mardi 1 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2301169 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | DUPIED |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 avril et 20 juin 2023, le département de Meurthe-et-Moselle, représenté par Me Zimmer, du cabinet Soler-Couteaux et associés, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de prescrire une expertise portant sur le phénomène de fissuration du dallage du rez-de-chaussée apparu au sein du collège Niki de Saint Phalle à Nancy
Il soutient que :
- la mesure d'expertise sollicitée est utile pour donner des éléments permettant de savoir si les membres du groupement de maîtrise d'œuvre et les entreprises des lots n° 1 et 11 ont commis des fautes de nature à engager leur responsabilité ;
- sauf à ce qu'elle produise le contrat de sous-traitance la liant à la société Gaujard, seul de nature à établir qu'elle n'est intervenue que pour les seules missions DET et AOR relatives à l'ingénierie structure bois, il y a lieu d'attraire la société Ingecobois aux opérations d'expertise ;
- il n'y a pas lieu d'attraire la société Lebras Frères ;
- la demande porte exclusivement sur les fissures affectant le dallage du rez-de-chaussée ;
- contrairement à ce que soutient la société Ingecobois, le groupement de maîtrise d'œuvre n'était pas conjoint ;
- aucune police d'assurance dommage ouvrage n'a été souscrite.
Par un mémoire enregistré le 9 mai 2023, la société V Mat Construction, représentée par Me Lebon, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle s'en rapporte à prudence de justice sur la demande, sous ses plus expresses réserves et protestations.
Par un mémoire enregistré le 11 mai 2023, la société Wig France Entreprises, représentée par Me Dupied, demande au juge des référés de lui donner acte de ses protestations et réserves sur la demande formulée par le département, en rappelant que la mesure sollicitée est circonscrite au phénomène de fissuration constaté.
Par un mémoire enregistré le 11 mai 2023, la société MMA Iard Assurances Mutuelles, représentée par Me Canonica, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle entend s'en rapporter sur la mesure sollicitée, sans aucune reconnaissance ou approbation et sous ses plus expresses réserves.
Par un mémoire enregistré le 12 mai 2023, la SARL Coopérative ouvrière de production Gaujard Technologie et la société l'Auxiliaire, représentées par Me Lebret, demandent au juge des référés de prendre acte de leurs protestations et réserves et de limiter la mission de l'expert à l'examen des fissures mentionnées sur le suivi des réserves et levées de réserves de garantie de parfait achèvement du 12 avril 2023.
Par des mémoires en défense enregistrés les 16 mai, 4 et 18 juillet 2023, la société Ingecobois, représentée par Me Roehrig, demande au juge des référés :
- à titre principal, de rejeter la requête en tant qu'elle est dirigée à son encontre ;
- subsidiairement, de mettre en cause la société Lebras Frères, de limiter la mission de l'expert à l'analyse des fissures de dallage en rez-de-chaussée, de tenir une réunion à l'issue de laquelle il proposera la mise hors de cause des parties non concernées et de dresser un pré-rapport reprenant l'intégralité de son avis.
Elle soutient que :
- l'utilité de la mesure n'est pas justifiée en tant qu'elle est dirigée contre elle, la requête ne précisant pas à quel titre elle pourrait être impliquée dans les désordres, alors qu'elle intervenue que pour les seules missions DET et AOR relatives à l'ingénierie structure bois, et non sur les dalles en béton ;
- en raison de ses relations de confiance avec la société Gaujard, il n'a pas été dressé de contrat de sous-traitance ;
- la mission de l'expert doit être limitée aux fissures du dallage du rez-de-chaussée ;
Par un mémoire enregistré le 16 mai 2023, la Société mutuelle d'assurance du bâtiment et des travaux publics, ci-après dénommée SMABTP, représentée par Me Lebon, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle s'en rapporte à prudence de justice sur la demande, sous ses plus expresses réserves et protestations.
Par un mémoire enregistré le 17 mai 2023, la société MMA Iard Assurances Mutuelles et la société Anatech, représentées par Me Canonica, agissant désormais conjointement, demandent au juge des référés de leur donner acte de ce qu'elles entendent s'en rapporter sur la mesure sollicitée, sans aucune reconnaissance ou approbation et sous ses plus expresses réserves.
