jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2401472 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mai 2024 et un mémoire en réplique enregistré le 19 juin 2024, M. B C, représenté par Me Choffrut, demande au juge des référés, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner la désignation d'un expert, médecin généraliste ;
2°) à titre subsidiaire, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, d'ordonner la désignation d'un expert, médecin généraliste.
Il soutient que :
- sur l'urgence : l'administration a engagé une procédure de mise à la retraite d'office pour invalidité ; il risque d'être privé de toutes ressources ; l'urgence est caractérisée tant au regard de sa situation financière actuelle que des conséquences des procédures en cours diligentées par l'administration sur sa situation professionnelle ; en l'absence d'expertise médicale rapide, il risque de se retrouver de nouveau placé à la retraite pour invalidité d'office ; l'absence d'expertise médicale préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation personnelle et financière ;
- sur le caractère d'utilité de l'expertise : aucun autre médecin expert n'a été désigné depuis que le docteur A s'est prononcé sur sa situation médicale ; diligenter une expertise médicale dans le cadre d'une procédure de mise à la retraite pour invalidité présente nécessairement un caractère d'utilité ; c'est d'autant plus vrai en l'espèce dans la mesure où le conseil médical comme le conseil médical supérieur ont rendu un avis favorable à la mise à la retraite alors qu'ils indiquent qu'ils sont rendus " en l'absence d'éléments médicaux produits ", alors qu'il avait produit de nombreux éléments médicaux ; il conteste être inapte à la reprise de ses fonctions ; il est par ailleurs opportun de déterminer son aptitude afin de savoir si la procédure de mise à la retraite peut être justifiée ; il conviendra de confier la mission sollicitée à un expert psychiatre.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 mai 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut, à titre principal, au rejet de la requête de M. C et, à titre subsidiaire, à ce que les frais d'expertise soient mis à sa charge.
Il fait valoir qu'aucune urgence ne commande qu'il soit fait droit à la demande de M. C, ce dernier étant lui-même à l'origine de la situation qu'il dénonce puisqu'il s'est systématiquement opposé aux mesures que l'administration a engagées afin de procéder à son reclassement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Coudert, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référés.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, titulaire du grade de capitaine de la police nationale, a été affecté au titre de la période de septembre 2006 à juillet 2014 à la direction départementale de la sécurité publique de Meurthe-et-Moselle. Par des avis en date des 27 septembre 2016 et 24 janvier 2017, le comité médical puis le comité médical supérieur, ont estimé que M. C était inapte à l'exercice de toute fonction active dans la police nationale. L'intéressé a été placé en disponibilité d'office au titre de la période du 1er novembre 2018 au 30 novembre 2019. Le 10 septembre 2019, la commission de réforme a émis un avis favorable à l'admission à la retraite de M. C, à compter du 1er décembre 2019, pour invalidité non imputable au service. Par un arrêté du 9 avril 2020, la préfète de la région Grand Est, préfète de la zone de défense et de sécurité Est, préfète du Bas-Rhin a admis de manière anticipée M. C à la retraite à compter du 1er décembre 2019. Par un arrêté du 28 avril 2020, le ministre de l'intérieur a admis de manière anticipée M. C à la retraite, à compter du 1er décembre 2019. Par un jugement en date du 12 mai 2022, le tribunal administratif de Nancy a annulé ces deux arrêtés et a enjoint au ministre de l'intérieur de procéder à la réintégration juridique de M. C à compter du 1er décembre 2019 et de reconstituer sa carrière et ses droits sociaux. L'intéressé a été réintégré par arrêté du 6 septembre 2022 et placé en position de disponibilité d'office pour raison de santé à titre conservatoire à compter du 1er décembre 2019. Le 29 août 2023, le conseil médical a estimé que M. C était définitivement inapte à ses fonctions et à toutes fonctions à compter du 1er novembre 2021. Cet avis a été confirmé le 30 janvier 2024 par le conseil médical supérieur. Par courrier du 11 avril 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a informé M. C que son dossier allait être soumis au conseil médical en formation plénière afin que cette instance se prononce sur son admission à la retraite d'office à compter du 1er novembre 2021. Par la présente requête, M. C demande au juge des référés d'ordonner une mesure d'expertise aux fins pour l'expert de se prononcer sur son aptitude à l'exercice de ses fonctions.
Sur les conclusions présentées, à titre principal, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu'elles ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
3. Il résulte de l'instruction qu'à la suite de la réintégration de M. C prononcée par arrêté du 6 septembre 2022 et consécutive au jugement du 12 mai 2022 du tribunal administratif de Nancy, l'intéressé a été convoqué à deux reprises, en septembre et décembre 2022, en vue d'un examen par le docteur A, médecin psychiatre. M. C ne s'est pas présenté à ces rendez-vous. L'administration a, dès lors, saisi le conseil médical interdépartemental de la police nationale afin qu'il se prononce, d'une part, sur son placement en disponibilité d'office pour raison de santé pour la période du 1er décembre 2019 au 30 octobre 2021 et, d'autre part, sur son aptitude à la reprise de ses fonctions et à toutes fonctions à compter du 1er novembre 2021. Par son avis du 29 août 2023, le conseil médical a estimé que le requérant était inapte à exercer toutes fonctions de policier actif et toutes autres fonctions relevant de la catégorie A (encadrement et expertise). Saisi par M. C le 11 septembre 2023, le conseil médical supérieur a, par son avis du 30 janvier 2024, confirmé l'avis d'inaptitude totale et définitive de l'intéressé à ses fonctions de police et à toutes fonctions de catégorie A (encadrement et expertise). Par courrier réceptionné le 26 février 2024, l'administration a invité M. C à transmettre sa demande de retraite pour invalidité à compter du 1er novembre 2021. En l'absence de réponse du requérant, l'administration, par courrier du 11 avril 2024, a informé l'intéressé qu'à défaut de réponse dans un délai de huit jours, son dossier serait soumis à l'avis du conseil médical de la police nationale en formation plénière afin qu'il se prononce sur son admission à la retraite d'office à compter du 1er novembre 2021, pour invalidité non imputable au service.
4. Il résulte de ce qui précède que M. C n'a pas souhaité être expertisé en 2022 par le docteur A, médecin psychiatre, alors que la circonstance que ce dernier s'était déjà prononcé sur sa situation médicale est, à elle seule, insuffisante pour remettre en cause l'impartialité de ce médecin. Le requérant n'a pas davantage, depuis sa réintégration, demandé au tribunal administratif de Nancy de diligenter une mesure d'expertise judiciaire sur son état de santé et son aptitude à l'exercice de ses fonctions. Par suite, ainsi que le fait valoir le ministre en défense, M. C n'est pas fondé à se prévaloir d'une situation d'urgence qu'il a lui-même contribué à créer.
5. Il suit de là que la demande de M. C présentée sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative doit être rejetée.
Sur les conclusions présentées, à titre subsidiaire, sur le fondement de l'article R. 531-2 du code de justice administrative :
6. Les demandes formées devant le juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative sont présentées, instruites, jugées et, le cas échéant, susceptibles de recours selon des règles différentes de celles applicables aux demandes présentées sur le fondement de l'article R. 532-1 du même code tendant au prononcé d'une mesure d'expertise. Dès lors, les conclusions présentées à titre subsidiaire par M. C sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative ne sont pas recevables dans le cadre de la présente instance et ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Nancy, le 11 juillet 2024.
Le juge des référés,
B. Coudert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026