vendredi 1 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-1908324 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | GUEY-BALGAIRIES |
Vu la procédure suivante :
I/ Par une requête et un mémoire enregistrés sous le numéro 1908324 le 27 septembre 2019 et le 15 septembre 2021, la société par actions simplifiée DK Group, représentée par Me Guey, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) mis à sa charge pour la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2013 ainsi que de l'amende établie sur le fondement de l'article 1788 A du code général des impôts, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2013 et en 2014, et des majorations s'appliquant aux rappels de taxe sur les véhicules pour la période du 1er octobre 2013 au 30 septembre 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle avait opté pour l'imposition sur le revenu en application de l'article 239 bis AB du code général des impôts pour l'année 2013 ;
- elle remplissait les conditions de l'article 44 octies A du code général des impôts pour les années 2013, 2014 et 2015 ;
- pour l'année 2013, elle était fondée à comptabiliser comme charges déductibles les trois téléphones Galaxy S4 d'un montant de 506,65 euros hors taxe ainsi qu'un smartphone d'une valeur de 638,51 euros hors taxe ;
- l'administration n'était pas fondée à lui infliger l'amende prévue par l'article 1788 A-4 du code général des impôts pour l'année 2013 ;
- elle est fondée à demander la remise des majorations et intérêts de retard concernant la taxe sur les véhicules dès lors qu'elle a procédé aux déclarations requises ;
- la somme à retenir au titre des factures à établir, avant application des exonérations liées à son implantation en zone franche urbaine est 113 743, 67 euros hors taxe.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 mars 2020 et le 8 novembre 2021, le directeur spécialisé de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête en soutenant qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 16 septembre 2021 la clôture d'instruction a été fixée au 15 novembre 2021.
II/ Par une requête et un mémoire enregistrés le 5 octobre 2019 et le 15 septembre 2021 sous le n° 1908584, M. B E et Mme C G doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'administration n'était pas fondée à leur refuser le bénéfice du cumul des plafonds d'exonération prévus par l'article 44 Octies A du code général des impôts, ce cumul étant prévu par le règlement UE n° 1407/2013 relatif aux règles de minimis prévoyant un plafond par entreprise unique ;
- l'administration n'était pas fondée à exclure du bénéfice de la zone franche les sommes correspondant à un repositionnement des recettes déclarées au titre de l'exercice 2013 sur l'exercice 2014.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 mars 2020 et le 8 novembre 2021, le directeur spécialisé de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête en soutenant qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 16 septembre 2021 la clôture d'instruction a été fixée au 15 novembre 2021.
III/ Par une requête et des mémoires enregistrés le 2 octobre 2020, le 29 mars 2021 et le 14 juin 2021 sous le n° 2007015, M. A D, représenté par Me Guey, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2014 et des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration n'était pas fondée à lui refuser le bénéfice du cumul des plafonds d'exonération prévus par l'article 44 Octies A du code général des impôts, ce cumul étant prévu par le règlement UE n° 1407/2013 relatif aux règles de minimis prévoyant un plafond par entreprise unique ;
- l'administration n'était pas fondée à exclure du bénéfice de la zone franche les sommes correspondant à un repositionnement des recettes déclarées au titre de l'exercice 2013 sur l'exercice 2014.
Par des mémoires en défense enregistrés le 22 décembre 2020, le 31 mai 2021 et le 28 juillet 2021, le directeur spécialisé de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête en soutenant qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 17 juin 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 août 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dang, rapporteure,
- les conclusions de M. Lerooy, rapporteur public,
- et les observations de Me Guey, avocat représentant la société DK Group, M. E et Mme G et M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Les requêtes n° 1908324 de la société DK Group, n° 1908584 de M. E et Mme G et n° 2007015 de M. D présentent à juger des questions semblables. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
2. La société par actions simplifiée DK Group, dont le président est M. E, ayant pour activité la programmation informatique et la création de sites internet, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015 à l'issue de laquelle une proposition de rectification du 14 décembre 2016 relative à l'exercice clos le 31 décembre 2013 a été transmise à la société. Une deuxième proposition de rectification datée du 11 avril 2017 relative aux exercices clos le 31 décembre 2014 et le 31 décembre 2015 a été envoyée à la société. La société DK Group a formulé des observations le 8 février 2017 et le 9 juin 2017, auxquelles le service vérificateur a répondu le 31 mars 2017 et le 3 juillet 2017. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 30 novembre 2018. La réclamation contentieuse de la société en date du 25 janvier 2019 a été rejetée par décision du 26 juillet 2019. La société DK Group demande au tribunal de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée (TVA) mis à sa charge pour la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2013 ainsi que de l'amende établie sur le fondement de l'article 1788 A du code général des impôts, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2013 et en 2014, et des majorations s'appliquant aux rappels de taxe sur les véhicules pour la période du 1er octobre 2013 au 30 septembre 2015.
