mercredi 5 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2005041 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | DE BERNY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 22 juillet 2020 et 24 novembre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, représentée par Me de Berny, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier de Valenciennes à lui verser une somme de 20 772,33 euros en remboursement des dépenses exposées pour le compte de son assuré, M. B D, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de sa demande indemnitaire préalable, soit le 11 mai 2020, et de la capitalisation de ces intérêts ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Valenciennes l'indemnité forfaitaire de gestion ;
3°) de déclarer le jugement commun et opposable à M. B D ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Valenciennes une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- M. D a contracté, lors de son hospitalisation au centre hospitalier de Valenciennes du 7 au 26 octobre 2013 pour la réalisation d'une ligamentoplastie du genou droit, une infection nosocomiale dont les conséquences doivent être réparées par le centre hospitalier de Valenciennes ;
- elle a exposé, en lien avec les conséquences de cette infection nosocomiale, des dépenses de santé actuelles pour le compte de son assuré qui se décomposent comme suit et qui doivent lui être remboursées par le centre hospitalier de Valenciennes :
* 12 832,65 euros au titre des frais hospitaliers exposés pour la période du 24 novembre 2013 au 3 décembre 2013, cette hospitalisation étant exclusivement imputable à l'infection nosocomiale ;
* 5 924,52 euros au titre des frais hospitaliers exposés pour la période du 20 janvier au 28 novembre 2014 ;
* 184,54 euros au titre des frais médicaux exposés sur la période du 9 décembre 2013 au 27 octobre 2014 ;
* 651,64 euros au titre des frais pharmaceutiques exposés sur la période du 4 décembre 2013 au 18 janvier 2014 ;
* 1 178,98 euros au titre des frais de transport exposés du 20 janvier 2014 au 4 novembre 2014.
La requête a été communiquée à M. B D qui n'a présenté de mémoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 novembre 2021, le centre hospitalier de Valenciennes, représenté par Me Segard, conclut :
1°) à titre principal, à la limitation de la somme à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut à hauteur de 19 593,35 euros ;
2°) à titre subsidiaire, à la limitation de la somme à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut à hauteur de 20 772,33 euros ;
3°) au rejet des conclusions de la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il s'en rapporte à la sagesse du tribunal s'agissant du principe de sa responsabilité ;
- il y a lieu de rembourser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut les frais hospitaliers d'un montant de 12 832,65 euros que cette dernière réclame ;
- il y a seulement lieu, en revanche, d'allouer à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut une somme de 5 924,52 euros pour les frais hospitaliers qu'elle a exposés sur la période du 20 janvier 2014 au 28 novembre 2014, les hospitalisations de M. D sur cette période n'étant liées que pour 25% à l'infection nosocomiale contractée par ce dernier ;
- il y a lieu d'allouer à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 836,18 euros qu'elle réclame pour la prise en charge des frais médicaux et pharmaceutiques ;
- la caisse primaire d'assurance maladie n'établit pas avoir exposé les frais de transport en cause ; à titre subsidiaire, ces frais de transport ne pourront donner lieu qu'à une indemnisation de 1 178,98 euros dès qu'il ne sont imputables qu'à hauteur de 25% à l'infection nosocomiale contractée par M. D.
