jeudi 24 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-1910332 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LEGIS CONSEILS CALAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2019, M. A C, représenté par Me Bryère, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, des contributions sociales et des pénalités auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 074,50 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est fondé à se prévaloir de l'instruction BOI-PAT-ISF-30-30-30-10 du 8 juillet 2013 sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales ;
- l'administration n'était pas fondée à lui refuser le régime de l'abattement prévu par l'article 150-0 D ter du code général des impôts dès lors que les dividendes perçus sont assimilables à une rémunération ;
- ces dividendes perçus entre 2008 et 2013 pouvaient être pris en compte pour apprécier le caractère normal de sa rémunération dès lors que leur importance contrebalançait l'absence de rémunération, résultant de motifs économiques.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juin 2020, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête en soutenant qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 9 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 28 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dang conseillère rapporteure
- les conclusions de Mme Léa-Jeanne Lançon, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a cédé, le 6 février 2015, 267 parts de la société par actions simplifiée (SAS) LMS dont il a été le président jusqu'au 6 mars 20015, pour un montant de 795 313 euros. Il a placé la plus-value réalisée à cette occasion sous le régime de l'abattement des plus-values prévu à l'article 150-0 D ter du code général des impôts. A la suite d'un contrôle sur pièces, effectué en 2016, l'administration a remis en cause le bénéfice de cet abattement et a, en conséquence, assujetti le requérant, à l'issue d'une procédure de rectification contradictoire, à une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015. M. C demande au tribunal de prononcer la décharge de cette cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu, des contributions sociales et des pénalités correspondantes.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 150-0 D ter du code général des impôts, dans sa version applicable au présent litige : " I. - L'abattement prévu à l'article 150-0 D bis s'applique dans les mêmes conditions, à l'exception de celles prévues au V du même article, aux gains nets réalisés lors de la cession à titre onéreux d'actions, de parts ou de droits démembrés portant sur ces actions ou parts, acquis ou souscrits avant le 1er janvier 2006, si les conditions suivantes sont remplies : 1° La cession porte sur l'intégralité des actions, parts ou droits détenus par le cédant dans la société dont les titres ou droits sont cédés ou sur plus de 50 % des droits de vote ou, en cas de la seule détention de l'usufruit, sur plus de 50 % des droits dans les bénéfices sociaux de cette société ; 2° Le cédant doit : a) Avoir exercé au sein de la société dont les titres ou droits sont cédés, de manière continue pendant les cinq années précédant la cession et dans les conditions prévues au 1° de l'article 885 O bis, l'une des fonctions mentionnées à ce même 1° ; () ". Aux termes de l'article 885 O bis du code général des impôts, applicable à l'année d'imposition en litige : " Les parts et actions de sociétés soumises à l'impôt sur les sociétés, de plein droit ou sur option, sont également considérées comme des biens professionnels si leur propriétaire remplit les conditions suivantes : 1° Etre, soit gérant nommé conformément aux statuts d'une société à responsabilité limitée ou en commandite par actions, soit associé en nom d'une société de personnes, soit président, directeur général, président du conseil de surveillance ou membre du directoire d'une société par actions. Les fonctions énumérées ci-dessus doivent être effectivement exercées et donner lieu à une rémunération normale. Celle-ci doit représenter plus de la moitié des revenus à raison desquels l'intéressé est soumis à l'impôt sur le revenu dans les catégories des traitements et salaires, bénéfices industriels et commerciaux, bénéfices agricoles, bénéfices non commerciaux, revenus des gérants et associés mentionnés à l'article 62 ; 2° Posséder 25 % au moins des droits financiers et des droits de vote attachés aux titres émis par la société, directement ou par l'intermédiaire de son conjoint ou de leurs ascendants ou descendants ou de leurs frères et sœurs. Les titres détenus dans les mêmes conditions dans une société possédant une participation dans la société dans laquelle le redevable exerce ses fonctions sont pris en compte dans la proportion de cette participation ; la valeur de ces titres qui sont la propriété personnelle du redevable est exonérée à concurrence de la valeur réelle de l'actif brut de la société qui correspond à la participation dans la société dans laquelle le redevable exerce ses fonctions. Les parts ou actions détenues par une même personne dans plusieurs sociétés sont présumées constituer un seul bien professionnel lorsque, compte tenu de l'importance des droits détenus et de la nature des fonctions exercées, chaque participation, prise isolément, satisfait aux conditions prévues pour avoir la qualité de biens professionnels, et que les sociétés en cause ont effectivement des activités soit similaires, soit connexes et complémentaires ".
