vendredi 4 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-1810666 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET DE BERNY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 novembre 2018, 8 octobre 2020, 30 décembre 2020 et 12 janvier 2021, et un mémoire enregistré le 9 septembre 2022 qui n'a pas été communiqué, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, qui exerce pour le compte de la caisse primaire d'assurance maladie des Flandres, représentée par Me de Berny, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de condamner le centre hospitalier de Dunkerque à lui verser la somme de 199 846,69 euros au titre des débours exposés par elle pour son assuré, assortie des intérêts à compter du 19 septembre 2018, date du recours préalable, et de leur capitalisation ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une nouvelle expertise médicale ;
3°) de condamner le centre hospitalier de Dunkerque à lui verser la somme de 1 098 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion ;
4°) de déclarer le jugement opposable à M. B E et à l'Office national des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales ;
5°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Dunkerque la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la responsabilité de plein droit du centre hospitalier de Dunkerque est engagée du fait de l'infection nosocomiale contractée par son assuré, M. E, au décours de sa prise en charge par cet établissement de santé ;
- elle a exposé pour le compte de son assuré des débours à hauteur de 199 846,69 euros, qui se décomposent comme suit :
* Frais hospitaliers : 4 349,02 euros ;
* Frais médicaux : 1 642,80 euros ;
* Frais pharmaceutiques : 1 603,69 euros ;
* Frais d'appareillage : 603,65 euros ;
* Indemnités journalières : 20 950,06 euros ;
* Arrérages de la pension du 8 janvier 2004 au 31 août 2016 : 117 414,60 euros ;
* Capital de la pension au 1er septembre 2016 : 53 282,87 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 mars 2019, l'Office national des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me de la Grange, conclut à sa mise hors de cause et que soit mise à la charge du centre hospitalier de Dunkerque la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de la santé publique.
Il fait valoir que :
- la loi du 30 décembre 2002, qui n'est pas rétroactive, ne s'applique pas au cas présent dès lors que l'infection dont a été victime M. E a été contractée le 3 décembre 2001 ;
- le centre hospitalier de Dunkerque est responsable de plein droit de l'infection contractée par M. E ;
- l'infection en cause revêt le caractère d'infection nosocomiale.
Par des mémoires, enregistrés les 7 mars 2019, 27 novembre 2020 et le 22 août 2022, le centre hospitalier de Dunkerque, représenté par Me Boizard, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête de la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut et des demandes indemnitaires présentées par M. E ;
2°) à titre subsidiaire, à la limitation des prétentions indemnitaires formées par M. E à une somme de 46 956,50 euros ;
3°) à la mise à la charge de la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut du versement de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, sa responsabilité doit être écartée dès lors que la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut n'apporte pas la preuve que l'infection contractée par M. E constitue une infection nosocomiale qu'il aurait contractée au cours de son hospitalisation au sein de l'établissement de santé ;
- la caisse ne justifie pas, hormis pour les frais hospitaliers, de la réalité de ses débours exposés pour son assuré ;
- les demandes indemnitaires de M. E doivent, à titre principal, être rejetées dès lors qu'elles ont été présentées au-delà du délai de recours contentieux qui a commencé à courir dès la réception le 9 juin 2009 de la décision de l'établissement de santé rejetant sa demande indemnitaire préalable ;
- à titre subsidiaire, sa responsabilité ne peut pas être engagée dans la mesure où l'infection contractée par M. E ne revêt pas un caractère nosocomial ;
- l'indemnisation des pertes de gains professionnels actuels et futurs ainsi que celle de l'incidence professionnelle seront écartées ;
- le déficit fonctionnel temporaire sera évalué à 27 956,50 euros ;
- les souffrances endurées seront indemnisées à hauteur de 15 000 euros ;
- la réparation au titre du déficit fonctionnel permanent sera évaluée au plus à la somme de 14 400 euros ;
- le préjudice esthétique permanent sera évalué à 4 000 euros ;
- l'indemnisation du préjudice d'agrément sera écartée.