3. M. Miraoui président directeur général de la société par actions simplifiée DK Group, et Mme G, épouse E, associée de ladite société, se sont vus notifier, par une proposition de rectification du 11 avril 2017, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2014 et 2015 ainsi que des pénalités pour l'année 2014 sur le fondement de l'article 1758 A du code général des impôts. Par une réponse à leurs observations en date du 3 juillet 2017, l'administration a maintenu les rectifications. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 30 novembre 2018. La réclamation préalable présentée le 7 février 2019 par M. et Mme E a fait l'objet d'une décision de rejet le 5 août 2019. Par la présente requête, ils demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015 ainsi que des pénalités correspondantes.
4. M. D, en sa qualité d'associé de la société par actions simplifiée DK Group, s'est vu notifier, par une proposition de rectification du 11 avril 2017, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2014 ainsi que des pénalités sur le fondement de l'article 1758 A du code général des impôts. Par une réponse à ses observations en date du 3 juillet 2017, l'administration a maintenu les rectifications. L'imposition supplémentaire a été mise en recouvrement le 30 novembre 2018. Les réclamations présentées par M. D le 5 mars 2019 et le 3 février 2020 ont fait l'objet de décisions de rejet en date du 2 septembre 2019 et du 4 août 2020. Par la présente requête, M. D demande au tribunal de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2014 et des pénalités correspondantes.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne les impositions mises à la charge de la société DK Group :
S'agissant du régime d'imposition pour l'année 2013 :
5. Aux termes de l'article 239 bis AB du code général des impôts : " I.- Les sociétés anonymes, les sociétés par actions simplifiées et les sociétés à responsabilité limitée dont les titres ne sont pas admis aux négociations sur un marché d'instruments financiers, dont le capital et les droits de vote sont détenus à hauteur de 50 % au moins par une ou des personnes physiques et à hauteur de 34 % au moins par une ou plusieurs personnes ayant, au sein desdites sociétés, la qualité de président, directeur général, président du conseil de surveillance, membre du directoire ou gérant, ainsi que par les membres de leur foyer fiscal au sens de l'article 6, peuvent opter pour le régime fiscal des sociétés de personnes mentionné à l'article 8 ()/ III. L'option ne peut être exercée qu'avec l'accord de tous les associés, à l'exclusion des associés mentionnés au deuxième alinéa du I. Elle doit être notifiée au service des impôts auprès duquel est souscrite la déclaration de résultats dans les trois premiers mois du premier exercice au titre duquel elle s'applique () ". Il résulte de ces dispositions que lorsque l'option n'est pas exercée avec l'accord de tous les associés, celle-ci est nulle.
6. Si la société par actions simplifiée DK Group soutient avoir formellement opté pour le régime fiscal des sociétés de personnes au titre de l'année 2013, par l'envoi au service des impôts de Douai d'un courrier daté du 7 mars 2013, le service des impôts fait valoir qu'il n'a pas trouvé trace de ce courrier et la société requérante n'est pas en mesure de produire d'accusé de réception et alors, au demeurant, que la société DK Group a déposé le 6 juin 2014, au titre de l'année 2013, une déclaration n° 2035 d'impôt sur les sociétés. En outre, la société requérante admet que le courrier en cause n'a pas été signé par les trois associés mais uniquement par M. E, celui-ci exerçant les fonctions de président directeur général. Ainsi, l'option dont se prévaut la société requérante ne répondant pas aux conditions légales, et quand bien même le service aurait admis le bénéfice du droit d'option pour les années 2014 et 2015, elle n'est pas fondée à soutenir qu'elle était soumise à l'impôt sur le revenu au titre de l'année 2013.
S'agissant du bénéfice des exonérations au titre de l'implantation en zone franche urbaine :
7. Aux termes de l'article 3 du règlement (UE) n° 147/2013 de la Commission du 18 décembre 2013 concernant l'application des articles 87 et 88 du traité aux aides de minimis, dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " 2. Le montant total des aides de minimis octroyées par État membre à une entreprise unique ne peut excéder 200 000 euros sur une période de trois exercices fiscaux () 4. Les aides de minimis sont considérées comme étant octroyées au moment où le droit légal de recevoir ces aides est conféré à l'entreprise en vertu du régime juridique national applicable, quelle que soit la date du versement de l'aide de minimis à l'entreprise ". Aux termes de l'article 44 octies A du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " L'exonération s'applique au bénéfice d'un exercice ou d'une année d'imposition, déclaré selon les modalités prévues aux articles 50-0,53 A, 96 à 100,102 ter et 103, diminué des produits bruts ci-après qui restent imposables dans les conditions de droit commun ()/ Le bénéfice exonéré ne peut excéder 100 000 € par contribuable et par période de douze mois, majoré de 5 000 € par nouveau salarié embauché à compter du 1er janvier 2006 domicilié dans une zone urbaine sensible ou dans une zone franche urbaine et employé à temps plein pendant une période d'au moins six mois. Cette condition est appréciée à la clôture de l'exercice ou de la période d'imposition au titre duquel ou de laquelle l'exonération s'applique () ". La doctrine administrative précise, aux termes du BOFIP-BIC-CHAMP-80-10-30-200 : " Pour les contribuables qui créent des activités dans l'ensemble des ZFU-TE entre le 1er janvier 2006 et le 31 décembre 2014, ainsi que pour ceux déjà implantés dans les ZFU-TE dites de " troisième génération " au 1er janvier 2006, le bénéfice exonéré ne peut excéder 100 000 € par contribuable et par période de douze mois/ Pour les contribuables qui créent des activités dans l'ensemble des ZFU-TE à compter du 1er janvier 2015, le bénéfice exonéré ne peut excéder 50 000 € par contribuable et par période de douze mois. ".
8. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve au contribuable, il appartient au juge de l'impôt, au vu de l'instruction et compte tenu, le cas échéant, de l'abstention d'une des parties à produire les éléments qu'elle est seule en mesure d'apporter et qui ne sauraient être réclamés qu'à elle-même, d'apprécier si la situation du contribuable remplit les conditions légales d'une exonération.
9. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 6, la société requérante qui n'avait pas valablement opté pour le régime d'imposition des sociétés de personnes pour l'année 2013 n'est pas fondée à se prévaloir des exonérations prévues par les dispositions précitées.
10. En second lieu, s'il est constant que la société DK Group est éligible aux dispositions relatives aux entreprises ayant créé une activité avant le 1er janvier 2015 au sein d'une zone franche urbaine dite de troisième génération, il ne ressort d'aucune disposition, contrairement à ce qu'elle soutient, qu'elle pouvait bénéficier d'un cumul des plafonnements d'exonération.
S'agissant de la comptabilisation en charges des sommes correspondant à l'achat de téléphones :
11. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " Sous réserve des dispositions des articles 33 ter, 40 à 43 bis et 151 sexies, le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation. ". Aux termes de l'article 39 de ce code : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, sous réserve des dispositions du 5, notamment : 1° Les frais généraux de toute nature, les dépenses de personnel et de main-d'oeuvre, le loyer des immeubles dont l'entreprise est locataire./ 2° () les amortissements réellement effectués par l'entreprise, dans la limite de ceux qui sont généralement admis d'après les usages de chaque nature d'industrie, de commerce ou d'exploitation et compte tenu des dispositions de l'article 39 A, sous réserve des dispositions de l'article 39 B. ". L'article 331-4 du plan comptable général précise que " les éléments d'actif non significatifs peuvent ne pas être inscrits au bilan ; dans ce cas, ils sont comptabilisés en charges de l'exercice. " et l'instruction référencée BOI-BIC-CHG-20-30-10-20170301 n° 1 instaure une tolérance administrative en faveur de la comptabilisation dans les comptes de charges sous certaines conditions, de matériels et outillages d'une valeur unitaire hors taxes n'excédant pas 500 euros.
