jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2000034 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SAIDI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 2 janvier 2020 et 7 mars 2022, M. F A D, représenté par Me Fasseu, puis par Me Saidi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'" enjoindre les parties à la réalisation d'une médiation " ;
2°) de prononcer la décharge ou, à titre subsidiaire, la réduction des cotisations primitives d'impôt sur les sociétés auxquelles la société NRL a été assujettie au titre des exercices clos en 2009, 2010 et 2011 et des droits de taxe sur la valeur ajoutée mis à la charge de cette société au titre de la période couvrant les années 2009 à 2011, ainsi que des pénalités correspondantes ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le mémoire en défense de l'administration fiscale enregistré le 23 juin 2020 est irrecevable en l'absence de démonstration par l'administration de la compétence du signataire de ce mémoire ; la qualité de " conciliateur de l'administration fiscale " du signataire du mémoire de l'administration fiscale enregistré le 23 juin 2020 révèle l'existence d'un conflit d'intérêt ;
- l'administration fiscale ne pouvait engager à son encontre une action de recouvrement alors que le jugement du Tribunal de grande instance de Lille en date du 19 novembre 2015 prononçant la solidarité de paiement entre la société NRL et lui-même n'était pas définitif ; la reprise des poursuites postérieurement au jugement du Tribunal de grande instance de Lille en date du 16 mars 2017, statuant sur son opposition, qui repose sur le même acte pris alors qu'aucune condamnation définitive n'était intervenue, est " entachée d'un vice substantiel " ;
- la procédure de vérification de comptabilité dont la société NRL a fait l'objet est irrégulière dès lors que l'avis de vérification, qui a été envoyé à une adresse erronée et a été reçu par un tiers, n'a pas été régulièrement notifié, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales ;
- l'administration fiscale ne démontre pas la notification régulière de la proposition de rectification adressée à la société NRL ;
- en ne l'ayant pas informé de la procédure de vérification de la société NRL dont il était le gérant et en ne lui notifiant pas la proposition de rectification adressée à cette société, l'administration fiscale a méconnu les droits de la défense ;
- l'avis de mise en recouvrement et la mise en demeure du 17 février 2020 ne comportent aucune motivation particulière, en méconnaissance de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- l'action en recouvrement d'impositions établies au titre des années 2009 à 2011, plus de dix ans après les années d'imposition, contrevient au principe de sécurité juridique ;
- alors que le jugement du Tribunal de grande instance de Lille en date du 16 mars 2017 prononce sa condamnation solidaire avec son associé, l'administration fiscale, qui ne justifie d'aucune poursuite à l'encontre de ce dernier, méconnaît le principe d'égalité garanti par l'article 1er de la Constitution de 1958 ;
- le montant de la somme qui lui est réclamée est disproportionné par rapport à ses facultés contributives ;
- à titre subsidiaire, l'administration fiscale ne pouvait appliquer à la société NRL les " intérêts " prévus par l'article 1728 du code général des impôts dès lors qu'elle relevait du champ d'application de l'article 1729 de ce code ;
- en assortissant les impositions dues des " intérêts de retard " prévus par l'article 1728 du code général des impôts et en lui appliquant les majorations prévues à l'article 1729 de ce code, l'administration a méconnu l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, garantissant le droit de propriété ; la somme de 7 442 euros qui lui est réclamée sous l'intitulé " pénalités ", qui correspond aux intérêts de retard de l'article 1728 du code général des impôts, fait double emploi avec les majorations, mais également avec les amendes fiscales, de sorte qu'il y a lieu de procéder à la réduction de cette somme ;
- l'administration fiscale ne justifie pas du bien-fondé des pénalités qui ont été appliquées à la société NRL.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 juin 2020 et 12 avril 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le signataire du mémoire en défense a compétence pour représenter l'État devant la juridiction ;
- l'irrégularité de la notification de la proposition de rectification n'est pas susceptible de conduire à l'annulation de la procédure ;
- les moyens relevant de la juridiction gracieuse, qui échappent à la compétence de la juridiction, sont irrecevables ;
- les autres moyens soulevés par M. A D ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 9 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 22 avril 2022.
Un mémoire, présenté pour M. A D, a été enregistré le 22 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et son premier protocole additionnel ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- les conclusions de M. Quint, rapporteur public,
- et les observations de Me Saidi, avocate de M. A D.