Par un mémoire, enregistré le 20 juillet 2022, M. B E et l'association ASAPN, agissant en qualité de curateur de ce dernier, représentés par Me Haudiquet, demandent au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier de Dunkerque à verser à M. E la somme de 201 851 euros en réparation des préjudices subis en raison de l'infection contractée lors de sa prise en charge par cet établissement de santé ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Dunkerque le versement de la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité de plein droit du centre hospitalier de Dunkerque est engagée en raison de l'infection nosocomiale que M. E a contractée au décours de l'intervention chirurgicale dont il a bénéficié le 3 décembre 2001 ;
- il en est résulté des préjudices patrimoniaux d'un montant global de 85 684 euros, qui se décompose comme suit : 5 684 euros au titre de la perte de gains professionnels actuels, 50 000 euros au titre de la perte de gains postérieurs à la date de consolidation et 30 000 euros au titre de l'incidence professionnelle ;
- il en est également résulté des préjudices extra-patrimoniaux d'un montant global de 116 167 euros, qui se décompose comme suit : 41 667 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 30 000 euros au titre des souffrances endurées, 30 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 10 000 euros au titre du préjudice d'agrément et 4 500 euros au titre du préjudice esthétique permanent.
Par une ordonnance du 20 juillet 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 9 septembre 2022.
Un mémoire, enregistré le 13 septembre 2022, a été présenté pour M. E et l'ASAPN, en qualité de curateur.
M. E a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 ;
- l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2022 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique,
- les observations de Me Haudiquet, représentant M. E et l'ASAPN.
Considérant ce qui suit :
1. En raison d'une gonarthrose, M. B E a subi le 3 décembre 2001 au centre hospitalier de Dunkerque une ostéotomie de valgisation du genou gauche consistant en la pose d'une plaque, de deux vis spongieuses et de deux vis corticales en distale. Les prélèvements effectués le 15 janvier 2002 sont revenus positifs au germe du staphylocoque doré résistant à la méticilline. Une antibiothérapie lui a été prescrite. Des prélèvements bactériologiques réalisés, au niveau du site opératoire, les 12 et 22 février 2002 étant revenus positifs au même germe, l'antibiothérapie a été poursuivie. La persistance de la suppuration au niveau de la partie inférieure de la cicatrice interne du genou gauche a nécessité, le 4 mars 2002, une reprise chirurgicale consistant en un lavage et un drainage. M. E a été autorisé à retourner à son domicile le 8 mars suivant. Un écoulement et le germe du staphylocoque doré étant toujours présents, au niveau de la cicatrice, le 1er octobre 2002, et ce en dépit de l'antibiothérapie prescrite, M. E a bénéficié le 30 octobre 2002 d'une seconde reprise chirurgicale consistant en l'ablation des quatre vis, de la plaque de Pudu et du substitut osseux dans le foyer, ainsi qu'en un lavage. Les prélèvements bactériologiques du 30 octobre 2002 réalisés sur la plaque et les vis sont revenus positifs au staphylocoque doré sensible à la méticilline. Des prélèvements effectués en 2003 et 2004 au niveau de la cicatrice ont révélé la réapparition du staphylocoque doré. Une antibiothérapie a été prescrite au patient jusqu'au 10 mai 2005.
