mardi 11 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2301300 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | JEANNOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 avril 2023, Mme A B, représentée par Me Jeannot, demande au juge des référés sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser une provision d'un montant de 71 700 euros assorti des intérêts au taux légal à compter de la demande de paiement en date du 10 janvier 2023 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que le jugement du tribunal du 22 septembre 2022 enjoignant au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement, n'a pas été exécuté à ce jour, et qu'elle s'est vu remettre un récépissé valable du 3 octobre 2022 au 3 janvier 2023 puis une autorisation provisoire de séjour valable du 11 janvier au 10 avril 2023 puis un nouveau récépissé valable du 6 avril au 5 juillet 2023. Son contrat de travail à durée déterminée n'a pas été renouvelé et elle a dû déménager. Elle est actuellement hébergée par le 115. Elle vit dans des conditions précaires avec ses deux enfants. Elle sollicite l'indemnisation de ses préjudices matériels financiers et moraux, résultant de la longueur de la procédure d'instruction de demande de carte d'identité de ses enfants et de l'illégalité constatée par un jugement du 30 mars 2021 (3000 euros), du refus implicite de récépissé et du classement sans suite de sa demande de titre de séjour, décision retirée à la suite de la procédure qu'elle a engagée (27 000 euros), de l'illégalité constatée du refus de séjour du 11 mai 2022 (17 500 euros) et de l'absence d'exécution du jugement du 22 septembre 2022 (27 200 euros).
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mai 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les préjudices allégués ne sont pas justifiés et que l'obligation dont se prévaut la requérante est sérieusement contestable.
Par une ordonnance du 19 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 5 juillet 2023 à 16h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Marti, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions relatives à l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : "Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. Mme B s'étant vu accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 26 mai 2023, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions.
Sur la demande de provision :
3. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".
4. Mme B, ressortissante congolaise née le 16 juin 1985 et entrée en France le 12 mai 2018 sous couvert d'un visa de court séjour, accompagnée d'un enfant. Elle a donné naissance en France le 17 septembre 2018 à un deuxième enfant, auquel la nationalité française a été reconnue. Elle demande la condamnation de l'Etat au versement d'une provision d'un montant total de 71 700 euros, au titre de l'indemnisation de ses préjudices matériels, financiers et moraux, résultant de la longueur de la procédure d'instruction de demande de carte d'identité de ses enfants et de l'illégalité constatée par un jugement du 30 mars 2021 (3000 euros), du refus implicite de récépissé et du classement sans suite de sa demande de titre de séjour, décision retirée à la suite de la procédure qu'elle a engagée (27 000 euros), de l'illégalité constatée du refus de séjour du 11 mai 2022 (17 500 euros) et de l'absence d'exécution du jugement du 22 septembre 2022 (27 200 euros). Toutefois, le préjudice résultant de la longueur de la procédure de délivrance de carte d'identité à son enfant, qui l'aurait empêché de présenter une demande de titre de séjour, n'est pas établi. La requérante n'établit pas non plus la réalité et l'étendue du préjudice moral et matériel qu'elle aurait subi du fait du classement sans suite de sa demande, dès lors que cette décision a été retirée et qu'elle a été mise en possession d'un récépissé autorisant le travail. En outre, elle n'établit pas davantage que le refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire du 11 mai 2022 l'aurait empêchée de trouver un emploi. Enfin, il ne résulte pas de l'instruction que le préfet de Meurthe-et-Moselle aurait refusé d'exécuter le jugement du 22 septembre 2022 et un titre de séjour lui a au contraire été délivré le 23 mai 2023, sans qu'elle démontre que les récépissés délivrés l'auraient empêchée d'obtenir le renouvellement de son contrat de travail. Dans ces conditions, le préfet de Meurthe-et-Moselle est fondé à soutenir que l'obligation dont se prévaut la requérante est sérieusement contestable.
5. Par suite, il y a lieu de rejeter la demande de provision de Mme B, y compris ses conclusions fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de Mme B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Jeannot.
Copie sera adressée pour information au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Fait à Nancy, le 11 juillet 2023.
Le juge des référés,
D. Marti
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026