mardi 5 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004630 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DUCLOY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 8 juillet 2020 et 9 mai 2022, Mme C B, représentée par Me Ducloy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de condamner le centre hospitalier de Cambrai au versement des intérêts moratoires au taux de 7,87 % courant à compter du 25 avril 2019 et jusqu'au 21 mai 2020, appliqués à la somme de 219 241,65 €, soit 18 416,30 € à parfaire au jour du jugement à intervenir, avec capitalisation des intérêts par année échue ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner le centre hospitalier de Cambrai au versement des intérêts moratoires au taux de 2,87 % courant à compter du 25 avril 2019 et jusqu'au 21 mai 2020, appliqués à la somme de 219 241,65 €, soit 6 732,70 € à parfaire au jour du jugement à intervenir, avec capitalisation des intérêts par année échue ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Cambrai la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable, dès lors qu'elle a présenté une réclamation indemnitaire préalable notamment par son courrier du 11 juillet 2019 et que les intérêts sont, en tout état de cause, dus de plein droit conformément à l'article 96 du décret du 7 mars 2001 ;
- en vertu des stipulations des articles 12.5 et 12.6 du cahier des clauses administratives particulières (CCAP), elle est fondée à demander le règlement des intérêts moratoires dus sur la somme de 219 241,65 euros, courant du 25 avril 2019 au 21 mai 2021, date de règlement effectif du principal ; en application de l'article 8 du décret du 21 février 2002, applicable au litige, le taux à appliquer est de 7,87 %, soit un montant total d'intérêts de 18 416,30 euros ;
- le centre hospitalier ne peut remettre en cause la date de réception du décompte intervenue le 12 mars 2019.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 mars 2021 et 25 mai 2022, le centre hospitalier de Cambrai, représenté par Me Guilmain, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors, d'une part, que le contentieux n'a pas été lié faute de toute demande préalable relative aux intérêts moratoires accessoires de la créance d'un montant de 219 241,65 euros, et d'autre part, que la requérante n'a pas présenté de mémoire en réclamation dans les conditions prévues à l'article 34.1 du CCAP ;
- la requérante ne peut se prévaloir du taux prévu par les dispositions du décret du 21 février 2002, inapplicable au litige ;
- le point de départ du délai de paiement ne saurait être le 25 avril 2019, date d'envoi de l'état d'acompte n°43 qui ne constitue pas un projet de décompte finalisé ; la plus tardive des deux dates visées à l'article 12.5 du CCAP est le 19 octobre 2019, date de publication de l'index de référence applicable au mois de juillet de cette même année ; à défaut, devrait être retenue la date de réception de la réclamation présentée par la requérante contre le décompte général et définitif, laquelle n'est établie par aucune pièce ;
- les intérêts ne courent que jusqu'à la date de mandatement de la somme due au principal, soit le 15 novembre 2019, la nécessité de procéder à un nouveau mandatement le 30 janvier 2020 en raison de demandes de pièces injustifiées du comptable ne lui étant pas imputable ;
- si la requérante invoque des problèmes de trésorerie, ils ne sont pas établis ; en tout état de cause, si une tardiveté dans l'établissement du décompte devait être retenue, l'intéressée n'y est pas étrangère.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code des marchés publics ;
- le décret n° 2001-210 du 7 mars 2001 ;
- le décret n° 2002-232 du 21 février 2002 ;
- l'arrêté du 17 janvier 1991 relatif aux intérêts moratoires dus en application du code des marchés publics ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Lassaux, rapporteur public,
- les observations de Me Gobillot, substituant Me Ducloy, représentant Mme B, et celles de Me Guilmain, représentant le centre hospitalier de Cambrai.