Considérant ce qui suit :
1. La société NRL, dont M. A D était le gérant, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle elle a été assujettie à des cotisations primitives d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2009, 2010 et 2011 et à des droits de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période couvrant les années 2009 à 2011. Par un jugement en date du 16 mars 2017, le Tribunal de grande instance de Lille, statuant en matière correctionnelle, a notamment déclaré M. A D coupable de faits de fraude fiscale, en soustrayant volontairement et frauduleusement la société NRL au paiement des droits de taxe sur la valeur ajoutée dus au titre de la période couvrant les années 2009 à 2011 et des cotisations d'impôt sur les sociétés dues au titre des exercices clos en 2010 et 2011, et il l'a déclaré solidairement tenu au paiement des impôts fraudés, ainsi que des majorations fiscales y afférentes. M. A D demande au tribunal de prononcer la décharge ou la réduction des impositions mises à la charge de la société NRL, ainsi que des pénalités correspondantes, au paiement desquelles il est solidairement tenu.
Sur les conclusions à fin de médiation :
2. Aux termes de l'article L. 213-7 du code de justice administrative : " Lorsqu'un tribunal administratif ou une cour administrative d'appel est saisi d'un litige, le président de la formation de jugement peut, après avoir obtenu l'accord des parties, ordonner une médiation pour tenter de parvenir à un accord entre celles-ci ".
3. Le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord s'y opposant, les conclusions de M. A D tendant à ce que le président de la formation de jugement ordonne une médiation doivent, en tout état de cause, être rejetées.
Sur la recevabilité du mémoire en défense présenté le 23 juin 2020 par le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord :
4. Aux termes de l'article 408 de l'annexe II au code général des impôts : " I. - 1° Le directeur départemental des finances publiques () ou, s'agissant des impositions et pénalités établies à l'initiative d'une direction spécialisée des finances publiques ou d'un service à compétence nationale, le directeur chargé de cette direction ou de ce service a seul pouvoir de : / a) Statuer sur les réclamations contentieuses mentionnées à l'article L. 190 du livre des procédures fiscales ; / () / 1° bis. Le directeur départemental ou, le cas échéant, régional des finances publiques du département dans lequel est situé le siège du tribunal administratif ou, s'agissant des impositions et pénalités établies par une direction spécialisée des finances publiques ou un service à compétence nationale, le directeur chargé de cette direction ou de ce service, a seul pouvoir () de représenter l'Etat devant le tribunal administratif dans les instances engagées à la suite de ces réclamations () ; / () ; / II. - Pour l'exercice de leurs attributions en matière contentieuse (), les directeurs mentionnés au I peuvent déléguer leur signature, dans les limites et conditions fixées par arrêté du ministre chargé du budget, aux agents placés sous leur autorité qui ne bénéficient pas de la délégation mentionnée au III. / III. - A compter du jour où prend effet l'acte les nommant dans leurs fonctions, les responsables des services dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé du budget et les agents chargés de leur intérim peuvent signer, au nom du directeur sous l'autorité duquel ils sont placés, les décisions et actes mentionnés au I. Cet arrêté fixe également les conditions et les limites de la délégation. () ". Le II de l'article 212 de l'annexe IV au même code dispose que : " Les agents exerçant leurs fonctions dans les services de direction peuvent en outre recevoir une délégation de signature à l'effet : 1° de présenter devant les juridictions administratives ou judiciaires des requêtes, mémoires, conclusions ou observations () ".
5. Par une décision en date du 4 mai 2020, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord a donné délégation de signature à M. B C, inspecteur principal des finances publiques, à l'effet notamment de se prononcer sur les demandes contentieuses portant sur l'assiette des impôts. Par suite, le mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2020, signé par M. C, est recevable. La circonstance que cet agent exerce par ailleurs des missions de conciliateur fiscal départemental, qui n'est en tout état de cause pas de nature à caractériser un conflit d'intérêt, est dépourvue de toute incidence sur sa compétence pour représenter le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord dans la présente instance.
Sur les conclusions à fin de décharge et de réduction :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
6. En premier lieu, en vertu du premier alinéa de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, une vérification de comptabilité ne peut être engagée sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification.
