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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2302940

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2302940

mercredi 29 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2302940
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2023, M. A B, représenté par Me Grardel, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner à la préfète des Vosges, au Centre d'Expertise des Ressources Titres (CERT) ou à l'Agence Nationale des Titres Sécurisés (ANTS) la communication de son permis de conduire dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 € par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfecture des Vosges, CERT, ANTS) la somme de 2 000 € sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il est détenteur du permis de conduire depuis le 20 janvier 1993 ;

- le 16 mars 2023 il a fait l'objet d'une décision administrative référencée 3F portant suspension de son permis de conduire pour une durée limitée à cinq mois ; qu'il a remis son permis de conduire ;

- il a accompli toutes les formalités nécessaires à la récupération de son permis de conduire, ce qui aurait dû avoir pour conséquence la restitution de son permis de conduire ; cependant, à la lecture du relevé d'information intégral de son permis de conduire, la suspension de son permis de conduire subsiste ;

- exerçant la profession d'expert financier il se trouve à ce jour en difficulté et subit des préjudices du fait de ne pas pouvoir continuer son activité professionnelle au motif que son permis apparaît comme suspendu sur son relevé d'information, alors que celui-ci est tout à fait valide. Dès lors, la mesure sollicitée du tribunal administratif de céans est utile et urgente, afin de lui permettre de poursuivre son activité professionnelle ;

- il n'y a pas de contestation sérieuse concernant son droit à conduire ;

- la mesure est utile dès lors qu'elle lui permettra de retrouver pleinement la justification de son droit de conduire, d'effectuer toutes les démarches nécessitant la production du titre, et de ne pas être en infraction avec le code de la route.

Par un mémoire enregistré le 12 octobre 2023, l'ANTS conclut à l'irrecevabilité de la requête en tant qu'elle est dirigée contre elle.

Par un mémoire enregistré le 12 octobre 2023, le préfet de Loire Atlantique conclut à ce que la requête est mal dirigée en tant qu'elle met en cause le CERT EPE de Nantes.

Par un mémoire enregistré le 12 octobre 2023, la préfète des Vosges conclut à ce que la requête est mal dirigée en tant qu'elle met en cause la préfecture des Vosges.

La requête a régulièrement été communiquée au préfet des Hauts-de-Seine, qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Marti, vice-président, pour statuer sur les demandes de référés.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, aux fins d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

2. M. B est titulaire d'un permis de conduire délivré par le sous-préfet de Boulogne-Billancourt le 20 janvier 1993. Par un arrêté du 16 mars 2023, pris sur le fondement des articles L. 224-1 et suivants du code de la route, la préfète des Vosges a suspendu la validité de son permis de conduire pour une durée de 5 mois à compter de la date de retrait du titre. Il soutient que son permis de conduire valide aurait dû lui être restitué à l'issue de la période de suspension de 5 mois, soit dès le 16 août 2023. Or, le relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B indique que celui-ci est toujours considéré comme invalide. Par le présent recours, M. B demande au juge des référés du tribunal administratif, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre sans délai à l'administration compétente de déclarer valide son permis de conduire et de le lui restituer.

3. Le préfet des Hauts-de-Seine, département dans lequel est domicilié M. B, n'ayant pas présenté d'observations en défense permettant d'expliquer la raison pour laquelle, plus de 9 mois après l'expiration de la période de suspension, le permis de conduire qu'il a délivré à M. B est toujours considéré comme invalide et ne lui a pas été restitué, il y a lieu de faire droit à la demande du requérant, dès lors que le préfet mis en cause dans la présente instance ne conteste pas le droit du requérant à se voir délivrer un permis de conduire valide, la mesure sollicitée ne se heurtant ainsi à aucune contestation sérieuse et ne faisant obstacle à l'exécution d'aucune décision. Par ailleurs, le requérant se trouvant privé de la possibilité de justifier de son droit à conduire et son activité professionnelle nécessitant divers déplacements, la mesure sollicitée présente un caractère utile et urgent.

4. Il résulte de ce qui précède que M. B est fondé à demander qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de prendre toutes dispositions utiles pour que son permis de conduire soit déclaré valide et lui soit restitué dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de déclarer valide le permis de conduire de M. B et de le lui restituer, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance.

Article 2 : Les conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée pour information au préfet des Hauts-de-Seine, à la préfète des Vosges, au préfet de Loire-Atlantique et à l'Agence Nationale des Titres Sécurisés.

Fait à Nancy, le 29 novembre2023.

Le juge des référés,

D. Marti

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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