2. M. E a saisi, le 20 mai 2005, la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux (CCI) qui a confié, le 14 septembre 2005, une mission d'expertise au docteur A, chirurgien spécialisé en orthopédie et en traumatologie, lequel a remis son rapport le 24 octobre 2005. Par son avis du 26 avril 2006, la CCI s'est estimée insuffisamment éclairée par le rapport d'expertise. La CCI a alors désigné le 29 août 2006 la docteure Carbonne, infectiologue, et le docteur D, chirurgien, afin qu'ils déterminent notamment l'origine de l'infection dont a souffert M. E. En se fondant sur leur rapport remis le 22 février 2007, la CCI a estimé, dans ses avis rendus les 11 avril et 7 novembre 2007, que l'infection développée par le patient revêtait un caractère nosocomial dont le centre hospitalier de Dunkerque était le seul responsable. Par un courrier du 11 mars 2009, M. E a présenté une demande préalable d'indemnisation au centre hospitalier de Dunkerque. Par un courrier du 5 juin 2009, réceptionné le 9 juin suivant par l'intéressé, l'établissement de santé a expressément rejeté la demande de M. E. Ce dernier a de nouveau saisi la CCI, qui a désigné le 21 septembre 2011, le docteur F, chirurgien orthopédiste. En se fondant sur son rapport d'expertise remis le 27 mars 2012, la CCI, dans son avis du 16 mai 2012, a évalué les préjudices subis par M. E. Par un courrier du 19 septembre 2018, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut a adressé au centre hospitalier de Dunkerque une demande de remboursement de ses débours. Par la présente requête, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Dunkerque à lui verser une somme de 199 796,29 euros au titre de ses débours et prestations avec les intérêts à compter du recours préalable et leur capitalisation pour une année entière.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense par le centre hospitalier de Dunkerque :
3. Aux termes du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. ". Les dispositions de l'article R. 421-2 dudit code précisent que : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, le silence gardé pendant plus de deux mois sur une réclamation par l'autorité compétente vaut décision de rejet. Les intéressés disposent, pour se pourvoir contre cette décision implicite, d'un délai de deux mois à compter du jour de l'expiration de la période mentionnée au premier alinéa. Néanmoins, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient dans ce délai de deux mois, elle fait à nouveau courir le délai du pourvoi. () ". Aux termes des dispositions de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
4. Aux termes de l'article L. 1142-7 du code de la santé publique : " La commission régionale [de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales] peut être saisie par toute personne s'estimant victime d'un dommage imputable à une activité de prévention, de diagnostic ou de soins, ou, le cas échéant, par son représentant légal. () La saisine de la commission suspend les délais de prescription et de recours contentieux jusqu'au terme de la procédure prévue par le présent chapitre ". Selon l'article R. 1142-17 de ce code : " L'avis est adressé par lettre recommandée avec accusé de réception au demandeur, (), à l'établissement, () dont la responsabilité a été mise en cause par le demandeur et à son assureur. () Lorsque la commission estime que la responsabilité d'une des personnes mentionnées au premier alinéa de l'article L. 1142-14 () est engagée, l'avis adressé au demandeur précise qu'il peut saisir l'office si l'assureur de la personne considérée comme responsable ne lui a pas fait parvenir une offre d'indemnisation dans le délai de quatre mois prévu à l'article L. 1142-17. () "
5. Il résulte de l'ensemble des dispositions rappelées ci-dessus que la saisine de la commission de conciliation et d'indemnisation, dans le cadre de la procédure d'indemnisation amiable ou de la procédure de conciliation, par une personne s'estimant victime d'un dommage imputable à un établissement de santé identifié dans cette demande, laquelle doit donner lieu dès sa réception à une information de l'établissement mis en cause, doit être regardée, au sens et pour l'application du second alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, comme une demande préalable formée devant l'établissement de santé.
6. En conséquence, la réception de la demande mentionnée au point précédent par la commission de conciliation et d'indemnisation fait courir le délai de deux mois au terme duquel, en vertu de l'article R. 421-2 du code de justice administrative, le silence gardé par l'établissement fait naître une décision implicite de rejet. Dans le cadre de la procédure de conciliation, une telle décision peut également être révélée par le refus de l'établissement, ou de son assureur agissant en qualité de mandataire de ce dernier, de prendre part à cette procédure ou de conclure un accord avec le demandeur.
7. Conformément aux dispositions du dernier alinéa de l'article L. 1142-7 du code de la santé publique, lorsque la décision de l'établissement mentionnée au point 6 naît avant l'achèvement de la procédure devant la commission de conciliation et d'indemnisation, le délai imparti pour exercer un recours contentieux se trouve suspendu jusqu'au terme de cette procédure. Par suite, ce délai court à compter, selon le cas, de la notification au demandeur de l'avis de la commission mettant fin à la procédure d'indemnisation amiable, de la réception du courrier de la commission l'informant de l'échec de la conciliation ou de la signature par les deux parties du procès-verbal de conciliation partielle mentionné à l'article R. 1142-22 du même code.
