lundi 4 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2403071 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | D |
| Avocat requérant | HERHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 11, 14 et 28 octobre 2024, le syndicat mixte de la base de plein-air et de loisirs de la vallée de l'Othain, représenté par Me Coulon, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la société Othain's Camping et Snack, à M. D A, à Mme Nathalie Jumeau et aux autres occupants sans titre, d'évacuer les parcelles qu'ils occupaient sur le territoire de la commune de Marville, au besoin avec le concours de la force publique.
Il soutient que :
- la société Othain's Camping et Snack, M. D A et Mme Nathalie Jumeau sont des occupants sans droit ni titre depuis la résiliation de la convention de concession de service public ;
- les conditions d'urgence et d'utilité de la mesure demandée sont remplies dès lors que le maintien des intéressés dans les lieux compromet le fonctionnement normal du camping, et en particulier sa remise en état, alors que la société Othain's Camping et Snack, dont le contrat a été résilié, n'a pas mis en œuvre ses obligations et met en cause la sécurité et la salubrité pour les occupants et les éventuels usagers ; le maintien des intéressés empêche le nouveau concessionnaire de prendre possession des lieux.
Par un mémoire enregistré le 28 octobre 2024, la société Othain's Camping et Snack, M. D A et Mme Nathalie Jumeau, représentés par Me Herhard, concluent au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du syndicat mixte requérant une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à la société défenderesse.
Ils soutiennent que la condition d'urgence n'est pas remplie, que la société Othain's Camping et Snack, qui dispose de la personnalité morale, exploite et entretient les lieux, alors que le syndicat mixte a été gravement défaillant dans la mise en œuvre de ses propres obligations, s'agissant de la réalisation de travaux ou de l'éclairage de la voie desservant les lieux, que la nouvelle délégation de service public évoquée n'est pas produite et que M. A doit faire l'objet d'une lourde intervention chirurgicale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Samson-Dye, vice-présidente, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer en matière de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 octobre 2024 à 10h00 :
- le rapport de Mme Samson-Dye, juge des référés,
- les observations de Me Coulon, représentant le syndicat mixte de la base de plein-air et de loisirs de la vallée de l'Othain, qui conclut aux mêmes fins que précédemment, par les mêmes moyens, en soulignant que l'état des lieux s'est dégradé, postérieurement à sa prise en charge par le syndicat, alors qu'ils ne nécessitaient initialement pas de travaux lourds ainsi que l'avait jugé le juge judiciaire des référés, que les seuls sanitaires utilisables sont ceux du gymnase qui est hors concession, qu'il y a urgence à restaurer la qualité du service public, que l'année 2024 avait vocation à être une année préparatoire pour le nouveau concessionnaire, que le syndicat mixte a rempli ses obligations, que Mme B et M. A n'avaient pas vocation à vivre sur place d'après le contrat, que l'éclairage ne relève pas de ses compétences mais de celle de la commune et qu'il pourrait, subsidiairement, être donné un délai jusqu'au 1er janvier 2025 pour l'évacuation des lieux, compte tenu de l'état de santé de M. A ;
- et les observations de Me Herhard, pour les défendeurs, qui conclut aux mêmes fins que précédemment, par les mêmes moyens, et ajoute qu'il conteste l'urgence, alors que la situation existe depuis cinq ans, et qu'il soutient également qu'il existe une contestation sérieuse sur l'obligation de quitter les lieux, en lien avec l'interprétation du contrat dont la société Othain's Camping et Snack était titulaire, s'agissant de ses propres obligations, et de celles du syndicat, sans qu'il soit contesté que la redevance n'a pas été payée, et que la décision de la cour d'appel de Nancy, rendue en référé, est dépourvue de l'autorité de la chose jugée.
A l'issue de l'audience publique, la clôture de l'instruction a été reportée jusqu'au 30 octobre 2024 à 12h00.
Par des ordonnances des 30 et 31 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été reportée au 30 octobre 2024 à 19h00, puis au 31 octobre 2024 à 12h00.
Par des mémoires enregistrés le 30 octobre 2024 à 11h32 et à 16h50, le syndicat mixte de la base de plein-air et de loisirs de la vallée de l'Othain conclut aux mêmes fins que précédemment et fait valoir que les difficultés en terme d'éclairage public, relevant de la seule compétence de la commune, ne résultent pas d'une action volontaire dirigée contre la société défenderesse mais étaient liées à la nécessité de rénover le réseau, ce qui a été fait en 2023. Il indique également que le présent litige ne porte pas sur le nouveau contrat, qu'il n'existe pas de conflit entre les deux conventions, que le titulaire du nouveau contrat a renoncé aux conditions suspensives qui avaient été prévues et s'apprête à démarrer la période de concession, qui devait initialement intervenir au 4 janvier 2025.
