lundi 15 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2005096 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | PONSART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 21 juillet 2020 et 20 avril 2022, l'office public Lille Métropole Habitat, représenté par Me Ponsart, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction de la cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2018 dans le rôle de la commune de Houplines, à concurrence de la somme de 29 316,82 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il a été privé de son droit à une instruction contradictoire de sa réclamation préalable, celle-ci ayant été rejetée avant l'expiration du délai qui lui avait été imparti pour produire les éléments demandés ;
- il peut prétendre au bénéfice des dispositions de l'article 1391 E du code général des impôts à raison des travaux d'amélioration de la performance énergétique des logements des immeubles sis 3 à 27, rue Jules Guesde à Houplines.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 février 2021 et 25 avril 2022, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par l'office public Lille Métropole Habitat ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 28 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemaire,
- les conclusions de M. Quint, rapporteur public,
- et les observations de Me Ponsart, avocat de l'office public Lille Métropole Habitat.
Considérant ce qui suit :
1. L'office public Lille Métropole Habitat, qui soutient pouvoir prétendre au bénéfice du dégrèvement prévu par les dispositions de l'article 1391 E du code général des impôts à raison des travaux d'amélioration de la performance énergétique des logements des immeubles sis 3 à 27, rue Jules Guesde à Houplines, dont il est propriétaire, demande au tribunal de prononcer la réduction correspondante de la cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2018 dans le rôle de cette commune.
2. En premier lieu, la circonstance que la réclamation préalable de l'office public Lille Métropole Habitat ait été rejetée avant l'expiration du délai qui lui avait été imparti par l'administration fiscale pour produire les justificatifs des travaux réalisés qui lui étaient demandés est par elle-même dépourvue de toute incidence sur le bien-fondé de l'imposition contestée.
3. En second lieu, aux termes de l'article 1391 E du code général des impôts, dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " Il est accordé un dégrèvement sur la cotisation de taxe foncière sur les propriétés bâties afférente à des immeubles affectés à l'habitation, appartenant aux organismes d'habitations à loyer modéré visés à l'article L. 411-2 du code de la construction et de l'habitation (). / Ce dégrèvement est égal au quart des dépenses de rénovation, déduction faites des subventions perçues afférentes à ces dépenses, éligibles au taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée en application du 1° du IV de l'article 278 sexies et payées au cours de l'année précédant celle au titre de laquelle l'imposition est due. / () ". Aux termes de l'article 278 sexies de ce code, dans sa rédaction applicable à l'année d'imposition en litige : " La taxe sur la valeur ajoutée est perçue au taux réduit de 5,5 % en ce qui concerne : / () / IV. - 1. - Les livraisons à soi-même de travaux de rénovation () ayant pour objet de concourir directement à : / 1° La réalisation d'économies d'énergie et de fluides, concernant : / a) Les éléments constitutifs de l'enveloppe du bâtiment ; / b) Les systèmes de chauffage ; / c) Les systèmes de production d'eau chaude sanitaire ; / d) Les systèmes de refroidissement dans les départements d'outre-mer ; / e) Les équipements de production d'énergie utilisant une source d'énergie renouvelable ; / f) Les systèmes de ventilation ; / g) Les systèmes d'éclairage des locaux ; / h) Les systèmes de répartition des frais d'eau et de chauffage ; / () ".
1.
4. Si l'office public Lille Métropole Habitat soutient qu'il a supporté, au cours de l'année 2017, des dépenses correspondant à des travaux de rénovation éligibles au taux réduit de taxe sur la valeur ajoutée en application des dispositions précitées du 1° du IV de l'article 278 sexies du code général des impôts et se rapportant aux immeubles sis à Houplines dont il est propriétaire, il se borne à verser au dossier un devis daté du 28 septembre 2015 et un tableau établi pour les besoins de la cause et dépourvu de toute valeur probante. L'office public requérant ne produit ainsi aucun élément, qu'il est seul en mesure de détenir, de nature à établir qu'il s'est effectivement acquitté, au cours de l'année 2017, de dépenses ouvrant droit au bénéfice, au titre de l'année 2018, du dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés bâties prévu par les dispositions de l'article 1391 E du code général des impôts.
5. Il résulte de tout ce qui précède que l'office public Lille Métropole Habitat n'est pas fondé à demander la réduction de la cotisation primitive de taxe foncière sur les propriétés bâties à laquelle il a été assujetti au titre de l'année 2018 dans le rôle de la commune de Houplines. Ses conclusions à fin de réduction doivent dès lors être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'il a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de l'office public Lille Métropole Habitat est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'office public Lille Métropole Habitat et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 24 avril 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2023.
L'assesseure la plus ancienne, Signé
L.-J. LANÇON
Le président-rapporteur, Signé
O. LEMAIRE
La greffière, Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme, La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026