7. Il résulte de l'instruction que le pli contenant l'avis de vérification envoyé à la société NRL pour l'informer de l'engagement d'une vérification de comptabilité, conformément aux dispositions de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales, est libellé à l'attention de " Monsieur le gérant de la SARL NRL ", à l'adresse de son siège social, 38, rue des Vosges à Roubaix, et qu'il a été distribué le 4 juin 2020. M. A D soutient que cet avis a été envoyé à une autre adresse, 33, rue des Vosges à Roubaix, et que le pli a été réceptionné par une personne qui n'était pas habilitée à le recevoir. Toutefois, d'une part, l'accusé de réception qu'il verse au dossier est difficilement lisible et ne permet pas d'établir que le pli a été envoyé à une autre adresse que celle figurant sur l'avis de vérification. D'autre part, M. A D n'apporte aucun élément de nature à établir que le signataire de l'avis d'accusé de réception du pli n'avait pas qualité pour recevoir ce pli. En tout état de cause, il est constant que M. A D s'est présenté lors la première rencontre organisée par le vérificateur, à la date indiquée sur l'avis de vérification, assisté d'une personne en charge de la comptabilité de la société NRL. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'avis de vérification a été irrégulièrement notifié doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / () ".
9. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 5 novembre 2012 adressée à la société NRL a été envoyée par une lettre recommandée avec accusé de réception portant le n° 1A 068 443 1051 0, et que le pli, qui a été régulièrement présenté à l'adresse du siège social de la société, n'a pas été réclamé et a été renvoyé au service expéditeur. En se bornant à faire valoir que l'enveloppe correspondant à ce numéro d'envoi laisse apparaître la date du 6 novembre 2012 en-dessous de la mention du destinataire, M. A D ne conteste pas sérieusement que le pli qui a été régulièrement notifié à la société NRL comportait la proposition de rectification du 5 novembre 2012. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité de la notification de la proposition de rectification adressée à la société NRL doit être écarté.
10. En dernier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 5 novembre 2012, que la société NRL, qui a été régulièrement informée de l'engagement d'une procédure de vérification de comptabilité à son encontre, ainsi qu'il a été dit au point 7, a bénéficié d'un débat oral et contradictoire avec le vérificateur au cours des opérations de contrôle. En outre, ainsi qu'il a été dit au point 9, le service lui a régulièrement notifié, à l'issue des opérations de contrôle, une proposition de rectification, qui était au demeurant suffisamment motivée. Dans ces conditions, M. A D, qui ne saurait utilement soutenir que le service vérificateur a entaché d'irrégularité la procédure d'imposition suivie à l'encontre de la société NRL en ne l'informant pas à titre personnel de l'engagement de la vérification de comptabilité et en ne lui notifiant pas une copie de la proposition de rectification adressée à cette société, n'est en tout état de cause pas fondé à soutenir que les droits de la défense ont été méconnus.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
11. En premier lieu, aux termes de l'article L. 256 du livre des procédures fiscales : " Un avis de mise en recouvrement est adressé par le comptable public compétent à tout redevable des sommes, droits, taxes et redevances de toute nature dont le recouvrement lui incombe lorsque le paiement n'a pas été effectué à la date d'exigibilité. / () ". Aux termes de l'article R. 256-1 de ce livre : " L'avis de mise en recouvrement prévu à l'article L. 256 indique pour chaque impôt ou taxe le montant global des droits, des pénalités et des intérêts de retard qui font l'objet de cet avis. / () / Lorsque l'avis de mise en recouvrement est consécutif à une procédure de rectification, il fait référence à la proposition de rectification prévue à l'article L. 57 () et, le cas échéant, au document adressé au contribuable l'informant d'une modification des droits, taxes et pénalités résultant des rectifications. / () ".
12. Il résulte de l'instruction que l'avis de mise en recouvrement en date du 14 décembre 2012 notifié à la société NRL comporte les mentions prévues par les dispositions précitées de l'article R. 256-1 du livre des procédures fiscales. M. A D, qui ne saurait utilement se prévaloir de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration, n'est, dès lors et en tout état de cause, pas fondé à soutenir que cet avis de mise en recouvrement ne comporte " aucune motivation particulière touchant personnellement [sa] personne ".
13. En second lieu, la circonstance que les impositions auxquelles la société NRL a été assujettie et au paiement desquelles M. A D est solidairement tenu soient " disproportionnées " par rapport aux capacités contributives du requérant est par elle-même sans incidence sur le bien-fondé de ces impositions.
