jeudi 15 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2001150 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | HAINAUT JURIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 février 2020, M. D A, représenté par
Me Maze-Villesèche, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'administration fiscale n'est pas fondée à lui opposer les dispositions de l'article L. 1235-1 du code du travail pour considérer la somme de 40 885 euros comme une rémunération imposable au sens du 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts dès lors, d'une part, que ces dispositions sont applicables aux indemnités versées dans le cadre d'un accord obtenu devant le bureau de conciliation du conseil de prud'hommes, ce qui n'est pas le cas de la somme en litige, d'autre part, qu'elles sont dépourvues de caractère obligatoire ;
- la somme de 40 885 euros n'est pas une rémunération imposable conformément au 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts dès lors qu'elle est représentative d'une indemnité de licenciement et qu'elle est inférieure au double de sa rémunération annuelle ;
- il entend se prévaloir des énonciations du paragraphe 60 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques - impôts sous la référence BOI-RSA-CHAMP-20-40-10-30 du 3 septembre 2019.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 août 2020, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le requérant n'est pas fondé à se prévaloir du a) du 3° du 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts dès lors que la somme en cause n'est pas une indemnité de licenciement mais une indemnité destinée à mettre fin au litige existant entre M. A et son ancien employeur, la rendant imposable sur le fondement du 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts.
Par une ordonnance en date du 2 février 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au
2 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A s'est vu notifier une proposition de rectification datée du 25 mai 2018 par laquelle le service réintégrait la somme de 40 885 euros dans la catégorie des traitements et salaires de son revenu imposable au titre de l'année 2016 et assujettissait M. A à une cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2016. Ses réclamations préalables ayant été rejetées par une décision du 13 décembre 2019, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge de l'imposition supplémentaire ainsi mise à sa charge.
Sur l'application de la loi fiscale :
2. Aux termes de l'article 79 du code général des impôts : " Les traitements, indemnités, émoluments, salaires, pensions et rentes viagères concourent à la formation du revenu global servant de base à l'impôt sur le revenu. / Il en est de même des prestations de retraite servies sous forme de capital. ". Aux termes de l'article 80 duodecies du code général des impôts, dans sa version applicable à l'année d'imposition en litige : " 1. Toute indemnité versée à l'occasion de la rupture du contrat de travail constitue une rémunération imposable, sous réserve des dispositions suivantes. / Ne constituent pas une rémunération imposable : / 1° Les indemnités mentionnées aux articles L. 1235-1, L. 1235-2, L. 1235-3 et L. 1235-11 à L. 1235-13 du code du travail ; / () / 3° La fraction des indemnités de licenciement versées en dehors du cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi au sens des articles L. 1233-32 et L. 1233-61 à L. 1233-64 du code du travail, qui n'excède pas : / a) Soit deux fois le montant de la rémunération annuelle brute perçue par le salarié au cours de l'année civile précédant la rupture de son contrat de travail, ou 50 % du montant de l'indemnité si ce seuil est supérieur, dans la limite de six fois le plafond mentionné à l'article L. 241-3 du code de la sécurité sociale en vigueur à la date du versement des indemnités ; / () ".
3. Il résulte de l'instruction que M. A a conclu avec l'association Saint-Vincent de Paul un contrat de travail à durée indéterminée à compter du 1er novembre 2010 en qualité de gardien au sein du foyer géré par l'association à Maubeuge. Le protocole signé le 15 février 2016 avec le comité départemental des conférences Saint Vincent de Paul Nord/ Cambrai, qui avait pour objet " un accord de règlement du différend qui les opposait et qui a fait l'objet d'une saisine du conseil de prud'hommes d'Avesnes-sur-Helpe ", prévoyait " le maintien de Monsieur D A dans un contrat salarié jusqu'à son départ en retraite " et accordait à ce dernier le versement de la somme de 40 885 euros " au titre des dommages et intérêts et du solde de toute autre demande de valorisation () au titre de compensation et pour fin définitive du conflit, sans possibilité d'appel ni recours, dans le cadre d'un accord amiable et librement consenti ".
4. Par une proposition de rectification du 25 mai 2018, le service a considéré que la somme de 40 885 euros qui n'avait pas été déclarée par M. A au titre de ses revenus imposables de l'année 2016, devait être considérée comme une indemnité au sens et pour l'application de l'article 79 du code général des impôts, devant, dès lors, être imposée dans la catégorie des traitements et salaires. L'administration fiscale n'a pas modifié la base légale de la rectification à laquelle elle a procédé au titre des revenus de M. A pour l'année 2016 par sa décision du 13 décembre 2019 rejetant la réclamation préalable du contribuable du
31 juillet 2019.
5. Dès lors qu'il résulte des termes mêmes du protocole d'accord cité au point 3 que celui-ci n'avait pas pour objet une rupture du contrat de travail dont les effets auraient été organisés, le requérant ne saurait utilement se prévaloir du 1 de l'article 80 duodecies du code général des impôts,.
Sur l'interprétation administrative de la loi fiscale :
6. M. A n'est pas fondé à se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations du paragraphe 60 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques - impôts sous la référence BOI-RSA-CHAMP-20-40-10-30 du 3 septembre 2019 qui ne comprennent aucune interprétation de la loi fiscale distincte de celle dont il fait application par le présent jugement.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2016. Ses conclusions à fin de décharge doivent, par suite, être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'il a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Paganel, président de la formation de jugement,
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
L-J. B
Le président,
Signé
M. C
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026