Par une ordonnance du 23 juin 2022 la clôture de l'instruction a été fixée au 29 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 1803307 du 31 août 2018 par laquelle le président du tribunal administratif de Lille a désigné le docteur G A en qualité d'expert ;
- l'ordonnance du 8 octobre 2018 par laquelle le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille a désigné le docteur F E en qualité de sapiteur ;
- le rapport d'expertise déposé au greffe du tribunal le 3 juin 2019 ;
- l'ordonnance du 28 juin 2019 par laquelle le magistrat désigné par le tribunal administratif de Lille a liquidé et taxé à la somme de 2 000 euros, qui comprend le montant de l'allocation provisionnelle de même montant accordée par une ordonnance du 8 octobre 2018, les frais de l'expertise du docteur A et a liquidé et taxé à la somme de 1 200 euros, qui comprend le montant de l'allocation provisionnelle de même montant accordée par une ordonnance du 8 octobre 2018, les frais de l'expertise du docteur E.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Riou, président-rapporteur,
- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B D, né le 8 avril 1967, a été victime, le 20 septembre 2013, d'un accident du travail responsable d'un traumatisme du genou droit et de l'épaule droite. Après consultation d'un orthopédiste exerçant au centre hospitalier de Valenciennes et réalisation d'une imagerie par résonance magnétique (IRM) le 27 septembre 2013, il lui a été diagnostiqué une rupture des ligaments croisés antérieurs et postérieurs, une rupture du ligament collatéral médial ainsi qu'une fracture de la partie postérieure du plateau tibial latéral et une lésion complexe du ménisque externe avec amputation partielle et fissure oblique de la corne postérieure. Ces lésions nécessitant une intervention chirurgicale, il a été hospitalisé, du 7 au 16 octobre 2013 au centre hospitalier de Valenciennes, hospitalisation au cours de laquelle il a subi, le 8 octobre 2013, une ligamentoplastie du genou droit. Le 14 novembre 2013, à l'occasion d'une consultation post-opératoire, il a été constaté une légère irritation cutanée au niveau de la cicatrice ainsi qu'une diminution des amplitudes articulaires justifiant une mobilisation du genou sous anesthésie générale. Cette intervention, initialement prévue pour le 19 novembre 2013, a justifié l'admission de M. D au centre hospitalier de Valenciennes le 18 novembre 2013. En raison d'épisodes d'hyperthermie ayant débuté dès le 18 novembre 2013 et d'un écoulement suspect par un orifice cicatriciel du genou, l'intervention a été reportée au 22 novembre 2013. Le 22 novembre 2013, M. D a subi une mobilisation du genou sous anesthésie générale au cours de laquelle les prélèvements per opératoires réalisés ont mis en évidence une infection par un streptocoque agalactiae du groupe B laquelle a justifié la mise en place d'une antibiothérapie probabiliste. En raison d'un suintement persistant au niveau de la cicatrice, M. D a de nouveau été opéré le 26 novembre 2013 pour un lavage chirurgical. Le prélèvement per opératoire effectué à cette occasion a confirmé la persistance d'une infection par streptocoque agalactiae. En raison de l'évolution favorable de son état de santé, M. D a été autorisé à sortir le 3 décembre 2013 avec un traitement antibiotique qu'il a poursuivi jusqu'au 3 mars 2014. Du 20 janvier au 9 mai 2014 puis du 1er septembre au 28 novembre 2014, M. D a été hospitalisé de jour au centre de rééducation et de réadaptation La Rougeville à Saint-Saulve (59).
L'évolution de cette infection a été favorable.
2. Afin que soient évalués la responsabilité du centre hospitalier de Valenciennes et les préjudices subis du fait de sa prise en charge au sein de cet établissement, M. D a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Lille aux fins de réalisation d'une expertise judiciaire. Par une ordonnance du 31 août 2018, le président de ce tribunal a désigné le docteur A, infectiologue, avec mission, notamment, de déterminer les responsabilités encourues et d'évaluer les préjudices subis. Ce dernier a été secondé dans sa mission par le docteur E, chirurgien orthopédiste, désigné sapiteur par une ordonnance du 8 octobre 2018 du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille. Le rapport d'expertise a été déposé au greffe du tribunal le 3 juin 2019. Par courrier du 11 mai 2020, reçu le lendemain et demeuré sans réponse, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut a adressé au centre hospitalier de Valenciennes une demande indemnitaire préalable tendant au remboursement de ses débours. La caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Valenciennes au versement de la somme de 20 772,33 euros au titre des frais qu'elle a exposés pour le compte de son assuré.
Sur la déclaration de jugement commun et opposable :
3. Aux termes des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () L'intéressé ou ses ayants droit doivent indiquer, en tout état de la procédure, la qualité d'assuré social de la victime de l'accident ainsi que les caisses de sécurité sociale auxquelles celle-ci est ou était affiliée pour les divers risques. Ils doivent appeler ces caisses en déclaration de jugement commun ou réciproquement. A défaut du respect de l'une de ces obligations, la nullité du jugement sur le fond pourra être demandée pendant deux ans, à compter de la date à partir de laquelle ledit jugement est devenu définitif, soit à la requête du ministère public, soit à la demande des caisses de sécurité sociale intéressées ou du tiers responsable, lorsque ces derniers y auront intérêt () ". En application de ces dispositions, il incombe au juge administratif, saisi d'un recours indemnitaire de la victime contre une personne publique regardée comme responsable de l'accident, de mettre en cause les caisses auxquelles la victime est ou était affiliée. Symétriquement, lorsque le juge est saisi d'un recours indemnitaire introduit contre la personne publique par une caisse agissant dans le cadre de la subrogation légale, il lui incombe de mettre en cause la victime. Le défaut de mise en cause, selon le cas, de la caisse ou de la victime entache la procédure d'irrégularité.
4. En l'espèce, il n'appartient pas au juge administratif de déclarer le présent jugement commun et opposable à M. D, celui-ci ayant été régulièrement mis en cause, dans la présente instance. Par suite, les conclusions présentées en ce sens par la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut doivent être rejetées.
Sur le recours subrogatoire de la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut :
5. La caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut exerce sur les réparations dues au titre des préjudices subis par M. D le recours subrogatoire prévu par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
En ce qui concerne le principe de la responsabilité du centre hospitalier de Valenciennes :
6. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. / () ". Aux termes de l'article L. 1142-1-1 du même code : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : / 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales ; / () ". Doit être regardée, au sens de ces dispositions, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
7. Il résulte de l'instruction, en particulier des conclusions expertales, et n'est pas contesté par les parties, que M. D a contracté, au cours de son hospitalisation au centre hospitalier de Valenciennes du 7 au 16 octobre 2013 pour la réalisation, le 8 octobre 2013, d'une ligamentoplastie du genou droit, une infection à streptocoque agalactiae, dont les premiers signes ont été décelés lors d'une consultation post opératoire du 14 novembre 2013 et dont le diagnostic définitif a été posé après réception des résultats des prélèvement per opératoires réalisés lors de l'hospitalisation de M. D du 22 novembre au 3 décembre 2013. Dès lors qu'il est constant que ce germe n'était ni présent ni en incubation avant le début de la prise en charge de M. D au sein du centre hospitalier de Valenciennes le 7 octobre 2013, cette infection, constatée au niveau de la cicatrice quelques semaines après l'opération, présente le caractère d'une infection nosocomiale. Dans ces conditions, et dès lors qu'il résulte du rapport d'expertise que le déficit fonctionnel permanent dont est atteint M. D en lien avec cette infection est égal à 1%, évaluation qui n'est pas contestée par les parties, il appartient au centre hospitalier de Valenciennes de rembourser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut les sommes exposées par celle-ci pour le compte de M. D en lien avec les conséquences de cette infection.
En ce qui concerne le remboursement des débours de la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut :
S'agissant des frais hospitaliers :
8. En premier lieu, la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut justifie, ce que le relevé définitif des débours du 9 avril 2020 et l'attestation d'imputabilité de son médecin conseil du 24 juin 2020 suffisent à établir, avoir exposé des frais hospitaliers d'un montant de 12 832,65 euros pour l'hospitalisation de M. D du 24 novembre 2013 au 3 décembre 2013 au centre hospitalier de Valenciennes à la suite de son admission dans cet établissement le 22 novembre 2013 pour une mobilisation du genou droit sous anesthésie générale, elle-même liée à une complication non fautive et non infectieuse de l'intervention initiale d'octobre 2013. Il résulte des conclusions expertales, et n'est pas contesté par les parties, qu'une telle intervention nécessite en principe une hospitalisation de deux jours et que le prolongation de l'hospitalisation de M. D à partir du 24 novembre 2013 est exclusivement liée à l'infection nosocomiale à streptocoque agalactiae qu'il a contractée au cours de son hospitalisation dans le même établissement du 7 au 16 octobre 2013 et dont le diagnostic définitif a été posé à la suite des prélèvements per opératoires réalisés lors de l'intervention du 22 novembre 2022. Par suite, il y a lieu de condamner le centre hospitalier de Valenciennes à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 12 832,65 euros.
9. En second lieu, il résulte du rapport d'expertise précité que, sur la période du 20 janvier 2014 au 28 novembre 2014, période pendant laquelle M. D a présenté un déficit fonctionnel temporaire allant de 75% à 10%, 25% de ce déficit fonctionnel temporaire doit être regardé comme exclusivement imputable à l'infection nosocomiale contractée par ce dernier. Il est constant entre les parties que, par conséquent, un quart des frais hospitaliers exposés par la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut sur la période du 20 janvier au 28 novembre 2014, correspondant à l'hospitalisation de jour précitée, doivent être regardés comme imputables à l'infection nosocomiale en cause et doivent lui être remboursés par le centre hospitalier de Valenciennes. La caisse primaire d'assurance maladie établit avoir exposé sur cette période, pour le compte de son assuré, des frais hospitaliers d'un montant total de 23 698,08 euros correspondant à l'hospitalisation de jour de M. D en centre de rééducation du 20 janvier 2014 au 18 avril 2014, du 22 avril 2014 au 25 avril 2014, du 28 avril 2014 au 30 avril 2014, le 2 mai 2014, du 5 au 7 mai 2014, le 9 mai 2014, du 1er septembre au 1er octobre 2014, du 20 octobre au 28 novembre 2014. Il y a lieu, par suite, de condamner le centre hospitalier de Valenciennes à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 5 924,52 euros (23 698,08 X 0,25).