8. Toutefois, eu égard aux dispositions des articles L. 112-6 et R. 112-5 du code des relations entre le public et l'administration, le délai de recours contentieux contre la décision de l'établissement ne peut courir que si, lorsqu'il a été informé par la commission de la demande de l'intéressé, l'établissement a porté à la connaissance de celui-ci les conditions de naissance d'une décision implicite de rejet ainsi que les voies et délais de recours ouverts contre cette décision, y compris l'effet suspensif s'attachant à la saisine de la commission.
9. Le centre hospitalier de Dunkerque soutient que les conclusions indemnitaires dirigées à son encontre par M. E sont irrecevables dès lors qu'elles n'ont pas été présentées dans le délai de deux mois à compter de la notification de sa décision du 5 juin 2009, réceptionnée par l'intéressé le 9 juin 2009, rejetant sa demande d'indemnisation préalable.
10. En saisissant la CCI par un courrier du 20 mai 2005, en application de l'article L. 1142-7 du code de la santé publique, M. E doit être regardé comme ayant adressé une demande d'indemnisation préalable au centre hospitalier de Dunkerque. Le silence gardé pendant deux mois sur cette demande par l'établissement de santé a fait naître une décision implicite de rejet. Toutefois, le délai de recours contentieux contre cette décision implicite n'a pu recommencer à courir automatiquement faute pour le centre hospitalier de Dunkerque d'avoir porté à la connaissance de M. E les conditions de naissance d'une telle décision ainsi que les voies et délais de recours ouverts contre elle. Le 7 novembre 2007, la CCI a rendu un avis qui doit être regardé comme mettant fin à la procédure d'indemnisation amiable, en ce qui concerne les deux postes de préjudice des souffrances endurées et du déficit fonctionnel temporaire subi jusqu'au 20 décembre 2002. La notification le 9 juin 2009 à M. E de la décision du centre hospitalier de Dunkerque rejetant sa demande d'indemnisation préalable, qui comportait la mention des voies et délais de recours contentieux, a ainsi fait courir le délai de recours contentieux pour ces deux seuls postes de préjudice, et il a expiré le 10 août 2009. Dans ces conditions, le centre hospitalier de Dunkerque est seulement fondé à soutenir que les conclusions indemnitaires de M. E, enregistrées le 20 juillet 2022, sont tardives et, par suite, irrecevables en tant qu'elles portent sur ces deux chefs de préjudice.
Sur la responsabilité :
11. D'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, dans rédaction issue de l'article 98 de la loi du 4 mars 2002 : " I. () / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. / II. Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I ou d'un producteur de produits n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'incapacité permanente ou de la durée de l'incapacité temporaire de travail. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'incapacité permanente supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret. ". Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial au sens des dispositions précitées du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
12. Le premier aliéna de l'article 101 de la loi du 4 mars 2002 dispose que : " Les dispositions du titre IV du livre Ier de la première partie du code de la santé publique issues de l'article 98 de la présente loi, à l'exception du chapitre Ier, de l'article L. 1142-2 et de la section 5 du chapitre II, s'appliquent aux accidents médicaux, affections iatrogènes et infections nosocomiales consécutifs à des activités de prévention, de diagnostic ou de soins réalisées au plus tôt six mois avant la publication de la présente loi. Cet article est applicable aux instances en cours n'ayant pas donné lieu à une décision irrévocable. ". Les dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique précitées sont applicables aux infections nosocomiales consécutives à des soins réalisés à compter du 5 septembre 2001.
