LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-1903492

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-1903492

vendredi 23 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-1903492
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSCP ROBIQUET DELEVACQUE VERAGUE YAHIAOUI PASSE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 24 avril 2019, le 30 septembre 2021 et le 30 mars 2022, M. C E, représenté par Me Delevacque, demande au tribunal :

1°) de condamner in solidum, le syndicat mixte des transports du Douaisis (SMTD), la société par actions simplifiée Ingerop Conseil et Ingenierie, la commune de Lewarde, ainsi que la société Eiffage Route Nord-Est à réaliser les travaux tels que préconisés par l'expert judiciaire M. F dans son rapport en date du 20 mars 2017, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

2°) subsidiairement, de condamner in solidum, le syndicat mixte des transports du Douaisis (SMTD), la société par actions simplifiée Ingerop Conseil et Ingenierie, la commune de Lewarde, ainsi que la société Eiffage Route Nord-Est à lui verser la somme de 13 912,34 euros au titre des travaux de réfection à effectuer, somme indexée sur l'indice BT01 du coût de la construction à compter du 1er juillet 2018 ;

3°) de condamner in solidum, le syndicat mixte des transports du Douaisis (SMTD), la société par actions simplifiée Ingerop Conseil et Ingenierie, la commune de Lewarde, ainsi que la société Eiffage Route Nord-Est à lui verser la somme de 6 000 euros au titre du préjudice de jouissance et la somme de 1 760 euros au titre de son préjudice matériel ainsi que la somme de 2 500 euros pour résistance abusive ;

4°) de condamner in solidum, le syndicat mixte des transports du Douaisis (SMTD), la société par actions simplifiée Ingerop Conseil et Ingenierie, la commune de Lewarde et la société Eiffage Route Nord-Est à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'aux entiers frais et dépens.

Il soutient que :

- la responsabilité du SMTD est engagée à raison de sa qualité de maître d'ouvrage des travaux de voirie qui ont contribué à un rehaussement de dix centimètres du niveau de l'enrobé devant son porche ;

- la responsabilité de la commune de Lewarde est engagée en sa qualité de propriétaire de l'ouvrage ;

- la responsabilité de la société Ingerop Conseil et Ingenierie, qui avait confié l'exécution des travaux devant son habitation à la société Eiffage Route Nord Est, est engagée en sa qualité de maître d'œuvre des travaux ;

- ce rehaussement a généré une pente de 50% en moyenne entre le trottoir et la voirie intérieure de son domicile, faisant obstacle à l'accès au garage par un véhicule de tourisme ordinaire sans qu'il puisse bénéficier de l'aménagement de pentes de raccordement ;

- il justifie d'un préjudice de jouissance.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 novembre 2021 et le 5 avril 2022, le syndicat mixte des transports du Douaisis (SMTD), représenté par Me Guerin, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que les sociétés Eiffage Route Nord-Est et Ingerop Conseil et Ingenierie le garantissent de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre et, en tout état de cause, à la condamnation de M. E à lui verser la somme de 2 500 euros au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Par un mémoire enregistré le 18 février 2020, la société en nom collectif Eiffage Route Nord-Est, représentée par Me Haquette, conclut à titre principal au rejet de la requête, et à titre subsidiaire à ce que les préjudices dont se prévaut M. E soient revus à la baisse, à ce que la société Ingerop Conseil et Ingenierie, le syndicat mixte des transports du Douaisis et la commune de Lewarde la garantissent de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre et, en tout état de cause, à ce que M. E et toute partie perdante soient condamnés à lui verser une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'aux entiers dépens.

Par des mémoires enregistrés le 1er juillet 2019 et le 6 mai 2022, la commune de Lewarde, représentée par Me Kazmierczak, conclut à titre principal à sa mise hors de cause, subsidiairement au rejet de la requête, très subsidiairement à ce que le syndicat mixte des transports du Douaisis, la société Ingerop Conseil et Ingenierie et la société Eiffage Route Nord-Est la garantissent de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre, et à la condamnation de M. E à lui verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi qu'aux entiers dépens.

