mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-1908203 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (7) |
| Avocat requérant | VANDENBUSSCHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 septembre 2019, M. B C, agissant en qualité de représentant légal de son fils mineur A C, représenté par Me Vandenbussche, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Pecquencourt et son assureur la société mutuelle d'assurance des collectivités locales (SMACL), à lui verser la somme de 5 562,50 euros en réparation du préjudice corporel subi par son fils le 7 mars 2016 dans la salle de sport municipale Jean Legros ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Pecquencourt et son assureur SMACL assurances la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- pendant un match de futsal son fils a glissé afin de récupérer le ballon et percuté une pièce métallique coupante protégeant les fixations d'un panier de basket. Cette pièce métallique a été scotchée immédiatement après l'accident, prouvant la dangerosité de cette installation ;
- la présence d'une pièce métallique saillante dans une salle de sport ouverte à l'accueil des enfants est constitutive d'un défaut d'entretien normal de cette installation sportive ;
- il est fondé à solliciter le versement d'une somme de 5 562,50 euros au titre des dommages subis par son fils mineur.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 avril 2020 et le 24 décembre 2021, la commune de Pecquencourt et la société mutuelle d'assurance des collectivités locales (SMACL), représentées par Me Dutat, concluent au rejet de la requête et à la condamnation de M. C à leur verser la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles font valoir que :
- la plaque métallique litigieuse a vocation à protéger les fixations du panier de basket et participe au bon fonctionnement de l'ouvrage public ;
- la pièce métallique, de forme cylindrique, ne présente aucune aspérité et ne constituait pas un danger pour les utilisateurs de la salle de sport ;
- l'accident est imputable à la seule chute non maîtrisée du jeune A C, lequel a glissé afin de récupérer le ballon ;
- à titre subsidiaire, le montant de l'indemnité sollicitée est excessif et se fonde sur un rapport d'expertise non contradictoire.
Par un mémoire enregistré le 23 décembre 2019, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Roubaix-Tourcoing conclut à la condamnation de la commune de Pecquencourt et SMACL assurances à lui verser la somme de 479,12 euros au titre de ses débours et ce avec intérêts de droit à compter du jugement, ainsi que l'indemnité forfaitaire de 107 euros.
Par ordonnance du 6 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 28 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 septembre 2022 :
- le rapport de M. Paganel, magistrat désigné,
- les conclusions de Mme Lançon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Wilpotte, avocat substituant Me Dutat, représentant la commune de Pecquencourt et la société mutuelle d'assurance des collectivités locales.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C soutient que son fils A, alors âgé de 12 ans, s'est blessé au genou durant un match de futsal organisé le 7 mars 2016 par l'association sportive du collège intercommunal Maurice Schumann affiliée à l'union nationale des sports scolaires (UNSS), en percutant une plaque métallique protégeant les fixations d'un panier de basket situé dans la salle municipale Jean Legros de la commune de Pecquencourt. Par un courrier du 26 juin 2019, réceptionné le 3 juillet 2019, le conseil de M. C sollicitait de la commune de Pecquencourt l'indemnisation des préjudices subis par le jeune A C. Cette demande a été rejetée par un courrier du 16 août 2019 de SMACL assurances. Par la présente requête, M. B C, agissant en qualité de représentant légal de son fils mineur, demande au tribunal de condamner la commune de Pecquencourt et son assureur SMACL assurances, à lui verser la somme de 5 562,50 euros en réparation des préjudices subis par son fils.
Sur la responsabilité :
2. Il appartient à l'usager, victime d'un dommage survenu du fait d'un ouvrage public, de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre cet ouvrage et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge dudit ouvrage doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que l'ouvrage public faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. M. C soutient que son fils a percuté une pièce métallique coupante protégeant les fixations d'un panier de basket après avoir glissé sur le sol du terrain de sport afin de récupérer le ballon au cours d'un match de futsal et que la présence de cette pièce métallique saillante est constitutive d'un défaut d'entretien normal de l'installation sportive.
4. Le jeune A C, alors élève de 6ème au collège intercommunal Maurice Schumann de Pecquencourt, a été victime d'un accident alors qu'il participait à un match de futsal organisé par l'association sportive du collège au sein de la salle municipale Jean Legros de la commune de Pecquencourt dont il avait la qualité d'usager. Le jeune garçon s'est blessé au genou gauche après avoir glissé sur le sol du terrain afin de récupérer le ballon et percuté une pièce métallique ronde protégeant les fixations du panier de basket. La victime, qui présentait une plaie au genou gauche nécessitant dix points de suture, a été transportée par les pompiers au service mobile d'urgence et de réanimation du centre hospitalier de Douai.
5. En premier lieu, si la commune de Pecquencourt fait valoir que la pièce métallique, qui ne présentait aucune aspérité, avait vocation à protéger les fixations du panier de basket et participait au bon fonctionnement de l'ouvrage public, il résulte de l'instruction, et notamment des photographies produites par le requérant, que cette pièce métallique amovible et saillante, qui constitue un équipement du terrain de sport, ouvrage public appartenant à la commune, est apposée sur une surface plane et constitue un obstacle présentant un danger particulier au sein d'un complexe sportif destiné notamment à l'accueil de jeunes. La différence de niveau observée entre la surface du sol et celle de la pièce métallique litigieuse constitue un défaut d'entretien normal engageant la responsabilité de la commune.
