vendredi 30 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004146 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | DELATTRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 18 juin 2020 et 28 avril 2021, M. A D, représenté par Me Delattre, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 ainsi que des majorations correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à la date de sa cession, le bien immobilier était affecté à l'exploitation de son entreprise et ce jusqu'au 31 janvier 2017 ainsi que le mentionne l'acte de vente du 3 novembre 2016 ; la réalité de la poursuite de l'exploitation à l'adresse du bien en cause est corroborée par des factures de fournisseurs et des factures émises par le requérant ;
- au surplus, il est fondé à se prévaloir des énonciations du paragraphe n° 250 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques - impôts sous la référence BOI-BIC-PVMV-20-40-30 ;
- bien que la cession ait été faite en vue de la démolition du bien et de la construction d'un immeuble neuf, le bien en cause était affecté à son exploitation après l'acte de vente ;
- l'administration fiscale n'était pas compétente pour imposer la plus-value à court terme d'un montant de 137 070 euros aux prélèvements sociaux dès lors que ces revenus professionnels non-salariés sont des revenus d'activité et de remplacement visés aux articles L. 136-1 à L. 136-5 et L. 136-8 du code de la sécurité sociale.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2021, le directeur régional des finances publiques des Hauts de France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le bien cédé doit être regardé comme un terrain à bâtir au sens du I du A de l'article 1594-0 du code général des impôts en vertu des stipulations de l'acte de vente du 3 novembre 2016 prévoyant l'engagement pour l'acquéreur de le démolir et d'y construire un immeuble neuf ;
- la circonstance que l'entrée en jouissance du bien par l'acquéreur ait été différée est sans incidence sur la qualité de terrain à bâtir du bien dès lors que l'acte de vente du 3 novembre 2016 prévoyait la possibilité pour l'acquéreur de procéder à des travaux sur une partie du terrain pendant la période d'occupation du bien par le vendeur.
Par une ordonnance en date du 15 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Quint, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. D a cédé, le 3 novembre 2016, un bien immobilier situé au 23, rue Négrier à Lys-Lez-Lannoy au prix de 1 200 000 euros, qui était inscrit à l'actif professionnel de son entreprise et supportait une construction à usage d'entrepôts et de garage où il exerçait son activité principale. Il a entendu bénéficier d'un abattement d'un montant de 993 684 euros sur le fondement de l'article 151 septies B du code général des impôts qu'il a porté sur sa déclaration complémentaire de revenus n° 2042 C Pro au titre de l'année 2017 sur la ligne 5 KB " revenus exonérés BIC professionnel sous CGA ". Il s'est vu notifier une proposition de rectification datée du 3 juin 2019 par laquelle le service remettait en cause le bénéfice de l'abattement appliqué et en déduisait des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2017 ainsi que des intérêts de retard et majorations. Sa réclamation du 12 décembre 2019 ayant été rejetée par une décision du 18 mai 2020, M. D demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 ainsi que des majorations correspondantes.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 151 septies B du code général des impôts : " I. - Les plus-values à long terme soumises au régime des articles 39 duodecies à 39 quindecies réalisées dans le cadre d'une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole, sont imposées après application d'un abattement de 10 % pour chaque année de détention échue au titre de l'exercice de réalisation de la plus-value au-delà de la cinquième lorsque ces plus-values portent sur : / 1° Des biens immobiliers bâtis ou non bâtis qui sont affectés par l'entreprise à sa propre exploitation ; / () / II. - Pour l'application des dispositions du I : / () / 2° Les biens mentionnés au I du A de l'article 1594-0 G ne sont pas considérés comme affectés à l'exploitation de l'activité. / () " . Aux termes de l'article 1594-0 G du même code : " Sous réserve de l'article 691 bis, sont exonérés de taxe de publicité foncière ou de droits d'enregistrement : / A. I. - Les acquisitions d'immeubles réalisées par une personne assujettie au sens de l'article 256 A, lorsque l'acte d'acquisition contient l'engagement, pris par l'acquéreur, d'effectuer dans un délai de quatre ans les travaux conduisant à la production d'un immeuble neuf au sens du 2° du 2 du I de l'article 257, ou nécessaires pour terminer un immeuble inachevé. / () ".