12. Il résulte de l'instruction que la société requérante a acquis quatre smartphones dont trois d'une valeur hors taxe de 638,51 euros et le quatrième d'une valeur de 506,65 euros. La circonstance selon laquelle ces équipements auraient une durée d'utilisation particulièrement courte, à la supposer établie, est sans incidence sur le bien-fondé du rehaussement du bénéfice imposable dès lors que ces équipements ont été acquis pour des valeurs excédant le seuil de 500 euros hors taxes. Par suite, la société DK Group n'est pas fondée à contester le rehaussement de 2 158 euros en base imposable de l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 21 décembre 2013.
S'agissant des factures à établir :
13. Pour contester le rehaussement de base imposable à l'impôt sur les sociétés pour l'année 2013, la société requérante soutient que la somme à retenir au titre des factures à établir, avant application des exonérations liées à son implantation en zone franche urbaine est 113 743,67 euros hors taxe. Il résulte toutefois de l'instruction que la société a inscrit en comptabilité la somme de 110 513 euros hors taxe, sur le compte 70 600 " prestations de services " en ce qui concerne les factures à établir au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2013. En se bornant à renvoyer à l'argumentation développée dans sa réclamation préalable sans apporter d'élément permettant de justifier l'écart entre ces sommes, la société requérante n'est pas fondée à remettre en cause le rehaussement de la base imposable à l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2013 concernant les factures à établir.
14. Il résulte de ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2013.
S'agissant des pénalités :
15. En premier lieu, aux termes de l'article 1010 du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " I. - Les sociétés sont soumises à une taxe annuelle à raison des véhicules de tourisme qu'elles utilisent en France, quel que soit l'Etat dans lequel ils sont immatriculés, ou qu'elles possèdent et qui sont immatriculés en France () ". L'article 406 bis de l'annexe III de ce code fixe les modalités de dépôt et de calcul de cette taxe. Il appartient à la société de déposer une déclaration n° 2855 accompagnée du moyen de paiement dans les deux mois de chaque période d'imposition. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : a. 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai () ".
16. Si la société requérante soutient que M. E a déposé deux déclarations datées du 21 novembre 2014 et du 25 novembre 2015 au service des impôts de Douai, ce dernier n'en a pas trouvé trace. De plus, les documents dont se prévaut la société ne comportent pas son cachet et celle-ci a accepté, dans le cadre des opérations de vérification de comptabilité, les rappels relatifs à la taxe sur les véhicules de société à hauteur de 3 173 euros pour la période du 1er octobre 2013 au 30 septembre 2014 et de 3 422 euros pour la période du 1er octobre 2014 au 30 septembre 2015. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à solliciter dans le cadre de l'instance contentieuse la décharge des pénalités appliquées aux rappels de taxe sur les véhicules de société.
17. En second lieu, aux termes des dispositions de l'article 1788 A du code général des impôts : " 4. Lorsqu'au titre d'une opération donnée le redevable de la taxe sur la valeur ajoutée est autorisé à la déduire, le défaut de mention de la taxe exigible sur la déclaration prévue au 1 de l'article 287, qui doit être déposée au titre de la période concernée, entraîne l'application d'une amende égale à 5 % de la somme déductible ".
18. Il résulte de l'instruction, qu'au titre de la période du 1er janvier au 31 décembre 2013, le service vérificateur a procédé à un rappel de TVA d'un montant de 8 094 euros qui a été immédiatement admis en déduction. En application des dispositions précitées, l'administration était fondée à appliquer une amende de 5% correspondant à la somme de 445 euros. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à solliciter la décharge de cette amende.
En ce qui concerne les impositions mises à la charge de M. E et de Mme G épouse E :
S'agissant des conséquences des rectifications effectuées au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2013 en matière de factures à établir :
19. Ainsi qu'il a été dit au point 13, c'est à bon droit que l'admiration fiscale a retenu la somme de 110 513 euros hors taxe, en ce qui concerne les factures à établir au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2013. Par suite, M. E et Mme G épouse E ne sont pas fondés à contester les conséquences que l'administration en a tiré en matière d'impôt sur le revenu.