Par des mémoires enregistrés le 8 août 2019 et le 12 mars 2020, la société par actions simplifée Ingerop Conseil et Ingenierie, représentée par Me Barbosa, conclut à titre principal au rejet de la requête, subsidiairement à limiter le coût de reprise des travaux d'accès au porche à la somme de 2 742,52 euros TTC et au rejet du surplus des demandes de M. E, à titre plus subsidiaire à limiter la charge de la société Ingerop Conseil et Ingenierie à 10% des condamnations éventuellement prononcées en ce qui concerne l'accès au porche, à rejeter les appels en garantie de la commune de Lewarde et de la société Eiffage Route Nord-Est dirigés à son encontre, à condamner la société Eiffage Route Nord-Est à la garantir de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre en ce compris la charge des dépens et les frais exposés et non compris dans les dépens et, en tout état de cause, à condamner toute partie perdante à lui verser une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ordonnance du 6 mai 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 6 mai 2022, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 22 mars 2017 par laquelle le président du tribunal a taxé les frais et honoraires de l'expertise réalisée par M. B F dans l'instance de référé n° 1604414-9.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la voirie routière ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Lançon, rapporteure publique,

- les observations de Me Mulier, avocat substituant Me Delevacque, représentant M. E,

- les observations de Me Guerin, avocat représentant le syndicat mixte des transports du Douaisis,

- les observations de Me Haquette, avocat représentant la société en nom collectif Eiffage Route Nord-Est.

Considérant ce qui suit :

1. M. C E est propriétaire d'une maison d'habitation sise 124 rue Jean Jaurès à Lewarde. Dans le cadre du chantier d'aménagement du tramway reliant Douai à Aniche, le syndicat mixte de transport du Douaisis (SMTD) a confié la maîtrise d'œuvre à la société Ingerop Conseil et Ingénierie et la mission de réalisation des travaux à la société Eiffage Route Nord Est. Ces travaux ont débuté à la fin de l'année 2014. M. E a constaté des désordres tenant d'une part à un rehaussement de l'ensemble bordure-caniveau devant l'accès au porche de son habitation, et d'autre part à une fissure dans le hall de son habitation ainsi qu'un décollement de l'enduit dans sa cave. Par courrier en date du 20 juillet 2015, M. E a demandé au SMTD de lui proposer une solution pour remédier à ces désordres. Dans le cadre d'une procédure de référé-expertise, un rapport a été rendu le 20 mars 2017. Par la présente requête M. E demande au tribunal de condamner in solidum, le SMTD, la commune de Lewarde, la SNC Eiffage route Nord-Est et la SAS Ingerop Conseil et Ingénierie à exécuter les travaux tels que préconisés par l'expert.

Sur la responsabilité :

2. Le maître de l'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage n'est pas inhérent à l'existence même de l'ouvrage public ou à son fonctionnement et présente, par suite, un caractère accidentel.

3. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le SMTD avait la qualité de maître de l'ouvrage des travaux visés au point 1 à l'égard desquels M. E a la qualité de tiers riverain. Par suite, ainsi que le soutient la commune de Lewarde, sa responsabilité ne peut être engagée. Il y a donc lieu de la mettre hors de cause.

4. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, et particulièrement du rapport de l'expert commis par le juge du référé administratif que trois désordres ont été constatés sur l'habitation de M. E. D'une part, le niveau de l'ensemble bordure-caniveau acodrain devant le porche de l'habitation a été rehaussé de six centimètres, de sorte que la sortie d'un véhicule léger est devenue problématique, en raison du frottement du bas de caisse avant avec la bordure en saillie par rapport au caniveau. D'autre part, une fissure dans le hall d'entrée ainsi que le décollement de l'enduit en cave au niveau du soupirail ont été constatés. L'expert a conclu que les désordres ne compromettent pas la solidité de l'ouvrage ni ne le rendent impropre à sa destination. Il n'est pas sérieusement contesté que ces dommages qui ne sont pas inhérents au fonctionnement de l'ouvrage mais résultent des travaux réalisés au niveau du trottoir de la route CD 649, présentent un caractère accidentel. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutiennent la SAS Ingerop Conseil et Ingénierie et conseil et la société Eiffage Route Nord-Est, M. E n'était pas tenu de démontrer le caractère grave et spécial de ces préjudices.

