a dû parcourir 600 kilomètres pour se rendre chez le praticien qui a réalisé l'expertise médicale au moyen de son véhicule automobile d'une puissance de cinq chevaux fiscaux et a exposé 41 euros de frais de péage. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à 369,80 euros, par référence au barème kilométrique établi par l'administration fiscale.
Quant aux frais liés à l'assistance d'une tierce personne :
13. D'une part, il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise du 31 mai 2021, que l'état de santé de Mme B a rendu nécessaire l'aide d'une tierce personne à concurrence de trois heures par semaines, pour la période du 26 juillet 2018 au 20 mai 2019, puis d'une heure trente par jour, pour la période du 27 juillet 2019 au 15 août 2019, et enfin d'une heure par jour, pour la période du 16 août 2019 au 21 mai 2020. En tenant compte de la période de congés payés, il sera fait une juste appréciation du préjudice ainsi subi en l'évaluant par référence à un taux horaire de 15 euros et en octroyant à Mme B une somme de 7 400 euros à ce titre.
14. D'autre part, il résulte de l'expertise du 31 mai 2021 que l'état de santé de Mme B nécessite l'assistance d'une tierce personne à concurrence de deux heures par semaine. Sur la base d'un taux horaire de 15 euros sur la période du 22 mai 2020, date de consolidation, au 30 janvier 2025, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par la requérante au titre de cette période en le fixant à 8 290 euros. Par ailleurs, sur la base d'un taux horaire de 16 euros et sur celui d'un euro rente pour une femme de 70 ans à la date de lecture du présent jugement, il sera fait une juste application du préjudice de Mme B au titre de la période postérieure au jugement en le fixant à 39 163 euros.
Quant aux frais divers :
15. D'une part, il résulte de l'instruction que la requérante a exposé des frais de 47 euros et de 29 euros pour acquérir des retire-bas et enfile bas dont il n'est toutefois pas établi que ces derniers doivent être renouvelés. Par suite, la requérante est seulement fondée à solliciter le versement d'une somme de 76 euros à ce titre.
16. D'autre part, Mme B demande l'indemnisation de frais de cordonnerie correspondants au rehaussement du talon de sa chaussure gauche en raison d'une différence de longueur entre ses deux jambes et le renouvellement à raison d'une paire de chaussures par an et produit une facture d'un montant de 29,50 euros datée du 15 octobre 2021 mais qui ne correspond pas au seul rehaussement de son talon. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 54 euros pour la période jusqu'au jugement et la somme de 282 euros correspondant au renouvellement.
Quant aux pertes de gains professionnels :
17. Il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise du 31 mai 2021 que l'aggravation de la pathologie de Mme B a nécessité son placement en retraite de manière anticipée en septembre 2020, ce qui lui a généré une perte de retraite de 824 euros par an. D'une part, pour la période du 1er septembre 2020 à la date de lecture du jugement, il sera fait une juste appréciation du préjudice subi par la requérante au titre de cette période en le fixant à 3 659 euros. Par ailleurs, sur la base d'un euro rente pour une femme de 70 ans, il sera fait une juste application du préjudice de Mme B au titre de la période postérieure au jugement en le fixant à 17 197 euros.
Quant aux dépenses de santé :
18. Mme B sollicite le versement d'une somme globale capitalisée de 14 436,31 euros, à raison des frais de pédicure et de semelles orthopédiques. Il résulte de l'instruction que l'état de santé de Mme B nécessite de recourir à des semelles orthopédiques pour un coût annuel de 150 euros. Il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en le fixant à la somme de 2 750 euros pour tenir compte d'un renouvellement annuel.
Quant aux frais d'aménagement de la salle de bain :
19. Mme B a fait intégralement refaire sa salle de bain, pour un montant total de 10 722,45 euros dont 3 816,32 euros ont été pris en charge au titre de la prestation de compensation du handicap. Si la requérante sollicite l'indemnisation de la différence restée à sa charge, il résulte du rapport d'expertise que seul l'aménagement de sa salle de bain était nécessaire si bien que la requérante ne saurait prétendre qu'à l'indemnisation de la seule fraction du prix correspondant à l'aménagement d'une douche comportant notamment une barre de maintien. Or, il ne résulte pas de l'instruction que le coût de ces aménagements ait été supérieur au montant pris en charge au titre de la prestation de compensation du handicap. Dans ces conditions, la demande d'indemnisation présentée par Mme B au titre des frais d'aménagement de sa salle de bain doit être écartée.
Quant aux frais de véhicule adapté :
20. Il résulte du rapport d'expertise du 31 mai 2021 que l'aggravation de la pathologie de Mme B nécessite l'usage d'un véhicule automobile doté d'une boite automatique. Il n'est pas contesté que le surcout correspondant s'élève à la somme de 1 350 euros qu'il convient de mettre à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Nancy.
21. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier régional universitaire de Nancy et son assureur doivent être condamnés in solidum à verser la somme de 100 852,80 euros à Mme B en réparation des préjudices résultant de son état de santé.
Sur les intérêts :
22. Mme B a droit aux intérêts au taux légal sur la somme que le centre hospitalier régional universitaire de Nancy est condamné à lui verser à compter du 17 octobre 2020, date de saisine de la commission régionale de conciliation et d'indemnisation.
Sur les droits de la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle :
23. La caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle justifie des débours d'un montant de 56 125,17 euros exposés pour les soins prodigués à Mme B pour la période du 26 juillet 2018 au 22 mai 2020. Il y a par suite lieu de mettre cette somme à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Nancy.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :
24. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 23 décembre 2024 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale, le montant maximum de cette indemnité est de 1 212 euros.
25. En application des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier la somme de 1 212 euros à verser au profit de la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle.
Sur les frais de l'instance et les dépens :
26. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens les conclusions présentées à ce titre ne peuvent être que rejetées.
27. Dans les circonstances de l'espèce il y a lieu de mettre in solidum à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Nancy et de son assureur la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
28. Dans les circonstances de l'espèce, les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier régional universitaire de Nancy et la société Relyens verseront, in solidum, à Mme B la somme de 100 852,80 euros en réparation de ses préjudices, assortie des intérêts au taux légal à compter du 17 octobre 2020.
Article 2 : Le centre hospitalier régional universitaire de Nancy versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle une somme de 56 125,17 euros au titre des débours qu'elle a exposés et une somme de 1 212 euros au titre de l'indemnité de gestion
Article 3 : Le centre hospitalier régional universitaire de Nancy et la société Relyens verseront in solidum à Mme B une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle, au centre hospitalier régional universitaire de Nancy et la société Relyens.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Davesne, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
Le rapporteur,
F. Durand
Le président,
S. DavesneLe greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2201705
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026