mercredi 28 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2001747 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | DRANCOURT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 février 2020, M. E A et Mme F B épouse A, représentés par Me Drancourt, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu, des prélèvements sociaux ainsi que des pénalités correspondantes, auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2011 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les éventuels dépens de l'instance.
Ils soutiennent que :
- l'action en recouvrement pour l'année 2011 est prescrite ;
- en application de l'instruction 5D-03-05 du 21 février 2005, l'administration n'était pas fondée à remettre en cause l'avantage fiscal lié au dispositif " C " au motif qu'ils n'auraient pas respecté leur engagement de location d'une durée de neuf ans dès lors que ce délai a commencé à courir le 16 mars 2002 et que la rupture du bail à l'instigation des locataires s'est faite moins de douze mois avant le terme de la période d'engagement alors que le bien était toujours en état d'être loué.
Par un mémoire en défense, enregistrés le 11 août 2020, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête en soutenant qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par ordonnance du 25 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 25 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dang, rapporteure,
- les conclusions de Mme Lançon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Drancourt, représentant M et Mme A,
Considérant ce qui suit :
1. Par une proposition de rectification du 24 février 2014, M et Mme A se sont vus notifier des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, des prélèvements sociaux ainsi que les pénalités correspondantes pour l'année 2011, résultant de la réintégration dans leur revenu imposable de sommes déduites de leurs revenus fonciers en application du dispositif dit " C ". Cette imposition supplémentaire a été mise en recouvrement le 30 juin 2014. M et Mme A ont formé une réclamation contentieuse le 28 janvier 2015 qui a fait l'objet d'une décision de rejet le 14 janvier 2020. M et Mme A demandent au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, des prélèvements sociaux ainsi que des pénalités correspondantes, auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2011.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. En premier lieu, si M et Mme A soutiennent que le délai de l'action en recouvrement de l'imposition en litige dont dispose l'administration était prescrit, ce moyen relatif au contentieux du recouvrement ne peut utilement être invoqué dans le cadre d'un contentieux d'assiette. Il ne peut donc qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 31 du code général des impôts, dans sa rédaction applicable en l'espèce : " I. Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : 1° Pour les propriétés urbaines : () g) Pour les logements situés en France, acquis neufs ou en l'état futur d'achèvement entre le 1er janvier 1999 et le 2 avril 2003, et à la demande du contribuable, une déduction au titre de l'amortissement égale à 8 % du prix d'acquisition du logement pour les cinq premières années et à 2,5 % de ce prix pour les quatre années suivantes. La période d'amortissement a pour point de départ le premier jour du mois de l'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure () Le bénéfice de la déduction est subordonné à une option qui doit être exercée lors du dépôt de la déclaration des revenus de l'année d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure. Cette option est irrévocable pour le logement considéré et comporte l'engagement du propriétaire de louer le logement nu pendant au moins neuf ans à usage d'habitation principale à une personne autre qu'un membre de son foyer fiscal. Cette location doit prendre effet dans les douze mois qui suivent la date d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure () Le revenu net foncier de l'année au cours de laquelle l'un des engagements définis au présent g n'est pas respecté est majoré du montant des amortissements déduits. Pour son imposition, la fraction du revenu net foncier correspondant à cette majoration est divisée par le nombre d'années civiles pendant lesquelles l'amortissement a été déduit ; le résultat est ajouté au revenu global net de l'année de la rupture de l'engagement et l'impôt correspondant est égal au produit de la cotisation supplémentaire ainsi obtenue par le nombre d'années utilisé pour déterminer le quotient () ". Aux termes de l'article 2 quindecies de l'annexe III de ce code : " I.- Pour bénéficier de la déduction au titre de l'amortissement prévue au g du 1° du I de l'article 31 du code général des impôts, les contribuables sont tenus de joindre à leur déclaration des revenus de l'année d'achèvement de l'immeuble ou de son acquisition si elle est postérieure : 1° L'option formulée dans une note annexe établie sur un imprimé fourni par l'administration, qui comporte les éléments suivants : a) L'identité et l'adresse du contribuable ; b) L'adresse du logement concerné, sa date d'acquisition ou d'achèvement, la date de sa première location et la surface à prendre en compte pour l'appréciation du plafond de loyer telle qu'elle est définie par l'article 2 terdecies ; c) Le montant du loyer mensuel, charges non comprises, tel qu'il résulte du bail ;d) L'engagement de louer le logement non meublé, pendant une durée de neuf ans au moins, à des personnes qui en font leur habitation principale ; e) Les modalités de décompte de la déduction au titre de l'amortissement ; 2° Une copie du bail ; 3° Une copie de l'avis d'imposition ou de non-imposition du locataire établi au titre de l'avant-dernière année précédant celle de la signature du contrat de location () ". Il résulte de ces dispositions que les contribuables qui ont acquis un logement neuf et qui le destinent à une location bénéficient de la réduction d'impôt sur le revenu s'ils s'engagent à le louer nu à l'usage de résidence principale pendant au moins neuf ans. En cas de non-respect de l'engagement ou de violation des conditions de location, les amortissements repris par l'administration sont réintégrés au revenu net foncier du contribuable de l'année au cours de laquelle le non-respect de l'engagement a été constaté.
