jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203572 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | AARPI THEMIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 décembre 2022, M. A B, représenté par
Me Ciaudo, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 3 000 euros, assortie des intérêts au taux légal et de la capitalisation de ces intérêts, en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi en raison de l'illégalité de la décision de sanction disciplinaire du 26 décembre 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles
L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- en prononçant une sanction de trente jours de cellule disciplinaire, l'administration pénitentiaire a commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;
- la décision du 26 décembre 2019 méconnaît les droits de la défense, dès lors qu'il n'a pas pu consulter son dossier plus de trois heures avant l'audience disciplinaire, qu'il n'a pas pu conserver une copie de son dossier disciplinaire et qu'il n'a pu être assisté par un avocat ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors que les faits reprochés constituent une faute disciplinaire du deuxième degré, susceptible de donner lieu à une sanction maximale de quatorze jours ;
- elle est entachée d'erreur de fait ;
- elle est entachée d'erreur dans la qualification juridique des faits, les faits pour lesquels il a été sanctionné ne constituaient pas une violence physique ;
- la sanction prononcée est disproportionnée ;
- en raison de l'illégalité fautive de la décision de sanction disciplinaire, il a subi un préjudice évalué à 3 000 euros, correspondant à 100 euros par jour de placement illégal en cellule disciplinaire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle de Nancy du 20 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bastian,
- les conclusions de Mme Laetitia Cabecas, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B était incarcéré au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville. Le 26 décembre 2019, la commission de discipline a prononcé à son encontre une sanction de trente jours de confinement en cellule disciplinaire. Le tribunal administratif de Nancy, par un jugement n° 2001613 du 23 juin 2022 devenu définitif, a annulé cette sanction. Par un courrier du 3 août 2022, resté sans réponse, M. B a sollicité auprès du directeur interrégional des services pénitentiaires Est-Strasbourg le versement d'une somme de 3 000 euros en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de la sanction infligée. Par sa requête, M. B demande au tribunal de condamner l'Etat à lui verser cette somme.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Lorsqu'une personne sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité d'une décision administrative entachée d'un vice de forme, de procédure ou d'incompétence, il appartient au juge administratif de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si la même décision aurait pu légalement être prise, dans les circonstances de l'espèce, par l'autorité compétente, dans le respect des règles de forme et de procédure requises.
3. Aux termes de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale, alors en vigueur : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : / 1° D'exercer ou de tenter d'exercer des violences physiques à l'encontre d'un membre du personnel () ". Aux termes de l'article R. 57-7-2 du même code : " Constitue une faute disciplinaire du deuxième degré le fait, pour une personne détenue : () 4° D'imposer à la vue d'autrui des actes obscènes ou susceptibles d'offenser la pudeur () ". Aux termes de l'article R. 57-7-47 du même code : " Pour les personnes majeures, la durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour une faute disciplinaire du premier degré, quatorze jours pour une faute disciplinaire du deuxième degré et sept jours pour une faute disciplinaire du troisième degré. Cette durée peut être portée à trente jours lorsque : / 1° Les faits commis constituent une des fautes prévues aux 1°, 2° et 3° de l'article R. 57-7-1 ; () ".
4. Pour annuler la sanction prononcée le 26 décembre 2019 par la commission de discipline et confirmée par le directeur interrégional des services pénitentiaires Est-Strasbourg, le jugement du 23 juin 2022 a retenu les moyens tirés, d'une part, de ce que la personne qui avait signé la décision engageant les poursuites à l'encontre de M. B n'avait pas été régulièrement désignée et, d'autre part, que l'agent présidant la commission de discipline n'avait pas été régulièrement désigné, ces vices ayant été de nature à priver l'intéressé d'une garantie.
5. Toutefois, il résulte de l'instruction que la sanction en litige est intervenue au motif qu'au retour de l'unité sanitaire, M. B avait refusé de remettre certains de ses vêtements, avait touché les fesses d'une surveillante, avant d'exhiber son sexe et de tenir des propos déplacés. La matérialité des faits précités est établie tant par le compte-rendu d'incident que par le rapport d'enquête produits par le garde des sceaux, ministre de la justice. M. B n'apporte pour sa part aucun élément de nature à contredire ces éléments. En outre, le geste d'avoir porté la main sur la fesse d'un membre féminin du personnel pénitentiaire constitue une violence physique au sens de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale pour lesquelles la durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut, en application de l'article R. 57-7-47 du même code, excéder trente jours. Dans ces conditions, eu égard à la gravité des faits reprochés, lesquels constituent une faute disciplinaire du premier degré pouvant faire l'objet d'une mise en cellule disciplinaire d'une durée maximale de trente jours, la même sanction aurait pu légalement être prise par le directeur interrégional des services pénitentiaires Est-Strasbourg, dans le respect des règles de compétence et de procédure. Dès lors, l'illégalité pour incompétence et vice de procédure de la décision ne peut à elle seule être regardée comme ayant entraîné, pour M. B, un préjudice direct et certain de nature à ouvrir droit à indemnisation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la condamnation de l'Etat à lui verser une indemnité en réparation du préjudice qu'il estime avoir subi du fait de l'illégalité de la sanction prononcée à son encontre.
Sur les frais d'instance :
7. Les conclusions présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 par M. B à l'encontre de l'Etat, lequel n'est pas partie perdante, ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Ciaudo et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Di Candia, président,
- Mme Bourjol, première conseillère,
- M. Bastian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
P. BastianLe président,
O. Di Candia
Le greffier,
P. LepageLa République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026