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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2005235

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2005235

jeudi 8 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2005235
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantCABINET DE BERNY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juillet 2020 et 3 août 2021, Mme B D, représentée par Me Vernassiere, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner le centre hospitalier de Douai à lui verser la somme totale de 518 250,72 euros en réparation des préjudices subis lors de sa prise en charge par cet établissement lors de sa naissance, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation ;

2°) de condamner le centre hospitalier de Douai aux dépens ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Douai une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la responsabilité du centre hospitalier de Douai est engagée en raison de deux infections qu'elle a contractées au décours de sa naissance au sein de cet établissement de santé ;

- il en est résulté des préjudices patrimoniaux d'un montant global de 222 989,79 euros, qui se décompose comme suit : 505 euros au titre des frais divers, 1 830 euros au titre des frais de médecin conseil, 28 444,94 euros au titre de l'assistance par tierce personne temporaire, 17 711,36 euros au titre des frais de véhicule adapté, 118 936,67 euros au titre de l'assistance par tierce personne permanente, 50 000 euros au titre de l'incidence professionnelle et 15 000 euros au titre du préjudice scolaire ;

- il en est également résulté des préjudices extrapatrimoniaux d'un montant total de 285 822,75 euros, qui se décompose comme suit : 47 822,75 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, 60 000 euros au titre des souffrances endurées, 35 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, 56 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 30 000 euros au titre du préjudice d'agrément, 7 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent et 50 000 euros au titre du préjudice sexuel.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 mai 2021 et 9 septembre 2021, le centre hospitalier de Douai et la Société hospitalière des assurances médicales (SHAM), représentés par Me Segard, concluent :

1°) à titre principal, au rejet de la requête et des conclusions présentées par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Lille-Douai ;

2°) à titre subsidiaire, à la limitation de l'indemnité versée à Mme D à la somme de 117 536,25 euros ;

3°) à la mise à la charge de Mme D de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- à titre principal, les infections contractées par Mme D au décours de sa naissance ne revêtant pas un caractère nosocomial, la responsabilité de l'établissement de santé n'est pas engagée ;

- à titre subsidiaire, les dépenses de santé actuelles et futures, les frais divers, les frais de médecin conseil et les frais de véhicule adapté ne seront pas indemnisés en l'absence de justificatif ;

- l'assistance par tierce personne temporaire sera évaluée à 12 006 euros ;

- l'indemnisation de l'assistance par tierce personne permanente, des frais scolaires et de l'incidence professionnelle ainsi que celle du préjudice d'agrément seront rejetées ;

- le déficit fonctionnel temporaire sera indemnisé à hauteur de 27 030,25 euros ;

- les souffrances endurées seront évaluées à 23 000 euros ;

- l'indemnisation du préjudice esthétique temporaire sera de 7 000 euros ;

- le déficit fonctionnel permanent sera indemnisé à hauteur de 40 000 euros ;

- le préjudice esthétique permanent sera évalué à 3 500 euros ;

- le préjudice sexuel sera indemnisé à hauteur de 5 000 euros ;

- il n'a aucune observation à formuler sur les débours de la CPAM.

Par un mémoire, enregistré le 17 novembre 2020, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Welsh, conclut à sa mise hors de cause.

Il fait valoir qu'il doit être mis hors de cause dès lors que les actes de soin mis en cause sont antérieurs au 5 septembre 2001 et qu'aucune conclusion n'est formulée à son encontre.

Par un mémoire, enregistré le 12 janvier 2021, la caisse primaire d'assurance maladie de Lille-Douai, dont l'activité de recours contre tiers est prise en charge par la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing en vertu des décisions du directeur général de la caisse nationale d'assurance maladie des 31 janvier 2019 et 1er janvier 2020, représentée par Me de Berny, conclut :

1°) à la condamnation in solidum du centre hospitalier de Douai et de la SHAM à lui verser la somme totale de 186 709,76 euros au titre des débours versés pour le compte de son assurée, assortie des intérêts à taux légal et de leur capitalisation ;

2°) à la condamnation in solidum du centre hospitalier de Douai et de la SHAM au versement de l'indemnité forfaitaire de gestion ;

3°) à la mise à la charge du centre hospitalier de Douai et de la SHAM de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la responsabilité du centre hospitalier de Douai est engagée en raison des infections contractées en son sein, lesquelles revêtent le caractère d'infection nosocomiale ;

- le montant total de ses débours est détaillé dans l'attestation d'imputabilité établie par son médecin-conseil.