S'agissant des conséquences des rectifications effectuées au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2013, résultant de l'implantation de la société DK group en zone franche urbaine :
20. D'une part, ainsi qu'il a été dit aux points 6 et 8, la société DK Group n'étant pas fondée à se prévaloir du régime d'imposition des sociétés de personnes au titre de l'année 2013, elle ne pouvait se prévaloir des exonérations prévues par l'article 44 octies A du code général des impôts au titre de son implantation en zone franche. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 9, il ne résulte ni des dispositions de l'article 3 du règlement UE n° 1407/2013 du 18 décembre 2013 ni de l'article 44 octies A du code général des impôts que les plafonds d'exonération qui s'apprécient au niveau de chacun des associés pourraient faire l'objet d'un cumul. Par suite, M. E et Mme G épouse E ne sont pas fondés à contester les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis pour les années 2014 et 2015 en conséquence du rehaussement du bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés de la société DK group.
S'agissant des pénalités appliquées pour l'année 2014 :
21. Aux termes de l'article 1758 A du code général des impôts : " I. - Le retard ou le défaut de souscription des déclarations qui doivent être déposées en vue de l'établissement de l'impôt sur le revenu ainsi que les inexactitudes ou les omissions relevées dans ces déclarations, qui ont pour effet de minorer l'impôt dû par le contribuable ou de majorer une créance à son profit, donnent lieu au versement d'une majoration égale à 10 % des droits mis à la charge du contribuable ou de la créance indue () III. - La majoration prévue au I s'applique à l'exclusion de celle prévue au a du 1 de l'article 1728. ". Il résulte de ces dispositions que cette sanction entend réprimer tant les inexactitudes ou les omissions relevées dans les déclarations qu'elle mentionne que leur retard ou défaut de souscription et doit être appliquée aux droits supplémentaires mis à la charge des contribuables lorsque des insuffisances ont été relevées dans leur déclaration.
22. La pénalité instituée par ces dispositions est exclusive de toute appréciation sur la bonne foi du contribuable. Dès lors que M. E et Mme G épouse E ont procédé à des déclarations inexactes, ils ne sont pas fondés à demander la décharge de cette pénalité pour l'année 2014.
23. Il résulte de ce qui précède que M. E et Mme G épouse E ne sont pas fondés à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014 et 2015, ainsi que des pénalités correspondantes pour l'année 2014.
En ce qui concerne les impositions supplémentaires mises à la charge de M. D :
S'agissant des conséquences des rectifications effectuées au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2013 en matière de factures à établir :
24. Ainsi qu'il a été dit au point 13, c'est à bon droit que l'admiration fiscale a retenu la somme de 110 513 euros hors taxe, en ce qui concerne les factures à établir au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2013. Par suite, M. D n'est pas fondé à contester les conséquences que l'administration en a tiré en matière d'impôt sur le revenu.
S'agissant des conséquences des rectifications effectuées au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2013, résultant de l'implantation de la société DK group en zone franche urbaine :
25. D'une part, ainsi qu'il a été dit aux points 6 et 8, la société DK Group n'étant pas fondée à se prévaloir du régime d'imposition des sociétés de personnes au titre de l'année 2013, elle ne pouvait se prévaloir des exonérations prévues par l'article 44 octies A du code général des impôts au titre de son implantation en zone franche. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 9, il ne résulte ni des dispositions de l'article 3 du règlement UE n° 1407/2013 du 18 décembre 2013 ni de l'article 44 octies A du code général des impôts que les plafonds d'exonération qui s'apprécient au niveau de chacun des associés pourraient faire l'objet d'un cumul. Par suite, M. D n'est pas fondé à contester les cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014 en conséquence du rehaussement du bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés de la société DK group.
S'agissant des pénalités pour l'année 2014 :
26. La pénalité instituée par les dispositions de l'article 1758 A du code général des impôts citées au point 21 est exclusive de toute appréciation sur la bonne foi du contribuable. Dès lors que M. D a procédé à des déclarations inexactes, il n'est pas fondé à demander la décharge de cette pénalité pour l'année 2014.
27. Il résulte de ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014 et des pénalités correspondantes.
Sur les frais liés au litige :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mises à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, les sommes que la société DK group, M. E et Mme G épouse E ainsi que M. D demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête n° 1908324 de la société DK Group est rejetée.
Article 2 : La requête n°1908584 de M. E et Mme G épouse E est rejetée.
Article 3 : La requête n° 2007015 de M. D est rejetée
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée DK Group, à M. B E, à Mme C G épouse E, à M A D et au directeur spécialisé de contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 10 juin 2022 , à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président,
Mme Dang, première conseillère,
Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
L. DANG
Le président,
Signé
M. F La greffière
Signé
A. BEGUE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
2, 1908584, 2007015
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026