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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2203599

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2203599

vendredi 14 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2203599
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
Avocat requérantHOFMANN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 13 décembre 2022, la SNC Zénith de Nancy, représentée par Me Cabanes, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise portant sur les défaillances du système de chauffage et les surconsommations énergétiques en découlant affectant la salle de spectacle du zénith de Nancy depuis les travaux d'extension et de rénovation du Zénith et de demander à l'expert d'établir un pré-rapport en permettant aux parties de formuler leurs observations.

Elle soutient que :

- la mesure sollicitée est utile dès lors qu'elle permettra de de donner un avis technique indépendant sur la solution appropriée pour résoudre les difficultés de chauffage constatées ;

- elle est utile dès lors qu'elle permettra de déterminer la réalité et l'ampleur des préjudices subis et de déterminer les responsabilités dans l'hypothèse d'une perspective contentieuse.

Par des mémoires enregistrés les 29 décembre 2022, 9 janvier, 20 janvier, 7 février et 21 février 2023, la société Adim Développement Immobilier Est, représentée par Me Lebon, demande au juge des référés :

1)° de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la demande d'expertise sous ses plus expresses et protestations ;

2°) de compléter la mission de l'expert conformément à ses écritures en soumettant aux parties un pré-rapport contenant un avis étayé sur l'ensemble des chefs de mission afin de permettre aux parties, dans un délai de 6 mois, de présenter leurs observations au moyen de dires récapitulatifs ;

3°) de faire droit à sa demande d'intervention forcée à l'égard de la société Axa France Iard, en sa qualité d'assureur responsabilité civile de la SNC Zénith de Nancy, de la société Egis bâtiments, de la société Allianz Iard en sa qualité d'assureur de la société Egis bâtiments, de la société Valentin et Daniel Pierron architectes, de la Mutuelle des Architectes Français, de la société Idex énergies, de la société Allianz Iard en sa qualité d'assureur de la société Idex énergies, de la société GTM Hallé, de la société Ciblez, de la société Aviva Assurances, de la société Albert Serrurerie, de la société Axa France Iard en sa qualité d'assureur de la société Albert Serrurerie, de la société Apave Alsacienne ;

4°) de ce qu'elle s'associe à la demande d'intervention forcée présentée à l'égard de la société Sodel et de la CAMBTP ;

5°) de rejeter la demande de mise hors de cause de la société Apave Infrastructures et Construction France, venant aux droits de la société Apave Alsacienne, ainsi que sa demande reconventionnelle présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les dysfonctionnements allégués par la requérante sont susceptibles d'être la conséquence d'un problème de pilotage de l'équipement ;

- elle est bien fondée à voir intervenir en la cause les sociétés qui sont intervenus à l'acte de bâtir ainsi que leurs assureurs ;

- l'Apave, en sa qualité de contrôleur technique, n'est pas étrangère à l'opération de construction et rien n'établit que les désordres ne relèveraient pas de sa mission.

Par des mémoires enregistrés les 10 et 27 janvier 2023, la société Nancy Grand Scène, représentée par Me Lime-Jacques, demande au juge des référés :

1°) de lui donner acte de ce qu'elle s'en rapporte à prudence de justice sur la mesure d'expertise sollicitée, ainsi que de ses plus expresses réserves et protestations ;

2°) de compléter les chefs de mission de l'expert dans les termes de son mémoire ;

3°) de mettre à la charge de la requérante l'avance de la consignation des frais d'expertise ;

4°) de ce qu'elle s'associe à la demande d'intervention forcée présentée à l'égard des sociétés Egis bâtiments, Valentin et Daniel Pierron architectes, Idex énergies, société GTM Hallé, Ciblez, Albert Serrurerie, Apave Alsacienne, Allianz, MAF, Aviva assurances et Axa France Iard ;

5°) de mettre en cause la société Sodel et son assureur la CAMBTP ;

Elle soutient que la société Sodel est intervenue dans le cadre du groupement conjoint de conception/ et réalisation du projet.

Par un mémoire enregistré le 7 février 2023, la société GTM Hallé, représentée par Me Deleau, demande au juge des référés :

1°) de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise, sous ses plus expresses réserves et protestations,

2°) de lui donner acte de ce qu'elle entend formaliser un appel en garantie à l'encontre des différents intervenants à l'acte de construire ;

3°) de compléter les chefs de mission de l'expert.

