jeudi 13 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2001692 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | VINCENT LEONARD AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 27 février 2020 et 22 septembre 2020, M. C A, représenté par Me Leonard, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2013 à 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 7 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les provisions pour dépréciation de son fonds de commerce d'officine de pharmacie, qu'il a comptabilisées au titre des exercices clos en 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015, sont justifiées dans leur principe et leur montant ;
- la décision du 4 février 2020 rejetant sa réclamation préalable est insuffisamment motivée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 août 2020 et 26 octobre 2020, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision de rejet de la réclamation préalable est inopérant ;
- l'autre moyen soulevé par M. A n'est pas fondé.
Par une ordonnance en date du 3 novembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui exploite à titre individuel une officine de pharmacie, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle il a été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2013 à 2015. Ces impositions résultent, d'une part, de la réintégration au résultat imposable de l'exercice clos le 31 mars 2013 de la provision pour dépréciation du fonds de commerce d'un montant de 55 393 euros comptabilisée au titre de cet exercice et de la provision antérieurement constituée d'un montant de 128 186 euros, et, d'autre part, de la réintégration aux résultats imposables des exercices clos les 28 février 2014 et 28 février 2015 des provisions pour dépréciation du fonds de commerce comptabilisées au titre de ces exercices pour des montants respectifs de 1 531 euros et 133 570 euros. M. A demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions.
2. En premier lieu, les irrégularités qui peuvent entacher les décisions prises par l'administration fiscale sur les réclamations préalables qui leur sont présentées sont sans incidence sur la régularité de la procédure d'imposition ou le bien-fondé des impositions. M. A ne saurait dès lors utilement soutenir qu'en méconnaissance de l'article R. 198-10 du livre des procédures fiscales, la décision de rejet de sa réclamation préalable est insuffisamment motivée.
3. En second lieu, aux termes de l'article 39 du code général des impôts : " 1. Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : / () 5° Les provisions constituées en vue de faire face à des pertes ou charges nettement précisées et que des évènements en cours rendent probables, à condition qu'elles aient effectivement été constatées dans les écritures de l'exercice. () ". Aux termes de l'article 38 sexies de l'annexe III à ce code, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " La dépréciation des immobilisations qui ne se déprécient pas de matière irréversible, notamment () les fonds de commerce, () donne lieu à la constitution de provisions dans les conditions prévues au 5° du 1 de l'article 39 du code général des impôts ". Il résulte de ces dispositions qu'un contribuable peut valablement porter en provision et déduire des résultats imposables des sommes correspondant à des pertes ou charges qui ne seront supportées qu'ultérieurement, à la condition que ces pertes ou charges soient nettement précisées quant à leur nature et susceptibles d'être évaluées avec une approximation suffisante, qu'elles apparaissent en outre comme probables eu égard aux circonstances de fait constatées à la date de clôture de l'exercice et qu'enfin, elles se rattachent aux opérations de toute nature déjà effectuées à cette date. Il appartient au contribuable, indépendamment des règles qui régissent la charge de la preuve pour des raisons de procédure, d'établir le bien-fondé et de justifier du montant d'une telle provision au regard des caractéristiques de l'exploitation au cours de la période en litige.
4. Il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 29 septembre 2016, que M. A a acquis un fonds de commerce d'officine de pharmacie à Billy-Montigny le 29 décembre 2006 pour la somme de 1 050 000 euros, dont 1 046 000 euros d'éléments incorporels. Il a constitué des provisions pour dépréciation du fonds de commerce d'un montant de 10 270 euros au titre de l'exercice clos le 30 avril 2011, 117 916 euros au titre de l'exercice clos le 30 avril 2012, 55 393 euros au titre de l'exercice clos le 31 mars 2013, 1 531 euros au titre de l'exercice clos le 28 février 2014 et 133 570 euros au titre de l'exercice clos le 28 février 2015. Pour justifier du principe même de ces provisions, que le service a remis en cause à l'issue de la vérification de comptabilité dont il a fait l'objet, M. A fait valoir que le prix d'acquisition de son officine a été déterminé " sur la base des chiffres d'affaires réalisés par le prédécesseur dans l'exploitation " et que, depuis l'acquisition du fonds de commerce, le chiffre d'affaires a baissé de façon significative.
5. Toutefois, M. A, qui ne justifie pas de la méthode d'évaluation du fonds de commerce lors de son acquisition, n'apporte aucun élément, qu'il est seul en mesure de produire, de nature à établir que la valeur d'origine de ce fonds inscrite en comptabilité a été déterminée en recourant uniquement au chiffre d'affaires. Au demeurant, il résulte de l'instruction que le chiffre d'affaires ramené sur une période de douze mois s'est élevé à 1 376 865 euros en 2005, 1 286 093 euros en 2006, 937 470 euros en 2012, 1 126 988 euros en 2013, 1 158 279 euros en 2014 et 1 075 137 euros en 2015. Ainsi, si le chiffre d'affaires a baissé depuis l'exercice clos en 2005, cette baisse n'est pas substantielle et le chiffre d'affaires est demeuré relativement stable au cours des exercices de comptabilisation des provisions. Il est par ailleurs constant que les résultats et l'excédent brut d'exploitation ont été maintenus par rapport à l'exercice d'acquisition du fonds de commerce et à l'exercice précédent, les bénéfices comptables et les bénéfices fiscaux corrigés des provisions enregistrant une forte hausse en 2013 et en 2014, ainsi qu'une hausse en 2015 par rapport à 2012. Si M. A fait valoir qu'il a réussi à maintenir la rentabilité du fonds de commerce grâce au licenciement d'un pharmacien adjoint, à la réduction des coûts de personnel et à la diminution des prélèvements personnels, il ne l'établit pas et, en tout état de cause, à les supposer établis, il ne démontre pas que ces choix auraient été motivés par les difficultés économiques de l'activité. De même, M. A n'établit pas qu'ainsi qu'il le fait valoir, de nombreux médecins généralistes situés à proximité de son officine ont cessé d'exercer leur activité, que sa clientèle est constituée de personnes âgées disposant d'un pouvoir d'achat limité et qu'il se trouve en concurrence avec d'autres officines, mieux situées. Dans ces conditions, M. A n'établit pas que les provisions pour dépréciation de son fonds de commerce qu'il a comptabilisées correspondent à une perte probable, et non simplement éventuelle, l'avis défavorable aux rectifications rendu le 24 avril 2017 par la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires du Pas-de-Calais étant par lui-même sans incidence. Le requérant n'est dès lors pas fondé à soutenir que c'est à tort que le service a réintégré ces provisions aux résultats imposables des exercices en litige.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre des années 2013 à 2015. Ses conclusions à fin de décharge doivent dès lors être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'il a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 6 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Dang, première conseillère,
- Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
L. DANGLe président-rapporteur,
Signé
O. B
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026