Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2000386
vendredi 28 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2000386 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | FIDAL |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 janvier 2020, 22 février 2021, 7 octobre 2021 et 15 novembre 2021, ce dernier n'ayant pas été communiqué, M. L B, Mme P E, Mme N Q, Mme D A, M. G K, M. F O, M. R C, M. H J et M. M I, représentés par Me Carpentier, demandent au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du préfet du Pas-de-Calais du 16 septembre 2019 portant enregistrement d'une plateforme de valorisation de déchets inertes exploitée par la société Matériaux Routiers du Littoral sur un site situé zone industrielle des Dunes, rue des Garennes à Calais, parcelles cadastrées BT 108, BT 109, BT 258, BT 259 et BT 260 ;
2°) à titre subsidiaire, de fixer toutes prescriptions de fonctionnement utiles afin que les conditions d'exploitation du site ne soient pas génératrices de nuisances pour les riverains habitants route de Gravelines ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le dossier de demande déposé par la société Matériaux Routiers du Littoral est incomplet, faute de comporter le document requis par les dispositions du 8° de l'article R. 512-46-4 du code de l'environnement ;
- l'arrêté litigieux méconnait les prescriptions de l'arrêté du 26 novembre 2012 et de l'arrêté du 10 décembre 2013, les mesures prévues pour empêcher les émissions de poussières ainsi que les mesures de surveillance n'étant pas suffisantes ou pas mises en œuvre ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation dès lors que la demande d'enregistrement aurait également dû être appréciée au regard des dispositions de l'arrêté du 12 décembre 2014, la société MRL exerçant sur ce site une activité de stockage de déchets inertes.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 novembre 2020, 6 juillet et 25 octobre 2021, la société Matériaux Routiers du Littoral, représentée par Me Garancher, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge des requérants la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des conditions d'exécution de l'arrêté litigieux ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Une mise en demeure a été adressée le 13 octobre 2020 au préfet du Pas-de-Calais qui n'a pas produit de mémoire en défense.
La clôture d'instruction a été fixée au 15 novembre 2021 par une ordonnance du 28 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- l'arrêté du ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie du 26 novembre 2012 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations de broyage, concassage, criblage, etc, relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique n° 2515 de la nomenclature des installations classées, y compris lorsqu'elles relèvent également de l'une ou plusieurs des rubriques n° 2516 ou 2517 pour la protection de l'environnement ;
- l'arrêté du ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie du 10 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux stations de transit de produits minéraux ou de déchets non dangereux inertes autres que ceux visés par d'autres rubriques relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique 2517 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement ;
- l'arrêté du ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie du 12 décembre 2014 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations du régime de l'enregistrement relevant de la rubrique n° 2760 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Piou,
- les conclusions de Mme Grard, rapporteure publique,
- les observations de Me Gourdon, substituant Me Carpentier, représentant les requérants, et celles de Me Malgras, substituant Me Garancher, représentant la société exploitante.
Considérant ce qui suit :
1. La société Matériaux Routiers du Littoral (MRL) est autorisée, depuis le 26 février 2004, à exploiter un site de recyclage de déchets inertes et de transit de produits minéraux solides relevant des rubriques n° 2515 et 2517 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement, situé dans la zone industrielle des Dunes de Calais. A la suite d'un changement de législation, elle a déposé, le 11 septembre 2018, une demande d'enregistrement au titre de ces mêmes rubriques, complétée le 6 mai 2019. Par la présente requête, M. L B, Mme P E, Mme N Q, Mme D A, M. G K, M. F O, M. R C, M. H J et M. M I, riverains de ce site, demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du préfet du Pas-de-Calais du 16 septembre 2019 portant enregistrement de cette plateforme de valorisation de déchets inertes.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il appartient au juge du plein contentieux des installations classées pour la protection de l'environnement d'apprécier le respect des règles de procédure régissant la demande d'autorisation au regard des circonstances de fait et de droit en vigueur à la date de délivrance de l'autorisation et celui des règles de fond régissant l'installation au regard des circonstances de fait et de droit en vigueur à la date à laquelle il se prononce. Les obligations relatives à la composition du dossier de demande d'autorisation d'une installation classée relèvent des règles de procédure.