3. Il résulte de ces dispositions qui, compte tenu de leur caractère dérogatoire, doivent être interprétées strictement, que le bénéfice de l'abattement prévu à l'article 150-0 D ter du code général des impôts est subordonné au respect de plusieurs conditions relatives à la personne du cédant, tenant notamment à l'exercice effectif de fonctions de direction normalement rémunérées au sein de la société dont les titres sont cédés et à la cessation de toute fonction au sein de cette même société dans l'année suivant la cession.
4. Il résulte de l'instruction que M. C n'a perçu aucune rémunération de la société LMS au titre de l'année 2015. Ainsi, il ne remplit pas la condition d'exercice effectif de fonctions de direction donnant lieu à rémunération normale représentant plus de la moitié des revenus à raison desquelles il était soumis à l'impôt sur le revenu dans les conditions prévues à l'article 885 O bis du code général des impôts au titre de cette année et l'administration pouvait remettre en cause le bénéfice des dispositions précitées de l'article 150-0 D ter du code général des impôts.
En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :
5. M. C se prévaut, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations de l'instruction administrative référencées BOI-PAT-ISF-310 du 8 juillet 2013 aux termes de laquelle : " La prise en compte, dans la rémunération, des dividendes qui rémunèrent le capital investi -et donc la possibilité de les prendre en considération pour l'appréciation de la règle des 50 %- n'est pas possible au regard des dispositions de l'article 885 O bis du CGI selon lequel la rémunération, pour ouvrir droit à l'exonération, doit correspondre à des revenus soumis à l'impôt sur le revenu./ Néanmoins, le versement de dividendes pourra être pris en compte pour apprécier le caractère normal de la rémunération à la double condition que l'importance de ces derniers contrebalance la faiblesse de la rémunération et que cette situation résulte de motifs économiques ". Selon M. C, les dividendes perçus entre 2008 et 2013 doivent être assimilés à une rémunération, et par suite, pris en compte pour en apprécier le caractère normal en application des dispositions de l'article 150 0 D ter du code général des impôts, dès lors qu'il n'a perçu aucune rémunération pour l'exercice des fonctions de direction qu'il a exercées, cette absence de rémunération s'expliquant par des motifs économiques. A ce titre, M. C soutient qu'en raison d'une différence d'âge avec son associé, et afin de ne pas créer de distorsion entre eux au moment du passage à la retraite, le choix a été fait de ne pas lui verser de rémunération. Toutefois, ainsi que l'a relevé l'administration fiscale, cette décision relève davantage de convenances personnelles que d'un motif économique. Par ailleurs, M. C soutient que des contraintes réglementaires relatives aux installations classées ont obligé la société LMS à réduire sa surface de stockage et l'ont conduite à privilégier des relations contractuelles avec un client, la plaçant dans une situation de dépendance économique. Pour autant, il résulte de l'instruction que le chiffre d'affaires de la société LMS est resté stable, et le résultat bénéficiaire largement sur les exercices concernés. Par suite, M. C n'est pas fondé à se prévaloir de l'interprétation de la loi fiscale.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. C, n'est pas fondé à demander la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2015 ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que M. C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 3 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président de la formation de jugement,
M. Lemaire, président,
Mme Dang, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2022.
La rapporteure
signé
L. DANG
Le président,
signé
M. B La greffière,
signé
N. PAULET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026