13. D'autre part, aux termes de l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique, dans sa rédaction issue de l'article 1er de la loi du 30 décembre 2002 : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'incapacité permanente supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales () ". Ces dispositions, distinctes de celles qui résultaient de la loi du 4 mars 2002 précitée, ont créé un nouveau régime de prise en charge par la solidarité nationale des dommages résultant des infections nosocomiales, à la seule condition qu'elles aient entraîné un taux d'incapacité permanente supérieur à 25% ou le décès du patient. Il ne résulte ni des termes de la loi du 30 décembre 2002 ni de ses travaux préparatoires que le législateur ait entendu conférer à ces nouvelles dispositions une portée rétroactive, en sorte que ce nouveau régime n'est entré en vigueur qu'à la publication de cette loi au Journal officiel le 1er janvier 2003. Il en résulte que la charge de l'indemnisation des infections nosocomiales consécutives à des soins réalisés entre le 5 septembre 2001 et le 1er janvier 2003 n'incombait à l'ONIAM qu'à la double condition que l'établissement de soins ait apporté la preuve d'une cause étrangère à l'infection et que le taux d'incapacité permanente de la victime soit supérieur à un taux fixé par décret.
14. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise de la docteure Carbonne, infectiologue, et du docteur D, chirurgien, qu'à la suite de l'intervention chirurgicale subie le 3 décembre 2001 au sein du centre hospitalier de Dunkerque, M. E, qui ne présentait pas de pathologie infectieuse avant sa prise en charge, a développé dès le 15 janvier 2002, au niveau de la cicatrice inférieure du genou gauche, une infection au staphylocoque doré résistant à la méticilline. Eu égard à la localisation du germe au niveau de la zone opératoire et à sa mise en valeur dès le 15 janvier 2002, cette infection, qui n'était ni présente, ni en incubation au début de la prise en charge de M. E, doit être regardée comme étant survenue au décours de l'intervention chirurgicale du 3 décembre 2001 au centre hospitalier de Dunkerque et présentant, en l'absence de cause étrangère démontrée par l'établissement de santé, un caractère nosocomial au sens des dispositions du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique. Il s'ensuit, et sans qu'il soit besoin d'ordonner une nouvelle expertise, que le centre hospitalier de Dunkerque doit être condamné à réparer les conséquences dommageables qui sont directement imputables à cette infection nosocomiale, dès lors qu'elles ne relèvent pas de celles ouvrant droit à réparation au titre de la solidarité nationale en application des dispositions de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique citées ci-dessus, faute de preuve d'une cause étrangère. Il y a lieu également, par suite et ainsi qu'il le demande, de mettre l'ONIAM hors de cause dans la présente instance.
Sur l'évaluation des préjudices :
15. Eu égard aux conclusions expertales, il y a lieu de fixer la date de consolidation de l'état de santé de M. E au 1er octobre 2008.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des dépenses de santé actuelles :
16. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé définitif des débours établi le 3 mai 2019 et de l'attestation d'imputabilité du médecin-conseil du 15 avril 2019, que les débours de la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut comprennent des frais d'hospitalisation d'un montant total de 4 349,02 euros, des frais médicaux d'un montant de 1 642,80 euros, des frais pharmaceutiques d'un montant de 1 603,69 euros et des frais d'appareillage d'un montant de 603,65 euros. Ces dépenses antérieures à la date de consolidation, qui sont, contrairement à ce que soutient le centre hospitalier de Dunkerque, suffisamment détaillées dans le relevé des débours et dans l'attestation d'imputabilité du médecin conseil de la caisse qui précise pour chaque dépense sa nature, son montant et sa date, doivent être regardées comme imputables à l'infection contractée par M. E lors de sa prise en charge au centre hospitalier de Dunkerque et doivent, dès lors, être mises à la charge de cet établissement. Il s'ensuit que le centre hospitalier de Dunkerque doit être condamné à verser la somme de 8 199,16 euros à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut en remboursement des dépenses de santé exposées pour le compte de M. E.