En ce qui concerne la complétude du dossier de demande
3. Aux termes de l'article R. 512-46-4 du code de l'environnement : " A la demande d'enregistrement doivent être jointes les pièces suivantes : () 8° Un document justifiant du respect des prescriptions applicables à l'installation en vertu du présent titre, notamment les prescriptions générales édictées par le ministre chargé des installations classées en application du I de l'article L. 512-7. Ce document présente notamment les mesures retenues et les performances attendues par le demandeur pour garantir le respect de ces prescriptions () ".
4. Il résulte de l'instruction que le dossier de demande contient notamment un tableau comprenant la description de l'ensemble des mesures que l'exploitant s'engage à mettre en place afin de satisfaire aux prescriptions générales de l'arrêté du 26 novembre 2012 visé plus haut, notamment pour limiter les émissions de poussière, parmi lesquelles l'implantation de merlons périphériques et d'arbres, la limitation de la hauteur de stockage, l'arrosage des pistes et matériaux par temps sec, la brumisation si nécessaire au niveau du concasseur, ou encore la limitation de la vitesse sur les voies internes au site. Le dossier comprend également la description des mesures de surveillance envisagées, la justification de la localisation des points de mesures, la méthode utilisée ainsi que l'utilisation des données météorologique ou à défaut d'un anémomètre avec capteur de vitesse et de direction implanté sur site. Ce tableau est par ailleurs complété par une note jointe en annexe détaillant les sources d'émission de poussières et leur emplacement, le nombre et la localisation des points de mesures du réseau de suivi des retombées de poussières de la plateforme ainsi que les conditions d'installation et d'exploitation des appareils de mesures, la méthode et le référentiel normatif utilisés, les exigences réglementaires ainsi que l'agrément du laboratoire qui sera chargée des études. Dans ces conditions, le pétitionnaire doit être regardé comme ayant explicité et commenté l'ensemble des choix techniques qu'il entendait mettre en œuvre pour respecter les prescriptions générales applicables à son installation, au sens et pour l'application des dispositions du 8° de l'article R. 512-46-4 du code de l'environnement. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande doit être écarté.
En ce qui concerne l'erreur d'appréciation sur la nature de l'activité exercée par la société MRL
5. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 12 décembre 2014 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations du régime de l'enregistrement relevant de la rubrique n° 2760 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement : " Le présent arrêté fixe les prescriptions applicables aux installations de stockage de déchets inertes soumises à enregistrement sous la rubrique n° 2760 () ". Et, aux termes de l'article 2 de cet arrêté : " Au sens du présent arrêté, on entend par : () " Installation de stockage de déchets inertes " : installation de dépôt de déchets inertes, à l'exclusion des installations de dépôt de déchets où : les déchets sont entreposés pour une durée inférieure à trois ans afin de permettre leur préparation à un transport en vue d'une valorisation dans un endroit différent ; () les déchets sont valorisés en conformité avec les articles L. 541-31 et suivants du code de l'environnement ".
6. Il résulte de l'instruction et en particulier du dossier d'enregistrement que la société MRL exerce une activité de recyclage de matériaux inertes impliquant une valorisation de ces déchets, excluant en conséquence la qualification " d'installation de stockage de déchets inertes " au sens de l'arrêté précité. Il n'est par ailleurs pas établi que le site accueillerait des déchets pour lesquelles aucune revalorisation ne serait prévue. Le préfet du Pas-de-Calais n'a, par suite, commis aucune erreur d'appréciation en n'examinant pas si l'activité de la société MRL justifiait d'une autorisation au titre de la rubrique n° 2760 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement.
En ce qui concerne la méconnaissance des prescriptions générales des arrêtés ministériels des 10 décembre 2013 et 26 novembre 2017. Aux termes de l'article L. 512-7-3 du code de l'environnement : " L'arrêté d'enregistrement est pris par le préfet après avis des conseils municipaux intéressés. / En vue d'assurer la protection des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 et, le cas échéant, à l'article L. 211-1, le préfet peut assortir l'enregistrement de prescriptions particulières complétant ou renforçant les prescriptions générales applicables à l'installation. Dans les limites permises par la protection des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1, ces prescriptions particulières peuvent aussi inclure des aménagements aux prescriptions générales justifiés par les circonstances locales. () / Le préfet ne peut prendre l'arrêté d'enregistrement que si le demandeur a justifié que les conditions de l'exploitation projetée garantiraient le respect de l'ensemble des prescriptions générales, et éventuellement particulières, applicables. Il prend en compte les capacités techniques et financières que le pétitionnaire entend mettre en œuvre, à même de lui permettre de conduire son projet dans le respect des intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 et, le cas échéant, à l'article L. 211-1, et d'être en mesure de satisfaire aux obligations de l'article L. 512-7-6 lors de la cessation d'activité. () ".
