vendredi 15 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2202473 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 août 2022 et 12 mars 2023, Mme A B demande au tribunal de la décharger de l'imposition de la plus-value immobilière qu'elle a acquittée lors de la vente du bien dont elle était propriétaire à Apremont-la-Forêt le 23 décembre 2021.
Elle soutient que :
- la valeur vénale du bien qui a été cédé a été sous-estimée au moment de la déclaration de succession du 15 avril 2021 ;
- elle est de bonne foi, la notaire en charge de la succession a manqué à ses obligations professionnelles et elle ignorait que cette cession immobilière serait taxable alors que la succession des héritiers donne lieu à un abattement de 100 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 janvier 2023, le directeur départemental des finances publiques de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Wolff, rapporteure,
- les conclusions de Mme Marini, rapporteure publique
- et les observations de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. À la suite du décès de son père, Mme A B est devenue propriétaire, en indivision avec sa sœur, d'un bien immobilier situé à Apremont-la-Forêt dont la valeur vénale a été estimée à 70 000 euros conformément à la déclaration de succession établie le 28 avril 2021. Le 23 décembre 2021, ce bien a été vendu pour la somme de 87 500 euros générant une imposition de 6 335 euros au titre de la plus-value sur la cession immobilière. Le 23 avril 2022, Mme B a fait une déclaration de succession rectificative afin de substituer à l'estimation initiale de l'immeuble une valeur vénale égale à son prix de vente. Puis, le 13 mai 2022, elle a formé une réclamation préalable qui a été rejetée le 21 juin 2022 par l'administration fiscale. Par sa requête, Mme B demande au tribunal de la décharger de l'imposition sur la plus-value immobilière qu'elle acquittée lors de la vente de son bien.
2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement ".
3. Mme B a hérité d'un bien immobilier d'une valeur vénale estimée à 70 000 euros d'après la déclaration de succession souscrite le 28 avril 2021 puis l'a cédé par acte de vente le 23 décembre 2021 pour une valeur vénale de 87 500 euros. Celle-ci supporte, en application des dispositions précitées de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, la charge de la preuve de l'exagération de l'imposition au titre de la plus-value immobilière ainsi réalisée qu'elle conteste.
4. Aux termes de l'article 150 U du code général des impôts dans sa rédaction applicable : " I. Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices agricoles et aux bénéfices non commerciaux, les plus-values réalisées par les personnes physiques () lors de la cession à titre onéreux de biens immobiliers bâtis ou non bâtis ou de droits relatifs à ces biens, sont passibles de l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues aux articles 150 V à 150 VH () ". Aux termes de l'article 150 V du code général des impôts : " La plus ou moins-value brute réalisée lors de la cession de biens ou droits mentionnés aux articles 150 U à 150 UC est égale à la différence entre le prix de cession et le prix d'acquisition par le cédant ".
5. La valeur vénale du bien cédé doit être estimée en se référant au prix qui aurait pu être obtenu par le jeu de l'offre et de la demande à la date où l'acquisition est intervenue. Lorsque l'administration procède à l'évaluation de la valeur vénale d'un immeuble, elle doit se référer à des transactions portant sur l'immeuble même ou sur des immeubles similaires situés à proximité de celui-ci et intervenues à une date proche de celle du fait générateur de l'impôt.
6. En premier lieu, pour justifier de la sous-estimation de la valeur vénale du bien immobilier cédé, qui est constitué d'une maison à usage d'habitation située sur la commune d'Apremont-la-Forêt (55300) construite en 1923 sur deux niveaux, classée en catégorie cadastrale 6 avec coefficient d'entretien de 110, d'une surface habitable de 105 m², avec un garage de 25 m², une cave de 20 m² et un grenier de 50 m² sur une parcelle de 379 m², Mme B se prévaut de plusieurs termes de comparaison.
7. D'une part, Mme B se réfère à la vente le 22 juin 2020 d'une maison à usage d'habitation située sur la même commune construite en 1920 sur un seul niveau, classée en catégorie cadastrale 5,5 avec coefficient d'entretien de 110, d'une surface habitable de 140 m², équipée d'un garage de 20 m², d'une cave de 45 m² et d'un grenier de 70 m² sur une parcelle de 573 m² pour un prix de 96 000 euros, soit 686 euros par m². Mme B se prévaut également de la vente, le 29 janvier 2020, d'une maison à usage d'habitation située sur la commune de Geville (55200) construite en 1810 sur deux niveaux, classée en catégorie cadastrale 5 avec un coefficient d'entretien de 110 d'une surface habitable de 134 m², équipée d'un garage de 25 m² et d'une cave de 54 m² sur une parcelle de 770 m² pour un prix de 102 500 €, soit 765 € par m². Toutefois, ces biens présentent une catégorie cadastrale inférieure, disposent d'une surface habitable supérieure de 30% à celle du bien vendu et sont situés sur des parcelles d'une superficie 1,5 à 2 fois plus étendues que celle cédée. Ces transactions ne concernent donc pas des immeubles similaires à celui cédé et ne peuvent, par suite, être retenus comme des termes de comparaison pertinents permettant d'apprécier la valeur vénale de l'immeuble en litige.
8. D'autre part, Mme B se prévaut de la vente le 23 décembre 2019 d'une maison à usage d'habitation située sur la commune de Montsec (55200) construite en 1888 sur deux niveaux, classée en catégorie cadastrale 6 avec coefficient d'entretien de 110, d'une surface habitable de 95 m², équipée d'une cave de 50 m² sur une parcelle 496 m², pour un prix de 114 345 €, soit 1 204 € par m². Si ce bien est comparable avec celui cédé par la requérante, il ne permet toutefois pas, à lui seul, de démontrer que la valeur vénale de l'immeuble litigieux a été sous-estimée, alors d'ailleurs qu'il résulte des termes de comparaison présentés par l'administration fiscale en défense sur des biens comparables à l'immeuble cédé que le prix moyen de vente au m² est de 621 euros, soit un prix inférieur à celui demandé par Mme B.
9. Enfin, les évaluations de deux agences immobilières du bien cédé, réalisées postérieurement à la cession, ne sauraient permettre d'évaluer la valeur vénale d'un immeuble conformément aux principes développés au point 5. Dans ces conditions, la requérante n'apporte pas la preuve qui lui incombe de la sous-estimation de la valeur vénale du bien immobilier cédé et, ainsi, du caractère exagéré de l'imposition contestée.
10. En second lieu, les circonstances que la notaire de la requérante n'ait pas accompli avec diligence ses obligations professionnelles et qu'elle est de bonne foi, ce qui n'est pas contesté, sont sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition. Enfin, l'abattement sur les droits de succession dont elle a bénéficié ne saurait faire obstacle à ce qu'elle soit imposée au titre de la plus-value réalisée sur la cession immobilière.
11. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à solliciter la décharge de l'imposition à laquelle elle a été assujettie sur la plus-value immobilière réalisée le 23 décembre 2021.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au directeur départemental des finances publiques de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience publique du 10 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
M. Davesne, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2024.
La rapporteure,
É. WolffLe président,
S. Davesne
Le greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2202473
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026