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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-1904533

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-1904533

vendredi 10 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-1904533
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formationjuge unique (7)
Avocat requérantSOCIETE D'AVOCATS VIVALDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 mai 2019, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Olimmo, représentée par Me Delfly, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations de taxe d'enlèvement des ordures ménagères auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2016, 2017 et 2018 dans les rôles de la commune de Cambrai ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la taxe d'enlèvement des ordures ménagères a pour objet de couvrir les dépenses exposées par la commune afin d'assurer l'enlèvement et le traitement des ordures ménagères et non couvertes par des recettes non fiscales ;

- la société Qualiservice, locataire des locaux de la société Olimmo, a conclu un contrat de gestion de ses déchets industriels avec un prestataire privé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 décembre 2019, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête présentée par la société Olimmo est recevable ;

- la taxe d'enlèvement des ordures ménagères porte sur toutes les propriétés soumises à la taxe foncière sur les propriétés bâties ;

- la société requérante ne justifie pas être bénéficiaire de l'une des exonérations prévues par l'article 1521 du code général des impôts ;

- l'assujettissement à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères est indépendant de la nature de l'activité exercée au sein des locaux imposés.

Par ordonnance du 23 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 14 avril 2022 à 12h.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 janvier 2023 :

- le rapport de M. Paganel, magistrat désigné ;

- et les conclusions de M. Alexis Quint, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. L'EURL Olimmo a été assujettie à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères au titre des années 2016, 2017 et 2018 en sa qualité de propriétaire de locaux situés 154 rue du Quatrième Cuirassier à Cambrai (59400). Par une réclamation du 27 décembre 2018, elle a sollicité la décharge totale de ces impositions. Cette demande a été rejetée par une décision du

28 mars 2019.

2. Aux termes de l'article 1520 du code général des impôts : " I. Les communes qui assurent au moins la collecte des déchets des ménages peuvent instituer une taxe destinée à pourvoir aux dépenses du service () ". Aux termes de l'article 1521 du même code : " I. La taxe porte sur toutes les propriétés soumises à la taxe foncière sur les propriétés bâties ou qui en sont temporairement exonérées ainsi que sur les logements des fonctionnaires ou employés civils et militaires visés à l'article 1523 / () III. 1. Les conseils municipaux déterminent annuellement les cas où les locaux à usage industriel ou commercial peuvent être exonérés de la taxe. La liste des établissements exonérés est affichée à la porte de la mairie. / () 4. Sauf délibération contraire des communes ou des organes délibérants de leurs groupements, les locaux situés dans la partie de la commune où ne fonctionne pas le service d'enlèvement des ordures sont exonérés de la taxe ". En vertu de l'article L. 2333-76 du code général des collectivités territoriales, les communes peuvent, alternativement, instituer une redevance d'enlèvement des ordures ménagères calculée en fonction du service rendu lorsqu'elles assurent au moins la collecte des déchets de ménage.

3. Il résulte de ces dispositions que la taxe d'enlèvement des ordures ménagères prévue par le code général des impôts a, contrairement à la redevance du même nom susceptible d'être instituée en vertu du code général des collectivités territoriales, le caractère d'une imposition de toute nature et non celui d'une redevance pour services rendus. La circonstance que le propriétaire d'un immeuble passible de la taxe foncière sur les propriétés bâties situé dans une zone desservie par le service éliminerait lui-même les déchets ménagers produits par cet immeuble, sans recourir à l'utilisation du service, n'est pas, par elle-même, de nature à justifier une absence d'assujettissement.

4. Il résulte de l'instruction que l'EURL Olimmo a été assujettie à la taxe foncière sur les propriétés bâties à raison de son bien situé 154 rue du Quatrième Cuirassier à Cambrai. La société requérante, qui a dès lors été légalement assujettie à la taxe d'enlèvement des ordures ménagères, soutient que le local qu'elle loue par bail commercial à la société Qualiservice doit être exonéré de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères dès lors que le traitement et la collecte des déchets de l'exploitation sont assurés par un prestataire extérieur diligenté par la société locataire de son immeuble. Toutefois, la société requérante n'est pas fondée à se prévaloir de ce qu'une société privée assure pour le compte de la société Qualiservice la prise en charge des déchets dès lors que cette circonstance n'est pas, ainsi qu'il a été dit au point 3, à elle seule, de nature à lui ouvrir droit à l'exonération sollicitée. Par suite, les conclusions à fin de décharge des cotisations de taxe d'enlèvement des ordures ménagères au titre des années 2016, 2017 et 2018 ainsi que, étant partie perdante dans l'instance, les conclusions présentées par l'EURL Olimmo au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de l'EURL Olimmo est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée Olimmo et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.

Le magistrat désigné,

Signé

M. A La greffière,

Signé

S. RANWEZ La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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