vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-1907760 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET LEBEGUE PAUWELS DERBISE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 septembre 2019, Mme D E, représentée par Me Vandenbussche, demande au tribunal :
1°) de condamner la Métropole européenne de Lille à lui verser la somme de 11 529,28 euros en réparation du préjudice corporel que lui a causé le défaut d'entretien du trottoir sur lequel elle a chuté le 15 janvier 2016, rue Faidherbe à Hellemmes ;
2°) de mettre à la charge de la Métropole européenne de Lille la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers frais et dépens de l'instance en ce compris les frais d'expertise.
Elle soutient que :
- la responsabilité de la Métropole européenne de Lille est engagée à raison du défaut de balisage des travaux en cours et d'un trou dans l'emprise du chantier ;
- elle justifie de la réalité de son préjudice.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 novembre 2020 et le 22 octobre 2021, la Métropole européenne de Lille, représentée par Me Teboul, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que la société Eiffage Travaux Publics Nord la garantisse de toutes les condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre, en principal, intérêts et frais, et à la condamnation de Mme E à lui verser la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-sa responsabilité n'est pas engagée, en l'absence de défaut d'entretien normal de l'ouvrage public, dès lors qu'un dispositif de balisage et de barriérage du chantier était en cours à la date de l'accident ;
-Mme E n'établit pas le lien de causalité entre l'ouvrage et le dommage allégué dès lors que les circonstances de sa chute ne sont pas clairement établies tant en ce qui concerne le lieu précis de la chute que l'ampleur de l'excavation du trottoir ;
-le comportement fautif de Mme E qui a fait preuve d'inattention est susceptible de l'exonérer de toute responsabilité ;
-il existait un espace suffisant pour contourner l'obstacle alors que Mme E connaissait les lieux, le chantier étant situé à proximité de son domicile ;
-ayant conclu un contrat avec la société Eiffage Travaux Publics Nord, concernant la requalification de la rue de l'Abbé Six et l'aménagement du parvis de l'église Saint Denis, celle-ci doit la garantir de toute condamnation qui pourrait être prononcée à son encontre ;
-le montant des préjudices réclamés par Mme E est surévalué.
Par un mémoire enregistré le 1er avril 2021, la société par actions simplifiée Eiffage Travaux Publics Nord, représentée par la SCP Lebegue, Pauwels, Derbise, conclut à titre principal au rejet de la requête et au rejet de l'appel en garantie formé par la Métropole européenne de Lille et à la condamnation de toute partie perdante à lui verser la somme de 1 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative, subsidiairement à limiter l'indemnisation de Mme E à la somme globale de 8 357,74 euros.
Elle soutient que
-Mme E n'établit pas les circonstances de sa chute ;
-Mme E n'est pas fondée à invoquer un défaut d'entretien normal du trottoir dès lors qu'un dispositif de balisage et de barriérage du chantier était en cours à la date de l'accident ;
-le comportement fautif de Mme E qui a fait preuve d'inattention est susceptible de l'exonérer de toute responsabilité.
Par ordonnance du 27 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 13 janvier 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance du 6 décembre 2019, par laquelle le magistrat désigné par le président du tribunal a taxé les frais et honoraires de l'expertise réalisée par le docteur B G dans l'instance de référé n° 1809093.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Lerooy, rapporteur public,
- et les observations de Me Anger-Bourez, avocat substituant Me Teboul, représentant la Métropole européenne de Lille.
Considérant ce qui suit :
1. Le 15 janvier 2016, aux alentours de 18h30, Mme E a été victime d'une chute au niveau de l'église St Denis à Hellemmes-Lille alors qu'elle se rendait à une boulangerie située 46 rue Faidherbe. Prise en charge le jour même au service des urgences de l'hôpital St Vincent à Lille, elle a bénéficié d'une intervention chirurgicale de la main gauche le 18 janvier suivant. Mme E a formalisé une réclamation préalable auprès de la Métropole européenne de Lille le 26 juin 2019 qui est restée sans réponse. Mme E demande au tribunal de condamner la Métropole européenne de Lille (MEL) à lui verser la somme de 11 529, 28 euros en réparation du préjudice corporel causé selon elle par le défaut d'entretien normal de l'ouvrage public.
Sur les conclusions indemnitaires de Mme E :
2. Il appartient à l'usager d'un ouvrage public qui demande réparation d'un préjudice qu'il estime imputable à cet ouvrage de rapporter la preuve de l'existence d'un lien de causalité entre le préjudice invoqué et l'ouvrage. Le maître de l'ouvrage ne peut être exonéré de l'obligation d'indemniser la victime qu'en rapportant, à son tour, la preuve, soit de l'entretien normal de l'ouvrage, soit que le dommage est imputable à une faute de la victime ou à un cas de force majeur.
3. Mme E a été victime d'une chute le 15 janvier 2016 aux alentours de 18h30 alors qu'elle se rendait à une boulangerie. Elle impute cette chute à la présence d'une excavation sur le trottoir à l'emplacement de travaux non signalés, au niveau de l'église St Denis. Il résulte de l'instruction et notamment des attestations produites par Mme E que la chute s'est produite sur une partie du chantier consistant dans la requalification de la rue de l'Abbé Six perpendiculaire à la rue Faidherbe et dans l'aménagement du parvis de l'église St Denis qui borde cette voie. Le lien de causalité entre l'ouvrage public et le dommage invoqué par Mme E est établi.
4. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction et notamment de l'attestation de M. C établie plus de deux mois après la chute de Mme E et comportant des contradictions que l'excavation du trottoir excédait cinq centimètres en son point le plus bas et aurait constitué un obstacle excédant ceux qu'un usager normalement attentif à sa marche peut s'attendre à rencontrer. De plus, il ressort des éléments du dossier, et notamment des constats établis par l'APAVE le 7 janvier 2016 et le 18 janvier 2016, que le chantier rue Faidherbe qui borde l'église St Denis faisait l'objet d'un balisage approprié. Ainsi, la responsabilité de la MEL n'est pas engagée.
5. Dès lors, les conclusions de Mme E tendant à la condamnation de la Métropole européenne de Lille à l'indemniser de ses préjudices doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. En premier lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Métropole européenne de Lille qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme E demande au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
7. En deuxième lieu, il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de Mme E les sommes que la Métropole européenne de Lille et la société Eiffage Travaux Publics Nord demandent chacune au titre des frais qu'elles ont exposés et non compris dans les dépens.
8. En troisième lieu, il y a lieu de mettre à la charge définitive de Mme E les frais et honoraires d'expertise taxés à la somme de 800 euros TTC par l'ordonnance du 6 décembre 2019 du magistrat désigné par le président du tribunal dans l'instance de référé n° 1809093.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Les frais et honoraires d'expertise liquidés et taxés à la somme de 800 euros dans l'instance de référé n° 1809093 sont mis à la charge de Mme E.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E, à la Métropole européenne de Lille et à la société Eiffage Travaux Publics Nord.
Copie sera adressée au docteur B G, expert.
Délibéré après l'audience du 10 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président,
Mme Dang, première conseillère,
Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
L. A
Le président,
Signé
M. F La greffière,
Signé
A. BEGUE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026