Le Tribunal Administratif de Nancy a rejeté la requête de M. B... contestant le retrait d'un point de son permis de conduire. Le requérant se bornait à contester la réalité de l'infraction, un moyen jugé inopérant car l'appréciation de l'imputabilité d'une infraction relève du juge judiciaire. Le tribunal a rappelé que le paiement de l'amende forfaitaire vaut reconnaissance de l'infraction en application de l'article L. 223-1 du code de la route. La requête a été rejetée sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er décembre 2025, M. A... B... demande au tribunal d’annuler la décision du ministre de l’intérieur du 6 novembre 2025 portant retrait d’un point de son permis de conduire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
Le code de procédure pénale ;
Le code de la route ;
Le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. (…) ».
D’une part, il n’appartient pas au juge administratif de connaître de la contestation de la réalité d’une infraction. Il appartient au contrevenant qui conteste avoir commis une infraction de formuler une requête en exonération auprès du service indiqué dans l’avis de contravention.
D’autre part, aux termes de l’article L. 223-1 du code de la route : « (…) La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive (…) ». Le paiement de l’amende forfaitaire vaut ainsi, en application de ces dispositions, reconnaissance de la réalité de l’infraction.
4. Il résulte de ces dispositions que l’appréciation de l’imputabilité à un conducteur d’une infraction relève de l’office du juge judiciaire dans le cadre d’une procédure pénale et que le contrevenant ne peut utilement soulever devant le juge administratif un moyen tiré de ce qu’il n’est pas l’auteur de l’infraction contestée.
5. Pour contester la décision du ministre de l’intérieur retirant un point de son permis de conduire, M. B... se borne à contester la réalité de l’infraction dont il admet qu’il n’en a pas contesté la matérialité devant le juge judiciaire. La circonstance que l’amende a été payée par un tiers qui serait l’auteur de l’infraction est sans incidence sur la légalité du retrait de point, seule une contestation devant le juge judiciaire aurait permis de contester utilement la matérialité de l’infraction et par suite de prétendre à la restitution du point. Il suit de là que la requête de M. B... ne comporte qu’un moyen inopérant et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Nancy, le 5 décembre 2025.
La présidente,
V. Ghisu-Deparis
La République mande et ordonne au ministre d’Etat, ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.