jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2000449 |
| Type | Décision |
| Recours | Interprétation |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D'AVOCATS LEGIS CONSEILS CALAIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2020, M. et Mme B A, représentés par la société d'avocats Legis Conseils, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les dépenses correspondant aux prestations de télésurveillance et d'alarme des locaux professionnels de la société Komelec sis 4620, rue du Contre Halage et rue de Londres à Les Attaques ont été exposées pour l'exercice de l'activité de cette société et ne constituent pas des revenus distribués imposables entre leurs mains sur le fondement du c. de l'article 111 du code général des impôts ;
- l'usage à titre personnel des véhicules BMW X6 et Ranger Rover était exceptionnel et ne constitue pas un avantage occulte imposable entre leurs mains sur le fondement du c. de l'article 111 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 mai 2020, la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. et Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 29 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A sont associés de la société Komelec, qui exerce une activité de montage et de réparation de lignes caténaires, de travaux électriques et de location d'engins ferroviaires. Cette société a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle l'administration a notamment remis en cause la déduction de certaines charges et rectifié en conséquence les résultats imposables des exercices clos en 2016 et 2017. À l'issue d'un contrôle sur pièces, M. et Mme A ont été assujettis, au titre des années 2016 et 2017, à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales, qui résultent notamment de la taxation, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, sur le fondement des dispositions du c. de l'article 111 du code général des impôts, de sommes correspondant à certaines des charges réintégrées aux résultats de la société Komelec. M. et Mme A demandent au tribunal de prononcer la réduction de ces impositions, ainsi que des pénalités correspondantes.
2. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : / () / c. Les rémunérations et avantages occultes ; / () ".
3. En premier lieu, il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 14 décembre 2018 et de la réponse aux observations du contribuable du 28 février 2019, que, par un bail commercial conclu le 1er janvier 2013, la société civile immobilière Immo-Loc Associés, propriétaire de l'immeuble sis 4620, rue du Contre Halage à Les Attaques, d'une superficie totale de 255 m2, où M. et Mme A avaient fixé leur résidence principale, a loué à la société Komelec, pour l'exercice de son activité, un local situé dans cet immeuble, d'une superficie de 36 m2. À l'issue de la vérification de comptabilité dont la société Komelec a fait l'objet, le service vérificateur a retenu que la proportion d'utilisation professionnelle de l'immeuble par la société Komelec s'élevait ainsi à 14 %. Il a, en conséquence, réintégré aux résultats imposables à l'impôt sur les sociétés de la société Komelec au titre des exercices clos en 2016 et 2017 la partie des dépenses de télésurveillance et d'alarme des locaux se rapportant à la part d'utilisation non professionnelle de ces locaux et, par suite, il a taxé les sommes correspondantes à l'impôt sur le revenu, entre les mains de M. et Mme A, sur le fondement des dispositions précitées du c. de l'article 111 du code général des impôts. Si M. et Mme A soutiennent que l'intégralité des dépenses de télésurveillance et d'alarme ont été engagées pour l'exercice de l'activité de la société Komelec, ils n'apportent aucun élément de nature à l'établir en se bornant à produire la copie d'un contrat de bail commercial non signé, conclu entre les mêmes parties à la même date mais dont les stipulations diffèrent de celles du contrat versé au dossier par l'administration et communiqué lors d'un précédent contrôle par la société Komelec. Dans ces conditions, l'administration fiscale doit être regardée comme apportant la preuve de ce que la société Komelec a supporté les dépenses de télésurveillance et d'alarme se rapportant à la résidence principale de M. et Mme A et, en l'absence de comptabilisation explicite de l'avantage ainsi consenti aux requérants, le service vérificateur a pu légalement regarder les sommes correspondantes comme des avantages occultes, au sens des dispositions précitées du c. de l'article 111 du code général des impôts, et les taxer entre leurs mains à l'impôt sur le revenu sur ce fondement.
4. En second lieu, il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 14 décembre 2018 et de la réponse aux observations des contribuables du 28 février 2019, que le service a constaté que M. et Mme A avaient utilisé à des fins personnelles des véhicules BMW et Range Rover appartenant à la société Komelec, notamment en fin de semaine et pendant les vacances scolaires, au cours des années 2016 et 2017. Si M. et Mme A soutiennent que l'utilisation de ces véhicules à des fins personnelles était exceptionnelle, il est constant qu'ils ne possédaient eux-mêmes aucun véhicule au cours des années en litige. L'attestation du beau-frère de M. A datée du 16 décembre 2018 indiquant qu'il a mis à leur disposition son propre véhicule, les constats d'huissier en date des 26 mai 2016 et 12 avril 2017, qui font état de ce que le véhicule BMW a été transformé en véhicule utilitaire et de ce que le véhicule Range Rover contient un caisson fixe et du matériel professionnel, ne sont pas de nature à remettre en cause leur utilisation à des fins personnelles. En l'absence de comptabilisation explicite des avantages qui ont ainsi été consentis par la société Komelec, le service a pu légalement regarder les sommes correspondantes comme des avantages occultes, au sens des dispositions précitées du c. de l'article 111 du code général des impôts, et les taxer à l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, entre les mains de M. et Mme A.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander la réduction des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2016 et 2017, ainsi que des pénalités correspondantes. Les conclusions qu'ils ont présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent, par voie de conséquence, être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B A et à la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Bonhomme, première conseillère,
- Mme Caldoncelli-Vidal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.
La rapporteure,
Signé
M. CALDONCELLI-VIDALLe président,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Strasbourg — N° TA67-2602087
Le Tribunal Administratif de Strasbourg a été saisi par M. B... d’une demande d’injonction, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, visant à contraindre le préfet du Bas-Rhin à instruire les demandes de titres de voyage pour ses filles mineures. Le tribunal a rejeté la requête, estimant que la mesure sollicitée ferait obstacle à l’exécution d’une décision administrative implicite de rejet née du silence gardé par l’administration pendant deux mois, conformément aux articles L. 231-1 et L. 231-4 du code des relations entre le public et l’administration. Il a également jugé que la condition d’urgence n’était pas caractérisée, les circonstances invoquées par le requérant ne suffisant pas à l’établir.
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