S'agissant des frais médicaux et pharmaceutiques :
10. La caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut justifie, par la production du relevé définitif de ses débours et l'attestation d'imputabilité de son médecin conseil précités, avoir exposé, pour le compte de son assuré, des frais médicaux d'un montant de 184,54 euros sur la période du 9 décembre 2013 au 27 octobre 2014 et des frais pharmaceutiques d'un montant de 651,64 euros sur la période du 4 décembre 2013 au 18 janvier 2014, en lien avec l'infection nosocomiale contractée par M. D et qui correspondent à des consultations chirurgicales et des actes d'imageries, des consultations auprès d'un spécialiste des maladie infectieuses, des actes infirmiers, de séances de kinésithérapie, des actes de biologie, à la délivrance d'antibiotiques et d'anticoagulants ainsi qu'à la délivrance de pansements. Il y a lieu, par suite de condamner le centre hospitalier de Valenciennes à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 836,18 euros.
S'agissant des frais de transport :
11. La caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut justifie, ce que le relevé définitif des débours du 9 avril 2020 et l'attestation d'imputabilité de son médecin conseil du 24 juin 2020 suffisent à établir, avoir exposé pour le compte de M. D des frais de transport sur la période du 20 janvier au 4 novembre 2014 d'un montant total de 4 715,94 euros. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9 du présent jugement, il y a lieu de considérer que seuls 25% de ces frais, supportés au cours de la période de rééducation en hospitalisation de jour, sont imputables à l'infection nosocomiale contractée par M. D. Il y a lieu, par suite, de condamner le centre hospitalier de Valenciennes à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut la somme de 1 178,98 euros (4 715,94 X 0,25).
12. Il résulte de tout ce qui précède que la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut est fondée à solliciter au titre de ses débours avant consolidation le remboursement de la somme de 20 772,33 euros (12 832,65 + 5 924,52 + 184,54 + 651,64 + 1 178,98).
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
13. Aux termes de l'article L. 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, et, d'autre part, que la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.
14. La somme allouée à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut au titre de ses débours exposés pour le compte de M. D sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 12 mai 2020, date de réception par le centre hospitalier de Valenciennes de sa demande indemnitaire préalable. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 12 mai 2021 à minuit, date à laquelle était due une année entière d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de celle-ci
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne l'indemnité forfaitaire de gestion :
15. Il résulte des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que le montant de l'indemnité forfaitaire qu'elles instituent est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un plafond dont le montant est révisé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2023 ".
16. En application des dispositions précitées, et eu égard au montant de la somme allouée à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Valenciennes le versement de la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
En ce qui concerne les dépens :
17. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise liquidés et taxés à la somme de 3 200 euros par une ordonnance du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille du 28 juin 2019, à la charge définitive du centre hospitalier de Valenciennes.
En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :
18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Valenciennes une somme de 1 000 euros à verser à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier de Valenciennes versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut une somme de 20 772,33 euros au titre des frais exposés pour le compte de M. D avec intérêts au taux légal à compter du 12 mai 2020. Les intérêts échus à la date du 12 mai 2021 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le centre hospitalier de Valenciennes versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut une somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 3 : Le centre hospitalier de Valenciennes versera à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Article 4 : Les frais de l'expertise des docteurs A et E liquidés et taxés à la somme de 3 200 euros par une ordonnance du magistrat désigné par le président du tribunal administratif du 28 juin 2019 sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Valenciennes.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, au centre hospitalier de Valenciennes et à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut.
Délibéré après l'audience du 15 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Riou, président-rapporteur ;
- M. Fougères, premier conseiller,
- Mme Bruneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2023.
Le président-rapporteur,
signé
J-M. RIOU L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du rôle,
signé
M. C
La greffière,
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2005041
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026