lundi 16 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2501271 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | TADIC |
Vu la procédure suivante :
La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a, par un mémoire enregistré le 22 avril 2025, complété par des observations enregistrées le 13 mai 2025, saisi le tribunal administratif de Nancy en application de l'article L. 52-15 du code électoral sur le fondement de sa décision du 14 avril 2025 rejetant le compte de campagne de M. B A, candidat tête de liste à l'élection municipale partielle du 22 septembre 2024 dans la commune de Tomblaine.
Elle soutient qu'il y a lieu, pour le tribunal, de constater qu'elle a rejeté à bon droit le compte de campagne de M. A compte tenu de la violation des dispositions claires des articles L. 52-4, L. 52-6 et L. 52-8 du code électoral.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 mai 2025, M. B A, représenté par Me Tadic, conclut au rejet de la saisine.
Il soutient qu'il n'y a pas lieu de prononcer son inéligibilité, dès lors qu'il n'existe de sa part aucune volonté de fraude, ni aucun manquement d'une particulière gravité aux règles relatives au financement des campagnes électorales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code électoral ;
- la loi n° 88-227 du 11 mars 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Goujon-Fischer, président,
- les conclusions de Mme Marini, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tadic, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. Selon l'article L. 52-8 du même code : " () Les personnes morales, à l'exception des partis ou groupements politiques, ne peuvent participer au financement de la campagne électorale d'un candidat, ni en lui consentant des dons sous quelque forme que ce soit, ni en lui fournissant des biens, services ou autres avantages directs ou indirects à des prix inférieurs à ceux qui sont habituellement pratiqués. Les personnes morales, à l'exception des partis et groupements politiques ainsi que des établissements de crédit ou sociétés de financement ayant leur siège social dans un Etat membre de l'Union européenne ou partie à l'accord sur l'Espace économique européen, ne peuvent ni consentir des prêts à un candidat, ni lui apporter leur garantie pour l'obtention de prêts () ".
2. Eu égard à l'objet de la législation relative, d'une part, à la transparence financière de la vie politique et, d'autre part, au financement des campagnes électorales et à la limitation des dépenses électorales, une personne morale de droit privé qui s'est assignée un but politique ne peut être regardée comme un "parti ou groupement politique" au sens de l'article L. 52-8 du code électoral que si elle relève des articles 8, 9 et 9-1 de la loi du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique ou s'est soumise aux règles fixées par les articles 11 à 11-7 de la même loi, qui imposent notamment aux partis et groupements politiques de ne recueillir des fonds que par l'intermédiaire d'un mandataire qui peut être soit une personne physique dont le nom est déclaré à la préfecture, soit une association de financement agréée par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.
3. Aux termes de l'article L. 52-15 du même code : " La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques approuve et, après procédure contradictoire, rejette ou réforme les comptes de campagne. Elle arrête le montant du remboursement forfaitaire prévu à l'article L. 52-11-1. / Hors le cas prévu à l'article L. 118-2, elle se prononce dans un délai de six mois à compter de l'expiration du délai fixé au II de l'article L. 52-12. Passé ce délai, les comptes sont réputés approuvés. / Lorsque la commission a constaté que le compte de campagne n'a pas été déposé dans le délai prescrit, si le compte a été rejeté ou si, le cas échéant après réformation, il fait apparaître un dépassement du plafond des dépenses électorales, la commission saisit le juge de l'élection () ".
4. Enfin, selon l'article L. 118-3 de ce code : " Lorsqu'il relève une volonté de fraude ou un manquement d'une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales, le juge de l'élection, saisi par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, peut déclarer inéligible : () / 3° Le candidat dont le compte de campagne a été rejeté à bon droit. / L'inéligibilité mentionnée au présent article est prononcée pour une durée maximale de trois ans et s'applique à toutes les élections. Toutefois, elle n'a pas d'effet sur les mandats acquis antérieurement à la date de la décision () ". En application de ces dispositions, en dehors des cas de fraude, le juge de l'élection ne prononce l'inéligibilité d'un candidat dont le compte de campagne a été rejeté à bon droit que s'il constate un manquement d'une particulière gravité aux règles de financement des campagnes électorales. Il lui incombe à cet effet d'apprécier s'il s'agit d'un manquement caractérisé à une règle substantielle relative au financement des campagnes électorales et s'il présente un caractère délibéré.
5. Il ressort de la décision de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques du 14 avril 2025 que celle-ci s'est fondée, pour rejeter le compte de campagne de M. A, candidat tête de liste à l'élection municipale partielle du 22 septembre 2024 dans la commune de Tomblaine, sur la circonstance qu'une somme de 4 500 euros, portée au compte de campagne au titre des versements personnels des candidats au mandataire, provenait en réalité d'un virement effectué le 5 septembre 2024 par l'association La gauche solidaire pour Tomblaine, que la commission a regardé comme n'étant pas un parti politique, et que cette somme n'a fait l'objet que d'un remboursement partiel, à hauteur de 3 099 euros, par chèque du 21 octobre 2024. Dès lors qu'il n'est pas contesté que cette association, qui ne relève pas des articles 8, 9 et 9-1 de la loi du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique, ne s'est pas soumise aux règles fixées par ses articles 11 à 11-7, l'utilisation d'une somme versée par cette association pour financer des dépenses électorales devait être regardée comme un financement prohibé par les dispositions de l'article L. 52-8 du code électoral.
6. Toutefois, M. A fait valoir que l'association litigieuse, créée en 2020, est financée par des contributions des élus municipaux qui reversent une partie de leur indemnité de mandat pour participer aux frais militants et de campagne et que c'est en toute bonne foi que l'association a financé la campagne. Eu égard à l'objet et à la composition de cette association, dont les membres et contributeurs sont identifiés, par les pièces produites par M. A, comme des élus de la commune de Tomblaine, ainsi qu'aux conditions dans lesquelles le financement litigieux a été réalisé, il n'apparaît pas que le manquement en cause, quoique se rapportant à une règle substantielle relative au financement des campagnes électorales, ait présenté, dans les circonstances de l'espèce, un caractère délibéré, de nature à justifier le prononcé d'une inéligibilité sur le fondement de l'article L. 118-3 du code électoral.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de déclarer M. A inéligible en application de l'article L. 118-3 du code électoral.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques et à M. B A.
Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2025, à laquelle siégeaient :
M. Goujon-Fischer, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 16 juin 2025.
Le président-rapporteur,
J.-F. Goujon-Fischer
L'assesseur le plus ancien,
F. Durand
Le greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026