Par des mémoires enregistrés les 7 février et 14 mars 2023, la société AXA France Iard, représentée par Me Canonica, de la SCP Vilmin Canonica Remy Rollet, demande au juge des référés :

1°) de lui donner acte de ce qu'elle s'en rapporte quant à la mesure d'expertise sollicitée, sans aucune reconnaissance ou approbation

2°) de compléter la mission de l'expert dans les termes du mémoire déposé par la société Adim Développement Immobilier Est ;

3°) de rejeter la demande de mise hors de cause de la société Apave Infrastructures et Constructions France et de rejeter comme irrecevables les conclusions d'appel en garantie formées par elle.

Elle soutient que :

- le contrat souscrit par la société Albert Serrurerie a pris effet le 2 novembre 2017 et a été résilié le 1er juillet 2021 ;

- sa demande tendant à sa mise hors de cause est prématurée et celle tendant à l'appel en garantie est irrecevable devant le juge des référés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2023, la société Apave infrastructures et construction France, venant aux droits de la société Apave Alsacienne, représentée par Me Marié, demande au juge des référés :

1°) à titre principal, de rejeter la demande en intervention forcée présentée par la société Adim Développement Immobilier Est en la mettant hors de cause et de mettre la somme à la charge de la société Adim Développement Immobilier Est la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens ;

2°) à titre subsidiaire, de lui donner, acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée sans reconnaissance de responsabilité et de garantie et de dire et juger qu'elle recherchera la condamnation des sociétés Albert serrurerie, Allianz Iard , Aviva assurances, Axa France Iard, Ciblez, Egis bâtiments, GTM Hallé, Idex énergies, MAF, Nancy Grand Scène, Zénith de Nancy et Valentin et Daniel Pierron architectes, à la garantie indemne, cette demande étant interruptive de prescription et de forclusion.

Elle soutient que les désordres allégués n'entrent pas dans l'objet des missions qui lui ont été confiées.

Par un mémoire, enregistré le 10 février 2023, la société Egis bâtiments Nord Est, représentée par Me Hofmann, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée tout en faisant valoir ses protestations et réserves d'usages.

Par un mémoire, enregistré le 21 février 2023, la compagnie Allianz Iard, prise en sa qualité d'assureur de la société Egis bâtiments, représentée par Me Salhi, demande au juge des référés :

1°) de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, tous droits et moyens réservés, sans aucune reconnaissance de responsabilité ou garantie d'aucune sorte ;

2°) de compléter la mission de l'expert conformément à ses écritures.

Par un mémoire, enregistré le 21 février 2023, la compagnie Allianz Iard, prise en sa qualité d'assureur de la société Idex énergies, représentée par Me Salhi, demande au juge des référés :

1°) de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la mesure d'expertise sollicitée, tous droits et moyens réservés, sans aucune reconnaissance de responsabilité ou garantie d'aucune sorte ;

2°) de compléter la mission de l'expert conformément à ses écritures ;

3°) de mettre en cause la société QBE Europe venant aux droits de la société QBE insurance Europe limited.

Elle soutient que la société Idex énergies est assurée pour sa responsabilité décennale auprès de la compagnie Allianz Iard et au titre de sa responsabilité civile auprès de la compagnie QBE Europe.

Par un mémoire enregistré le 22 février 2023, la société Sodel et la CAMBTP, représentées par Me Colbus, demandent au juge des référés :

1°) de leur donner acte de ce qu'elles formulent leurs plus expresses protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée,

2°) de compléter la mission de l'expert conformément aux écritures de la société Adim développement immobilier Est ;

3°) de mettre les frais et les dépens à la charge de la SNC Zénith de Nancy.

Par un mémoire enregistré le 9 mars 2023, la société AXA France Iard, en sa qualité d'assureur de la société SNC Zénith de Nancy, représentée par Me Roy-Thermes, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle formule les plus expresses protestations et réserves quant à la mesure d'expertise sollicitée, et ce sans aucune reconnaissance de responsabilité ou de garantie.

Par un mémoire, enregistré le 21 mars 2023, la société Abeille Iard et Santé, anciennement dénommée Aviva assurances, représentée par Me Poirson, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la demande d'expertise sollicitée, sous ses plus expresses réserves de garantie et de responsabilité sans approbation aucune des demandes formulées.