6. En second lieu, s'il est constant que le jeune A, alors âgé de douze ans, a glissé sur le terrain afin de récupérer le ballon avant de percuter la plaque métallique ayant causé la blessure à son genou gauche, la commune de Pecquencourt ne démontre pas que l'intéressé aurait commis une faute de nature à exonérer la commune de sa responsabilité. La commune de Pecquencourt est dès lors entièrement responsable des conséquences dommageables de l'accident dont a été victime A C.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux temporaires :
S'agissant de l'assistance par tierce personne :
7. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu, ainsi d'ailleurs que le prévoit le référentiel de l'ONIAM, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération, tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 13 euros pour une aide active non spécialisée.
8. Il résulte de l'instruction que l'aide par tierce personne, apportée par sa mère et son entourage familial, a été estimée à trente minutes par jour pour la période comprise entre le 7 mars 2016 et le 25 mars 2016. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas allégué, que M. C aurait perçu une prestation ou une aide sociale ayant déjà pour objet de pourvoir à ses besoins temporaires en assistance par tierce personne. Par suite, les besoins temporaires d'assistance d'Enzo C doivent être évalués à hauteur d'une somme de 123,5 euros qui sera mise à la charge de la commune de Pecquencourt et de son assureur.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
9. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise médicale établi le 17 avril 2019 à la demande de la société d'assurance GMF en sa qualité d'assureur de la victime, que le jeune A C a subi un déficit fonctionnel temporaire partiel en lien avec les conséquences dommageables du défaut d'entretien normal de l'ouvrage public à hauteur de 50% (classe III) pour la période du 7 mars 2016 au 25 mars 2016, soit 19 jours, puis à hauteur de 10% (classe I) pour la période du 26 mars 2016 au 6 juin 2016, soit 73 jours. En conséquence, il est fait une juste appréciation de ces différentes périodes de déficit fonctionnel temporaire partiel par l'allocation d'une somme de 168 euros.
S'agissant des souffrances endurées :
10. Les souffrances physiques et morales endurées jusqu'à la date de consolidation par le jeune A C, du fait d'une plaie de 10,5 cm et du geste chirurgical de suture chez un enfant de 12 ans, ont été évaluées par l'expert à 1 sur une échelle de 7. Il est fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 955 euros.
En ce qui concerne les préjudices extrapatrimoniaux permanents :
S'agissant du préjudice esthétique permanent :
11. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise médicale précité, que le fils de M. C présente une cicatrice arciforme sur le genou gauche mesurant 10,5 cm de longueur sur une hauteur maximale de 2 cm. Son préjudice esthétique a été évalué à 1,5 sur une échelle de 7 degrés. Il est fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme 1 335 euros.
12. Ainsi, M. C est fondé à demander la condamnation de la commune de Pecquencourt et de la SMACL à lui verser la somme de 2 581,50 euros.
Sur les conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing :
En ce qui concerne le remboursement des débours :
13. En premier lieu, il résulte de l'instruction que les frais médicaux supportés par la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing entre le 7 mars 2016 et le 6 avril 2016 sont en lien direct et exclusif avec le dommage. Par suite, la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing est fondée à demander la condamnation de la commune de Pecquencourt et de son assureur à lui verser à ce titre la somme de 479,12 euros.
14. En second lieu, même en l'absence de demande tendant à l'allocation d'intérêts, tout jugement prononçant une condamnation à une indemnité fait courir les intérêts du jour de son prononcé jusqu'à son exécution, au taux légal puis, en application des dispositions de l'article L. 313-3 du code monétaire et financier, au taux majoré s'il n'est pas exécuté dans les deux mois de sa notification. Par suite, les conclusions de la CPAM de Roubaix-Tourcoing tendant à ce que la somme qui lui est allouée porte intérêts à compter de la date du jugement sont dépourvues d'objet et doivent être rejetées.
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
15. En vertu des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing à laquelle est affiliée la victime, peut demander une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie dont le montant est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu par la caisse, dans les limites d'un montant maximum fixé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget. Dès lors, en application de ces dispositions, la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing a droit, au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion, à la somme de 110 euros.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
16. En premier lieu, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Pecquencourt et de SMACL assurances la somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
17. En second lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que M. C, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, soit condamné à verser une somme à la commune de Pecquencourt et SMACL assurances au titre desdites dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Pecquencourt et la société mutuelle d'assurance des collectivités locales (SMACL) sont condamnées à verser à M. B C, en sa qualité de représentant légal de son enfant mineur A, une somme de 2 581,50 euros en réparation des préjudices subis par A C.
Article 2 : La commune de Pecquencourt et SMACL assurances sont condamnées à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing la somme de 479,12 euros au titre de ses débours et la somme de 110 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 3 : La commune de Pecquencourt et SMACL assurances sont condamnées à verser à M. C la somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête et de la demande de la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing est rejeté.
Article 5 : Les conclusions de la commune de Pecquencourt et de SMACL assurances présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au pôle RCT de Roubaix-Tourcoing, à la commune de Pecquencourt et à la société mutuelle d'assurance des collectivités locales (SMACL).
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
M. D La greffière,
Signé
A. BEGUE
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026