Par une ordonnance du 24 août 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 24 septembre 2021.

Vu :

- l'ordonnance n° 1802684 du 12 septembre 2018 par laquelle le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille a désigné le docteur C, en qualité d'experte ;

- le rapport d'expertise remis au greffe du tribunal le 12 avril 2019 ;

- l'ordonnance du 25 avril 2019, par laquelle le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille a liquidé et taxé à la somme de 1 000 euros, qui comprend le montant de l'allocation provisionnelle accordée par une ordonnance du 20 septembre 2018, les frais de l'expertise du docteur C.

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code du travail ;

- la loi n°2002-303 du 4 mars 2002 ;

- l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2022 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique,

- les observations de Me Bigot substituant Me Vernassiere, représentant Mme D, et celles de Me Chochois substituant Me Segard, représentant le centre hospitalier de Douai et la SHAM.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, née le 31 décembre 1990 au centre hospitalier de Douai, a souffert dès le 2 janvier 1991 d'une hyperthermie. L'analyse de son méconium le même jour et les hémocultures réalisées le 4 janvier 1991 sont toutes revenues positives au germe du streptocoque du groupe B. Une antibiothérapie a été mise en place. Une échographie effectuée le 23 janvier 1991 a permis de révéler une ostéo-arthrite de la hanche gauche. Mme D a alors été transférée au centre hospitalier régional universitaire de Lille jusqu'au 5 février 1991, date à laquelle elle a été autorisée à retourner à son domicile. Les suites ont été compliquées par une succession d'interventions chirurgicales jusqu'au 9 février 2009, date à laquelle Mme D a bénéficié de la pose d'une prothèse de hanche au sein de la clinique du Cambrésis.

2. Par une requête du 29 mars 2018, Mme D a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Lille aux fins de réalisation d'une expertise judiciaire et d'allocation d'une provision. Par une ordonnance du 12 septembre 2018, le magistrat désigné par le président de ce tribunal a ordonné une expertise médicale et désigné le docteur C, en qualité d'experte. Le rapport d'expertise a été déposé au greffe du tribunal le 12 avril 2019. Par un courrier du 9 avril 2020, réceptionné par l'établissement de santé le 21 avril suivant et demeuré sans réponse, Mme D a adressé au centre hospitalier de Douai une demande indemnitaire préalable. Par la présente requête, Mme D demande au tribunal de condamner le centre hospitalier de Douai à lui verser une somme de 518 250,72 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de l'infection nosocomiale qu'elle a contractée au sein de cet établissement de santé.

Sur la responsabilité du centre hospitalier de Douai :

3. L'introduction accidentelle d'un germe microbien dans l'organisme d'un patient lors d'une hospitalisation antérieure à l'entrée en vigueur des dispositions relatives à la réparation des infections nosocomiales issues de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé révèle une faute dans l'organisation ou le fonctionnement du service hospitalier et engage la responsabilité de celui-ci. Il en va toutefois autrement lorsqu'il est certain que l'infection, si elle s'est déclarée à la suite d'une intervention chirurgicale, à laquelle doit être assimilé un accouchement, a été causée par des germes déjà présents dans l'organisme du patient avant l'hospitalisation, ou encore lorsque la preuve d'une cause étrangère est rapportée par l'établissement de santé.

4. Il résulte de l'instruction, en particulier de la littérature médicale, que le réservoir du streptocoque du groupe B est le tube digestif de la parturiente responsable d'une colonisation asymptomatique intermittente du tractus génital. Ce germe migre, dans 20 à 30 % des cas, dans la flore vaginale de la mère et, dans 50 % des cas, il peut atteindre la peau ou la muqueuse du nourrisson. Il est constant que dans les suites de sa naissance le 30 décembre 1990 au centre hospitalier de Douai, Mme D a présenté une hyperthermie et une protéine C-réactive élevée (63). Un streptocoque de groupe B a été trouvé le 2 janvier 1991 dans son méconium. Une antibiothérapie a été prescrite. Le 4 janvier 1991, il a été constaté que le nourrisson avait changé de teint et qu'il présentait un début de marbrure. Ce germe était également présent, le même jour, dans l'urine de sa mère. Le centre hospitalier de Douai soutient notamment, en s'appuyant sur deux avis critiques des 13 mars 2019 et 9 juillet 2019, que la parturiente pouvait être porteuse de ce germe et que celui-ci a été transmis à son fœtus, la requérante en l'espèce, " en ante natal, par le liquide amniotique ". Contrairement à ce que fait valoir le centre hospitalier de Douai la seule présence du même germe dans les urines et dans le méconium ne suffisent pas à établir avec certitude que l'infection en litige a été causée par un germe déjà présent dans l'organisme de la parturiente ou qu'elle aurait une cause étrangère à la prise en charge de cette dernière le 30 décembre 1990. Dès lors qu'il n'est pas établi avec certitude que la contamination de la parturiente était antérieure à son admission à l'hôpital, qui a précédé d'au moins six heures l'accouchement, selon les indications non contestées de la fiche relative à l'accouchement produite à l'issue d'une mesure d'instruction, l'infection contractée par cette dernière et par suite par son fœtus doit être regardée comme revêtant un caractère nosocomial. Il résulte en outre de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise et de la fiche de surveillance du 24 janvier 1991, que Mme D a présenté une septicémie néonatale qui a eu pour conséquence une ostéoarthrite de la hanche gauche. Cette fiche mentionne également qu'un prélèvement qui a été effectué au niveau de la hanche gauche du nourrisson et qu'une hémoculture sont revenus positifs au germe du streptocoque de groupe B. Il s'ensuit que l'infection révèle une faute dans l'organisation ou le fonctionnement du service hospitalier qui est de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier de Douai à l'égard de Mme D. Par suite, il y a lieu, eu égard à la date des faits en litige et ainsi qu'il le demande, de mettre l'ONIAM hors de cause dans la présente instance.

Sur la réparation des préjudices :

5. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que l'état de santé de Mme D a été consolidé le 8 février 2010.

En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux de Mme D :

S'agissant des dépenses de santé actuelles :

6. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " Lorsque, sans entrer dans les cas régis par les dispositions législatives applicables aux accidents du travail, la lésion dont l'assuré social ou son ayant droit est atteint est imputable à un tiers, l'assuré ou ses ayants droit conserve contre l'auteur de l'accident le droit de demander la réparation du préjudice causé, conformément aux règles du droit commun, dans la mesure où ce préjudice n'est pas réparé par application du présent livre ou du livre Ier () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie () ".

7. La CPAM de Lille-Douai qui exerce sur les réparations dues au titre des préjudices subis par Mme D le recours subrogatoire prévu par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, justifie avoir exposé pour le compte de la requérante, ce que le relevé détaillé des débours définitifs du 27 septembre 2019 et l'attestation d'imputabilité de son médecin conseil du 13 septembre 2019 permettent d'établir, sans contestation par le centre hospitalier défendeur, des frais d'hospitalisation d'un montant global de 156 447,45 euros correspondant aux hospitalisations successives de Mme D, ayant pour origine l'infection nosocomiale contractée par cette dernière au décours de sa naissance. Par suite, il incombe au centre hospitalier de Douai seul, à défaut de solidarité légale avec son assureur, de verser à la CPAM de Lille-Douai la somme de 156 447,45 euros correspondant aux dépenses de santé qu'elle a exposées pour le compte de Mme D jusqu'à la date de consolidation de l'état de santé de cette dernière.

S'agissant des frais divers :

8. En premier lieu, en vertu du dernier alinéa de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique, le patient peut consulter gratuitement sur place les informations contenues dans son dossier médical. Lorsqu'il souhaite la délivrance de copies, quel qu'en soit le support, les frais laissés à sa charge ne peuvent pas excéder le coût de la reproduction et, le cas échéant, de l'envoi des documents. Si Mme D soutient avoir exposé une somme de 5 euros pour la reproduction de son dossier médical, il résulte de l'instruction que celui-ci lui a été remis en main propre le 4 septembre 2013 sans qu'une somme soit acquittée. Dès lors, en l'absence de justification de la dépense en cause, la demande formée par Mme D au titre des frais de reproduction ne peut qu'être rejetée.

9. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que Mme D s'est fait assister par un médecin conseil le 5 janvier 2015 à hauteur de 1 080 euros ainsi que lors de l'expertise, par un autre médecin conseil, à hauteur de 730 euros. La requérante justifie de ces frais d'assistance par la production de la note d'honoraire de chaque médecin conseil. Par suite, Mme D est seulement fondée à solliciter au titre de ce chef de préjudice une somme de 1 830 euros qui sera mise à la charge du centre hospitalier de Douai.

10. En dernier lieu, si Mme D se prévaut de frais restés à la charge de ses parents, correspondant à l'achat de chaussures de la marque Louis Blanc lorsqu'elle était en primaire et au collège, elle n'établit pas la réalité d'un tel préjudice. Dès lors, la demande présentée par Mme D tendant à l'indemnisation d'un tel préjudice doit être rejetée.

S'agissant de l'assistance par tierce personne temporaire :

11. Lorsque le juge administratif indemnise la victime d'un dommage corporel nécessitant de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire permettant, dans les circonstances de l'espèce, le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat, sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.

12. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que pour les périodes allant du 18 mai au 26 juin 1993, 5 août 1997 au 15 septembre 1997 et du 12 septembre 2008 au 7 février 2009, l'état de santé de Mme D, en tant qu'il résulte de l'infection contractée au centre hospitalier de Douai, a nécessité une assistance par tierce personne non spécialisée à hauteur de 2 heures par jour. Le nombre de jours à indemniser est de 233 jours. Sur les périodes allant du 6 février au 3 mars 1991, du 5 mars au 26 mars 1991, du 24 août 1991 au 13 janvier 1992, du 16 mai 1992 au 11 août 1992, du 16 mars 1994 au 6 mai 1994, du 16 septembre 1997 au 21 octobre 1997, du 19 mars au 26 mars 1998, du 22 juin au 14 juillet 1999 et du 16 février au 16 avril 2009, l'état de santé de Mme D a nécessité une assistance par tierce personne non spécialisée à hauteur d'une heure par jour. Le nombre de jours à indemniser est de 458 jours. En outre, pour les périodes allant du 9 avril au 10 juillet 1991, du 15 janvier au 14 mai 1992, du 13 août 1992 au 11 mai 1993, du 30 juin 1993 au 8 mars 1994, du 7 mai 1994 au 20 juin 1995, du 25 juin au 27 juillet 1995, du 22 octobre 1997 au 17 mars 1998, du 27 mars 1998 au 16 juin 1999, du 15 juillet 1999 au 6 septembre 2008 et du 17 avril 2009 au 8 février 2010, l'état de santé de Mme D a nécessité une assistance par tierce personne non spécialisée à hauteur d'une heure par semaine, soit environ 0,14 heure par jour. Le nombre de jours à indemniser est de 6 146 jours. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu, ainsi que le prévoit le référentiel de l'ONIAM, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 15 euros pour une aide active non spécialisée. Les sommes exposées durant cette période doivent être évaluées à un montant total de 30 510,58 euros. Par suite, l'indemnisation due au titre de l'assistance par une tierce personne à titre temporaire doit être fixée à 30 510,58 euros, qui sera mise à la charge du centre hospitalier de Douai.

S'agissant des dépenses de santé futures :

Quant à la période entre la date de consolidation et le jugement :

13. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé des débours du 10 octobre 2022 produit par la CPAM de Lille-Douai, de l'attestation d'imputabilité de son médecin conseil du 13 septembre 2019 et du détail des frais futurs qu'elle verse aux débats que l'état de santé de Mme D nécessite, depuis la date de consolidation, annuellement une consultation orthopédique pour un montant de 30 euros, une radiographie du bassin et de la hanche pour un montant de 27,18 euros et d'une orthèse plantaire pour un montant de 77,94 euros. Le montant annuel des dépenses de santé exposées par la caisse à raison des soins nécessités par Mme D du fait de l'infection qu'elle a contractée au sein du centre hospitalier de Douai s'élève ainsi à 135,12 euros par an, soit un montant journalier de 0,37 euros. En outre, il s'est écoulé, de la période courant du lendemain de la date de consolidation, soit à partir du 9 février 2010, au jour du présent jugement, 4 686 jours. Il s'ensuit que les dépenses exposées par la CPAM pour Mme D au titre de cette période doivent être évaluées à 1 733,82 euros (0,37 x 4 686).