Considérant ce qui suit :
1. Par un acte d'engagement conclu le 2 juillet 2002, le centre hospitalier de Cambrai (Nord) a confié les travaux de restructuration des bâtiments de médecine-chirurgie-obstétrique et du pôle logistique ainsi que de l'institut de formation en soins infirmiers à un groupement de maîtrise d'œuvre composé de Mme C B, mandataire solidaire du groupement, la société Ingérop et le groupement solidaire Jacques Rivollier, Jean-Marc Touret et Jean-Marie Valentin. Le 11 mars 2019, Mme B a adressé son état d'acompte n° 43 au centre hospitalier de Cambrai pour un montant de 373 090,81 euros hors taxes (HT) soit 447 708,97 euros toutes taxes comprises (TTC). Après plusieurs courriers de relance, le centre hospitalier de Cambrai lui a adressé, par courrier du 1er juillet suivant, un document intitulé " décompte général et définitif " arrêtant le solde restant à verser à l'intéressée à 183 312,42 euros HT soit 219 241,65 euros TTC, incluant le montant des révisions. Ce décompte a fait l'objet d'une réclamation en date du 11 juillet 2019.
2. Sur saisine de Mme C B, le juge des référés du tribunal de céans a, par une ordonnance du 9 avril 2020, condamné le centre hospitalier de Cambrai à verser à l'intéressée une somme de 219 241,65 euros, à titre provisionnel. En exécution de cette ordonnance, la somme a effectivement été réglée le 21 mai 2020. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Cambrai au versement des intérêts moratoires au taux de 7,87 %, ou à défaut de 2,87 %, courant à compter du 25 avril 2019 et jusqu'au 21 mai 2020, appliqués à la somme de 219 241,65 euros, soit 18.416,30 euros ou à défaut 6 732,70 €, à parfaire au jour du jugement à intervenir, avec capitalisation des intérêts par année échue.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 34.1 du cahier des clauses administratives particulières : " Tout différend entre le titulaire et la personne responsable du marché doit faire l'objet, de la part du titulaire, d'un mémoire de réclamation qui doit être remis à la personne responsable du marché. / La personne publique dispose d'un délai de deux mois compté à partir de la réception du mémoire de réclamation pour notifier sa décision. L'absence de décision dans ce délai vaut rejet de la réclamation ". Et, aux termes de l'article 178 du code des marchés publics dans sa version alors en vigueur : " () / II. - Le défaut de mandatement dans le délai prévu () fait courir de plein droit et sans autre formalité, au bénéfice du titulaire (), des intérêts moratoires, à partir du jour suivant l'expiration dudit délai () / () ".
4. Il résulte de l'instruction que les intérêts moratoires prévus à l'article 12.6 du CCAP du marché en cause, lequel se borne à renvoyer pour leur application aux dispositions règlementaires en vigueur, sont dus de plein droit et sans autre formalité en cas de retard de la personne publique dans le paiement des sommes dues en exécution de ce marché, conformément aux dispositions précitées de l'article 178 du code des marchés publics. Par suite, les stipulations de l'article 34.1 de ce même CCAP, relatives aux modalités de règlement des différends intervenants au cours de l'exécution du contrat jusqu'à l'établissement du solde et imposant la présentation d'un mémoire en réclamation préalablement à la saisine du présent tribunal, ne sauraient s'appliquer au règlement des intérêts. Par suite, la fin de non-recevoir ainsi soulevée ne peut qu'être écartée comme étant inopérante.
5. En second lieu, aux termes de l'article R.421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / Le délai prévu au premier alinéa n'est pas applicable à la contestation des mesures prises pour l'exécution d'un contrat ". Ainsi qu'il a été dit au paragraphe précédent, les intérêts moratoires sont dus de plein droit et sans autre formalité, sans qu'il soit besoin d'en faire la demande préalablement à l'introduction d'un recours contentieux. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de liaison du contentieux, sur le fondement des dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, lesquelles ne sont en tout état de cause pas applicables au règlement d'un différend contractuel, ne peut par suite qu'être écartée comme étant également inopérant.
Sur les intérêts moratoires :
En ce qui concerne le cadre juridique du litige :
6. D'une part, aux termes de l'article 12.5 du CCAP du marché : " Les délais dont dispose la personne publique pour procéder au mandatement des acomptes, du solde et des paiements partiels définitifs sont fixés comme suit : / () / le paiement du solde ou des paiements partiels définitifs doit intervenir dans les quarante-cinq (45) jours à compter de la plus tardive des dates suivantes : date de publication de l'index de référence permettant la révision du solde ou date de réception par la personne chargée de la gestion du marché du projet de décompte. / () / En cas de contestation sur le montant de la somme due, la personne responsable du marché procède au paiement, dans les délais prévus au deuxième alinéa, les sommes qu'elle a admises. () / () ". Et, aux termes de l'article 12.6 de ce même CCAP : " le titulaire a droit à des intérêts moratoires dans les conditions réglementaires en cas de retard dans le paiement tel qu'il est prévu ci-avant ".
