vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004577 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | MBARGA |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 4 juillet 2020 sous le n° 2004577, M. A C doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer résultant de la saisie administrative à tiers détenteur du 18 juin 2020 émise par le comptable public auprès de la Caisse des règlements pécuniaires des avocats (CARPA), pour le recouvrement des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 et de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel public auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019 ainsi que des majorations correspondantes ;
2°) à titre subsidiaire, de laisser à sa disposition la somme à caractère alimentaire de
564 euros.
Il soutient que :
- la dette fiscale n'est pas exigible dès lors, d'une part, qu'il n'a été destinataire d'aucune mise en demeure de payer, qu'en outre, selon l'état établi par l'administration fiscale, il n'était redevable que de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre des années 2014 et 2015 pour un montant de 2 517 euros, d'autre part, qu'il est imposé deux fois pour les mêmes impositions, enfin, qu'il n'a été destinataire d'aucun avis de mise en recouvrement des impositions pour le paiement desquelles les saisies administratives à tiers détenteur ont été émises ;
- à titre subsidiaire, l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article L. 162-2 du code des procédures civiles d'exécution en le privant de la somme de 564 euros à laquelle il a droit à titre alimentaire et correspondant au montant prévu par l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles ;
- en conséquence, l'administration fiscale a méconnu les dispositions des articles 1920 et suivants du code général des impôts.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le requérant invoque des moyens qui ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, le moyen tiré de l'existence d'une double imposition relève du bien-fondé de l'imposition.
Par une ordonnance en date du 15 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mars 2022.
Les parties ont été informées, par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement du tribunal était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les conclusions tendant à ce que soit laissée à la disposition du requérant la somme de 564 euros à titre alimentaire en application de l'article L. 162-2 du code des procédures civiles d'exécution, le juge judiciaire (juge de l'exécution) étant seul compétent pour statuer sur ces conclusions relatives à la quotité saisissable par la saisie administrative à tiers détenteur en litige.
II. Par une requête enregistrée le 4 juillet 2020 sous le n° 2004578, M. A C doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer résultant de la saisie administrative à tiers détenteur du 18 juin 2020 émise par le comptable public auprès de la Caisse des règlements pécuniaires des avocats (CARPA), pour le recouvrement des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016 et 2017 ainsi que de la majoration correspondante ;
2°) à titre subsidiaire, de laisser à sa disposition la somme à caractère alimentaire de
564 euros.
Il soutient les mêmes moyens que dans la requête n° 2004577.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le requérant invoque des moyens qui ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, le moyen tiré de l'existence d'une double imposition relève du bien-fondé de l'imposition.
Par une ordonnance en date du 15 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mars 2022.
Les parties ont été informées, par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement du tribunal était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les conclusions tendant à ce que soit laissée à la disposition du requérant la somme de 564 euros à titre alimentaire en application de l'article L. 162-2 du code des procédures civiles d'exécution, le juge judiciaire (juge de l'exécution) étant seul compétent pour statuer sur ces conclusions relatives à la quotité saisissable par la saisie administrative à tiers détenteur en litige.
III. Par une requête enregistrée le 4 juillet 2020 sous le n° 2004579, M. A C doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer résultant des saisies administratives à tiers détenteur du 18 juin 2020, émise par le comptable public auprès de la Société générale, pour le recouvrement des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 et de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel public auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019 ainsi que des majorations correspondantes ;
2°) à titre subsidiaire, de laisser à sa disposition la somme à caractère alimentaire de
564 euros.
Il soutient les mêmes moyens que dans la requête n° 2004577.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le requérant invoque des moyens qui ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, le moyen tiré de l'existence d'une double imposition relève du bien-fondé de l'imposition.
Par une ordonnance en date du 15 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mars 2022.
Les parties ont été informées, par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement du tribunal était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les conclusions tendant à ce que soit laissée à la disposition du requérant la somme de 564 euros à titre alimentaire en application de l'article L. 162-2 du code des procédures civiles d'exécution, le juge judiciaire (juge de l'exécution) étant seul compétent pour statuer sur ces conclusions relatives à la quotité saisissable par la saisie administrative à tiers détenteur en litige.
IV. Par une requête enregistrée le 4 juillet 2020 sous le n° 2004580, M. A C doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer résultant de la saisie administrative à tiers détenteur du 18 juin 2020 émise par le comptable public auprès de la Société générale, pour le recouvrement des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016 et 2017 ainsi que de la majoration correspondante ;
2°) à titre subsidiaire, de laisser à sa disposition la somme à caractère alimentaire de 564 euros.
Il soutient les mêmes moyens que dans la requête n° 2004577.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2020, le directeur départemental des finances publiques du Pas-de-Calais conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le requérant invoque des moyens qui ne sont pas fondés ;
- à titre subsidiaire, le moyen tiré de l'existence d'une double imposition relève du bien-fondé de l'imposition.
Par une ordonnance en date du 15 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 mars 2022.
