vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2001034 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | juge unique (7) |
| Avocat requérant | PONSART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 février 2020 et le 23 juillet 2020, l'Office public de l'habitat Lille Métropole Habitat, représenté par Me Ponsart, doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge partielle de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016 dans le rôle de la commune de Roubaix (59100) ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les dépenses payées au cours des années 2011 à 2015 doivent être prises en compte dans le calcul du montant du dégrèvement de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016 ;
- c'est en violation du paragraphe 20 de la doctrine administrative référencée au BOI 6 C-2-08 du 9 avril 2008 que l'administration n'a retenu que les seules dépenses engagées au cours de l'année précédant celle au titre de laquelle l'imposition est due ;
- à titre subsidiaire, la ventilation des dépenses réalisées par l'administration fiscale est erronée.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 avril 2020 et le 27 août 2020, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions à fin de décharge présentées par Lille Métropole habitat sont partiellement irrecevables ;
- seules les sommes versées l'année précédant celle au titre de laquelle l'imposition est due, à titre de paiement partiel ou définitif de la facture, constituent des dépenses payées au sens de l'article 1391 E du code général des impôts ;
- la ventilation des dépenses était nécessaire au calcul du montant du dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés bâties auquel Lille métropole habitat pouvait prétendre au titre de l'année 2016 ; le requérant ne conteste pas sérieusement les montants et ratios retenus par l'administration dans le cadre de ce calcul.
Par ordonnance du 22 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 25 avril 2022 à 12h.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu au cours de l'audience publique du 1er juillet 2022 :
- le rapport de M. Paganel, magistrat désigné.
Considérant ce qui suit :
1. L'Office public de l'habitat Lille Métropole Habitat a été assujetti à la taxe foncière sur les propriétés bâties au titre de l'année 2016 en sa qualité de propriétaire d'immeubles situés 1 à 25 allée du docteur B à Roubaix (59100). Le 22 août 2017, Lille Métropole Habitat a sollicité le bénéfice du dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés bâties prévu par les dispositions de l'article 1391 E du code général des impôts au titre des dépenses en rénovation exposées au sein de ces locaux au cours des années 2011 à 2015. Cette demande a fait l'objet d'une décision d'acceptation partielle le 7 janvier 2020, réceptionnée le lendemain. Les décisions par lesquelles l'administration fiscale statue sur les réclamations contentieuses des contribuables ne constituant pas des actes détachables de la procédure d'imposition qui ne peut être contestée qu'à l'appui d'une demande tendant à la décharge des impositions correspondantes, Lille Métropole Habitat doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge partielle de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1391 E du code général des impôts dans sa version applicable au litige : " Il est accordé un dégrèvement sur la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties afférente à des immeubles affectés à l'habitation, appartenant aux organismes d'habitations à loyer modéré visés à l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation ou aux sociétés d'économie mixte ayant pour objet statutaire la réalisation ou la gestion de logements, ainsi qu'aux organismes mentionnés à l'article L. 365-1 du même code. / Ce dégrèvement est égal au quart des dépenses de rénovation, déduction faites des subventions perçues afférentes à ces dépenses, éligibles au taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée en application du 1° du IV de l'article 278 sexies et payées au cours de l'année précédant celle au titre de laquelle l'imposition est due. () ". Aux termes de l'article 278 sexies du même code dans sa version applicable au litige : " La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux réduit de 5,5 % en ce qui concerne : / I. - Les opérations suivantes réalisées dans le cadre de la politique sociale : () IV. - 1. - Les livraisons à soi-même de travaux de rénovation portant sur les locaux mentionnés aux 2 à 8 du I et ayant pour objet de concourir directement à : / 1° La réalisation d'économies d'énergie et de fluides, concernant : / a) Les éléments constitutifs de l'enveloppe du bâtiment ; / b) Les systèmes de chauffage ; / c) Les systèmes de production d'eau chaude sanitaire ; / d) Les systèmes de refroidissement dans les départements d'outre-mer ; / e) Les équipements de production d'énergie utilisant une source d'énergie renouvelable ; / f) Les systèmes de ventilation ; / g) Les systèmes d'éclairage des locaux ; / h) Les systèmes de répartition des frais d'eau et de chauffage ; () ".
