vendredi 23 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-1910458 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | MATON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 décembre 2019, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des majorations et des amendes contenues dans les propositions de rectification en date du 17 décembre 2018 au titre de la période 2015 et en date du 24 avril 2019 au titre de la période 2016, 2017 et 2018 en matière de taxes sur le chiffre d'affaires, mises en recouvrement le 16 août 2019 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que le service vérificateur n'était pas fondé à lui infliger la majoration de 40% pour non dépôt des déclarations prévue à l'article 1728-1-b du code général des impôts et l'amende prévue à l'article 1729 D du code général des impôts sans le contreseing d'un supérieur hiérarchique, s'agissant de sanctions devant faire l'objet d'une motivation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2020, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête en soutenant que le moyen n'est pas fondé.
Par ordonnance du 7 juillet 2020, la clôture d'instruction a été fixée au 16 septembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dang, conseillère rapporteure,
- et les conclusions de Mme Lançon, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, exerçant la profession d'avocat, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er janvier 2015 au 30 juin 2018, à l'issue de laquelle, par deux propositions de rectification du 17 décembre 2018 et du 24 avril 2019 le service vérificateur lui a notifié des rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour la période vérifiée ainsi que des majorations sur le fondement de l'article 1728-1-b du code général des impôts et des amendes sur le fondement de l'article 1729 D du même code. Les impositions supplémentaires ont été mises en recouvrement le 16 août 2019. La réclamation contentieuse présentée le 2 octobre 2019 a été rejetée par décision du 10 octobre 2019. M. A demande au tribunal de prononcer la décharge des majorations et des amendes.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts " 1 Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : () b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai () ". Aux termes de l'article 1729 D de ce code : " I. - Le défaut de présentation de la comptabilité selon les modalités prévues au I de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales entraîne l'application d'une amende égale à 5 000 € ou, en cas de rectification et si le montant est plus élevé, d'une majoration de 10 % des droits mis à la charge du contribuable. () ".
3. Aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens des articles L. 211-2 à L. 211-7 du code des relations entre le public et l'administration, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable () ". Aux termes de l'article L. 80 E de ce code : " La décision d'appliquer les majorations et amendes prévues aux articles 1729, 1732,1735 ter et 1740 A bis du code général des impôts est prise par un agent de catégorie A détenant au moins un grade fixé par décret qui vise à cet effet le document comportant la motivation des pénalités. ". Aux termes de l'article R. 80 E du même code : " La décision d'appliquer les majorations et amendes mentionnées à l'article L. 80 E est prise par un agent ayant au moins le grade d'inspecteur divisionnaire. ".
4. Il résulte de l'instruction que l'administration a fait application d'une part, de la majoration prévue par l'article 1728 1 b du code général des impôts après avoir adressé deux mises en demeure à M. A d'avoir à déposer des déclarations mensuelles de taxe sur la valeur ajoutée pour la période du 1er janvier 2018 au 30 juin 2018 et d'autre part de l'amende prévue par l'article 1729 D du même code après avoir relevé que la comptabilité de l'année 2016 n'avait pas été remise selon les modalités fixées par l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales. M. A soutient que ces sanctions entrant dans la catégorie de celles soumises à une obligation de motivation, la proposition de rectification du 24 avril 2019 devait comporter le visa d'un agent ayant au moins le grade d'inspecteur divisionnaire. Toutefois, il ne résulte pas des dispositions précitées que la majoration appliquée en raison du défaut de dépôt des déclarations mensuelles de taxe sur la valeur ajoutée et l'amende sanctionnant la remise de documents comptables selon une forme irrégulière entrent dans le champ des sanctions dont l'application doit être visée par un agent de catégorie A détenant au moins le grade d'inspecteur divisionnaire. Par suite, il n'est pas fondé à demander la décharge desdites majorations et amendes.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur régional des finances publiques des Hautes-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 2 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président,
Mme Dang, première conseillère,
M. Quint, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
L. DANG
Le président,
Signé
M. C La greffière,
Signé
N. PAULET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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01/06/2026