Par un mémoire enregistré le 22 mai 2023, la SAS Bureau Alpes Contôles - Bac, représentée par la SELARL Barre-Le Gleut, demande au juge des référés de lui donner acte de ses protestations et réserves sur la demande formulée par le département.
Par un mémoire enregistré le 2 juin 2023, la société Axa France Iard, en sa qualité d'assureur RC décennal de la société Wig France, représentée par Me Barraud, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle s'en rapporte à prudence de justice sur la demande, sous ses plus expresses réserves de responsabilité, de garantie et de droit.
Par un mémoire enregistré le 6 juin 2023, la société Choulet, représentée par Me Monheit, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle n'entend pas s'opposer à la mesure sollicitée, en s'en remettant à prudente sagesse, sans reconnaissance de responsabilité ni de garantie et sous ses plus expresses protestions et réserves.
Par un mémoire enregistré le 8 juin 2023, la société MU Architecture, représentée par Me Zine, demande au juge des référés de lui donner acte de ce qu'elle n'entend pas s'opposer à la mesure sollicitée, sous ses réserves et protestations et sans reconnaissance de responsabilité.
Par un mémoire enregistré le 28 juillet 2023, la société Eiffage énergie systèmes-Clevia Est et la société SMA, représentées par Me Le Discorde, demandent au juge des référés de leur donner acte de ce qu'elles n'entendent pas s'opposer à la mesure sollicitée, tous droits et moyens leur étant expressément réservés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Di Candia, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer en matière de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur l'utilité de la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction ".
2. Par un acte d'engagement du 17 octobre 2018, le département de Meurthe-et-Moselle a confié à un groupement constitué de la société MU Architecture, de la société Choulet et de la société Gaujard Technologie (laquelle a sous-traité une partie de ses missions APS, PRO, EXE et DET à la société Anatech et une partie de ses missions DET et AOR à la société Ingecobois) la construction du collège du secteur Artem à Nancy. Le lot n° 1 " installation de chantier - terrassement - fondation - gros œuvre " a été confié le 18 décembre 2019 à la société Wig France Entreprises, laquelle a sous-traité les travaux de réalisation de la chape à la société V Mat Construction. Le lot n° 11 " CVC Plomberie - GTB " a quant à lui été confié à la société Eiffage Energies Systèmes - Clévia Est le 10 décembre 2019. La société Bureau Alpes Contrôle est intervenue en qualité de contrôleur technique. Postérieurement à la réception avec réserve des travaux, un phénomène de fissuration du dallage du rez-de-chaussée est apparu. La demande d'expertise sollicitée par le département de Meurthe-et-Moselle apparaît utile pour déterminer l'origine et les causes des désordres précités, définir et chiffrer les travaux de reprise et donner les éléments nécessaires à l'identification des responsabilités encourues. Elle entre ainsi dans le champ d'application des dispositions précitées de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de faire droit à cette demande et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur la demande de la société Ingecobois tendant à sa mise hors de cause :
3. Le juge des référés peut appeler à l'expertise toute personne n'étant pas manifestement étrangère au litige susceptible d'être engagé devant le juge de l'action qui motive l'expertise.
4. Pour demander sa mise hors de cause, la société Ingecobois fait valoir que les désordres en litige sont sans lien avec sa mission. Toutefois, en l'absence d'élément de nature à l'établir, et dès lors qu'elle n'est pas, à la date de la présente ordonnance, manifestement étrangère au litige susceptible d'être engagé et que sa présence aux opérations d'expertise pourrait être utile pour apporter des informations permettant à l'expert d'appréhender les faits, ses conclusions tendant à sa mise hors de cause doivent être rejetées.
Sur la demande de la société Ingecobois tendant à la mise en cause de la société Lebras Frères :
5. Pour demander la mise en cause de la société Lebras Frères, la société Ingecobois se prévaut du fait qu'elles sont toutes les deux intervenues sur le lot " ossature bois ". Toutefois, à la date de la présente ordonnance, sa présence aux opérations d'expertise n'apparaît pas utile.
6. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de réaliser les opérations d'expertise au contradictoire de la société MU Architecture et de son assureur, la Compagnie MAF, de la société Choulet ; de la société Gaujard Technologie et de son assureur, la société L'Auxiliaire, la société Wig France Entreprises et de son assureur, la société Axa France Iard, la société Eiffage Energie Systèmes - Clévia Est et de son assureur, la société SMA, la société Bureau Alpes Contrôle, la société Anatech et son assureur, la société MMA Iard Assurances Mutuelles, la société Ingecobois, la société V Mat Construction et son assureur, la SMABTP.