7. D'autre part, aux termes de l'article 96 du code des marchés publics issu du décret du 7 mars 2001 portant code des marchés publics : " Les sommes dues en exécution d'un marché public sont payées dans un délai prévu par le marché ou, à défaut, dans un délai maximum fixé par voie réglementaire./ Le dépassement du délai de paiement ouvre de plein droit et sans autre formalité, pour le titulaire du marché ou le sous-traitant, le bénéfice d'intérêts moratoires, à compter du jour suivant l'expiration du délai. / Un décret précise les modalités d'application du présent article ". Par ailleurs, aux termes de l'article 2 du décret du 21 février 2002 relatif au délai maximum de paiement dans les marchés publics, dans sa version initiale : " Il est inséré dans l'article 3 du décret du 7 mars 2001 susvisé un III ainsi rédigé : " III. - 1. L'article 96 est applicable aux marchés dont la procédure de consultation est engagée ou l'avis d'appel public à la concurrence est envoyé à la publication postérieurement au 1er mars 2002 ou, en ce qui concerne les établissements publics de santé et les établissements du service de santé des armées, postérieurement au 1er juillet 2002 () ". Et, en vertu de l'article 11 de ce même décret : " Le présent décret est applicable aux marchés dont la procédure de consultation est engagée ou l'avis d'appel public à la concurrence est envoyé à la publication postérieurement au 1er mars 2002. Il entre en vigueur à compter du 1er mars 2002 pour les marchés sans formalités préalables passés après cette date. / Pour les établissements publics de santé et les établissements du service de santé des armées, la date d'entrée en vigueur mentionnée à l'alinéa précédent est le 1er juillet 2002 ".
8. Ainsi, nonobstant l'abrogation du code des marchés publics par les dispositions précitées du décret du 7 mars 2001, en l'absence de décret d'application de l'article 96 du nouveau code des marchés publics, celles de l'article 178 sont restées en vigueur jusqu'aux dates fixées par les dispositions précitées de l'article 11 du décret du 21 février 2002. Il en résulte que sont seules applicables au présent litige les dispositions de l'article 178 précité, lequel dispose que : " () / II. - Le défaut de mandatement dans le délai prévu au I ci-dessus fait courir de plein droit et sans autre formalité, au bénéfice du titulaire ou du sous-traitant, des intérêts moratoires, à partir du jour suivant l'expiration dudit délai jusqu'au quinzième jour inclus suivant la date du mandatement du principal. / Toutefois, dans le cas où le mandatement est effectué hors du délai prévu au présent article, lorsque les intérêts moratoires n'ont pas été mandatés en même temps que le principal et que la date du mandatement n'a pas été communiquée au titulaire, les intérêts moratoires sont dus jusqu'à ce que les fonds soient mis à la disposition du titulaire. / Le défaut de mandatement de tout ou partie des intérêts moratoires lors du mandatement du principal entraîne une majoration de 2 p. 100 du montant de ces intérêts par mois de retard. Le retard auquel s'applique le pourcentage est calculé par mois entiers décomptés de quantième à quantième. Toute période inférieure à un mois entier est comptée pour un mois entier. / ()". Enfin, aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 17 janvier 1991 relatif aux intérêts moratoires dus en application du code des marchés publics : " Le taux des intérêts moratoires prévu à l'article 182 du code des marchés publics est le taux d'intérêt légal en vigueur à la date à laquelle les intérêts ont commencé à courir, majoré de 2 points. Les intérêts moratoires sont appliqués au montant des sommes dues, y compris la taxe sur la valeur ajoutée ".
