mardi 29 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203211 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS AUDIT CONSEIL DEFENSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 novembre 2022, le syndicat " Confédération Française Démocratique du Travail " (CFDT) Interco des Vosges et la fédération Interco CFDT, représentés par Me Boussoum, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au président du centre de gestion de la fonction publique territoriale des Vosges de retirer la liste de candidats présentée par le syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT) aux élections des représentants du personnel au comité social territorial, d'effectuer dans les formes requises une nouvelle publication des listes de candidats et de reporter, si nécessaire, la date du scrutin pour pouvoir y procéder ;
2°) de mettre à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale des Vosges la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- leur requête est recevable dès lors que le référé-conservatoire est admis lorsque l'administration déclare éligibles des candidats qui ne le seraient pas ; les mesures sollicitées ne peuvent pas être obtenues par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du code de justice administrative, de sorte que le présent référé-conservatoire répond à la condition de subsidiarité qui lui est propre ; la seule procédure recevable et admise dans l'hypothèse où une liste de candidats ne peut légalement se présenter aux élections professionnelles pour irrecevabilité ou pour inéligibilité de certains candidats est celle prévue à l'article L. 521-3 du code de justice administrative ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors que les élections professionnelles des représentants du personnel au comité social territorial (CST) départemental auront lieu, par correspondance, jusqu'au 8 décembre 2022 et que l'ensemble des documents de vote, dont les professions de foi, ainsi que le matériel de vote seront adressés aux électeurs au plus tard le 16 novembre 2022 ;
- la liste litigieuse préjudicie gravement aux intérêts qu'ils entendent défendre, notamment aux intérêts de tous les agents publics des collectivités territoriales et établissements publics représentés au sein du CST du centre de gestion (CDG) des Vosges, dès lors que la ventilation des voix et le nombre de sièges seront nécessairement affectés, ce qui a pour conséquence d'influer sur l'octroi de droits aux organisations syndicales, sur la possibilité de tenir des réunions ou de bénéficier de temps syndical ou encore sur leur représentation au sein du conseil commun de la fonction publique ou du conseil supérieur de la fonction publique territoriale ;
- la mesure demandée est utile dès lors que, d'une part, les requérants ne disposent d'aucune autre voie de droit, et, d'autre part, en ce qu'elle apparaît légitime : la liste litigieuse est irrecevable au regard des dispositions du 1° de l'article L. 211-1 du code général de la fonction publique, lequel prévoit que ne peuvent se présenter à des élections professionnelles que les organisations syndicales légalement constituées au regard des dispositions du code du travail et qui satisfont au critère de respect des valeurs républicaines et d'indépendance, ainsi qu'au regard des dispositions de l'article L. 2131-1 du code du travail, lequel prévoit que les organisations syndicales doivent avoir pour objet la défense des droits et intérêts " des personnes visées par leurs statuts ", dès lors que, d'une part, l'objet du SNDGCT est la défense des intérêts des seuls directeurs généraux et adjoints, secrétaires généraux et adjoints, et autres cadres A, de sorte qu'il ne défend pas les droits de tous les agents publics de la fonction publique territoriale mais seulement de certains d'entre eux et que, d'autre part, son indépendance au regard des employeurs n'est pas acquise ; la liste litigieuse est irrégulièrement composée, d'une part, au regard de l'article 4 du décret n°2021-571 du 10 mai 2021 dès lors que, représentant principalement les employeurs, elle ne saurait être composée de représentants du personnel dans les proportions exigées par ce décret, et, d'autre part, en ce qu'elle comprend deux rédacteurs et un rédacteur principal, agents publics de catégorie B, ainsi qu'un adjoint administratif principal, agent de catégorie C, lesquels ne relèvent pas d'une catégorie d'emplois défendue par l'organisation ;
- elle ne se heurte à l'exécution d'aucune décision administrative puisque le centre de gestion de la fonction publique territoriale des Vosges n'a pris aucune décision, au sens de manifestation d'une volonté claire et efficace de l'administration d'exercer une influence sur une situation juridique ; en l'espèce l'action du centre de gestion n'est pas la manifestation d'une volonté unilatérale dès lors qu'elle se conjugue avec l'action du syndicat qui a déposé la liste de candidats, et elle ne modifie de surcroît absolument pas l'ordonnancement juridique.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 novembre 2022, le centre de gestion de la fonction publique territoriale des Vosges, représenté par Me Cuny, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le requête est irrecevable dès lors que le juge des référés ne peut prononcer que des mesures provisoires ;
- la mesure sollicitée fait obstacle à l'exécution de décisions administratives ;
- le référé mesure utile ne revêt qu'un caractère subsidiaire.
Le syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT), représenté par Me Boukheloua, a présenté deux mémoires en intervention volontaire, enregistrés les 17 et 18 novembre 2022, au soutien des conclusions principales présentées par le centre de gestion de la fonction publique territoriale des Vosges, par lesquels il conclut, d'une part, au rejet de la requête, et, d'autre part, à ce que soit mise à la charge des requérants une somme de 4 500 euros au titre des frais d'instance.
Il fait valoir que :
- son intervention est recevable, dans la mesure où il justifie de son intérêt au maintien de la décision en litige ;
- la requête est irrecevable, dès lors que le litige relève du seul juge de l'élection, qui doit être saisi après les opérations électorales ;
- en tout état de cause, sa liste est recevable et régulière.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°2021-571 du 10 mai 2021 relatif aux comités sociaux territoriaux des collectivités territoriales et de leurs établissements publics ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Guidi, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 9 mars 2022, régulièrement publié au Journal officiel de la République française, la date des élections professionnelles dans la fonction publique a été fixée au 8 décembre 2022. Dans ce cadre et en vue des élections professionnelles des représentants du personnel aux comités sociaux territoriaux, le centre de gestion de la fonction publique territoriale des Vosges a affiché la liste des candidats le 21 octobre 2022. Par la présente requête, le syndicat CFDT Interco des Vosges et la fédération Interco CFDT demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au président du centre de gestion de la fonction publique territoriale des Vosges de retirer la liste de candidats présentée par le syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT) aux élections des représentants du personnel au comité social territorial, d'effectuer dans les formes requises une nouvelle publication des listes de candidats et de reporter, si nécessaire, la date du scrutin pour pouvoir y procéder.
Sur l'intervention du syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT) :
2. Il résulte de l'instruction que la liste objet du litige a été présentée par le syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales (SNDGCT). Ainsi, ce syndicat justifie d'un intérêt suffisant pour intervenir en défense de la présente requête, laquelle sollicite le retrait de la liste de candidats qu'il a déposée en vue des prochaines élections professionnelles des comités sociaux territoriaux. Son intervention doit dès lors être admise.
Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".
4. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de cet article, aux fins d'enjoindre à l'administration de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
5. Aux termes de l'article 35 du décret n° 2021-571 du 10 mai 2021 susvisé : " Les candidatures sont présentées par les organisations syndicales qui, dans la fonction publique territoriale, remplissent les conditions fixées au I de l'article 9 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée. / () / Lorsque l'autorité territoriale constate que la liste ne satisfait pas aux conditions fixées au I de l'article 9 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, elle informe le délégué de liste au plus tard le jour suivant la date limite de dépôt des listes, par décision motivée, de l'irrecevabilité de la liste ". Aux termes de son article 52 : " Les contestations sur la validité des opérations électorales sont portées dans un délai de cinq jours francs à compter de la proclamation des résultats devant le président du bureau central de vote puis, le cas échéant, devant la juridiction administrative. Le président du bureau central statue dans les quarante-huit heures. Il motive sa décision. Il en adresse immédiatement copie au préfet ".
6. La décision par laquelle un centre de gestion déclare admissible une liste de candidats constitue une décision préalable qui ne peut être contestée qu'à l'occasion du contentieux des élections dont elle n'est pas détachable. La légalité d'une telle décision ne peut dès lors être contestée qu'à l'appui d'un recours formé devant le juge de l'élection contre les opérations électorales et non devant le juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions présentées par le syndicat CFDT Interco des Vosges et la fédération Interco CFDT tendant à ce qu'il soit ordonné, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, au président du centre de gestion de la fonction publique territoriale des Vosges de retirer la liste de candidats présentée par le SNDGCT aux élections des représentants du personnel au comité social territorial et de reporter, si nécessaire, la date du scrutin pour pouvoir y procéder, ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre de gestion de la fonction publique territoriale des Vosges, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le syndicat CFDT Interco des Vosges et la fédération Interco CFDT demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
8. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du syndicat CFDT Interco des Vosges et de la fédération Interco CFDT, la somme sollicitée par le centre de gestion de la fonction publique territoriale des Vosges au titre des frais d'instance.
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des requérants la somme sollicitée par le SNDGCT au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'intervention du syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales est admise.
Article 2 : La requête présentée par le syndicat CFDT Interco des Vosges et la fédération Interco CFDT est rejetée.
Article 3 : Les conclusions présentées par le centre de gestion de la fonction publique territoriale des Vosges sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Les conclusions présentées par le SNDGCT sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat CFDT Interco des Vosges, à la fédération Interco CFDT, au centre de gestion de la fonction publique territoriale des Vosges ainsi qu'au syndicat national des directeurs généraux des collectivités territoriales.
Fait à Nancy, le 29 novembre 2022.
La juge des référés,
L. Guidi
La République mande et ordonne au préfet des Vosges en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026