8. En premier lieu, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 10 décembre 2013 relatif aux prescriptions générales applicables aux stations de transit de produits minéraux ou de déchets non dangereux inertes autres que ceux visés par d'autres rubriques relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique 2517 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement : " Le présent arrêté fixe les prescriptions applicables aux installations classées soumises à enregistrement sous la rubrique n° 2517 de la nomenclature des installations classées. / Il ne s'applique pas aux installations existantes déjà autorisées ou déclarées au titre de la rubrique n° 2517. / Il ne s'applique pas non plus aux installations soumises à la rubrique n° 2517 et qui relèvent également du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique n° 2515 de la nomenclature des installations classées. () ". Si les requérants soutiennent que l'arrêté litigieux ne comporterait pas de mesures suffisantes permettant de respecter les prescriptions de cet arrêté du 10 décembre 2013, il résulte de son article 1er qu'il n'est pas applicable à l'installation exploitée par la société MRL qui relève également du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique 2515 de la nomenclature des installations classées.
9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 39 de l'arrêté du 26 novembre 2012 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations de broyage, concassage, criblage, etc, relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique n° 2515 de la nomenclature des installations classées y compris lorsqu'elles relèvent également de l'une ou plusieurs des rubriques n° 2516 ou 2517 pour la protection de l'environnement : " L'exploitant assure une surveillance de la qualité de l'air par la mesure des retombées de poussières. /
Il met en place un réseau permettant de mesurer le suivi de ces retombées de poussières dans l'environnement. Ce suivi est réalisé par la méthode des jauges de retombées ou à défaut, pour les installations existantes, par la méthode des plaquettes de dépôt. Un point au moins, permettant de déterminer le niveau d'empoussièrement ambiant ("bruit de fond") est prévu. / Le nombre de points de mesure et les conditions dans lesquelles les appareils de mesure sont installés et exploités sont décrits dans le dossier de demande d'enregistrement. / Pour le contrôle des mesures, les modalités d'échantillonnage sont définies de façon à garantir la représentativité des échantillons prélevés. Les modalités de prélèvements et de réalisation des essais sont définies de façon à assurer la justesse et la traçabilité des résultats. () La vitesse et la direction du vent sont mesurées et enregistrées en continu. À défaut d'une station météorologique utilisée par l'exploitant, les données de la station météorologique la plus proche sont récupérées. Les données enregistrées ou récupérées sont maintenues à la disposition de l'inspection des installations classées. () ".
10. Les requérants soutiennent que l'installation ne respecte pas les prescriptions de l'arrêté du 26 novembre 2012 tenant à la surveillance des émissions de poussières dès lors que les points de collecte des mesures de surveillance ne sont pas localisés à des endroits pertinents et sont tous installés dans l'enceinte du site exploité. Il ne résulte toutefois d'aucune disposition de cet arrêté que les points de mesure doivent nécessairement être positionnés à l'extérieur du périmètre du site. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que les jauges de retombées de poussières sont positionnées aux quatre points cardinaux, dont une en limite sud qui correspond au point le plus proche des habitations voisines. Cette implantation apparait pertinente pour évaluer l'ampleur des retombées de poussières sur le site et, a fortiori, si les niveaux d'émission maximales y sont acceptables, au-delà des limites du site. Il résulte à cet égard de l'instruction que la société exploitante fait opérer des relevés réguliers par une entreprise spécialisée et que les mesures issues de la jauge située en limite sud sont inférieures aux relevés faits au niveau des autres jauges. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les mesures prises par la société MRL s'agissant de la surveillance des émissions de poussières seraient insuffisantes.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article 37 de l'arrêté précité du 26 novembre 2012 : " Toutes les dispositions nécessaires sont prises pour que l'établissement ne soit pas à l'origine d'émissions de poussières susceptibles d'incommoder le voisinage et de nuire à la santé et à la sécurité publiques, et ce même en période d'inactivité. À ce titre, l'exploitant décrit les différentes sources d'émission de poussières, aussi bien diffuses que canalisées, et définit toutes les dispositions utiles mises en œuvre pour éviter ou limiter l'émission et la propagation des poussières. () ".