S'agissant de la perte de gains professionnels avant consolidation :
17. Le principe de la réparation intégrale du préjudice doit conduire le juge à déterminer, au vu des éléments de justification soumis à son appréciation, le montant de la perte de revenus dont la victime ou ses ayants droit ont été effectivement privés du fait du dommage qu'elle a subi. Ce montant doit en conséquence s'entendre comme correspondant aux revenus nets perdus par elle.
18. Pour se conformer aux règles rappelées ci-dessus, il appartient au juge de déterminer si l'incapacité permanente conservée par M. E à la suite des séquelles de l'infection nosocomiale a entraîné pour lui des pertes de revenus professionnels et une incidence professionnelle et, dans l'affirmative, d'évaluer ces postes de préjudice sans tenir compte, à ce stade, du fait qu'ils donnent lieu au versement de prestations de sécurité sociale. Pour déterminer ensuite dans quelle mesure ces préjudices ont été réparés par ces prestations, il y a lieu de regarder chaque prestation comme réparant prioritairement les pertes de revenus professionnels et, par suite, comme ne réparant tout ou partie de l'incidence professionnelle que si la victime n'a pas subi de pertes de revenus ou si le montant de ces pertes est inférieur au montant de la prestation.
19. Il résulte de l'instruction, notamment des attestations produites par la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut , que M. E, qui exerçait la profession de fondeur, a été, du fait d'une pathologie rachidienne, en incapacité de travail médicalement justifiée et indemnisé à ce titre du 1er janvier 2000 au 7 janvier 2001, puis du 11 janvier 2001 au 3 décembre 2001, date de l'intervention litigieuse, et qu'il a été licencié pour inaptitude le 10 juillet 2002, en raison de son invalidité préexistante. Par ailleurs, selon les experts, la période de convalescence normale à la suite d'une ostéotomie est de quatre mois. Faute que soit établie une perte de gains professionnels subie par M. E du fait de l'infection nosocomiale, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut n'est ainsi pas fondée à demander le remboursement des indemnités journalières versées à l'intéressé, y compris pour la période allant du 4 avril 2002 au 10 juillet 2002. Pour les mêmes motifs, si M. E entend demander l'indemnisation d'une perte de gains professionnels en faisant état des indemnités journalières qu'il a perçues entre le 16 janvier et le 10 juillet 2002, sa demande ne peut qu'être rejetée.
S'agissant de la perte de gains professionnels futurs :
20. M. E soutient qu'il a subi une perte de gains professionnels d'un montant de 50 000 euros consécutive à la complication infectieuse contractée lors de sa prise en charge par le centre hospitalier de Dunkerque. Ainsi qu'il a été dit plus haut, le licenciement pour inaptitude de M. E le 7 mai 2002 avec effet au 10 juillet 2002, soit plus de six ans avant la date de consolidation de son état de santé, n'est pas imputable à son infection nosocomiale. M. E a été, du fait de son état de santé antérieur, en incapacité de travail médicalement justifiée et indemnisé à ce titre de façon quasiment ininterrompue du 1er janvier 2000 jusqu'à l'intervention du 3 décembre 2001. Dans ces conditions, M. E n'est pas fondé à se prévaloir d'une quelconque perte de gains professionnels futurs en lien avec cette infection.
21. Si la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut demande le remboursement des sommes versées au titre d'une pension d'invalidité allouée à M. E le 8 janvier 2004, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du docteur A et des attestations de la caisse mentionnées au point 19, que l'invalidité dont souffre M. E est imputable à son état de santé antérieur à l'intervention litigieuse, et non à l'infection nosocomiale qu'il a contractée au centre hospitalier de Dunkerque. Dès lors, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut n'est pas davantage fondée à solliciter le remboursement des arrérages échus et à échoir de cette pension d'invalidité.