Sur la demande de pré-rapport :
7. Aucune disposition du code de justice administrative ni aucun principe général du droit ne fait obligation à l'expert d'établir un pré-rapport. L'expert, dans la conduite des opérations de l'expertise qui lui est confiée et dont il définit librement les modalités pratiques, de concert avec les parties, ne saurait se voir soumis à d'autres obligations que celles issues du principe du contradictoire. L'établissement d'un pré-rapport adressé aux parties en vue de recueillir leurs éventuelles observations ne constitue donc qu'une modalité opérationnelle de l'expertise dont il appartient à l'expert d'apprécier la nécessité d'y recourir, à charge pour les parties de le lui demander. Il suit de là que les conclusions présentées en ce sens tendant à ce que l'expert dresse un pré-rapport soumis aux parties ne peuvent qu'être rejetées.
ORDONNE :
Article 1 : M. A B demeurant 10 rue Wimpfeling à Selestat (67600), est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission de :
1°) se rendre sur les lieux et procéder à la constatation et au relevé précis et détaillé des fissures affectant le dallage du rez-de-chaussée du collège Niki de Saint Phalle à Nancy.
2°) décrire les désordres qui seraient constatés et réunir les éléments d'information permettant au tribunal de dire s'ils sont de nature à compromettre la solidité de l'immeuble ou à le rendre impropre à sa destination. Indiquer, pour chaque désordre, si, à la date de réception, il était apparent ou à tout le moins prévisible, en tout cas dans toutes ses circonstances. S'il était apparent, préciser si le désordre a fait l'objet de réserves et si celles-ci ont été levées.
3°) Donner un avis motivé sur les causes et origines des désordres et malfaçons, en précisant s'ils sont imputables aux travaux de construction, aux conditions d'utilisation et d'entretien de l'ouvrage ou à toute autre cause qu'il déterminera ou, en cas de causes multiples, d'évaluer les proportions relevant de chacune d'elles ;
4°) indiquer la nature des travaux nécessaires pour remédier aux désordres, en assurant la solidité de l'ouvrage et un usage propre à sa destination, en précisant s'il en résulte une plus-value pour l'immeuble en cause ; dire si l'urgence et/ou la nature des désordres impliquent que des mesures conservatoires soient prises ;
5°) donner un avis motivé sur l'évaluation du coût des travaux propres à mettre fin aux désordres ; fixer la durée des travaux compte tenu des nécessités de leur conception, de la passation des marchés et de leur exécution ; donner son avis sur les préjudices de toute nature causés par lesdits désordres et en évaluer le montant ;
6°) d'une façon générale, recueillir tous éléments et faire toutes autres constatations utiles de nature à éclairer le tribunal dans son appréciation des responsabilités éventuellement encourues et des préjudices subis.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigations les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable de la présidente du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert déposera au greffe du tribunal administratif la déclaration sur l'honneur prévue par les dispositions de l'article R. 621-3 du code de justice administrative, et, dans les cas prévus au second alinéa de cet article, prêtera également par écrit le serment prévu par l'article R. 221-15-1 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de la société MU Architecture, de la Compagnie MAF, de la société Choulet, de la société Gaujard Technologie, de la société L'Auxiliaire, de la société Wig France Entreprise, de la société Axa France Iard, de la société Eiffage Energie Systèmes - Clévia Es, de la société SMA, de la société Bureau Alpes Contrôle, de la société Anatech, de la société MMA Iard Assurances Mutuelles, de la société Ingecobois, de la société V Mat Construction et de la SMABTP.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal administratif dans un délai de 8 mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle la présidente du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires.
Article 8 : La présente ordonnance sera notifiée à la société MU Architecture, la Compagnie MAF, la société Choulet, la société Gaujard Technologie, la société L'Auxiliaire, la société Wig France Entreprise, la société Axa France Iard, la société Eiffage Energie Systèmes - Clévia Est, la société SMA, la société Bureau Alpes Contrôle, la société Anatech, la société MMA Iard Assurances Mutuelles, la société Ingecobois, la société V Mat Construction, la SMABTP et à M.A B, expert.
Fait à Nancy, le 1er août 2023.
Le juge des référés,
O. Di Candia
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026