vendredi 5 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-1902169 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (7) |
| Avocat requérant | SCP GROS-HICTER ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée le 14 mars 2019 sous le n°1902169 et des mémoires, enregistrés le 23 juillet 2020, le 7 octobre 2021, le 13 janvier 2022, le 18 janvier 2022 et le 15 février 2022, la société civile immobilière (SCI) WB Immo, représentée par la SCP Manuel Gros, Héloïse Hicter et associés, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge partielle de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2018 dans le rôle de la commune de Landrecies (59550) à raison d'un ensemble immobilier situé au 37 rue d'Happegarbes à Landrecies (Nord) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'unité foncière se composait au 1er janvier 2018 d'un bâtiment à usage de bureaux d'une surface de 433 m², de bâtiments à usage de location d'une surface de 2 997 m² (bâtiments 2 et 3), de bâtiments en état de ruine pour une surface de 5 729 m² (bâtiments 4, 5, 6 et 7), le bâtiment 7 d'une surface de 2 641 m² ayant été détruit courant mars 2018 ;
- elle est fondée à demander le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties, sur le fondement de l'article 1389 du code général des impôts, concernant les bâtiments à l'état de ruine et inexploitables en raison de leur état de délabrement (bâtiments 4, 5, 6 et 7, d'une surface totale de 5 729 m² au 1er janvier 2018). A ce titre elle se prévaut des énonciations du paragraphe n°80 du BOI-IF-TFB-50-20-30 ;
- l'administration a procédé à une erreur dans la répartition des surfaces pondérées, la surface pondérée à 0,2 devant porter sur une surface minimale de 5 729 m² de bâtiments en ruine et non 3 725 m² ;
- la superficie réelle des bâtiments pondérés à 1 aurait dû être de 2 997 m² et non de 3 153 m², différence provenant des surfaces retenues par l'administration, à comparer avec celles retenues par le géomètre cadastreur du pôle de topographie et de gestion cadastrale de la DGFIP s'étant rendu sur les lieux le 10 juillet 2019 ;
- l'ensemble des bâtiments donne ainsi une surface pondérée de 4 142,8 m² et non de 4 298,8 m².
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 septembre 2019, le 15 juin 2021, le 6 décembre 2021 et le 3 mars 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- La société requérante, de par son secteur d'activité, ne peut en aucun cas exploiter le bien elle-même puisque l'objet de la société est la location. En conséquent, il ne peut être fait application du bénéfice des dispositions de l'article 1389-I du code général des impôts ;
- A compter de 2017, les locaux sont évalués selon les dispositions prévues par l'article 34 de la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010 modifié par la loi n° 2015-1786 du 29 décembre 2015, article 48 (V). Selon ces dispositions, la valeur locative foncière repose sur une méthode tarifaire. A cette valeur locative s'appliquent les dispositifs de neutralisation et de planchonnement ;