3. Il résulte des dispositions combinées des articles 151 septies B et 1594-0 G du code général des impôts que l'abattement sur les plus-values à long terme, institué par l'article 151 septies B afin de favoriser les transmissions d'entreprises, est applicable aux plus-values réalisées lors de la vente de biens immobiliers que l'entreprise cédante affectait à sa propre exploitation. Pour déterminer si la société cédante peut bénéficier d'un tel abattement, il convient d'apprécier si, à la date de la cession des biens, ceux-ci étaient affectés à l'exploitation de l'entreprise.
4. Il résulte de l'instruction que pour remettre en cause le bénéfice de l'abattement prévu par l'article 151 septies du code général des impôts, le service a considéré que le bien cédé le 3 novembre 2016 par M. D devait être regardé comme un terrain à bâtir au sens de l'article 1594-0 G du code général des impôts, ne pouvant être regardé, dès lors, à la date de la cession, comme affecté à l'exploitation de l'entreprise de M. D. Il se fondait sur les stipulations de l'acte de cession du 3 novembre 2016.
5. Selon les termes du paragraphe 7 de l'acte du 3 novembre 2016, par lequel M. D a cédé ses biens immobiliers : " Le vendeur déclare que le bien supporte actuellement des constructions à usage d'entrepôts et de garage, lesquels sont destinés à l'activité de commerce de garage, mécanique générale et carrosserie automobile. / L'acquéreur souhaite réaliser sur ledit terrain, après démolition des bâtiments existants, un ensemble immobilier à usage de logements après obtention d'un permis de construire ". Selon le paragraphe 16.4 de cet acte : " L'acquéreur ayant la qualité d'assujetti au sens de l'article susvisé, déclare conformément aux dispositions de l'article 1594-0 G du code général des impôts : / - que le bien acquis est destiné par lui, après démolition des constructions existantes, à la production d'un immeuble neuf tel que défini aux termes de l'article 257 I 2 2° du code général des impôts, / - qu'il prend l'engagement de construire dans un délai de quatre ans à compter de ce jour ". Ainsi, l'acte de vente indiquant expressément que le bien concerné était destiné à être démoli par l'acquéreur, à la date de la cession, les bâtiments concernés ne pouvaient être regardés comme affectés à l'exploitation de l'entreprise requérante, la circonstance que l'entrée en jouissance du bien par l'acquéreur ait été différée au 31 janvier 2017 étant sans incidence. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration a remis en cause le bénéfice de l'abattement prévu par l'article 151 septies du code général des impôts.
6. En second lieu, si M. D soutient que l'administration fiscale n'était pas compétente pour imposer la part de la plus-value réalisée à l'occasion de la cession du bien en cause, qui correspondrait à une plus-value à court terme, aux prélèvements sociaux en mentionnant les articles L. 136-1 à L. 136-5 du code de la sécurité sociale, lesquels sont relatifs à la contribution sociale sur les revenus d'activité et l'article L. 136-8 du même code fixant le taux des contributions sociales, le requérant ne produit aucun élément de nature à corroborer ses allégations ni à remettre en cause la déclaration qu'il a souscrite, citée au point 1. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :
7. Le requérant n'est pas fondé à se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations du paragraphe n° 250 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques - impôts sous la référence BOI-BIC-PVMV-20-40-30, qui précisent que les cessions de terrains à bâtir, qui s'entendent des biens qui entrent dans le champ d'application du I du A de l'article 1594-0 G du code général des impôts, sont systématiquement exclues de l'abattement pour la durée de détention prévu à l'article 151 septies B du même code dès lors qu'elles ne comportent pas d'interprétation distincte de la loi fiscale dont il est fait application par le présent jugement.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2017 ainsi que des majorations correspondantes.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans l'instance, au titre des frais exposés par M. D et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Paganel, président de la formation de jugement,
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2022.
La rapporteure,
Signé
L-J. B
Le président,
Signé
M. C
La greffière,
Signé
N. PAULET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026