mercredi 2 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401026 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 avril 2024 et des mémoires complémentaires enregistrés les 7 et 28 mai 2024, l'Etablissement public foncier de Grand-Est (EPFGE), représenté par Me L'Huillier, demande au juge des référés :
1°) de prescrire, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, une mesure d'expertise pour constater, avant, pendant et après les travaux de curage, de désamiantage, de déplombage et de déconstruction des bâtiments situés 1 et 3 rue de Metz à Lunéville, l'état des immeubles riverains ainsi que de la voirie et du mobilier urbain susceptibles d'être affectés par des dommages, ainsi que les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de la mission de l'expert ;
2°) de statuer sur les dépens.
Il soutient que l'opération envisagée se situe en milieu urbain ; que l'environnement immédiat du site de l'opération est constitué d'immeubles mitoyens à usage d'habitation ; qu'il est ainsi dans son intérêt de solliciter la réalisation d'une expertise afin de procéder à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages, ainsi qu'aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée de la mission ; que les demandes présentées par M. X seront rejetées.
Par un mémoire enregistré le 22 avril 2024, la société Bertrand Immobilier indique qu'elle n'est plus le syndic de l'immeuble situé 50 rue de la République.
Par un mémoire enregistré le 28 avril 2024, M. AO X indique qu'il conviendra de prévoir une isolation thermique sur les pignons de l'immeuble situé 50 rue de la République ; qu'il est souhaitable que les occupants de l'immeuble soient avisés de la date de la démolition afin de pouvoir prendre les mesures nécessaires ; qu'il est nécessaire de replacer la caméra de surveillance, très dissuasive dans ce secteur.
Par un mémoire enregistré le 17 juin 2024, la SARL Locago, syndic de la copropriété sise au 50 rue de la République, a transmis la liste des copropriétaires actualisée.
Vu :
- les pièces du dossier desquelles il ressort que la requête a été communiquée à la société Ingedec, la société Socotec Construction, la commune de Lunéville, l'office public de l'habitat de Lunéville à Baccarat, la société Galosso Production, Mme AJ AM, M. N AR, Mme P AF, M. F di Giacomo, M. I O, Mme AB E, M. AG H, Mme AS, M. AK V, la SCI Stena, Mme AI Q, M. J AC, Mme W AL, M. L T, Mme AH U, Mme K AD, la SCI du Château Saint André, Mme AP AQ et M. Y AA, pour lesquels il n'a pas été présenté de mémoire dans le délai imparti ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Coudert, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer en matière de référé.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'expertise :
1. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction issue du décret n° 2023-468 du 16 juin 2023 relatif à l'expertise devant les juridictions administratives et judiciaires : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. / () ". Aux termes de l'article R. 532-1-1 du même code : " Le juge des référés peut charger un expert de procéder, lors de l'exécution de travaux publics, à toutes constatations relatives à l'état des immeubles susceptibles d'être affectés par des dommages puis, le cas échéant, aux causes et à l'étendue des dommages qui surviendraient effectivement pendant la durée d'exécution des travaux. / L'ordonnance désignant l'expert peut prévoir, par dérogation à l'article R. 751-3, qu'elle sera notifiée par le demandeur aux personnes dont les immeubles sont susceptibles d'être affectés par des dommages. / L'expert dépose un premier rapport accompagné d'un état de ses vacations, frais et débours, dès l'issue de la phase de constat. Le président de la juridiction ou, au Conseil d'Etat, le président de la section du contentieux fixe alors par ordonnance le montant des honoraires et des frais et débours dû à l'expert, dans les conditions prévues par l'article R. 621-11. / La mission de l'expert peut se poursuivre, si l'ordonnance mentionnée au deuxième alinéa l'a prévu, pour rechercher les causes et l'étendue des dommages qui surviendraient pendant la durée d'exécution des travaux, à l'initiative du demandeur saisi, le cas échéant, par l'une des parties mentionnées au deuxième alinéa. Le montant des honoraires et des frais et débours est fixé après le dépôt du ou des rapports relatifs aux dommages dans les conditions prévues par l'article R. 621-11, sans préjudice de l'application des dispositions de l'article R. 621-12 ".