5. En troisième lieu, il résulte de l'instruction et notamment des différents constats d'huissier ainsi que du rapport d'expertise judiciaire, sans contestation sérieuse, que les travaux d'aménagement du tramway qui ont conduit d'une part dans le rehaussement du niveau de l'ensemble bordure-acodrain et qui ont d'autre part généré des vibrations transmises dans les sols environnants lors du compactage des enrobés par vibration, présentent un lien de causalité direct avec les préjudices mentionnés au point précédent.

6. En quatrième lieu, la victime de dommages de travaux publics est en droit de réclamer la réparation de ces dommages, soit à l'entrepreneur, soit au maître de l'ouvrage, soit à l'un et l'autre solidairement. S'il appartient d'une part à l'établissement public pour le compte duquel les travaux ont été effectués, d'autre part à l'entrepreneur, de se retourner éventuellement contre leur cocontractant en se fondant soit sur les fautes qui auraient été commises par lui dans l'exécution des travaux, soit sur les stipulations du marché qui mettraient à sa charge les dommages résultant de l'exécution de ces travaux, même en l'absence de fautes de sa part, ni ledit établissement public, ni l'entrepreneur, ne sauraient, en tout état de cause, se prévaloir de ces fautes ou de ces stipulations contractuelles, inopposables aux tiers, pour refuser d'indemniser la victime. Ainsi, la société Ingerop Conseil et Ingénierie n'est pas fondée à soutenir qu'elle ne pourrait être tenue responsable solidairement avec le SMTD et la société Eiffage Route Nord-Est.

7. Il résulte de ce qui précède que le SMTD, la société Ingerop Conseil et ingénierie et la société Eiffage Route Nord-Est sont solidairement responsables du préjudice causé à M. E.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

8. Lorsque le juge administratif condamne une personne publique responsable de dommages qui trouvent leur origine dans l'exécution de travaux publics ou dans l'existence ou le fonctionnement d'un ouvrage public, il peut, saisi de conclusions en ce sens, s'il constate qu'un dommage perdure à la date à laquelle il statue du fait de la faute que commet, en s'abstenant de prendre les mesures de nature à y mettre fin ou à en pallier les effets, la personne publique, enjoindre à celle-ci de prendre de telles mesures. Pour apprécier si la personne publique commet, par son abstention, une faute, il lui incombe, en prenant en compte l'ensemble des circonstances de fait à la date de sa décision, de vérifier d'abord si la persistance du dommage trouve son origine non dans la seule réalisation de travaux ou la seule existence d'un ouvrage, mais dans l'exécution défectueuse des travaux ou dans un défaut ou un fonctionnement anormal de l'ouvrage et, si tel est le cas, de s'assurer qu'aucun motif d'intérêt général, qui peut tenir au coût manifestement disproportionné des mesures à prendre par rapport au préjudice subi, ou aucun droit de tiers ne justifie l'abstention de la personne publique. En l'absence de toute abstention fautive de la personne publique, le juge ne peut faire droit à une demande d'injonction, mais il peut décider que l'administration aura le choix entre le versement d'une indemnité dont il fixe le montant et la réalisation de mesures dont il définit la nature et les délais d'exécution.