En ce qui concerne les faits de l'espèce :
S'agissant du point de départ des intérêts moratoires :
9. En premier lieu, si le centre hospitalier de Cambrai soutient que le point de départ des intérêts doit être arrêté 45 jours après la date de publication de l'index de référence mentionné à l'article 12.5 précité du CCAP du marché en cause applicable au mois de juillet 2019, soit le 19 octobre 2019, il résulte des stipulations de l'article 11.4 de ce CCAP que l'index de référence servant à la révision du solde du marché est celui applicable le mois au cours duquel ont été exécutés les éléments de mission concernés et non celui au cours duquel a été établi le décompte général. Par ailleurs, le centre hospitalier n'établit par aucune pièce que les prestations de la maitrise d'œuvre se seraient achevées au mois de juillet 2019, alors même que le titulaire estimait nécessairement avoir fini sa mission, a minima, au mois de mars 2019 lorsqu'il a présenté son dernier état d'acompte.
10. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que Mme B a adressé au centre hospitalier de Cambrai un projet de décompte final daté du 11 mars 2019, sans en établir la date de réception. Néanmoins, eu égard à la procédure d'élaboration du décompte général et définitif telle que décrite par les stipulations de l'article 12.3.2 du CCAP du marché en cause, le centre hospitalier de Cambrai, qui ne conteste au demeurant pas avoir reçu ce projet de décompte final, en a nécessairement eu connaissance avant d'établir le décompte général daté quant à lui du 1er juillet 2019, soit au plus tard à cette date.
11. Compte tenu de ce qui précède, la date de réception par le centre hospitalier du projet de décompte final de Mme B intervenue au plus tard le 1er juillet 2019 doit être retenue comme la plus tardive des deux dates mentionnées à l'article 12.5 du CCAP. Il suit de là que les intérêts moratoires contractuels ont commencé à courir à compter du 16 août 2019.
S'agissant de la date d'échéance des intérêts moratoires :
12. Aux termes de l'article 178 du code des marchés publics, dans sa version alors en vigueur : " () / () dans le cas où le mandatement est effectué hors du délai prévu au présent article, lorsque les intérêts moratoires n'ont pas été mandatés en même temps que le principal et que la date du mandatement n'a pas été communiquée au titulaire, les intérêts moratoires sont dus jusqu'à ce que les fonds soient mis à la disposition du titulaire. / () ".
13. Il résulte de l'instruction que les intérêts n'ont pas été réglés en même temps que le mandatement de la somme due au principal et le centre hospitalier ne soutient ni même n'allègue avoir informé la requérante de la date de mandatement. Par suite, conformément aux dispositions précitées de l'article 178 du code des marchés publics les intérêts ont continué à courir jusqu'à la date à laquelle les fonds ont été mis à disposition du titulaire. Il n'est pas contesté que le paiement effectif est intervenu entre les mains de Mme B le 21 mai 2020, sans qu'ait ainsi d'incidence la prétendue erreur alléguée, mais non démontrée, du comptable public.
14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B est fondée à demander au tribunal le versement des intérêts moratoires dus sur la somme de 219 241,65 euros à compter du 16 août 2019 et jusqu'au 21 mai 2020, au taux prévu à l'article 2 de l'arrêté du 17 janvier 1991 cité au point 8, soit le taux d'intérêt légal en vigueur à la date du 16 août 2019 + 2 points.
Sur la capitalisation des intérêts :
15. Aux termes de l'article 1343-2 du code civil : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ".
16. Compte tenu de ce qui précède, il n'est pas dû une année entière d'intérêts. Par suite, conformément aux dispositions précitées de l'article 1343-2 du code civil, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de capitalisation présentée par Mme B.
Sur les frais liés au litige :
17. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Cambrai le versement à Mme B de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Cambrai versera à Mme B les intérêts moratoires contractuels au taux de 2,87 % appliqués sur la somme globale de 219 241,65 euros sur la période courant du 16 août 2019 au 21 mai 2020.
Article 2 : Le centre hospitalier de Cambrai versera à Mme B la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié au centre hospitalier de Cambrai et à Mme C B.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bauzerand, président,
M. Even, premier conseiller,
Mme Piou, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.
La rapporteure,
signé
C. A
Le président,
signé
Ch. BAUZERAND
La greffière,
signé
M. NICODEME
La République mande et ordonne au préfet du Nord, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026