2. Dans le cadre du programme de requalification du patrimoine du cœur de ville de Lunéville, l'EPFGE va réaliser des travaux de curage, de désamiantage, de déplombage et de déconstruction du bâtiment situé 1 et 3 rue de Metz, sur la parcelle cadastrée section AB 362. Les conclusions de la requête tendant à ce qu'un expert constate, avant, pendant et après travaux, l'état des immeubles situés à proximité du projet :
- au 6 rue de Metz, sur la parcelle cadastrée section AB 317,
- au 4 rue de Metz, sur la parcelle cadastrée section AB 318,
- au 46 rue de la République, sur la parcelle cadastrée section AB 319,
- au 50 rue de la République, sur les parcelles cadastrées section AB n° 454 et AB n° 459,
- au 5 rue de Metz, sur la parcelle cadastrée section AB n° 18,
ainsi que l'état de la voirie et du mobilier urbain, entrent dans le champ d'application des dispositions précitées des articles R. 532-1 et R. 532-1-1 du code de justice administrative. En conséquence, il y a lieu d'y faire droit et de fixer la mission de l'expert comme il est précisé à l'article 1er de la présente ordonnance. En l'espèce, il y a lieu de prévoir, conformément aux dispositions de l'article R. 532-1-1 du code de justice administrative, que la mission de l'expert pourra se poursuivre pendant la durée d'exécution des travaux dans les conditions fixées à l'article 1er de la présente ordonnance.
Sur les conclusions relatives aux dépens :
3. Aux termes de l'article R. 621-13 du code de justice administrative : " Lorsque l'expertise a été ordonnée sur le fondement du titre III du livre V, le président du tribunal ou de la cour, après consultation, le cas échéant, du magistrat délégué, ou, au Conseil d'Etat, le président de la section du contentieux en fixe les frais et honoraires par une ordonnance prise conformément aux dispositions des articles R. 621-11 et R. 761-4. Ces frais et honoraires sont, en principe, mis à la charge de la partie qui a demandé le prononcé de la mesure d'expertise. Toutefois, pour des raisons d'équité, ils peuvent être mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'ordonnance est exécutoire dès son prononcé, et peut être recouvrée contre les personnes privées ou publiques par les voies de droit commun. Elle peut faire l'objet, dans le délai d'un mois à compter de sa notification, du recours prévu à l'article R. 761-5. / Dans le cas où les frais d'expertise mentionnés à l'alinéa précédent sont compris dans les dépens d'une instance principale, la formation de jugement statuant sur cette instance peut décider que la charge définitive de ces frais incombe à une partie autre que celle qui a été désignée par l'ordonnance mentionnée à l'alinéa précédent ou par le jugement rendu sur un recours dirigé contre cette ordonnance. / () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'il n'appartient pas au juge des référés de statuer sur les dépens. Ainsi, les conclusions présentées en ce sens par l'EPFGE doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées par M. X :
5. Il n'appartient pas au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de se prononcer sur les modalités d'exécution ou la nature des travaux envisagés par le maître de l'ouvrage. Les conclusions présentées par M. X à cette fin doivent, par suite, être rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : M. M A, demeurant ZAC des Savlons, 5 rue Marcel Galliot à Malzéville (54220) est désigné en qualité d'expert. Il aura pour mission :
1°) de prendre connaissance du projet de travaux de curage, de désamiantage, de déplombage et de déconstruction du bâtiment situé 1 et 3 rue de Metz à Lunéville, sur la parcelle cadastrée AB 362, envisagé par l'EPFGE ;
2°) avant les travaux : de se rendre sur les lieux, de constater et décrire avec précision, dans un premier rapport, l'état des immeubles sis :
- 6 rue de Metz, sur la parcelle cadastrée section AB 317,
- 4 rue de Metz, sur la parcelle cadastrée section AB 318,
- 46 rue de la République, sur la parcelle cadastrée section AB 319,
- 50 rue de la République, sur les parcelles cadastrées section AB n° 454 et AB n° 459,
- 5 rue de Metz, sur la parcelle cadastrée section AB n° 18,
ainsi que de la voirie et du mobilier urbain situés dans l'entourage immédiat des travaux ; au cas où l'état de ces immeubles présenterait des dégradations ou des désordres nécessitant des mesures de sauvegarde ou des travaux particuliers de nature à éviter toute aggravation de cet état, d'en indiquer la consistance ;
3°) pendant la durée d'exécution des travaux, à l'initiative de l'EPFGE, saisi, le cas échéant, par les riverains, de constater les désordres signalés ; de déterminer leur cause et leur étendue ; d'indiquer les travaux permettant d'y remédier ; de préciser si les désordres constatés peuvent s'aggraver et, dans l'affirmative, indiquer les mesures destinées à prévenir toute aggravation.