Quant à la période postérieure au jugement :

14. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé des débours précités, de l'attestation d'imputabilité et du détail des frais futurs produits par la CPAM, que les dépenses de santé qu'exposera la caisse pour le compte de Mme D postérieurement au jugement sont identiques à celles exposées à la date de consolidation au jugement. Compte tenu de l'âge de Mme D à la date du présent jugement (31 ans), le montant des dépenses de santé exposées par la caisse pour le compte de son assurée pour la période postérieure au 8 décembre 2022 s'élève, après application du coefficient de capitalisation de 54,547 du barème de capitalisation publié par la Gazette du Palais actualisé en 2022 (table de mortalité sexuée pour 2017 - 2019 - taux d'intérêt de 0 %) à la somme de 7 370,39 euros (135,12 x 54,547). Il résulte également des conclusions expertales que l'état de santé de Mme D nécessite tous les 10 à 15 ans le renouvellement de sa prothèse de hanche dont les frais de l'intervention chirurgicale s'élève à 7 534,61 (22 603,83/3) euros. En prenant en compte une périodicité de quinze ans et l'âge de la requérante à la date du présent jugement (31 ans), il sera fait une exacte appréciation des frais futurs de prothèse de hanche en les fixant à ((7 534,61/15) x 54,547) soit, 27 399,36 euros.

S'agissant des frais de véhicule adapté :

15. Les frais de véhicule adapté comprennent les dépenses nécessaires pour procéder à l'adaptation d'un ou de plusieurs véhicules aux besoins de la victime atteinte d'un handicap permanent et doit inclure non seulement les dépenses liées à l'adaptation d'un véhicule, mais aussi le surcoût d'achat d'un véhicule susceptible d'être adapté. Il résulte de l'instruction que le handicap dont Mme D reste atteinte rend nécessaire l'utilisation d'un véhicule équipé d'une boîte de vitesses automatique, dont seul le surcoût est susceptible d'être indemnisé. Mme D produit à l'instance une facture de 8 390,79 euros correspondant à l'achat d'un véhicule le 1er décembre 2016. Par cette facture, il n'est toutefois ni établi que le véhicule est équipé d'une boîte de vitesses automatique ni précisé le coût représenté par cet équipement. Il y a donc lieu de retenir le montant de 1 500 euros au titre du surcoût d'un tel aménagement. Pour évaluer le montant des frais futurs demandés par Mme D pour le renouvellement de son équipement rendu nécessaire par son handicap, il y a lieu de capitaliser le montant annuel de ces frais en retenant le point de rente viagère correspondant à l'âge de l'intéressée à la date du présent jugement. Dès lors, eu égard à l'âge de Mme D le 8 décembre 2022 (31 ans), du taux de l'euro de rente viagère fixé à 54,547 par le barème de capitalisation 2022 publié par la Gazette du Palais (taux d'intérêt égal à 0 %), il sera fait une exacte appréciation des frais futurs d'adaptation du véhicule de Mme D en les fixant à 11 688,64 euros ((1 500/7) x 54,547).

S'agissant de l'assistance par tierce personne permanente :

16. Si Mme D soutient que son état de santé postérieur à la consolidation nécessite l'assistance par une tierce personne non spécialisée à hauteur de deux heures par semaine, soit une heure de plus qu'au court de la dernière période avant la date de consolidation, elle n'a produit, dans le cadre de la présente instance, aucun justificatif de nature à établir son besoin alors même qu'il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise que l'assistance par une tierce personne à titre permanent n'est médicalement pas justifiée du fait de l'autonomie complète de Mme D pour les actes de la vie quotidienne. Au demeurant, il résulte des conclusions expertales que le port de charges lourdes ou le piétinement ne sont pas contre-indiqués avec le port d'une prothèse de la hanche. Dans ces conditions, les conclusions de la requérante sur ce chef de préjudice doivent être rejetées.

S'agissant du préjudice scolaire :

17. Le préjudice scolaire a pour objet de réparer la perte d'un temps d'étude résultant de la survenance du dommage subi par la victime directe. Ce poste intègre, en outre, non seulement le retard scolaire ou de formation subi, mais aussi une possible modification d'orientation, voire une renonciation à toute formation qui obère ainsi gravement l'intégration de cette victime dans le monde du travail.

18. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que la requérante a suivi une scolarité sans redoublement et est titulaire d'un master 2 en droit. Si Mme D soutient qu'au cours de sa scolarité elle a renoncé à ses projets de partir une année aux Etats-Unis et d'exercer la profession d'esthéticienne, elle n'établit pas ses dires par la production de brochures de voyage. Dès lors, le préjudice scolaire allégué n'est pas établi et l'indemnisation sollicitée à ce titre ne peut être accordée.

S'agissant de l'incidence professionnelle :

19. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que la requérante, en raison de ses problèmes de hanche ayant pour origine l'infection qu'elle a contractée au sein du centre hospitalier de Douai, ne peut pas exercer une activité professionnelle nécessitant une station debout prolongée, le port de charges lourdes ainsi que de nombreux déplacements. Il est constant que son état de santé a eu une influence sur ses choix professionnels. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'évaluer à 5 000 euros le préjudice d'incidence professionnelle.

En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux de Mme D :

S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :

20. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que l'infection contractée par Mme D a été à l'origine de multiples interventions chirurgicales jusqu'en 2009, qui ont eu pour effet de perturber sa vie quotidienne. A ce titre, la requérante a subi un déficit fonctionnel temporaire, qui a été évalué à 100 % durant les hospitalisations du 5 janvier au 5 février 1991, du 4 mars 1991, du 27 mars 1991 au 8 avril 1991, du 11 juillet 1991 au 23 août 1991, des 16 septembre 1991, 17 octobre 1991, 14 janvier 1992, 15 mai 1992 et 12 août 1992, du 12 au 17 mai 1993, du 29 juin 1993, du 9 mars 1994 au 15 mars 1994, du 21 au 24 juin 1995, du 28 juillet au 4 août 1997, du 18 mars 1998, du 17 au 21 juin 1999, du 7 au 11 septembre 2008 et du 8 février au 15 février 2009. Le déficit fonctionnel temporaire total a duré 140 jours. Mme D a également subi un déficit fonctionnel temporaire qui a été évalué à 75 % par l'experte pour une période de 233 jours, et au taux de 50 % durant 456 jours et enfin, au taux de 25 % pour une période de 6 143 jours. En retenant un taux journalier d'indemnisation de quinze euros, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel temporaire de la victime en le fixant à la somme de 31 177,50 euros (140 X 15 + 233 X 15 X 0,75 + 456 X 15 X 0,5 + 6 143 X 15 X 0,25).

S'agissant des souffrances endurées :

21. Les souffrances physiques et morales endurées par Mme D, qui trouvent leur origine dans l'infection contractée au sein du centre hospitalier de Douai, ont été évaluées à 6 sur une échelle de 7. Par référence au barème de l'ONIAM et eu égard à la durée de la période pendant laquelle Mme D a enduré ces souffrances, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 23 000 euros, qui sera versée par le centre hospitalier de Douai.

S'agissant du préjudice esthétique temporaire :

22. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que Mme D a subi, du fait de l'altération de son apparence due en particulier au port de plâtres, à l'usage de cannes anglaises et d'un fauteuil roulant pour se déplacer, un préjudice esthétique jusqu'à la date de consolidation qui a été évalué à 5 sur une échelle de 7 par l'experte. Par référence au barème d'indemnisation de l'ONIAM, et eu égard à l'âge de la requérante à la date de consolidation, il en sera fait une juste appréciation en mettant à la charge du centre hospitalier de Douai la somme de 10 000 euros.

S'agissant du déficit fonctionnel permanent :

23. Il résulte des conclusions expertales que Mme D a conservé des séquelles douloureuses et fonctionnelles après la consolidation, en lien avec l'infection nosocomiale contractée au sein du centre hospitalier de Douai. Elle a été affectée à ce titre par un déficit fonctionnel permanent, imputable à hauteur de 20 % selon l'experte à l'infection nosocomiale. Par référence au barème de l'ONIAM et compte tenu de son âge à la date de la consolidation, soit 19 ans, il sera fait une juste appréciation des séquelles conservées à ce titre par Mme D en lui allouant une somme de 39 000 euros, qui sera versée par le centre hospitalier de Douai.

S'agissant du préjudice d'agrément :

24. Il résulte de l'instruction qu'en raison du port d'une prothèse de hanche Mme D ne peut pas pratiquer tous les loisirs. Elle doit éviter les sports violents et dangereux, les sports avec course et sauts ainsi que les sports en impaction, tel que le football ou le volley. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'agrément en fixant le montant de sa réparation à la somme de 4 000 euros, qui sera versée par le centre hospitalier de Douai.

S'agissant du préjudice esthétique permanent :

25. L'experte a évalué le préjudice esthétique permanent de Mme D à 3 sur une échelle de 7 en raison des cicatrices chirurgicales à la hanche gauche et au bassin et de la persistance de la boiterie. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant la somme de 3 500 euros.

S'agissant du préjudice sexuel :

26. S'il résulte des conclusions expertales que Mme D peut avoir une activité sexuelle normale, l'experte relève qu'il persiste un léger préjudice sexuel permanent du fait d'une gêne positionnelle dans la réalisation de l'acte sexuel. Il sera fait une juste appréciation du préjudice sexuel de la victime en l'évaluant à la somme de 3 000 euros.

27. Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier de Douai est condamné à verser à Mme D une somme de 162 706,72 euros en réparation des préjudices subis du fait de l'infection contractée dans les jours suivants sa naissance. Il résulte également de ce qui précède que la CPAM de Lille-Douai serait fondée à solliciter la somme de 192 951,02 euros. Toutefois, compte tenu de la somme sollicitée par cette dernière et du principe selon lequel le juge ne peut statuer ultra petita, il y a lieu de lui allouer la somme de 186 709,76 euros qu'elle demande.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

27. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, et, d'autre part, que la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.

28. La CPAM de Lille-Douai sollicite que l'indemnité qui lui est allouée soit assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation. Il y a lieu de faire droit à sa demande d'intérêts à compter du 12 janvier 2021, date d'enregistrement de son mémoire auprès du greffe du tribunal. Il y va également de faire droit à la demande de capitalisation des intérêts à compter du 12 janvier 2022 à minuit date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

En ce qui concerne le versement de l'indemnité forfaitaire de gestion :

28. Il résulte des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que le montant de l'indemnité forfaitaire qu'elles instituent est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un plafond dont le montant est révisé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget. Lorsque, par application de cet article, le montant de l'indemnité forfaitaire est relevé par arrêté interministériel, la caisse n'est pas obligée d'actualiser devant le juge le montant de ses conclusions. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 110 € et 1 114 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2021. ".

29. En application des dispositions citées ci-dessus, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier de Douai le versement de la somme de 1 114 euros à raison des frais engagés par la CPAM de Lille-Douai pour obtenir le remboursement des prestations servies à son assurée.

En ce qui concerne les dépens :

29. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. L'Etat peut être condamné aux dépens ". En vertu de ces dispositions, il appartient au juge saisi au fond du litige de statuer, au besoin d'office, sur la charge des frais de l'expertise ordonnée par la juridiction administrative.

30. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre les frais de l'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros par une ordonnance du 25 avril 2019 du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille, à la charge définitive du centre hospitalier de Douai.

En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :

30. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge du centre hospitalier de Douai le versement d'une somme de 1 500 euros à Mme D, et de 1 000 euros à la CPAM de Lille-Douai, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme D, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le centre hospitalier de Douai demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est mis hors de cause dans la présente instance.

Article 2 : Le centre hospitalier de Douai est condamné à verser à Mme D une somme de 162 706,72 euros.

Article 3 : Le centre hospitalier de Douai est condamné à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Lille-Douai la somme de 186 709,76 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 12 janvier 2021. Les intérêts échus à la date du 12 janvier 2022 à minuit, puis à chaque échéance annuelle ultérieure à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates afin de produire eux-mêmes intérêts.

Article 4 : Le centre hospitalier de Douai versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Lille-Douai la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Article 5 : Les frais de l'expertise liquidés et taxés à la somme de 1 000 euros sont mis à la charge définitive du centre hospitalier de Douai.

Article 6 : Le centre hospitalier de Douai versera à Mme D la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 7 : Le centre hospitalier de Douai versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Lille-Douai la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 8 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier de Douai au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 9 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 10 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, au centre hospitalier de Douai, à la Société hospitalière des assurances médicales, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing.

Copie en sera adressée au docteur C, experte, et à la caisse primaire d'assurance maladie de Lille-Douai.

Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Riou, président,

M. Fougères, premier conseiller,

Mme Bruneau, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.

La rapporteure,

signé

M. Bruneau

Le président,

signé

J.-M. Riou

La greffière,

signé

J. Vandewyngaerde

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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