- Au regard des huit déclarations n° 6660-REV et de l'extrait du plan cadastral, produits par la requérante, portant sur le bâtiment 1 à usage de bureau classé dans la catégorie BUR 1 " locaux à usage de bureaux d'agencement ancien " dont la surface réelle indiquée en P1 s'élève à 433 m², le bâtiment 2 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 606 m² indiquée en P1, le bâtiment 3 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 2 391 m² en P1, le bâtiment 4 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 672 m² en P1, le bâtiment 5 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 1 660 m² en P1, le bâtiment 6 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 756 m² en P1, le bâtiment 7 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 2 641 m² en P1, faisant l'objet d'une démolition en mars 2018, un dépôt à ciel ouvert classé dans la catégorie DEP 1 " lieux de dépôts à ciel ouvert et terrain à usage commercial et industriel " dont la superficie s'élève à 1 972 m², la superficie déclarée par la société requérante s'élève à 11 131 m² au lieu de 9 370 m² pris en compte dans la taxation initiale (bâtiment A : 488 m² + bâtiment B : 8 882 m²). De plus, les surfaces indiquées par la requérante dans les déclarations n° 6660-REV sont des surfaces pondérées figurant sur le plan du géomètre du service élaboré le 10 juillet 2019 ;
- Afin d'appliquer les mécanismes de planchonnement et de lissage, la valeur locative 1970 des bâtiments à usage de dépôt repose sur le local type appliqué initialement par le service, soit le local type n° 36 du procès-verbal de la commune de Landrecies, entrepôt de stockage situé 6 rue du Syndicat, d'une surface réelle de 1 431 m² et d'une surface pondérée de 1 377 m² au tarif de 1,83 euros par m² de surface pondérée. Afin de prendre en compte l'état de délabrement de certains locaux, les surfaces ont été pondérées à 0,33 (bâtiments 4, 5, 6, 7) et un abattement de - 30% sur la valeur locative 1970 a été appliqué pour les bâtiments 4, 5, 6, 7, lieu de dépôt à ciel ouvert. Concernant le bâtiment à usage de bureaux, la commune de Landrecies ne disposant pas de local type susceptible d'être retenu comme terme de comparaison pour déterminer la valeur locative du local, un local type se situant dans une autre commune a été choisi pour évaluer la valeur locative 1970. Par conséquent, a été retenu le local type n° 49 du procès-verbal de la commune de Solesmes, bureau situé au 10 rue de Selle, d'une surface réelle de 194 m² et d'une surface pondérée de 128 m² au tarif de 10,06 euros par m² de surface pondérée. Afin de tenir compte de la différence de surface entre le local à évaluer et le local type, un ajustement de - 20% a été appliqué. En outre, un ajustement de - 10% a été effectué afin de tenir compte de la différence d'entretien entre le local à évaluer et le local type ;
- Au titre de la valeur locative brute révisée, les surfaces des bâtiments 4, 5, 6 et 7, en très mauvais état, ont été indiquées en P2 (pondération à 0,5) car participant de façon moins importante à l'exercice des activités sur le site au regard de leur état. Concernant le dépôt à ciel ouvert, la surface d'exploitation a été pondérée en P1 car concernant les surfaces essentielles à l'exercice de l'activité (espaces occupés par des bennes, containers, pistes d'accès) ;
- Au titre de la valeur locative brute révisée 2018, les locaux se situent en secteur 2, coefficient de localisation à 1 ;
- Les tarifs appliqués sont de 36,20 euros par m² de surface pondérée pour les locaux classés en DEP 2, de 128,80 euros par m² de surface pondérée pour le local en BUR 1, de 16,20 euros par m² de surface pondérée pour le dépôt à ciel ouvert classé en DEP 1 ;
- Il résulte de ces éléments que le montant de taxe foncière sur les propriétés bâties s'élève à 32 941 euros, montant supérieur à l'imposition initiale (13 036 euros).
Par ordonnance du 23 mars 2022, la clôture de l'instruction de l'affaire a été fixée au 14 avril 2022 à 12h.
II. Par une requête, enregistrée le 17 décembre 2020 sous le n° 2009130, et des mémoires enregistrés le 7 octobre 2021 et le 18 janvier 2022, la société civile immobilière (SCI) WB Immo, représentée par la SCP Manuel Gros, Héloïse Hicter et associés, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge partielle de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019 dans le rôle de la commune de Landrecies (59550) à raison d'un ensemble immobilier situé au 37 rue d'Happegarbes à Landrecies (Nord) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- La requête est recevable car non tardive ;
- Elle est fondée à demander le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties, sur le fondement de l'article 1389 du code général des impôts, concernant les bâtiments à l'état de ruine et inexploitables en raison de leur état de délabrement (bâtiments 4, 5 et 6, de surfaces respectives de de 672 m², 1 660 m² et 756 m². A ce titre elle se prévaut des énonciations du paragraphe n°80 du BOI-IF-TFB-50-20-30 ;
- En tout état de cause, l'administration a procédé à une erreur dans la répartition des surfaces pondérées de ces bâtiments ;
- Le bâtiment 7 d'une surface de 2 641 m² ayant été démoli en mars 2018, il ne pouvait faire l'objet d'une imposition au titre de l'année 2019.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 juin 2021, le 29 novembre 2021 et le 3 mars 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- La société requérante, de par son secteur d'activité, ne peut en aucun cas exploiter le bien elle-même puisque l'objet de la société est la location. En conséquent, il ne peut être fait application du bénéfice des dispositions de l'article 1389-I du code général des impôts ;
- Les sept déclarations n° 6660-REV produites par la requérante, reprenant les éléments existants au 1er janvier 2019, portent sur le bâtiment 1 à usage de bureau classé dans la catégorie BUR 1 " locaux à usage de bureaux d'agencement ancien " dont la surface réelle indiquée en P1 s'élève à 433 m², le bâtiment 2 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 606 m² indiquée en P1, le bâtiment 3 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 2 391 m² en P1, le bâtiment 4 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 672 m² en P1, le bâtiment 5 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 1 660 m² en P1, le bâtiment 6 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 756 m² en P1, un dépôt à ciel ouvert classé dans la catégorie DEP 1 " lieux de dépôts à ciel ouvert et terrain à usage commercial et industriel " dont la superficie s'élève à 2 801 m² au 1er janvier 2019 ;
- Au regard de l'activité exercée par la société WB Agri et de l'exploitation du bâtiment 4 (entreposage de paille), ce bâtiment fait l'objet d'une exonération de taxe foncière au titre de l'année 2019, conformément à l'article 1382-6° du code général des impôts ;
- La surface affectée au dépôt à ciel ouvert ayant été augmentée en 2019 de plus de 10%, aucun mécanisme atténuateur de lissage ou de planchonnement ne peut être appliqué au dépôt à ciel ouvert ;
- Au titre de la valeur locative brute révisée 2019, les locaux se situent en secteur 2, coefficient de localisation à 1 ;
- Les tarifs appliqués sont de 35,90 euros par m² de surface pondérée pour les locaux classés en DEP 2, de 127,60 euros par m² de surface pondérée pour le local en BUR 1, de 16,10 euros par m² de surface pondérée pour le dépôt à ciel ouvert classé en DEP 1 ;
- Il résulte de ces éléments, prenant notamment en compte la démolition du bâtiment 7, l'exonération du bâtiment 4, les mécanismes de planchonnement et lissage, que le montant de taxe foncière sur les propriétés bâties s'élève à 29 989 euros, montant supérieur à l'imposition initiale (13 646 euros).
Par ordonnance du 23 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 18 avril 2022 à 12h.
III. Par une requête, enregistrée le 6 août 2021 sous le n° 2106347, et un mémoire, enregistré le 15 février 2022, la SCI WB Immo, représentée par le cabinet SCP Gros-Hicter et associés, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge partielle de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2020 dans le rôle de la commune de Landrecies (59550) à raison d'un ensemble immobilier situé au 37 rue d'Happegarbes à Landrecies (Nord) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- Elle est fondée à demander le dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties, sur le fondement de l'article 1389 du code général des impôts, concernant les bâtiments à l'état de ruine et inexploitables en raison de leur état de délabrement (bâtiments 4, 5 et 6, de surfaces respectives de de 672 m², 1 660 m² et 756 m². A ce titre elle se prévaut des énonciations du paragraphe n°80 du BOI-IF-TFB-50-20-30 ;
- En tout état de cause, l'administration a procédé à une erreur dans la répartition des surfaces pondérées de ces bâtiments ;
- Le bâtiment 7 d'une surface de 2 641 m² ayant été démoli en mars 2018, il ne pouvait faire l'objet d'une imposition au titre de l'année 2020.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 janvier 2022 et le 3 mars 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- Les sept déclarations n° 6660-REV produites par la requérante, reprenant les éléments existants au 1er janvier 2020, portent sur le bâtiment 1 à usage de bureau classé dans la catégorie BUR 1 " locaux à usage de bureaux d'agencement ancien " dont la surface réelle indiquée en P1 s'élève à 433 m², le bâtiment 2 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 606 m² indiquée en P1, le bâtiment 3 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 2 391 m² en P1, le bâtiment 4 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 672 m² en P1, le bâtiment 5 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 1 660 m² en P1, le bâtiment 6 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 756 m² en P1, un dépôt à ciel ouvert classé dans la catégorie DEP 1 " lieux de dépôts à ciel ouvert et terrain à usage commercial et industriel " dont la superficie s'élève à 2 801 m² au 1er janvier 2020 ;
- Au regard de l'activité exercée par la société WB Agri et de l'exploitation des bâtiments 3 et 4 (entreposage de paille), ces bâtiments font l'objet d'une exonération de taxe foncière au titre de l'année 2020, conformément à l'article 1382-6° du code général des impôts ;
- Au titre de la valeur locative brute révisée 2020, les locaux se situent en secteur 2, coefficient de localisation à 1 ;
- Les tarifs appliqués sont de 36,10 euros par m² de surface pondérée pour les locaux classés en DEP 2, de 127,90 euros par m² de surface pondérée pour le local en BUR 1, de 16,10 euros par m² de surface pondérée pour le dépôt à ciel ouvert classé en DEP 1 ;
- Il résulte de ces éléments, prenant notamment en compte la démolition du bâtiment 7, l'exonération des bâtiments 3 et 4, les mécanismes de planchonnement et lissage, que le montant de taxe foncière sur les propriétés bâties s'élève à 19 477 euros, montant supérieur à l'imposition initiale (14 610 euros).
Par ordonnance du 23 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 avril 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Paganel en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 avril 2023 :
- le rapport de M. Paganel, magistrat désigné ;
- les conclusions de Mme Lançon, rapporteure publique ;
- les observations de Me Dubois-Catty, avocat représentant la SCI WB Immo.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n°1902169, n°2009130 et n°2106347 de la SCI WB Immo sont relatives à une même imposition établie à raison du même ensemble immobilier au titre d'années différentes. Ces requêtes ayant fait l'objet d'une instruction commune, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
2. La SCI WB Immo a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2018, 2019 et 2020 en sa qualité de propriétaire d'un ensemble immobilier situé au 37 rue d'Happegarbes à Landrecies (Nord) qu'elle a acquis le 22 décembre 2016. D'après les déclarations de la société requérante, l'unité foncière se composait au 1er janvier 2018 d'un bâtiment à usage de bureaux d'une surface de 433 m², de hangars à louer d'une surface de 2 997 m² (bâtiments 2 et 3), de bâtiments en état de ruine d'une surface de 5 729 m² (bâtiments 4, 5, 6 et 7) et d'un lieu de dépôt à ciel ouvert pour le stationnement de remorques et semi-remorques. Par un acte de dégrèvement daté du 28 février 2018, l'administration fiscale, compte tenu de l'état de délabrement des locaux, a procédé à la déqualification de l'établissement industriel en local commercial et a effectué une nouvelle évaluation de la valeur locative de chacun des locaux, de manière distincte, présents sur la parcelle. Le bâtiment 7 d'une surface de 2 641 m² a été détruit courant mars 2018.
Sur le bien-fondé des impositions en litige :
En ce qui concerne la demande de dégrèvement :
3. Aux termes l'article 1389 du code général des impôts : " I. Les contribuables peuvent obtenir le dégrèvement de la taxe foncière en cas de vacance d'une maison normalement destinée à la location ou d'inexploitation d'un immeuble utilisé par le contribuable lui-même à usage commercial ou industriel, à partir du premier jour du mois suivant celui du début de la vacance ou de l'inexploitation jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel la vacance ou l'inexploitation a pris fin. Le dégrèvement est subordonné à la triple condition que la vacance ou l'inexploitation soit indépendante de la volonté du contribuable, qu'elle ait une durée de trois mois au moins et qu'elle affecte soit la totalité de l'immeuble, soit une partie susceptible de location ou d'inexploitation séparée. ".
4. Pour refuser le bénéfice du dégrèvement des bâtiments 4, 5, 6 et 7, anciennement à usage industriel et en état de ruine, l'administration fait valoir, ce qui n'est au demeurant pas sérieusement contesté, que la requérante, de par son secteur d'activité, ne peut exploiter les biens elle-même puisque l'objet de la société est la location. Si la circonstance que les biens soient donnés en location-gérance ne ferait pas obstacle à ce qu'elle soit regardée comme ayant utilisé elle-même ces immeubles à usage industriel, la société requérante reconnaît avoir acquis ces bâtiments en ruine, non pas dans l'intention de les donner en location-gérance mais en vue de leur destruction. Dans ces conditions, la société WB Immo n'entre pas dans le champ d'application de l'article 1389 du code général des impôts et ne peut prétendre au bénéfice de ce dégrèvement.
5. La société WB Immo ne peut se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations du paragraphe n°80 du BOI-IF-TFB-50-20-30 dès lors qu'elles ne comportent pas d'interprétation différente de la loi fiscale telle qu'interprétée ci-dessus.
En ce qui concerne les cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties :
6. Aux termes de l'article 1498 du code général des impôts, dans sa version applicable aux années d'imposition : " I. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie, autres que les locaux mentionnés au I de l'article 1496, que les établissements industriels mentionnés à l'article 1499 et que les locaux dont la valeur locative est déterminée dans les conditions particulières prévues à l'article 1501, est déterminée selon les modalités prévues aux II ou III du présent article./ Les propriétés mentionnées au premier alinéa sont classées dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination. A l'intérieur d'un sous-groupe, elles sont classées par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance. Les sous-groupes et catégories de locaux sont déterminés par décret en Conseil d'Etat. / II. - A. - La valeur locative de chaque propriété bâtie ou fraction de propriété bâtie mentionnée au I est déterminée en fonction de l'état du marché locatif à la date de référence du 1er janvier 2013, sous réserve de la mise à jour prévue au III de l'article 1518 ter. / Elle est obtenue par application d'un tarif par mètre carré déterminé conformément au 2 du B du présent II à la surface pondérée du local définie au C du présent II. / B. - 1. Il est constitué, dans chaque département, un ou plusieurs secteurs d'évaluation qui regroupent les communes ou sections cadastrales de communes qui, dans le département, présentent un marché locatif homogène. () / 2. Les tarifs par mètre carré sont déterminés sur la base des loyers moyens constatés dans chaque secteur d'évaluation par catégorie de propriétés. () / C. - La surface pondérée d'un local est obtenue à partir de la superficie de ses différentes parties, réduite, le cas échéant, au moyen de coefficients fixés par décret, pour tenir compte de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques respectives () ". Aux termes de l'article 310 Q de l'annexe II au code général des impôts : " Pour l'application du second alinéa du I de l'article 1498 du code général des impôts, les propriétés bâties mentionnées au premier alinéa de ce même I sont classées selon les sous-groupes et catégories suivants : Sous-groupe I : magasins et lieux de vente : Catégorie 1 : boutiques et magasins sur rue. () / Sous-groupe II : bureaux et locaux divers assimilables : Catégorie 1 : locaux à usage de bureaux d'agencement ancien. () / Sous-groupe III : lieux de dépôt ou de stockage et parcs de stationnement : () Catégorie 2 : lieux de dépôt couverts. () / Sous-groupe IX : carrières et établissements industriels non évalués selon la méthode comptable : Catégorie 1 : établissements industriels nécessitant un outillage important autres que les carrières et assimilés. () ".
7. Pour la détermination de la valeur locative d'un local professionnel, celui-ci est rattaché à un sous-groupe et à une catégorie définis en fonction de sa nature et de sa destination, d'une part, et de son utilisation et de ses caractéristiques physiques, d'autre part. Le local est ensuite rattaché à un secteur d'évaluation défini dans le département, qui regroupe des communes ou des parties de communes qui représentent un marché locatif homogène. Les loyers constatés par catégorie de locaux servent de base à l'établissement d'un tarif par mètre carré dans chaque secteur d'évaluation. Le tarif peut être éventuellement minoré ou majoré d'un coefficient de localisation destiné à tenir compte de la situation du local considéré au sein du secteur d'évaluation. Le tarif, multiplié par la surface pondérée de ce local, permet de déterminer sa valeur locative.
8. Par ailleurs, selon l'article 34 de la loi de finances rectificative pour 2010, dans sa version alors applicable à l'année d'imposition 2017 codifié depuis le 1er janvier 2018 à l'article 1518 A quinquies du code général des impôts : " XVI. -. B. -1. En vue de l'établissement de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la cotisation foncière des entreprises, de la taxe d'habitation et de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, la valeur locative des propriétés bâties est corrigée par un coefficient de neutralisation./ Ce coefficient est égal, pour chaque taxe et chaque collectivité territoriale, au rapport entre, d'une part, la somme des valeurs locatives non révisées au 1er janvier 2017 des propriétés bâties imposables au titre de cette année dans son ressort territorial, à l'exception de celles mentionnées au 2, et, d'autre part, la somme des valeurs locatives révisées de ces propriétés à la date de référence du 1er janvier 2013./ Le coefficient de neutralisation déterminé pour chacune de ces taxes s'applique également pour l'établissement de leurs taxes annexes./ Les coefficients déterminés pour une commune s'appliquent aux bases imposées au profit des établissements publics de coopération intercommunale dont elle est membre. ()/ D.-Pour les impositions dues au titre des années 2017 à 2025 :/ 1° Lorsque la différence entre la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017 et la valeur locative résultant du B du présent XVI est positive, celle-ci est majorée d'un montant égal à la moitié de cette différence ;/ 2° Lorsque la différence entre la valeur locative non révisée au 1er janvier 2017 et la valeur locative résultant du même B est négative, celle-ci est minorée d'un montant égal à la moitié de cette différence. () ". Enfin, les A et B du XXII du même article, désormais codifiés à l'article 1518 E du code général des impôts, disposent : " XXII.-A. Des exonérations partielles d'impôts directs locaux sont accordées au titre des années 2017 à 2025 lorsque la différence entre la cotisation établie au titre de l'année 2017 et la cotisation qui aurait été établie au titre de cette même année sans application du XVI est positive./ Pour chaque impôt, l'exonération est égale aux neuf dixièmes de la différence définie au premier alinéa du présent A pour les impositions établies au titre de l'année 2017, puis réduite chaque année d'un dixième de cette différence./ L'exonération cesse d'être accordée à compter de l'année qui suit celle au cours de laquelle la propriété ou fraction de propriété fait l'objet d'un des changements mentionnés au I de l'article 1406 du code général des impôts./ B.-Les impôts directs locaux établis au titre des années 2017 à 2025 sont majorés lorsque la différence entre la cotisation qui aurait été établie au titre de l'année 2017 sans application du XVI et la cotisation établie au titre de cette même année est positive./ Pour chaque impôt, la majoration est égale aux neuf dixièmes de la différence définie au premier alinéa du présent B pour les impositions établies au titre de l'année 2017, puis réduite chaque année d'un dixième de cette différence./ Cette majoration est supprimée à compter de l'année qui suit celle au cours de laquelle la propriété ou fraction de propriété fait l'objet d'un des changements mentionnés au I de l'article 1406 du code général des impôts ". Il résulte de ces dispositions que la loi de finance rectificative pour 2010 a instauré des dispositifs destinés à maintenir les équilibres contributifs entre les contribuables des locaux professionnels révisés et ceux des autres locaux non révisés (mécanisme de neutralisation), de réduire de moitié les variations, tant à la hausse qu'à la baisse, entre l'ancienne valeur locative et la nouvelle valeur locative révisée et neutralisée (mécanisme de " planchonnement) et à étaler sur quatre ans les écarts d'imposition résultant de la révision (mécanisme de lissage).
S'agissant de l'année 2018 :
9. Au regard des huit déclarations n° 6660-REV et de l'extrait du plan cadastral, produits par la requérante, reprenant les éléments existant au 1er janvier 2018, portant sur le bâtiment 1 à usage de bureau classé dans la catégorie BUR 1 " locaux à usage de bureaux d'agencement ancien " dont la surface réelle indiquée en P1 s'élève à 433 m², le bâtiment 2 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 606 m² indiquée en P1, le bâtiment 3 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 2 391 m² en P1, le bâtiment 4 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 672 m² en P1, le bâtiment 5 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 1 660 m² en P1, le bâtiment 6 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 756 m² en P1, le bâtiment 7 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 2 641 m² en P1, faisant l'objet d'une démolition en mars 2018, un dépôt à ciel ouvert classé dans la catégorie DEP 1 " lieux de dépôts à ciel ouvert et terrain à usage commercial et industriel " dont la superficie s'élève à 1 972 m², la superficie déclarée par la société requérante s'élève à 11 131 m² au lieu de 9 370 m² pris en compte dans la taxation initiale (bâtiment A : 488 m² + bâtiment B : 8 882 m²). Afin d'appliquer les mécanismes de planchonnement et de lissage, la valeur locative 1970 des bâtiments à usage de dépôt repose sur le local type appliqué initialement par le service et non contesté par la requérante, soit le local type n° 36 du procès-verbal de la commune de Landrecies, entrepôt de stockage situé 6 rue du Syndicat, d'une surface réelle de 1 431 m² et d'une surface pondérée de 1 377 m² au tarif de 1,83 euros par m² de surface pondérée. Afin de prendre en compte l'état de délabrement de certains locaux, les surfaces ont été pondérées à 0,33 (bâtiments 4, 5, 6, 7) et un abattement de - 30% sur la valeur locative 1970 a été appliqué pour les bâtiments 4, 5, 6, 7, lieu de dépôt à ciel ouvert. Concernant le bâtiment à usage de bureaux, la commune de Landrecies ne disposant pas de local type susceptible d'être retenu comme terme de comparaison pour déterminer la valeur locative du local, un local type se situant dans une autre commune a été choisi pour évaluer la valeur locative 1970. Par conséquent, a été retenu le local type n° 49 du procès-verbal de la commune de Solesmes, bureau situé au 10 rue de Selle, d'une surface réelle de 194 m² et d'une surface pondérée de 128 m² au tarif de 10,06 euros par m² de surface pondérée. Afin de tenir compte de la différence de surface entre le local à évaluer et le local type, un ajustement de - 20% a été appliqué par l'administration. En outre, un ajustement de - 10% a été effectué afin de tenir compte de la différence d'entretien entre le local à évaluer et le local type. Au titre de la valeur locative brute révisée, les surfaces des bâtiments 4, 5, 6 et 7, en très mauvais état, ont été indiquées en P2 (pondération à 0,5) car participant de façon moins importante à l'exercice des activités sur le site au regard de leur état. Concernant le dépôt à ciel ouvert, la surface d'exploitation a été pondérée en P1 car concernant les surfaces essentielles à l'exercice de l'activité (espaces occupés par des bennes, containers, pistes d'accès). Au titre de la valeur locative brute révisée 2018, les locaux se situent en secteur 2, coefficient de localisation à 1. Les tarifs appliqués sont de 36,20 euros par m² de surface pondérée pour les locaux classés en DEP 2, de 128,80 euros par m² de surface pondérée pour le local en BUR 1, de 16,20 euros par m ² de surface pondérée pour le dépôt à ciel ouvert classé en DEP 1. Il résulte de ces éléments que la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties 2018 s'élève à 32 941 euros, montant supérieur à l'imposition initiale (13 036 euros).