9. Il résulte de l'instruction que les travaux dont le SMTD était maître de l'ouvrage ont eu pour conséquence un rehaussement de six centimètres de l'ensemble bordure-caniveau acodrain devant le porche de l'habitation du requérant, rendant problématique une sortie de véhicule léger de la propriété. Ce dommage dont la persistance n'est pas contestée, trouve son origine dans une exécution défectueuse des travaux sans qu'aucun motif d'intérêt général ou aucun droit des tiers ne justifie l'abstention du SMTD, en sa qualité de maître de l'ouvrage à faire cesser ce dommage. Dans ces conditions, il est enjoint au SMTD de procéder dans le délai de six mois à compter de la notification du jugement, aux travaux tendant à la réalisation d'une contrepente selon les modalités préconisées par l'expert désigné dans la procédure de référé-expertise, dans son rapport du 15 mars 2017. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions indemnitaires :

10. M. E produit un devis correspondant à des travaux de réalisation d'une porte cochère pour un montant de 11 169,82 euros. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction et notamment du rapport d'expertise, que ces travaux soient justifiés dans leur principe. Par suite, les conclusions présentées au titre de l'indemnisation de ce préjudice matériel doivent être rejetées.

11. M. E demande également l'indemnisation du préjudice matériel tenant aux désordres constatés dans le hall et dans la cave de son habitation. Il évalue ce préjudice à la somme globale de 1 760 euros en reprenant l'évaluation du coût de reprise faite par l'expert. Il résulte de l'instruction et particulièrement du rapport d'expertise judiciaire en date du 15 mars 2017, que les travaux litigieux, de par notamment les vibrations générées dans les sols, ont aggravé des fragilités préexistantes tenant à l'ancienneté de l'immeuble. Dans ces conditions, le préjudice matériel subi par M. E est justement évalué à la moitié de ce montant, soit la somme de 880 euros.

12. Pour demander l'indemnisation d'un préjudice de jouissance qu'il évalue à la somme de 6 000 euros tenant au fait qu'il n'a pu utiliser son garage, M. E se réfère à la valeur locative mensuelle d'un garage ou d'un box. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que M. E a été privé de l'usage de son garage dès lors que son accès n'était pas rendu impossible. En outre, il n'apporte aucun élément permettant de justifier la somme qu'il réclame. Par suite, les conclusions présentées au titre de l'indemnisation du préjudice de jouissance doivent être rejetées.

13. Les conclusions du requérant tendant au versement de dommages et intérêts pour résistance abusive n'étant pas assorties des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, elles doivent également être rejetées.

14. Ainsi, Le Syndicat mixte des transports du Douaisis (SMTD), la SAS Ingerop Conseil et Ingénierie, la SNC Eiffage Route Nord-Est sont condamnés solidairement à verser à M. E une indemnité de 880 euros.

Sur les intérêts :

15. Il résulte de l'instruction que M. E a adressé au SMTD, à la SAS Ingerop Conseil et Ingénierie et la SNC Eiffage Route Nord-Est une mise en demeure réceptionnée le 2 janvier 2019, les invitant chacun à lui verser une indemnité. Dès lors, M. E a droit aux intérêts au taux légal sur la somme de 880 euros, à compter de cette date.

Sur les appels en garantie :

En ce qui concerne l'appel en garantie présenté par le syndicat mixte des transports du Douaisis :

16. D'une part, aux termes de l'article 1792-4-3 du code civil, dans sa version issue de la loi n° 2008-561 du 17 juin 2008 portant réforme de la prescription en matière civile : " En dehors des actions régies par les articles 1792-3, 1792-4-1 et 1792-4-2, les actions en responsabilité dirigées contre les constructeurs désignés aux articles 1792 et 1792-1 et leurs sous-traitants se prescrivent par dix ans à compter de la réception des travaux ". D'autre part, seule la réception sans réserve d'un marché de travaux publics met fin aux rapports contractuels entre le maître d'ouvrage et les constructeurs, et fait obstacle à ce que, sauf clause contractuelle contraire, le cocontractant du maître de l'ouvrage soit ultérieurement appelé en garantie par celui-ci pour des dommages dont un tiers demande réparation.

17. En l'espèce, le SMTD maître de l'ouvrage des travaux, ne justifiant ni de la date de réception des travaux, ni de l'existence d'éventuelles réserves, n'est pas fondé à appeler en garantie la SAS Ingerop Conseil et Ingénierie, maitre d'œuvre des travaux, ni la société Eiffage Route Nord-Est.

En ce qui concerne l'appel en garantie présenté par la société Eiffage Route Nord-Est :

18. Pour soutenir que la société Ingerop Conseil et Ingénierie, en sa qualité de maître d'œuvre, et le SMTD en sa qualité de maître de l'ouvrage, seraient tenus de la garantir des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre, la société Eiffage Route Nord-Est chargée de l'exécution des travaux devant l'habitation de M. E se prévaut d'un manquement du maître d'œuvre dans le suivi des travaux. Pour autant, en l'absence de la production de tout élément relatif au contenu des relations contractuelles avec la SAS Ingerop Conseil et ingénierie, et avec le SMTD, les conclusions de la société Eiffage Route Nord-Est doivent être rejetées.

En ce qui concerne l'appel en garantie présenté par la SAS Ingerop Conseil et ingénierie

19. Les conclusions tendant à ce que la société Eiffage Route Nord-Est garantisse la SAS Ingerop Conseil et ingénierie n'étant pas assorties des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé, elles doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais liés au litige :

20. Par ordonnance du 22 mars 2017, le président du tribunal administratif, dans l'instance de référé expertise n° 1604414-9, a taxé les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. B F à la somme de 4 606,64 euros TTC et les a mis à la charge de M. C E. Il y a lieu de mettre solidairement cette somme à la charge du SMTD, de la SAS Ingerop Conseil et Ingénierie et de la SNC Eiffage Route Nord-Est.

21. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner solidairement le SMTD, la société Ingerop Conseil et Ingénierie et la société Eiffage Route Nord-Est à verser à M. E la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de M. E, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, les sommes que le SMTD, la SAS Ingerop Conseil et Ingénierie et la SNC Eiffage Route Nord-Est demandent chacun au titre des frais engagés et non compris dans les dépens.

23. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner M. E à verser une somme à la commune de Lewarde au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Lewarde est mise hors de cause.

Article 2 : Il est enjoint au Syndicat mixte des transports du Douaisis (SMTD) de procéder, dans un délai de six mois à compter de la notification du jugement, aux travaux de reprise d'une contrepente tels que préconisés par l'expert dans son rapport du 15 mars 2017.

Article 3 : Le Syndicat mixte des transports du Douaisis (SMTD), la SAS Ingerop Conseil et Ingénierie, la SNC Eiffage Route Nord-Est sont condamnés solidairement à verser à M. E une somme de 880 euros. Cette somme portera intérêts à compter du 2 janvier 2019.

Article 4 : Les frais d'expertise taxés à la somme de 4 606, 64 euros TTC par ordonnance du 22 mars 2017 dans l'instance de référé n° 1604414-9 sont mis solidairement à la charge du Syndicat mixte des transports du Douaisis (SMTD), de la SAS Ingerop Conseil et Ingenierie, et de la SNC Eiffage route Nord-Est.

Article 5 : Le Syndicat mixte des transports du Douaisis (SMTD), la SAS Ingerop Conseil et Ingénierie et la SNC Eiffage Route Nord-Est sont condamnés solidairement à verser à M. E une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. C E, au syndicat mixte des transports du Douaisis, à la SAS Ingerop Conseil et Ingénierie, à la SNC Eiffage Route Nord-Est et à la commune de Lewarde.

Copie sera adressée à M. B F, expert.

Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Paganel, président,

Mme Dang, première conseillère,

M. Quint, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2022.

La rapporteure,

Signé

L. A

Le président,

Signé

M. D La greffière,

Signé

N. PAULET

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions