LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2005171

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2005171

jeudi 29 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2005171
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantSCP SPEDER DUSART

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et des pièces, enregistrés les 27 juillet 2020, 25 octobre et 21 décembre 2021, Mme B A, représentée par la SCP Speder Dusart, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'ordonner une expertise aux fins d'évaluer les préjudices subis du fait de l'accident intervenu dans la nuit du 4 au 5 août 2018 rue Léo Lagrange à Le Quesnoy ;

2°) à titre subsidiaire, de condamner la commune de Le Quesnoy à lui verser la somme de 15 000 euros en réparation des préjudices subis du fait de cet accident ;

3°) de mettre à la charge de cette commune la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable dès lors qu'elle a, depuis l'introduction de sa requête, procédé à la liaison du contentieux ;

- la commune de Le Quesnoy engage sa responsabilité pour défaut d'entretien normal, sa chute ayant été causée par un obstacle présent sur la chaussée, non visible en raison de l'occultation du candélabre ;

- elle n'a commis aucune faute de nature à exonérer la commune de sa responsabilité ;

- il y a lieu d'ordonner une expertise avant-dire-droit afin d'évaluer l'ensemble des préjudices subis du fait de cet accident ; à défaut, eu égard aux douleurs supportées, au préjudice moral subi ainsi qu'aux conséquences sur sa vie quotidienne, elle est fondée à demander le versement d'une somme de 15 000 euros.

Par des mémoires, enregistrés les 25 août et 4 septembre 2020 puis le 5 novembre 2021, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Hainaut demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de condamner la commune de Le Quesnoy à lui verser la somme de 2 715,57 euros au titre des débours exposés dans l'intérêt de Mme A à la suite de son accident, assortie des intérêts de droit, outre le versement de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Elle fait valoir que :

- elle est fondée à demander la condamnation de la commune de Le Quesnoy, responsable de l'accident de Mme A, au remboursement des débours versés dans l'intérêt de son assurée ;

- le montant de ses débours s'élève à la somme de 2 715,57 euros, laquelle sera assortie des intérêts de droit ;

- cette commune lui versera en sus le montant correspondant à l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'ordonnance du 24 janvier 1996.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 octobre 2020, la commune du Quesnoy, représentée par la SCP Savoye et Associés, conclut au rejet de la requête, au rejet des conclusions présentées par la CPAM du Hainaut et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les conclusions indemnitaires sont irrecevables dès lors que le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, ne peut prononcer que des mesures conservatoires et provisoires ;

- elles sont irrecevables faute de liaison du contentieux ;

- aucun défaut d'entretien ne peut être imputé à la commune ;

- la victime a commis une imprudence fautive de nature à l'exonérer entièrement de sa responsabilité ;

- la mesure d'expertise apparait dépourvue d'utilité, la responsabilité de la commune ne pouvant être retenue ;

- le quantum demandé par Mme A n'est pas justifié.

Par ordonnance du 23 décembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 31 janvier 2022 à 12h00.

Un mémoire enregistré le 14 novembre 2022 a été produit pour la CPAM du Hainaut.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Piou,

- les conclusions de M. Even, rapporteur public,

- les observations de Me Skirim, représentant la commune de Le Quesnoy.

Considérant ce qui suit :

1. Dans la nuit du 4 au 5 août 2018, à 2h45, Mme B A a fait une chute alors qu'elle marchait dans la rue Léo Lagrange à Le Quesnoy, de retour de la braderie municipale en direction de son domicile. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal, à titre principal, d'ordonner avant-dire-droit une expertise médicale en vue d'évaluer l'étendue des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de cet accident, et à titre subsidiaire, de condamner la commune de Le Quesnoy à l'indemniser de ses préjudices en lui versant la somme de 15 000 euros.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, la requête introduite par Mme A, enregistrée sous le n° 2005171, constitue une requête au fond ayant un objet indemnitaire et non une requête en référé fondée sur les dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, au demeurant non citées dans ses écritures. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité, devant le juge des référés, de conclusions tendant au prononcé de mesures qui ne sont ni provisoires ni conservatoires ne peut qu'être écartée comme étant inopérante.

3. En second lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " () Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () ".

4. Par un courrier reçu le 27 octobre 2021, la requérante a adressé à la commune de Le Quesnoy une demande tendant à l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'accident dont elle a été victime dans la nuit du 4 au 5 août 2018. Le silence gardé pendant deux mois par cette commune à compter de la réception de ce courrier a fait naitre une décision implicite de rejet le 27 décembre 2021. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de liaison du contentieux doit être écartée.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité pour défaut d'entretien d'un ouvrage public :

5. Il appartient à l'usager victime d'un dommage qu'il impute à un défaut d'entretien d'un ouvrage public de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La personne publique en charge de cet ouvrage doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que celui-ci faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.

6. Il résulte de l'instruction que, dans la nuit du 4 au 5 août 2020, Mme A s'est rendue à la braderie nocturne organisée par la commune de Le Quesnoy. De retour de cet évènement, elle a emprunté le parcours balisé situé rue Léo Lagrange mis en place par la commune en raison de la réalisation de travaux sur la chaussée et a chuté après avoir heurté la bordure d'un trottoir. Si cet obstacle, au demeurant peu élevé, n'excède pas les risques qu'un usager normalement attentif peut s'attendre à rencontrer en milieu urbain et contre lesquels il doit se prémunir en prenant les précautions utiles, il résulte de l'instruction, notamment des attestations concordantes rédigées par la requérante, sa fille, son gendre et l'ex-épouse de son fils que la voirie n'était à cet endroit pas suffisamment éclairée, le candélabre le plus proche étant alors obstrué par des feuillages. Ce défaut d'entretien des branchages situés à proximité de cet éclairage public que la commune avait choisi de maintenir allumé a, par ailleurs, été explicitement reconnu par cette dernière dans son courrier du 7 novembre 2018. Dans ces conditions, en se bornant, dans le cadre de la présente instance, à contester les faits tels que rapportés par la requérante, la commune de Le Quesnoy n'apporte pas la preuve qui lui incombe de l'entretien normal de son ouvrage. Par suite, Mme A est fondée à rechercher sa responsabilité.

En ce qui concerne la faute de la victime :

7. Il résulte de l'instruction que les travaux avaient débuté le 9 juillet 2018, soit près d'un mois avant la date de l'accident, et que la requérante connaissait les lieux pour résider dans la rue où a eu lieu l'accident. Par ailleurs, elle ne conteste pas avoir emprunté ce même parcours balisé, en sens inverse, afin de se rendre à la braderie municipale, quelques heures avant l'accident. Dans ces conditions, Mme A, à qui il appartenait de redoubler de vigilance compte tenu du faible niveau d'éclairage et de l'heure avancée, a commis une faute d'imprudence de nature à exonérer pour moitié la commune de sa responsabilité.

En ce qui concerne la réalisation, avant-dire droit, d'une expertise :

8. Aux termes des dispositions de l'article R. 621-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit d'office, soit sur la demande des parties ou de l'une d'elles, ordonner, avant dire droit, qu'il soit procédé à une expertise sur les points déterminés par sa décision. () ".

9. L'état du dossier ne permet pas de statuer sur l'étendue des préjudices subis par Mme A. Il y a, par suite, lieu d'ordonner une expertise aux fins précisées dans le dispositif du présent jugement et de réserver, jusqu'en fin d'instance, les droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement.

D E C I D E :

Article 1er : Il sera, avant de statuer plus avant sur l'évaluation des préjudices subis par Mme A, procédé à une expertise avec, pour l'expert, mission de :

1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de Mme A et, notamment, tous documents relatifs aux actes de soins et au suivi médical réalisés à la suite de sa chute du 5 août 2018 ; procéder à l'examen sur pièce du dossier médical de Mme A ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen clinique de Mme A ;

2°) dire si l'état de santé actuel de Mme A est totalement ou partiellement imputable à cette chute et, le cas échéant, dans quelle mesure ;

3°) déterminer l'existence d'éventuels préjudices, tant patrimoniaux qu'extrapatrimoniaux, et en évaluer le taux ou l'importance sur une échelle de 1 à 7, notamment, le déficit fonctionnel temporaire, le déficit permanent, les souffrances endurées, le préjudice esthétique, le préjudice d'agrément, le préjudice moral ainsi que tous éléments utiles sur les conséquences dommageables ;

4°) fixer, si possible, la date de consolidation de l'état de santé de Mme A ;

5°) fournir, plus généralement, tous éléments de nature à permettre au tribunal de se prononcer en toute connaissance de cause.

Article 2 : L'expert, qui sera désigné par le président du tribunal conformément aux dispositions de l'article R. 621-2 du code de justice administrative, accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative.

Article 3 : L'expert déposera son rapport au greffe en deux exemplaires dans le délai imparti par l'ordonnance le désignant et notifiera aux parties des copies du rapport dans les conditions prévues à l'article R. 621-9 du code de justice administrative.

Article 4 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut et à la commune de Le Quesnoy.

Délibéré après l'audience du 29 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Fabre, président,

Mme Monteil, première conseillère,

Mme Piou, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.

La rapporteure,

Signé

C. PIOU

Le président,

Signé

X. FABRE

La greffière,

Signé

M. NICODEME

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions