jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2004936 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | C.V.S. CORNET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 juillet 2020, 9 juillet 2021 et 13 décembre 2021, Mme C B, représentée par Me Bianchi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, de condamner le centre hospitalier de Sambre-Avesnois à lui verser la somme de 190 292,19 euros à titre de rappel de traitements pour la période du 1er septembre 2017 au 31 mai 2020 ;
2°) à titre subsidiaire, de condamner le centre hospitalier de Sambre-Avesnois à lui verser les sommes de 11 515,38 euros au titre de l'indemnité compensatrice de préavis, 6 909,22 euros au titre de l'indemnité compensatrice de congés annuels, 34 392,24 euros au titre de l'indemnité de licenciement et 60 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Sambre-Avesnois la somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la décision par laquelle elle avait été informée du non-renouvellement de son contrat de praticienne attachée ayant été annulée par le tribunal de céans, elle doit être regardée comme étant bénéficiaire, à compter du 1er septembre 2017, d'une décision tacite de renouvellement de son contrat à durée déterminée en contrat à durée indéterminée ;
- à titre subsidiaire, la décision du 23 décembre 2019 ne lui ayant pas été notifiée, aucune décision de renouvellement ou de non-renouvellement n'a été prise par le centre hospitalier de Sambre-Avesnois, de sorte que la rupture de son contrat de travail est intervenue de manière abusive.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 janvier 2021 et 10 septembre 2021, le centre hospitalier de Sambre-Avesnois, représenté par Me Pichon, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B le versement de la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conclusions subsidiaires présentées pour la première fois par la requérante dans son mémoire en réplique enregistré le 9 juillet 2021 sont irrecevables, dès lors qu'elles se rapportent à un fait générateur distinct de celui dont elle se prévalait à l'appui de ses conclusions principales ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 17 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 janvier 2022.
Les parties ont été informées, par application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement du tribunal était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que sont tardives et, par suite, irrecevables les conclusions subsidiaires de Mme B, présentées dans le mémoire enregistré le 9 juillet 2021 et tendant à la condamnation du centre hospitalier de Sambre-Avesnois à lui verser des sommes au titre des préjudices subis, de l'indemnité compensatrice de préavis, de l'indemnité compensatrice de congés annuels et de l'indemnité de licenciement.
Des observations, enregistrées le 28 mars 2023, ont été présentées pour Mme B sur le moyen susceptible d'être relevé d'office.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Quint, rapporteur public,
- et les observations de Me Hennion, substituant Me Bianchi, avocat de Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée par le centre hospitalier de Sambre-Avesnois en qualité de praticienne attachée à compter du 1er septembre 2012, ce contrat à durée déterminée ayant été renouvelé une première fois pour une durée d'un an, puis une seconde fois pour une durée de trois ans jusqu'au 31 août 2017. Mme B demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Sambre-Avesnois à lui verser, à titre principal, une somme correspondant à un rappel de traitements pour la période du 1er septembre 2017 au 31 mai 2020 ou, à titre subsidiaire, des sommes au titre de l'indemnité compensatrice de préavis, de l'indemnité compensatrice de congés annuels, de l'indemnité de licenciement et en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur les conclusions à fin de condamnation présentées à titre principal :
2. Aux termes de l'article R. 6152-610 du code de la santé publique : " Les praticiens attachés sont recrutés pour un contrat d'une durée maximale d'un an, renouvelable dans la limite d'une durée totale de vingt-quatre mois. () / À l'issue de cette période de vingt-quatre mois, le renouvellement s'effectue par un contrat de trois ans, renouvelable de droit, par décision expresse. À l'issue du contrat triennal, le renouvellement s'effectue par un contrat à durée indéterminée. / () ". Il résulte de ces dispositions que, par dérogation au principe selon lequel l'agent public dont le contrat arrive à son terme n'a pas de droit à son renouvellement, le praticien attaché, parvenu au terme d'un contrat de trois ans faisant suite à une période initiale de recrutement de vingt-quatre mois, a le droit de se voir proposer par le centre hospitalier qui l'emploie de poursuivre son engagement dans le cadre d'un contrat qui, du fait des dispositions précitées de l'article R. 6152-610 du code de la santé publique, ne peut être qu'un contrat à durée indéterminée conclu sur décision expresse du directeur de l'établissement.
3. Si Mme B soutient, à l'appui de ses conclusions tendant au versement d'un rappel de traitements, qu'elle peut se prévaloir de l'existence d'une " décision tacite de renouvellement en contrat à durée indéterminée ", il résulte de ce qui a été dit au point précédent qu'un contrat à durée indéterminée ne peut être conclu que sur décision expresse du directeur de l'établissement. En tout état de cause, l'intéressée ne peut prétendre, en l'absence de service fait, au paiement des rémunérations dont elle aurait été privée à compter du 1er septembre 2017. Par suite, Mme B n'est pas fondée à demander la condamnation du centre hospitalier de Sambre-Avesnois à lui verser une somme à titre de rappel de traitements pour la période du 1er septembre 2017 au 31 mai 2020.
Sur les conclusions à fin de condamnation présentées à titre subsidiaire :
4. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-2 du code de justice administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours ".
5. D'autre part, en vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code, aux termes desquelles : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de son article L. 112-6, qui dispose que : " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ".
6. Enfin, l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents.
7. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux agents publics. Ce n'est qu'au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'il dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai pour se pourvoir.
8. Par ailleurs, aux termes du premier alinéa de l'article 2 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période : " Tout acte, recours, action en justice, formalité, inscription, déclaration, notification ou publication prescrit par la loi ou le règlement à peine de nullité, sanction, caducité, forclusion, prescription, inopposabilité, irrecevabilité, péremption, désistement d'office, application d'un régime particulier, non avenu ou déchéance d'un droit quelconque et qui aurait dû être accompli pendant la période mentionnée à l'article 1er sera réputé avoir été fait à temps s'il a été effectué dans un délai qui ne peut excéder, à compter de la fin de cette période, le délai légalement imparti pour agir, dans la limite de deux mois ", la période en cause étant, en vertu de l'article 1er de la même ordonnance, celle courant entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus.
9. Il résulte de l'instruction que Mme B a saisi le directeur du centre hospitalier de Sambre-Avesnois, le 10 janvier 2020, notamment, d'une demande tendant au versement des sommes de 11 515,38 euros au titre de l'indemnité compensatrice de préavis, 6 909,22 euros au titre de l'indemnité compensatrice de congés annuels, 34 392,24 euros au titre de l'indemnité de licenciement et 60 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis. Le silence gardé par le directeur de cet établissement sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet le 10 mars 2020. En application des dispositions combinées du premier alinéa de l'article R. 421-2 du code de justice administrative et de l'article 2 de l'ordonnance du 25 mars 2020, le délai de recours contre cette décision implicite a couru à compter de cette date et Mme B était recevable à la contester jusqu'au 24 août 2020. Par suite, les conclusions à fin de condamnation au versement des sommes en litige, qui ont été présentées par la requérante pour la première fois dans son mémoire en réplique enregistré le 9 juillet 2021, sont tardives et, par suite, irrecevables.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du centre hospitalier de Sambre-Avesnois, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement de la somme que Mme B demande au titre des frais qu'elle a exposés. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme que le centre hospitalier de Sambre-Avesnois demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Sambre-Avesnois au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au centre hospitalier de Sambre-Avesnois.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Dang, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
L. DANGLe président-rapporteur,
Signé
O. A
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026