Par un mémoire, enregistré le 23 mars 2023, la société Pierron architecture, représentée par Me Zine, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle ne s'oppose pas à la demande d'expertise sollicitée avec les réserves d'usage.

Vu :

- les pièces du dossier desquelles il ressort que la requête a été communiquée à la mutuelle des architectes français, aux sociétés Idex énergies, Ciblez, Albert serrurerie et la compagnie QBE Europe, pour lesquelles il n'a pas été présenté de mémoire dans le délai imparti ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Di Candia, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer en matière de référé.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'expertise :

1. L'article R. 532-1 du code de justice administrative prévoit que : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".

2. Le 30 août 2018, un contrat a été conclu entre la société Nancy Grande Scène, prise en sa qualité de concessionnaire de service pour la gestion de la salle de spectacle du Zénith de Nancy en vertu d'un contrat de concession conclu avec la Métropole du Grand Nancy le même jour, la société Adim développement immobilier Est, prise en sa qualité de promoteur, chargée des travaux d'extension et de rénovation du bâtiment., et la SNC Zénith de Nancy, prise en sa qualité d'exploitant de la salle. En vue de réaliser des travaux d'extension et de rénovation du Zénith, la société Adim développement immobilier Est a confié la conception du marché d'extension et de réhabilitation du Zénith de Nancy à la société Pierron architectures et Egis Bâtiments et la partie réalisation à la société GTM Hallé, mandataire du groupement, à la société Sodel et à la société Idex énergies. La société GTM Hallé a fait appel à la société Ciblez, en qualité de sous-traitante, pour la réalisation des lots couverture et bardage et à la société Albert Serrurerie pour la réalisation du lot menuiserie acier. La mission de contrôle technique a été confiée à la société Apave alsacienne, aux droits de laquelle vient la société Apave infrastructures constructions France. A la suite de ces travaux, des désordres sont apparus, notamment des défaillances du système de chauffage entraînant des surconsommations électriques sont apparues. La SNC Zénith Nancy saisit le juge des référés d'une demande d'expertise portant sur ces désordres.

3. La demande d'expertise apparaît utile pour déterminer l'origine des désordres affectant la salle de spectacle le Zénith de Nancy et entre ainsi dans le champ d'application des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de l'ordonnance.

Sur la demande de mise hors de cause de la société Apave infrastructures constructions

4. Le juge des référés peut appeler à l'expertise toute personne n'étant pas manifestement étrangère au litige susceptible d'être engagé devant le juge de l'action qui motive l'expertise.

5. Pour demander sa mise hors de cause, la société Apave infrastructures et constructions fait valoir que les désordres en litige sont sans lien avec sa mission. Toutefois, dès lors qu'elle n'est pas manifestement étrangère au litige susceptible d'être engagé, ses conclusions tendant à sa mise hors de cause doivent être rejetées.

Sur la demande de pré-rapport :

6. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir, à charge pour les parties de le lui demander. Il suit de là que les conclusions des sociétés SNC Zénith Nancy et Adim développement immobilier Est tendant à ce que l'expert dresse un pré-rapport soumis aux parties ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'appel en garantie présentées par la société GTM Hallé et Apave infrastructures et constructions :

7. Il n'appartient pas au juge des référés, dans le cadre d'une demande d'expertise, de se prononcer sur des conclusions tendant à ce qu'une société soit garantie d'une éventuelle condamnation au fond. Par suite, les conclusions présentées en ce sens par les sociétés GTM Hallé et Apave infrastructures et constructions doivent être rejetées.

Sur la charge des frais d'expertise :

8. L'article R. 621-12 du code de justice administrative prévoit que : " Le président de la juridiction () peut, soit au début de l'expertise, si la durée ou l'importance des opérations paraît le comporter, soit au cours de l'expertise ou après le dépôt du rapport et jusqu'à l'intervention du jugement sur le fond, accorder aux experts et aux sapiteurs, sur leur demande, une allocation provisionnelle à valoir sur le montant de leurs honoraires et débours. Il précise la ou les parties qui devront verser ces allocations () " et l'article R. 621-13 du même code précise que : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal () en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Cette ordonnance désigne la ou les parties qui assumeront la charge de ces frais et honoraires (). Dans les cas mentionnés au premier alinéa, il peut être fait application des dispositions des articles R. 621-12 et R. 621-12-1 ".

9. Les dispositions précitées des articles R. 621-12 et R. 621-13 du code de justice administrative font obstacle à ce que le juge des référés, au stade de la désignation de l'expert, mette les frais d'expertise à la charge de l'une ou l'autre des parties. Les conclusions de la société Sodel et la CAMBTP à ce que les frais d'expertise soient avancés par la SNC Zénith Nancy ne peuvent ainsi qu'être rejetées.

10. Au surplus, aucune disposition du code de justice administrative ne prévoit la consignation au greffe d'une provision à titre d'avance sur les honoraires d'expertise et en tout état de cause, l'article R. 621-12 du code de justice administrative prévoit que : " Le président de la juridiction () peut, soit au début de l'expertise, si la durée ou l'importance des opérations paraît le comporter, soit au cours de l'expertise ou après le dépôt du rapport et jusqu'à l'intervention du jugement sur le fond, accorder aux experts et aux sapiteurs, sur leur demande, une allocation provisionnelle à valoir sur le montant de leurs honoraires et débours. Il précise la ou les parties qui devront verser ces allocations () ",

11. Il s'ensuit que les conclusions la société Nancy Grand Scène visant à ce que les frais de consignation soient mis à la charge à la SNC Zénith Nancy doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société Apave infrastructures et construction France présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1 : M. B A, demeurant 25 Clos des Vignes à Bousse (57310), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :

1°) se rendre sur les lieux et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des désordres relatifs au fonctionnement des installations de chauffage de la salle de spectacle du Zénith de Nancy et à la consommation énergétique de celle-ci, en indiquant si le niveau de consommation énergétique est conforme aux objectifs de performance énergétique fixés par le contrat de concession ;

2°) décrire les malfaçons qui seraient constatées et indiquer, pour chaque désordre, si, à la date de la réception, il était apparent, ou tout au moins prévisible, en tout cas dans toutes ses conséquences, dans l'hypothèse où il était apparent, préciser s'il a fait l'objet de réserves et si ces réserves ont été levées, et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire si ces désordres sont de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination ;

3°) donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons dont il s'agit, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, à la conception, à un défaut de direction ou de surveillance des travaux, à leur exécution ou encore aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'ouvrage endommagé ou à toute autre cause qu'il déterminera et, dans le cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;

4°) décrire les travaux qui ont été réalisés depuis l'apparition des désordres, en préciser la nature et indiquer les raisons pour lesquelles ils n'ont pas pu y mettre fin ;

5°) indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier à la situation actuelle, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus- value ; dire si l'urgence et/ou la nature des désordres impliquent que des mesures conservatoires soient prises ;

6°) donner son avis motivé sur l'évaluation du coût des travaux propres à mettre fin aux désordres ; donner son avis sur les préjudices de toute nature causés par lesdits désordres et en évaluer le montant ;

7°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.

L'expert disposera des pouvoirs d'investigations les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal.

Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.

Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert prêtera serment dans les formes prévues à l'article R. 621-3 du code de justice administrative.

Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la SNC Zénith Nancy, de la société Nancy Grand Scène, de la société Adim développement immobilier Est, de la société Egis bâtiments Nord Est, de la société Pierron architecture, de la société Idex énergies, de la société GTM Hallé, de la société Ciblez, de la société Albert Serrurerie, de la société Apave infrastructures construction France, de la société Sodel, de la société Axa France Iard, de la société Allianz Iard, de la mutuelle des architectes français, de la société Abeille Iard et santé, de la CAMBTP et la compagnie QBE Europe.

Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.

Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans un délai de 8 mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.

Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle la présidente du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.

Article 8 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 9 : La présente ordonnance sera notifiée à la SNC Zénith Nancy, à la société Nancy Grand Scène, à la société Adim développement immobilier Est, à la société Egis bâtiments Nord Est, à la société Pierron architecture, à la société Idex énergies, à la société GTM Hallé, à la société Ciblez, à la société Albert Serrurerie, à la société Apave infrastructures construction France , à la société Sodel, à la société Axa France Iard, à la société Allianz Iard, à la mutuelle des architectes français, à la société Abeille Iard et santé, à la CAMBTP,à la compagnie QBE Europe et à M. B A, expert.

.

Fait à Nancy, le 14 avril 2023

Le juge des référés,

O. Di Candia

La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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