En ce qui concerne le recouvrement des impositions :
14. M. A D soutient que l'administration fiscale ne pouvait pas régulièrement engager à son encontre une action en recouvrement alors que le jugement du Tribunal de grande instance de Lille en date du 19 novembre 2015 prononçant la solidarité de paiement n'était pas devenu définitif, que la reprise des poursuites postérieurement au jugement du Tribunal de grande instance de Lille en date du 16 mars 2017, en l'absence de condamnation définitive, est " entachée d'un vice substantiel ", que la mise en demeure qui lui a été adressée le 17 février 2020 ne comporte " aucune motivation particulière ", que l'action en recouvrement d'impositions plus de dix ans après les années d'imposition contrevient au principe de sécurité juridique et que l'administration fiscale, qui ne justifie d'aucune poursuite à l'encontre de l'autre associé de la société NRL, méconnaît le principe d'égalité garanti par l'article 1er de la Constitution de 1958. Toutefois, ces moyens, qui se rattachent au recouvrement des impositions, ne peuvent être utilement soulevés au soutien de conclusions tendant à la décharge des cotisations primitives d'impôt sur les sociétés auxquelles la société NRL a été assujettie au titre des exercices clos en 2009, 2010 et 2011 et des droits de taxe sur la valeur ajoutée mis à la charge de cette société au titre de la période couvrant les années 2009 à 2011, ainsi que des pénalités correspondantes.
En ce qui concerne les pénalités :
15. Aux termes de l'article 1728 du code général des impôts : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : () / b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; / () ". Aux termes de l'article 1729 de ce code : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré ; / b. 80 % en cas d'abus de droit au sens de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales ; elle est ramenée à 40 % lorsqu'il n'est pas établi que le contribuable a eu l'initiative principale du ou des actes constitutifs de l'abus de droit ou en a été le principal bénéficiaire ; / c. 80 % en cas de manœuvres frauduleuses ou de dissimulation d'une partie du prix stipulé dans un contrat ou en cas d'application de l'article 792 bis ". Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un contribuable n'a pas satisfait, dans les délais légaux, aux obligations déclaratives auxquelles il était tenu, l'ensemble des droits dus à ce titre, qu'ils fassent ou non l'objet d'une déclaration ultérieure, peut être soumis, outre l'intérêt de retard, aux majorations prévues par l'article 1728 du code général des impôts. Par ailleurs, les droits correspondant aux insuffisances, inexactitudes ou omissions afférentes aux déclarations produites tardivement peuvent également être soumis, le cas échéant, aux majorations prévues par les dispositions de l'article 1729 du même code.
16. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 5 novembre 2012 adressée à la société NRL, que l'administration fiscale a appliqué aux droits de taxe sur la valeur ajoutée et aux cotisations primitives d'impôt sur les société en litige des pénalités de 40 % sur le fondement des dispositions précitées de l'article 1728 du code général des impôts, la société NRL n'ayant souscrit, malgré les mises en demeure qui lui avaient été adressées, ni les déclarations de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période en litige, ni les déclarations de résultats au titre des exercices en litige. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve du bien-fondé des majorations de 40 % dont sont assorties ces impositions.
17. En deuxième lieu, aucune pénalité n'ayant été infligée à la société NRL sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts, M. A D ne saurait utilement soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a cumulé des pénalités infligées sur ce fondement et des majorations appliquées sur le fondement de l'article 1728 de ce code et qu'en cumulant les " intérêts de retard " prévus à l'article 1728 avec les majorations prévues à l'article 1729, elle a méconnu les stipulations de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
18. En dernier lieu, si M. A D soutient que les majorations de 40 % infligées à la société NRL sur le fondement de l'article 1728 du code général des impôts font " double emploi avec les amendes fiscales ", il n'assortit pas ce moyen de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
19. Il résulte de ce qui a été dit aux points 6 à 18 que M. A D n'est pas fondé à demander la décharge des impositions litigieuses mises à la charge de la société NRL, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que M. A D demande au titre des frais qu'il a exposés.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A D est rejetée
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F A D et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Bonhomme, première conseillère,
- Mme Caldoncelli-Vidal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
F. ELe président,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026