jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2403069 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CANDON BENOIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 octobre 2024, la communauté d'agglomération d'Epinal demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion immédiate de tous les propriétaires et occupants des véhicules et caravanes installés sans titre sur le parking du palais des sports, situé 7 avenue de Saint Dié à Epinal.
Elle soutient que :
- ces véhicules sont installés sans droit ni titre sur ce parking, dont elle a l'usufruit ;
- cette parcelle n'est ni adaptée ni destinée à l'accueil de véhicules d'hébergement ; l'occupation ne permet pas un usage conforme à la destination, outre les risques de détérioration ; les branchements électriques réalisés illégalement font peser un risque sur la sécurité ; il y a urgence à ordonner l'évacuation ;
- cette mesure est nécessaire pour préserver son droit à la jouissance de son bien, ainsi que le droit à un égal accès des usagers au domaine public, et pour préserver la sécurité ;
- la mesure sollicitée ne préjudicie à l'exécution d'aucune décision.
Par un mémoire enregistré le 15 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Candon, et l'ensemble des occupants, non spécifiquement désignés :
1°) concluent au rejet de la requête ;
2°) demandent, subsidiairement, que la mesure d'expulsion sollicitée ne prenne pas effet avant le 22 octobre 2024, ou à défaut le 21 octobre, à midi.
Ils soutiennent que :
- le groupe va quitter les lieux après le week-end des 19 et 20 octobre, ses membres tenant des emplacements à la foire de Poussay ; il est demandé un délai jusqu'au 21 octobre à midi, ou si possible jusqu'au 22 octobre 2024 à midi ;
- ils n'ont pas trouvé d'aire d'accueil dans les secteurs de Poussay et d'Epinal et n'avaient jamais fait l'objet d'une telle mesure alors qu'ils avaient déjà stationné sur ce même parking ;
- il n'existe pas d'atteinte à la sécurité, à la salubrité ou à la tranquillité publiques ; le stationnement sur un parking n'est ni anormal, ni inadapté, de sorte qu'ils ne sauraient être qualifiés d'occupants sans droit ni titre, et n'est pas susceptible d'occasionner des dommages ; leur présence sur cette partie du parking ne fait pas obstacle au stationnement autour du palais des sports, où aucun évènement important n'est prévu, seule une manifestation sportive devant avoir lieu ; ils ont droit à un raccordement provisoire à l'électricité et souhaitent payer leur consommation électrique, le branchement réalisé est sécurisé ;
- dans ces conditions, il n'y a ni urgence ni utilité publique à les expulser avant la date prévue pour leur départ.
Vu :
- les pièces du dossier desquelles il ressort que la requête a été communiquée aux propriétaires et occupants des véhicules et caravanes stationnés sur le parking du palais des sports d'Epinal ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Samson-Dye, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Samson-Dye, juge des référés, a été entendu au cours de l'audience publique du 16 octobre 2024 à 10h00.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10h05.
Considérant ce qui suit :
1. La communauté d'agglomération d'Epinal indique être usufruitière du parking du palais des sports, situé 7 avenue de Saint Dié à Epinal, sur lequel se sont installés sans autorisation des véhicules et caravanes de gens du voyage. Elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, l'expulsion des propriétaires de ces véhicules et caravanes.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, dont l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
3. Pour établir l'existence d'une situation d'urgence, la communauté d'agglomération se prévaut d'un risque pour la sécurité publique, généré par les branchements électriques réalisés par les occupants du parking. Cependant, ses allégations ne s'appuient sur aucune pièce justificative, alors au contraire que M. A et autres produisent des photographies de nature à démontrer qu'il n'existe pas de risque de nature à caractériser une situation d'urgence. De même, alors que les occupants justifient qu'ils n'occupent qu'une très faible partie des stationnements desservant le palais des sports, la communauté d'agglomération ne justifie pas qu'il existerait des considérations, tenant à la nécessité de bénéficier d'emplacements de stationnement suffisants à proximité de l'établissement en question, qui justifieraient que les lieux soient évacués à brève échéance. Enfin, les allégations de l'administration quant au risque de dégradation des lieux ou au titre de la salubrité et de la tranquillité publiques ne sont assorties d'aucune précision de nature à caractériser une situation d'urgence.
4. Dans ces conditions, et alors que les occupants indiquent qu'ils entendent quitter les lieux dès le 21 ou le 22 octobre 2024, il ne résulte pas de l'instruction que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-3 du code de justice administrative serait satisfaite.
O R D O N N E:
Article 1er : La requête de la communauté d'agglomération d'Epinal est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la communauté d'agglomération d'Epinal, ainsi qu'à M. A et aux autres propriétaires et occupants des véhicules et caravanes concernés.
Copie en sera adressée, pour information, à la préfète des Vosges.
Fait à Nancy, le 17 octobre 2024.
La juge des référés,
A. Samson-Dye
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026