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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2503360

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2503360

mardi 28 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2503360
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantANDIC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nancy, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, rejette la requête de Mme A... qui demandait d’enjoindre au préfet d’instruire immédiatement sa demande d’admission exceptionnelle au séjour. Le juge constate qu’une décision implicite de rejet est née du silence gardé par l’administration pendant quatre mois, conformément aux articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Dès lors, la mesure sollicitée n’est plus utile et ferait obstacle à l’exécution de cette décision administrative. La requête est donc rejetée en toutes ses conclusions.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 octobre 2025, Mme B... A..., représentée par Me Andic, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner au préfet d’instruire immédiatement sa demande d’admission exceptionnelle au séjour ;

2°) d’ordonner l’exécution provisoire de la décision à intervenir ;

3°) d’enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle d’exécuter la décision à intervenir dans les plus brefs délais, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 2 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, dont distraction sera faite à Me Andic.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est satisfaite en raison de l’incertitude quant à la régularité de son séjour ;
- la mesure sollicitée est nécessaire dans la mesure où elle remplit les conditions pour être admise au séjour à titre exceptionnel ;
- elle ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative préexistante, sa demande étant toujours en cours d’instruction.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 octobre 2025, le préfet conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les conditions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative ne sont pas remplies.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

Mme A... a sollicité le 24 septembre 2024 son admission exceptionnelle au séjour. Par la présente requête, elle demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner à la préfète de Meurthe-et-Moselle d’instruire immédiatement sa demande d’admission exceptionnelle au séjour.

Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ».

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque les effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

Aux termes de l’article R. 432-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Le silence gardé par l’administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ». Aux termes de l’article R. 432-2 de ce code : « La décision implicite mentionnée à l’article R. 432-1 naît au terme d’un délai de quatre mois (…) ».

Ainsi qu’il a été dit, Mme A... a présenté une demande d’admission exceptionnelle au séjour le 24 septembre 2024. Il ne résulte pas de l’instruction que son dossier de demande n’aurait pas été complet à cette date. En application des dispositions citées au point précédent, une décision implicite de rejet était née, à la date d’introduction de la requête de Mme A..., du silence gardé par l’administration pendant quatre mois à compter du dépôt de sa demande. Par suite, la mesure sollicitée par Mme A... ne revêt plus aucun caractère d’utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l’exécution de cette décision administrative.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.




O R D O N N. E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur.

Copie en sera transmise, pour information, au préfet de Meurthe-et-Moselle.


Fait à Nancy, le 28 octobre 2025.


Le juge des référés,





V. D...


La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



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