3. Il résulte des dispositions précitées que le bénéfice du dégrèvement que ces dispositions prévoient n'est ouvert aux organismes qui procèdent effectivement aux travaux d'économie d'énergie qu'au regard des seules dépenses de rénovation payées au cours de l'année précédant celle au titre de laquelle l'imposition est due, que cette somme ne solde qu'une fraction de la facture ou qu'elle en constitue le règlement intégral.
4. D'une part, si Lille Métropole Habitat soutient que les dépenses payées au cours des années 2013 et 2014 doivent également être prises en compte dans le cadre du calcul du montant du dégrèvement de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016, il ne résulte ni des dispositions de l'article 1391 E du code général des impôts ni des débats parlementaires ayant précédé leur adoption que le législateur aurait entendu exclure par principe de leur champ d'application les sommes versées à titre de paiement partiel, qui doivent, dès lors, être retenues dans l'assiette des dépenses éligibles au bénéfice du dégrèvement, sous réserve que ces versements soient effectués au cours de l'année précédant celle au titre de laquelle la taxe foncière sur les propriétés bâties est due. En conséquence, seules les dépenses effectivement acquittées en 2015 doivent être prises en compte, ainsi que le fait valoir l'administration en défense.
5. D'autre part, si Lille Métropole habitat conteste la ventilation des dépenses réalisées par l'administration fiscale, ce dernier, qui seul détient les éléments de ventilation plus précis sur les dépenses afférentes à la partie du projet éligible, n'apporte aucun élément permettant de remettre en cause la répartition des dépenses réalisées par l'administration.
6. En second lieu, Lille Métropole habitat soutient qu'il convient de faire application des dispositions de l'instruction du 9 avril 2008 référencée BOI 6 C-2-08 aux termes desquelles : " 20. Les dépenses à imputer sont celles effectivement et intégralement payées par le redevable de la taxe foncière sur les propriétés bâties à l'entreprise qui a réalisé les travaux. Ainsi, le versement d'un acompte, notamment lors de l'acceptation du devis, ne peut être considéré comme un paiement total. Celui-ci n'intervient que lors du règlement intégral de la facture définitive. " et que c'est à bon droit qu'il sollicite la prise en compte des dépenses de travaux d'économie d'énergie réalisées en 2013 et en 2014.
7. Aux termes du second alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales dans sa version applicable au litige : " () Lorsque le redevable a appliqué un texte fiscal selon l'interprétation que l'administration avait fait connaître par ses instructions ou circulaires publiées et qu'elle n'avait pas rapportée à la date des opérations en cause, elle ne peut poursuivre aucun rehaussement en soutenant une interprétation différente () ".
8. Si, pour contester une imposition primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties sur le fondement du second alinéa de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, les contribuables peuvent invoquer devant le juge de l'impôt une instruction fiscale non rapportée à l'expiration de la période au titre de laquelle les droits contestés ont été acquittés à la condition d'avoir appliqué l'interprétation que l'administration avait fait connaître par cette instruction, le refus de dégrèvement de la taxe foncière sur les propriétés bâties auquel peuvent prétendre certains contribuables à raison de dépenses de rénovation d'immeubles en application de l'article 1391 E du code général des impôts ne constitue pas un rehaussement des impositions initialement mises à leur charge. Ainsi, Lille Métropole Habitat n'est pas fondé à se prévaloir des énonciations du paragraphe 20 de l'instruction du 9 avril 2008 référencée BOI 6 C-2-08, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales.
9. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin de décharge partielle de la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties établie au titre de l'année 2016 doivent être rejetées ainsi que, étant partie perdante, les conclusions présentées par Lille Métropole Habitat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'Office public de l'habitat Lille Métropole Habitat est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'Office public de l'habitat Lille Métropole Habitat et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le magistrat désigné,
signé
M. A La greffière,
signé
C. CALIN
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026