Les parties ont été informées, par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement du tribunal était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour statuer sur les conclusions tendant à ce que soit laissée à la disposition du requérant la somme de 564 euros à titre alimentaire en application de l'article L. 162-2 du code des procédures civiles d'exécution, le juge judiciaire (juge de l'exécution) étant seul compétent pour statuer sur ces conclusions relatives à la quotité saisissable par la saisie administrative à tiers détenteur en litige.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2015, 2016 et 2017, de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel public au titre des années 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019, en vue du recouvrement desquelles le comptable public a émis deux saisies administratives à tiers détenteur en date du 18 juin 2020 auprès de la Caisse de règlements pécuniaires des avocats (CARPA) pour des montants de 3 872 euros et de 1 797 euros , ainsi que deux saisies administratives à tiers détenteur en date du 18 juin 2020 auprès de la Société générale pour ces mêmes montants. Par des lettres datées du 3 juillet 2020, M. C a contesté chacun de ces actes de poursuite. Ses contestations ont été rejetées par une décision du 10 juillet 2020. Par les requêtes susvisées, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, M. C demande au tribunal, d'une part, de le décharger de son obligation de payer résultant de chacune de ces saisies administratives à tiers détenteur en date du 18 juin 2020 et adressées à la CARPA pour un montant de 3 872 euros et pour un montant de 1 791 euros, et à la Société générale pour un montant de 3 872 euros et pour un montant de 1 791 euros, d'autre part, de dire qu'il soit laissé à sa disposition la somme de 564 euros à caractère alimentaire.
Sur les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. / () ".
3. Une contestation relative à l'absence de la mise en demeure qui, selon les dispositions de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, doit précéder l'engagement des poursuites, se rattache à la régularité en la forme des actes de poursuite émis par le comptable public et non à l'exigibilité de l'impôt. Dès lors, M. C ne peut utilement soutenir devant le juge de l'impôt, pour contester les saisies administratives à tiers détenteur du 18 juin 2020, qu'il ne s'est pas vu notifier de mise en demeure préalable de payer.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1658 du code général des impôts : " Les impôts directs et les taxes assimilées sont recouvrés en vertu soit de rôles rendus exécutoires par arrêté du directeur général des finances publiques ou du préfet, soit d'avis de mise en recouvrement. / () ". Aux termes de l'article 1659 du même code, dans sa version applicable à la procédure de recouvrement litigieuse : " La date de mise en recouvrement des rôles est fixée par l'autorité compétente pour les homologuer en application de l'article 1658 en accord avec le directeur départemental des finances publiques. Cette date est indiquée sur le rôle ainsi que sur les avis d'imposition délivrés aux contribuables. / () ". Selon l'article 1663 du même code : " 1. Les impôts directs, produits et taxes assimilés, visés par le présent code, sont exigibles trente jours après la date de la mise en recouvrement du rôle. / () ". En outre, aux termes de l'article L. 253 du livre des procédures fiscales dans sa version applicable à la procédure de recouvrement en cause : " Un avis d'imposition est adressé sous pli fermé à tout contribuable inscrit au rôle des impôts directs ou, pour les redevables de l'impôt sur la fortune immobilière, au rôle de cet impôt, dans les conditions prévues aux articles 1658 à 1659 A du même code. / () ". Enfin, l'article L. 256 du même livre dispose : " Un avis de mise en recouvrement est adressé par le comptable public compétent à tout redevable des sommes, droits, taxes et redevances de toute nature dont le recouvrement lui incombe lorsque le paiement n'a pas été effectué à la date d'exigibilité. / () / L'avis de mise en recouvrement est individuel. Il est émis et rendu exécutoire par l'autorité administrative désignée par décret, selon les modalités prévues aux articles L. 212-1 et L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration. Les pouvoirs de l'autorité administrative susmentionnée sont également exercés par le comptable public compétent. / () ".