L'expert disposera des pouvoirs d'investigations les plus étendus. Il pourra entendre tous sachants, se faire communiquer tous documents et renseignements, faire toutes constatations ou vérifications propres à faciliter l'accomplissement de sa mission et éclairer le tribunal.
Article 2 : L'expert accomplira sa mission dans les conditions prévues aux articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il ne pourra pas recourir à un sapiteur sans l'autorisation préalable du président du tribunal administratif.
Article 3 : Préalablement à toute opération, l'expert déposera au greffe du tribunal administratif la déclaration sur l'honneur prévue par les dispositions de l'article R. 621-3 du code de justice administrative, et, dans les cas prévus au second alinéa de cet article, prêtera également par écrit le serment prévu par l'article R. 221-15-1 du code de justice administrative.
Article 4 : L'expertise aura lieu en présence de l'EPFGE, de la société Ingedec, de la société Socotec Construction, de la commune de Lunéville, de l'office public de l'habitat de Lunéville à Baccarat, de la société Galosso Production, de M. AO X, de Mme AJ AM, de M. N AR, de Mme P AF, de M. F di Giacomo, de M. I O, de Mme AB E, de M. AG H, de Mme AS, de M. AK V, de la SCI Stena, de Mme AI Q, de M. J AC, de Mme W AL, de M. L T, de Mme AH U, de Mme K AD, de la SCI du Château Saint André, de Mme AP AQ, de M. Y AA, de Mme AI C, de M. R AE, de Mme B D, de M. AN G, de Mme S Z et du syndic Locago.
Article 5 : L'expert avertira les parties conformément aux dispositions de l'article R. 621-7 du code de justice administrative.
Article 6 : L'expert déposera son rapport de constatation de l'état des immeubles au greffe du tribunal administratif dans un délai de trois mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Un exemplaire de ce rapport sera notifié par l'expert à l'EPFGE et la seule partie du rapport le concernant à chacun des défendeurs.
Le ou les rapports éventuellement établis par l'expert à la demande de l'EPFGE pendant la durée d'exécution des travaux seront déposés au greffe du tribunal administratif dans un délai de deux mois à compter de la saisine de l'expert. Un exemplaire de ces rapports sera notifié par l'expert à l'EPFGE et aux défendeurs concernés par les désordres en cause.
Avec leur accord, ces notifications peuvent s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son/ses rapports par les parties.
Article 7 : Les frais et honoraires de l'expertise seront mis à la charge de la ou des parties désignées dans l'ordonnance par laquelle le président du tribunal liquidera et taxera ces frais et honoraires, d'une part, après la phase de constat et, d'autre part, le cas échéant, après le dépôt des rapports ultérieurs.
Article 8 : Les conclusions de l'EPFGE relatives aux dépens sont rejetées.
Article 9 : Les conclusions présentées par M. X sont rejetées.
Article 10 : La présente ordonnance sera notifiée à l'Etablissement public foncier de Grand-Est et à M. M A, expert.
Par dérogation à l'article R. 751-3 du code de justice administrative, la présente ordonnance sera notifiée par l'Etablissement public foncier de Grand-Est à la société Ingedec, à la société Socotec Construction, à la commune de Lunéville, à l'office public de l'habitat de Lunéville à Baccarat, au syndicat de copropriété de l'immeuble 50 rue de la République, à la société Galosso Production, à M. AO X, à Mme AJ AM, à M. N AR, à Mme P AF, à M. F di Giacomo, à M. I O, à Mme AB E, à M. AG H, à Mme AS, à M. AK V, à la SCI Stena, à Mme AI Q, à M. J AC, à Mme W AL, à M. L T, à Mme AH U, à Mme K AD, à la SCI du Château Saint André, à Mme AP AQ, à M. Y AA, à Mme AI C, à M. R AE, à Mme B D, à M. AN G, à Mme S Z et au syndic Locago. L'Etablissement public foncier de Grand-Est justifiera auprès du tribunal de la date de notification de la présente ordonnance auprès des différents propriétaires.
Fait à Nancy, le 2 octobre 2024.
Le juge des référés,
B. Coudert
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026