12. Il résulte de l'instruction que la société MRL s'était notamment engagée dans son dossier de demande, pour limiter les émissions de poussières, à implanter des merlons périphériques et des arbres, à limiter la hauteur de stockage des matériaux, à arroser les pistes et les matériaux par temps sec, à installer le concasseur à plus de vingt mètres des limites du site lors de la campagne annuelle de concassage, à équiper ce concasseur d'un système de suppression des poussières, à brumiser si nécessaire au niveau du concasseur et, enfin, à limiter la vitesse de circulation des véhicules à 20 km/h sur l'ensemble des voies de circulation internes au site. Les requérants soutiennent que la société MRL n'a pas mis en œuvre l'ensemble de ces mesures, faute notamment de limiter la hauteur des tas de déchets inertes et de maintenir une végétation suffisamment dense et se prévalent à cet égard de procès-verbaux d'huissier attestant de l'importance des retombées de poussières auxquelles ils sont exposés. Toutefois, ces arguments, qui tiennent à un défaut d'exécution de l'arrêté litigieux, ne peuvent être utilement invoquées au soutien de conclusions tendant à son annulation dès lors qu'ils ne permettent pas d'établir que les mesures envisagées par la société revêtiraient un caractère insuffisant pour satisfaire aux prescriptions de l'arrêté précité, la société exploitante reconnaissant dans ses écritures ne les avoir que partiellement mises en œuvre. En revanche, le caractère imprécis de l'engagement pris par la société tenant à la hauteur des tas de déchets inertes, qui doit a minima demeurer en tout temps inférieur à celle des arbres et des merlons en vue de limiter effectivement tout envol de poussières, aurait dû conduire le préfet à compléter son arrêté par une prescription en ce sens afin que les engagements de la société, s'ils étaient dûment exécutées, puisent permettre de limiter au maximum les émissions de poussières en direction notamment des habitations des requérants. Dans cette mesure seulement, les requérant sont fondés à soutenir que l'arrêté litigieux ne comprend pas de mesures suffisantes pour satisfaire aux exigences de l'arrêté précité du 26 novembre 2012.
Sur les conclusions tendant à ce que soient fixées à la société MLR des prescriptions de fonctionnement
13. Lorsqu'il relève que l'autorisation environnementale contestée devant lui méconnaît une règle de fond applicable à la date à laquelle il se prononce, le juge peut, dans le cadre de son office de plein contentieux, lorsque les conditions sont remplies, modifier ou compléter l'autorisation environnementale délivrée afin de remédier à l'illégalité constatée.
14. Il résulte des motifs retenus au point 12 que l'arrêté litigieux doit être complété d'une prescription permettant de satisfaire aux dispositions de l'arrêté du 26 novembre 2012 relatif aux prescriptions générales applicables aux installations de broyage, concassage, criblage, etc, relevant du régime de l'enregistrement au titre de la rubrique n° 2515 de la nomenclature des installations classées y compris lorsqu'elles relèvent également de l'une ou plusieurs des rubriques n° 2516 ou 2517 pour la protection de l'environnement tenant à la hauteur des tas de déchets inertes, laquelle doit impérativement et en tout temps demeurer à un niveau strictement inférieur à celui de l'écran végétal et des merlons dunaires en vue de limiter effectivement les envols de poussière.
Sur les frais liés au litige :
15. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par la société MRL soient mises à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Pas-de-Calais du 16 septembre 2019 portant enregistrement d'une plateforme de valorisation de déchets inertes exploitée par la société MRL est complété par la prescription suivante : " La hauteur des tas de déchets inertes demeurera à un niveau strictement inférieur à celui de l'écran végétal et des merlons dunaires situés au pourtour du site exploité ".
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. L B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion du territoire ainsi qu'à la société Matériaux Routiers du Littoral.
Copie en sera adressée au préfet du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 4 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Leguin, présidente,
Mme Bruneau, première conseillère,
Mme Piou, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.
La rapporteure,
Signé
C. PIOU
La présidente,
Signé
A-M. LEGUINLa greffière,
Signé
S. SING
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion du territoire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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