S'agissant de l'incidence professionnelle :
22. Il résulte de l'instruction, en particulier des deux premières expertises, qu'à la suite de son licenciement pour inaptitude qui n'est pas imputable à l'infection nosocomiale contractée, M. E n'a pas retrouvé un emploi. Il ne résulte pas davantage de l'instruction qu'eu égard à son absence de formation professionnelle autre que sa formation technique en qualité de fondeur, toute reconversion en dehors de son métier d'origine serait rendue difficile en raison de l'infection qu'il a contractée au sein du centre hospitalier de Dunkerque. Dès lors, il y a lieu d'écarter la demande de M. E d'indemnisation au titre de l'incidence professionnelle.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
23. Il résulte de l'instruction que le défaut de prise en charge de l'infection nosocomiale dont a été victime M. E a eu pour effet de perturber sa vie personnelle et familiale jusqu'au 30 septembre 2008. A ce titre, l'intéressé a subi un déficit fonctionnel temporaire, qui a été évalué à 100 % pour les périodes allant du 4 au 7 mars 2002 et du 30 octobre au 4 novembre 2002. M. E a aussi présenté un déficit fonctionnel temporaire évalué à un taux de 50 % pour les périodes allant du 16 janvier au 3 mars 2002, du 8 mars au 28 octobre 2002 et du 5 novembre au 1er décembre 2002. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 10 du présent jugement, la demande d'indemnisation de M. E au titre de son déficit fonctionnel temporaire allant du 3 avril au 20 décembre 2002 est irrecevable. Il s'ensuit qu'en retenant un taux journalier d'indemnisation de 15 euros, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire de la victime en le fixant à la somme de 15 840 euros pour la période du 21 décembre 2002 au 30 septembre 2008.
S'agissant des souffrances endurées :
24. Il résulte du troisième rapport d'expertise que les souffrances endurées par M. E se sont aggravées depuis l'avis rendu par la CCI le 7 novembre 2007, qui les avait évaluées à 3 sur une échelle de 7. Il résulte de l'instruction, en particulier des conclusions expertales du docteur F, que les souffrances de M. E se sont poursuivies et intensifiées jusqu'à la date de consolidation. Par référence au barème de l'ONIAM et compte tenu de l'aggravation d'un point des souffrances endurées, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 3 600 euros.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
25. Il résulte de l'instruction, en particulier du troisième rapport d'expertise, que M. E présente un déficit fonctionnel permanent évalué à 8 % en raison d'une instabilité fonctionnelle douloureuse touchant la fémoro-patellaire et la fémoro-tibiale nécessitant deux cannes à la marche et des troubles anxieux avec prise d'hypnotiques le soir. Il résulte par ailleurs de l'instruction, notamment de l'ensemble des expertises, que les séquelles de M. E sont imputables pour partie à son état de santé antérieur. Dès lors, il y a lieu d'évaluer ce chef de préjudice directement imputable à l'infection nosocomiale à 4 %. Par référence au barème de l'ONIAM et compte tenu de l'âge de M. E à la date de la consolidation, soit 49 ans, il sera fait une juste appréciation des séquelles conservées à ce titre par M. E en lui allouant une somme de 4 300 euros.
S'agissant du préjudice d'agrément :
26. Le préjudice d'agrément est constitué par l'impossibilité pour la victime de continuer à pratiquer régulièrement une activité spécifique sportive ou de loisirs. Ce poste de préjudice inclut la limitation de la pratique antérieure. M. E soutient subir un préjudice d'agrément à hauteur de 10 000 euros du fait de son impossibilité à pratiquer la pêche au brochet, les balades en forêt et le cyclisme. M. E n'établit cependant pas avoir exercé de façon régulière ces activités préalablement à la survenue du dommage de telle sorte que l'existence de ce préjudice ne se trouve elle-même pas établie. Il y a lieu, en conséquence, de rejeter ses prétentions sur ce point.
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
27. Il résulte de l'instruction, en particulier du troisième rapport d'expertise, que l'infection nosocomiale contractée par M. E est à l'origine pour l'intéressé d'un préjudice esthétique permanent évalué à 3 sur une échelle de 7 du fait de sa boiterie et du port de cannes. Eu égard à son état antérieur, ces séquelles ne sont toutefois pas exclusivement imputables à l'infection contractée. Il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice, en tenant compte des cicatrices de M. E liées aux reprises chirurgicales et de son âge à la date de la consolidation, en l'évaluant à la somme de 500 euros.
28. Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier de Dunkerque doit être condamné à verser à M. E la somme totale de 24 240 euros en réparation de ses préjudices et à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme globale de 8 199,16 euros au titre des débours versés jusqu'à la date du présent jugement.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
29. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, et, d'autre part, que la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.
30. La somme allouée à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut en remboursement des débours qu'elle a exposés du fait de l'infection nosocomiale contractée par M. E au sein du centre hospitalier de Dunkerque sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 21 septembre 2018, date de réception de son recours préalable par l'établissement de santé. La capitalisation des intérêts a été demandée pour la première fois au sein de la requête enregistrée le 22 novembre 2018. Il y a lieu, dès lors, de faire droit à cette demande à compter du 21 septembre 2019, date à laquelle était due, pour la première fois, une année entière d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur la déclaration de jugement commun :
31. Aux termes des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () L'intéressé ou ses ayants droit doivent indiquer, en tout état de la procédure, la qualité d'assuré social de la victime de l'accident ainsi que les caisses de sécurité sociale auxquelles celle-ci est ou était affiliée pour les divers risques. Ils doivent appeler ces caisses en déclaration de jugement commun ou réciproquement. A défaut du respect de l'une de ces obligations, la nullité du jugement sur le fond pourra être demandée pendant deux ans, à compter de la date à partir de laquelle ledit jugement est devenu définitif, soit à la requête du ministère public, soit à la demande des caisses de sécurité sociale intéressées ou du tiers responsable, lorsque ces derniers y auront intérêt () ". Il résulte des termes mêmes de ces dispositions que la caisse doit être appelée en déclaration de jugement commun dans l'instance ouverte par la victime contre le tiers responsable, le juge étant, le cas échéant, tenu de mettre en cause d'office la caisse si elle n'a pas été appelée en déclaration de jugement commun.
32. Il n'appartient pas au tribunal de déclarer le présent jugement opposable à M. E et à l'ONIAM, qui ont été régulièrement mis en cause dans la présente instance. Par suite, les conclusions, présentées par la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut , tendant à ce que le jugement leur soit déclaré commun et opposable, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne le versement de l'indemnité forfaitaire de gestion :
33. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2022 : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 110 € et 1 114 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2022. ".
34. En application de ces dispositions, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Dunkerque le versement à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut de la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion à raison des frais engagés pour obtenir le remboursement des prestations servies à son assuré.
En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :
35. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Dunkerque la somme de 1 000 euros à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
36. D'une part, M. E n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. D'autre part, l'avocat de M. E n'a pas demandé que lui soit versée par le centre hospitalier de Dunkerque sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait pas bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de M. E tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
37. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Dunkerque la somme que demande l'ONIAM au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Ces dispositions font également obstacle à ce que soit mise à la charge de la CPAM du Hainaut la somme que demande le centre hospitalier de Dunkerque au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E
Article 1er : L'Office national des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est mis hors de cause dans la présente instance.
Article 2 : Le centre hospitalier de Dunkerque est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut une somme globale de 8 199,16 euros au titre des débours exposés pour le compte de son assuré avec intérêts au taux légal à compter du 21 septembre 2018. Les intérêts échus à la date du 21 septembre 2019 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 3 : Le centre hospitalier de Dunkerque est condamné à verser à M. E la somme de 24 240 euros.
Article 4 : Le centre hospitalier de Dunkerque versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 5 : Le centre hospitalier de Dunkerque versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, à M. B E, à l'ASAPN, à l'Office national des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et au centre hospitalier de Dunkerque.
Copie sera adressée pour information à la caisse primaire d'assurance maladie des Flandres.
Délibéré après l'audience du 14 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Jarrige, président,
Mme Varenne, première conseillère,
Mme Bruneau, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2022.
La rapporteure,
signé
M. Bruneau
Le président,
signé
A. JarrigeLa greffière,
signé
I. Baudry
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026