S'agissant de l'année 2019 :
10. Au regard des sept déclarations n° 6660-REV et de l'extrait du plan cadastral, produits par la requérante, reprenant les éléments existant au 1er janvier 2019, portant sur le bâtiment 1 à usage de bureau classé dans la catégorie BUR 1 " locaux à usage de bureaux d'agencement ancien " dont la surface réelle indiquée en P1 s'élève à 433 m², sur le bâtiment 2 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 606 m² indiquée en P1, sur le bâtiment 3 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 2 391 m² en P1, sur le bâtiment 4 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 672 m² en P1, sur le bâtiment 5 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 1 660 m² en P1, sur le bâtiment 6 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 756 m² en P1, sur un dépôt à ciel ouvert classé dans la catégorie DEP 1 " lieux de dépôts à ciel ouvert et terrain à usage commercial et industriel " dont la superficie s'élève à 2 801 m² au 1er janvier 2019, au regard également de l'exonération du bâtiment 4, conformément à l'article 1382-6° du code général des impôts, du fait de l'activité de stockage de paille dans ce bâtiment par la société WB Agri disposant d'un bail à ferme, à compter de juin 2018, de l'augmentation en 2019 de plus de 10% de la surface affectée au dépôt à ciel ouvert ayant pour conséquence qu'aucun mécanisme atténuateur de lissage ou de planchonnement ne peut être appliqué au dépôt à ciel ouvert, en prenant également en compte que les locaux se situent en secteur 2, coefficient de localisation à 1, des tarifs appliqués de 35,90 euros par m² de surface pondérée pour les locaux classés en DEP 2, de 127,60 euros par m² de surface pondérée pour le local en BUR 1, de 16,10 euros par m² de surface pondérée pour le dépôt à ciel ouvert classé en DEP 1, il résulte que la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties 2019 s'élève à 29 989 euros, montant supérieur à l'imposition initiale (13 646 euros).
S'agissant de l'année 2020 :
11. Au regard des sept déclarations n° 6660-REV et de l'extrait du plan cadastral, produits par la requérante, reprenant les éléments existant au 1er janvier 2020, portant sur le bâtiment 1 à usage de bureau classé dans la catégorie BUR 1 " locaux à usage de bureaux d'agencement ancien " dont la surface réelle indiquée en P1 s'élève à 433 m², sur le bâtiment 2 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 606 m² indiquée en P1, sur le bâtiment 3 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 2 391 m² en P1, sur le bâtiment 4 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 672 m² en P1, sur le bâtiment 5 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 1 660 m² en P1, sur le bâtiment 6 à usage de dépôt classé dans la catégorie DEP 2 " lieux de dépôt couverts " avec une superficie de 756 m² en P1, sur un dépôt à ciel ouvert classé dans la catégorie DEP 1 " lieux de dépôts à ciel ouvert et terrain à usage commercial et industriel " dont la superficie s'élève à 2 801 m² au 1er janvier 2020, au regard également de l'exonération des bâtiments 3 et 4, conformément à l'article 1382-6° du code général des impôts, du fait de l'activité de stockage de paille dans ces bâtiments par la société WB Agri disposant d'un bail à ferme, en prenant également en compte que les locaux se situent en secteur 2, coefficient de localisation à 1, des tarifs appliqués de 36,10 euros par m² de surface pondérée pour les locaux classés en DEP 2, de 127,90 euros par m² de surface pondérée pour le local en BUR 1, de 16,10 euros par m² de surface pondérée pour le dépôt à ciel ouvert classé en DEP 1, il résulte que la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties 2020 s'élève à 19 477 euros, montant supérieur à l'imposition initiale (14 610 euros).
12. Ainsi, la société WB Immo n'est pas fondée à demander la réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018, 2019 et 2020.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'est pas partie perdante, soit condamné de verser une somme à la société WB Immo au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes n° 1902169, n° 2009130 et n° 2106347 de la SCI WB Immo sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SCI WB Immo et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mai 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
M. PAGANEL La greffière,
Signé
N. PAULET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 2009130, 2106347
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026