5. Pour contester les saisies administratives à tiers détenteur datées du 18 juin 2020 émises par le comptable public auprès de la CARPA et de la Société générale, M. C soutient qu'il n'a pas été destinataire d'avis de mise en recouvrement. Toutefois, il résulte de l'instruction que le requérant, qui ne le conteste pas, a opté pour la dématérialisation de la déclaration 2042, des avis d'impôts sur le revenu, prélèvements sociaux, impôt sur la fortune immobilière et impôts locaux depuis le 6 novembre 2014 et a été destinataire de courriels l'informant de ce qu'il pouvait consulter, sur son espace particulier du site internet impots.gouv.fr, les avis d'imposition concernant les cotisations de taxe d'habitation au titre des années 2015, 2016, 2107, 2018 et 2019, d'impôt sur le revenu et prélèvements sociaux au titre des années 2015, 2016 et 2017 ainsi que des majorations correspondantes, lesquelles avaient été mises en recouvrement entre le 31 octobre 2016 et le 31 janvier 2020. Par suite, et en tout état de cause, le moyen tiré de l'absence d'avis de mise en recouvrement doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 262 du livre des procédures fiscales : " 1. Les créances dont les comptables publics sont chargés du recouvrement peuvent faire l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur notifiée aux dépositaires, détenteurs ou débiteurs de sommes appartenant ou devant revenir aux redevables. / () / La saisie administrative à tiers détenteur emporte l'effet d'attribution immédiate prévu à l'article L. 211-2 du code des procédures civiles d'exécution. Les articles L. 162-1 et L. 162-2 du même code sont applicables. () / () / La saisie administrative à tiers détenteur a pour effet d'affecter, dès sa réception, les fonds dont le versement est ainsi demandé au paiement des sommes dues par le redevable, quelle que soit la date à laquelle les créances même conditionnelles ou à terme que le redevable possède à l'encontre du tiers saisi deviennent effectivement exigibles. / () ". Aux termes de l'article L. 162-2 du code des procédures civiles d'exécution : " Le tiers saisi laisse à disposition du débiteur personne physique, dans la limite du solde créditeur du ou des comptes au jour de la saisie, une somme à caractère alimentaire d'un montant égal au montant forfaitaire, pour un allocataire seul, mentionné à l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles. / Lorsque le débiteur est un entrepreneur individuel à responsabilité limitée, le premier alinéa ne s'applique qu'à la saisie des comptes afférents à son patrimoine non affecté. ". Enfin, l'article L. 211-2 du même code dispose : " L'acte de saisie emporte, à concurrence des sommes pour lesquelles elle est pratiquée, attribution immédiate au profit du saisissant de la créance saisie, disponible entre les mains du tiers ainsi que de tous ses accessoires. Il rend le tiers personnellement débiteur des causes de la saisie dans la limite de son obligation. / () ".
7. Il ressort de la combinaison des dispositions précitées que la contestation relative au caractère insaisissable des sommes appréhendées au titre d'une saisie administrative à tiers détenteur ressortit à la compétence du juge de l'exécution.
8. Pour contester les saisies administratives à tiers détenteur du 18 juin 2020, M. C soutient que l'administration fiscale ne pouvait saisir la somme de 564 euros à caractère alimentaire prévue par les articles L. 162-2 du code des procédures civiles d'exécution et L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles. Ce moyen, ressortissant à la compétence du juge de l'exécution ainsi qu'il a été dit au point précédent, doit être écarté comme inopérant.
9. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction, en particulier des tableaux produits par l'administration fiscale dans sa décision du 10 juillet 2020 de l'administration fiscale et les lettres du 18 juin 2020 notifiant à l'intéressé les saisies administratives à tiers détenteurs émises auprès de la CARPA pour un montant de 3 872 euros et de la Société générale pour un montant de 1 791 euros, que M. C, qui ne conteste pas sérieusement ces éléments, était redevable, à la date des actes de poursuite litigieux, d'une part, de la somme de 3 872 euros correspondant à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016 et de taxe d'habitation et de contribution à l'audiovisuel public auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016, 2017, 2018 et 2019 ainsi que des majorations correspondantes, d'autre part, de la somme de 1 791 euros correspondant à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre des années 2015, 2016 et 2017 ainsi que de la majoration correspondante. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'il n'était redevable que d'une cotisation d'impôt sur le revenu au titre de 2014 à hauteur de 1 505 euros ainsi que d'une majoration de 151 euros, d'une cotisation d'impôt sur le revenu au titre de 2015 pour un montant de 783 euros et d'une majoration de 78 euros, soit un total de 2 517 euros, selon un document qu'il désigne comme " avis de situation fiscale " faisant état d'une situation au 10 janvier 2020.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " / () / Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. () ".
11. M. C ne peut utilement soutenir qu'il a fait l'objet de doubles impositions, ce moyen relevant d'une contestation relative à l'assiette de l'impôt.
12. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 1920 et suivants du code général des impôts, tel qu'invoqué par le requérant, n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander la décharge de son obligation de payer résultant des saisies administratives à tiers détenteur en date du 18 juin 2020, émises par le comptable public auprès de la CARPA pour les montants de
3 872 euros et 1 791 euros, et auprès de la Société générale pour les montants de 3 872 euros et de 1 791 euros. Les conclusions à fin de décharge de l'obligation de payer doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions à fin de laisser à disposition une somme à caractère alimentaire en application de l'article L. 162-2 du code des procédures civiles d'exécution :
14. Les conclusions à fin de laisser à disposition du requérant la somme de 564 euros en application de l'article L. 162-2 du code des procédures civiles d'exécution ne portent ni sur la régularité en la forme de l'acte ni sur l'obligation de paiement ni sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués ni sur l'exigibilité de la somme réclamée et se rapportent à la quotité saisissable. Elles relèvent donc de la compétence du juge de l'exécution et non de celle du juge administratif. Par suite, elles doivent être rejetées comme irrecevables.
DECIDE :
Article 1er : Les requêtes nos 2004577, 20024578, 2004579 et 2004580 de M. C sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au directeur départemental des finances publiques du Pas-de-Calais.
Délibéré après l'audience du 19 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Paganel, président de la formation de jugement,
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.
La rapporteure,
Signé
L-J. B
Le président,
Signé
M. D
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2004577, 2004578, 2004579, 2004580
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026