4. Il résulte de l'instruction que M et Mme A ont acquis le 1er mars 2002 un appartement situé Résidence " Villa Saint Martin " 24 rue Dominique Clos à Toulouse (31000). Ils ont souscrit un engagement de location au stade de la déclaration de leurs revenus au titre de l'année 2002 et ont régulièrement souscrit des déclarations de revenus fonciers sur lesquelles ils ont pratiqué la déduction d'amortissements, en application des dispositions précitées. Ce bien a été loué à compter du 3 juin 2002 et jusqu'au 4 janvier 2011 avant d'être cédé le 18 avril 2011. Pour remettre en cause le bénéfice de l'avantage fiscal, l'administration a retenu que les requérants n'avaient pas respecté l'engagement de location d'une durée de neuf années. Si M et Mme A soutiennent qu'ils ont manifesté leur intention de donner le bien en location dès le 16 mars 2002 date à laquelle ils ont conclu un contrat de mandat avec la société Targerim, il résulte des dispositions précitées que la déduction de l'amortissement est subordonnée à la location effective de l'immeuble concerné, la période de neuf années devant être décomptée à partir de la date d'entrée en vigueur du premier bail consenti par le contribuable, et non de la date à laquelle le propriétaire a engagé les démarches utiles pour trouver un preneur.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'impositions antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration () ".
6. Aux termes de l'article 64 de l'instruction 5D-03-05 du 21 février 2005 : " Par exception, lorsque la vacance intervient moins de douze mois avant le terme de la période d'engagement de location, il est admis de ne pas remettre en cause le bénéfice de l'avantage fiscal si les conditions suivantes sont réunies : - le logement est en état d'être loué ; - le propriétaire ne s'en réserve pas la jouissance à quelque usage que ce soit et même pour une très courte durée pour lui-même ou un membre de son foyer fiscal ; - le logement n'est pas mis à la disposition d'un occupant à tire pécuniaire ou à titre gratuit, même pour une très courte période, pendant la période couverte par l'engagement de location ; - le logement n'est pas cédé avant l'expiration de l'engagement de location ".
7. Si les requérants se prévalent de la tolérance administrative selon laquelle l'administration n'est pas fondée à remettre en cause l'avantage fiscal si la vacance du bien intervient moins de douze mois avant le terme de la période d'engagement de location, le contribuable est néanmoins tenu de ne pas céder le bien avant l'expiration de l'engagement de location. Dès lors que M. et Mme A ont effectivement loué l'appartement à compter du 3 juin 2002 et l'ont cédé le 18 avril 2011, ils ne peuvent être regardés comme ayant respecté cette dernière condition. Ainsi, le moyen tiré de ce que les requérants auraient respecté l'engagement de location d'une durée de neuf années doit être écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu, des prélèvements sociaux ainsi que des pénalités correspondantes, auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2011.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat qui n'est pas la partie perdante à la présente instance, la somme que M. et Mme A demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En l'absence de dépens, les conclusions présentées par les requérants au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié M. E A et Mme F B épouse A, et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 16 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Paganel, président,
Mme Dang, première conseillère,
M. Quint, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2022.
La rapporteure,
Signé
L. DANG
Le président,
Signé
M. D La greffière,
Signé
A. BEGUE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026