Par un mémoire enregistré le 30 octobre 2024 à 11h27, la société Othain's Camping et Snack, M. D A et Mme Nathalie Jumeau, concluent aux mêmes fins que précédemment, font valoir que l'arrêt rendu en référé par la cour d'appel de Nancy ne peut être utilement invoqué, étant dépourvu d'autorité de chose jugée, ayant été rendu sur un précédent bail commercial et n'ayant pas porté sur l'imputabilité des travaux objets de ce contentieux, et que la nouvelle délégation a été conclue alors que la société Othain's Camping et Snack était encore titulaire d'une partie de l'emprise foncière concernée et que la convention n'a pas pris effet, le preneur n'ayant pas formellement renoncé à la condition suspensive prévue par ce contrat.
Considérant ce qui suit :
1. Le syndicat mixte de la base de plein-air et de loisirs de la vallée de l'Othain est propriétaire des parcelles cadastrées section ZB nos 99, 101 et 104, sur lesquelles se trouve un camping situé au bord du plan d'eau de l'Othain à Marville. Le 25 novembre 2021, il a conclu une convention de concession de service public avec la société Othain's Camping et Snack, pour l'exploitation de ce camping. Le 26 septembre 2024, le syndicat mixte de la base de plein-air et de loisirs de la vallée de l'Othain a résilié la convention, en raison d'impayés de redevances ayant donné lieu à une mise en demeure. Le société Othain's Camping et Snack, ainsi que Mme Nathalie Jumeau, présidente et M. D A, directeur général, se sont maintenus dans les lieux faisant l'objet de la concession résiliée. Le syndicat mixte de la base de plein-air et de loisirs de la vallée de l'Othain demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de la justice administrative, d'enjoindre à la société Othain's Camping et Snack, à M. A et à Mme B d'évacuer le domaine public.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, dont l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
3. Il est constant que les parcelles sur lesquelles porte la demande d'expulsion appartiennent au domaine public du syndicat mixte de la base de plein-air et de loisirs de la vallée de l'Othain, que les occupants mentionnés au point 1 ne disposent plus d'aucun droit ni titre, que leur présence sur les parcelles compromet l'utilisation de ces lieux à l'activité à laquelle ils sont normalement affectés et empêche le nouveau concessionnaire, qui n'a pas fait jouer les conditions suspensives prévues par le contrat conclu le 4 janvier 2024, de prendre possession des lieux et d'effectuer les travaux nécessaires, alors que la nouvelle concession prévoyait une période préparatoire. La circonstance que M. A souffre d'une pathologie nécessitant une opération lourde ne suffit pas à priver la demande de tout caractère d'urgence. Par suite, la demande du syndicat mixte de la base de plein-air et de loisirs de la vallée de l'Othain tendant à ce qu'il soit ordonné l'expulsion de ces occupants sans titre présente un caractère d'urgence et d'utilité.
4. La société Othain's Camping et Snack, M. A et Mme B font valoir qu'il existe un débat sur l'interprétation du contrat quant à l'étendue des obligations respectives du syndicat mixte et de la société Othain's Camping et Snack en terme de travaux à réaliser, qu'ils ont bénéficié de conditions d'exploitation défavorables, en raison notamment de difficultés d'éclairage de la voie d'accès desservant le camping et que la nouvelle concession a été conclue avant la résiliation de leur propre convention. Toutefois, il est constant que la redevance due par la société Othain's Camping et Snack n'a pas été payée, au titre de très nombreuses périodes, ce motif ayant justifié la mesure de résiliation. Il ne résulte pas de l'instruction que les griefs formulés à l'encontre du syndicat mixte pourraient justifier une reprise des relations contractuelles, qui n'a d'ailleurs pas été sollicitée, la licéité de la résiliation n'étant d'ailleurs pas expressément contestée. Dès lors, l'expulsion sollicitée ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
5. Dans ces conditions, il y a lieu d'ordonner à la société Othain's Camping et Snack, à M. A et à sa compagne, Mme B d'évacuer les parcelles cadastrées 99, 101 et 104, feuille 000 ZB 01 sur la commune de Marville, d'ici le 1er février 2025, pour tenir compte de l'opération chirurgicale lourde dont doit faire l'objet M. A en fin d'année, quand bien même la convention ne prévoyait pas qu'il réside sur les lieux. A défaut pour les intéressés de déférer à cette injonction dans ce délai, le syndicat mixte de la base de plein-air et de loisirs de la vallée de l'Othain pourra y procéder d'office, au besoin avec le concours de la force publique.
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font enfin obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées sur ce fondement par les défendeurs, qui ont la qualité de partie perdante.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la société Othain's Camping et Snack, à M. A et à Mme B d'évacuer sans délai les parcelles cadastrées section ZB nos 99, 101 et 104, sur le territoire de la commune de Marville, d'ici le 1er février 2025. A défaut pour les intéressés de déférer à cette injonction dans ce délai, le syndicat mixte de la base de plein-air et de loisirs de la vallée de l'Othain pourra y procéder d'office, au besoin avec le concours de la force publique.
Article 2 : Les conclusions de la société Othain's Camping et Snack, de M. A et de Mme B présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat mixte de la base de plein-air et de loisirs de la vallée de l'Othain, à la société Othain's Camping et Snack, à Mme Nathalie Jumeau et à M. D A.
Fait à Nancy, le 4 novembre 2024.
La juge des référés,
A. Samson-Dye
La République mande et ordonne au préfet de la Meuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026