mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2005417 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SHBK AVOCATS SEGARD BRIOUT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 août 2020, Mme G E épouse A et M. B A, représentés par Me Aidi-Sedlak, demandent au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille et la Société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), son assureur, à leur verser la somme totale de 597 883,58 euros en réparation des préjudices subis par eux lors de la prise en charge de Mme A par cet établissement, assortie des intérêts au taux légal ;
2°) de condamner le CHRU de Lille et la SHAM aux " entiers " dépens ;
3°) de mettre à la charge du CHRU de Lille et de la SHAM la somme totale de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité du CHRU de Lille est engagée en raison d'un défaut d'information claire et loyale ;
- Mme A a perdu une chance d'être informée à hauteur de 70 % ;
- il en résulte pour Mme A des préjudices patrimoniaux d'un montant total de 337 032,13 euros, qui se décompose comme suit :
* Assistance par tierce personne temporaire : 58 839,20 euros ;
* Frais de déplacement : 700 euros ;
* Assistance par tierce personne permanente : 277 492,93 euros ;
- il en est également résulté pour Mme A des préjudices extrapatrimoniaux d'un montant total de 240 351,45 euros, qui se décompose comme suit :
* Déficit fonctionnel temporaire : 23 001,45 euros ;
* Souffrances endurées : 35 000 euros ;
* Préjudice esthétique temporaire : 14 000 euros ;
* Déficit fonctionnel permanent : 148 750 euros ;
* Préjudice d'agrément : 5 600 euros ;
* Préjudice sexuel : 14 000 euros ;
- il en est enfin résulté pour M. A un préjudice d'affection à hauteur de 10 500 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2021, le CHRU de Lille et la SHAM, représentés par Me Segard, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que la responsabilité du CHRU de Lille ne peut pas être engagée en l'absence de manquement à son obligation d'information.
Par un mémoire, enregistré le 20 février 2023, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM), représenté par Me Roquelle-Meyer, conclut :
1°) à titre principal, au rejet de la requête ;
2°) à titre subsidiaire, à ce qu'il soit ordonné avant-dire droit une expertise ;
3°) à ce qu'il soit statué ce que de droit sur les dépens ;
4°) au rejet de la demande présentée par les consorts A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- l'expertise n'a pas été contradictoire ; les conclusions expertales ne lui sont alors pas opposables ;
- les conclusions de prise en charge du dommage de Mme A au titre de la solidarité nationale ne sont pas réunies dès lors qu'il n'existe pas de lien direct et certain entre l'acte de soin du 12 juin 2013 et les séquelles dont souffre Mme A.
La requête a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut qui n'a pas produit de mémoire.
Par une ordonnance du 21 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 5 avril 2023.
Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 20 juillet 2020.
Vu :
- l'ordonnance n° 1705275 du 14 septembre 2017 par laquelle le président du tribunal administratif de Lille a ordonné une expertise et désigné le docteur C, en qualité d'expert ;
- le rapport d'expertise déposé au greffe du tribunal le 3 août 2018 ;
- l'ordonnance n° 1705275 du 24 août 2018 par laquelle le président du tribunal administratif de Lille a liquidé et taxé à la somme de 2 400 euros les frais de l'expertise réalisée par le docteur C et les a mis à la charge de l'Etat ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bruneau,
- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique,
- les observations de Me Aidi-Sedlak, représentant les consorts A, et celles de Me A substituant Me Segard, représentant le CHRU de Lille et la SHAM.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, née le 11 août 1965, a consulté le docteur F, oto-rhino-laryngologue à Maubeuge, en raison d'une surdité gauche progressive associée à des céphalées évoluant depuis le mois d'octobre 2012. Une imagerie par résonance magnétique cérébrale, réalisée le 22 février 2013, a permis de constater un volumineux méningiome de l'angle ponto-cérébelleux gauche induisant une empreinte marquée sur le pédoncule cérébelleux moyen à gauche et le bord gauche du tronc cérébral en amenuisant et refoulant le 4ème ventricule déplacé vers la droite, responsable d'une empreinte marquée sur la face latérale gauche du tronc cérébral également refoulé vers la droite. Par un courrier du 8 mars 2013, Mme A a été adressée par le docteur F au professeur D, neurochirurgien au CHRU de Lille en raison d'une tumeur au niveau de la fosse postérieure s'étant révélée par une diminution progressive de l'audition à gauche en rapport avec une surdité de perception gauche et une perte auditive moyenne. A la suite d'une réunion de concertation multidisciplinaire d'oto-neurochirurgie, il a été proposé à Mme A une intervention d'exérèse en collaboration oto-neurochirurgicale. Elle a été admise au CHRU de Lille le 11 juin 2013 en vue de l'intervention chirurgicale programmée le lendemain consistant en l'exérèse d'un méningiome de l'angle ponto-cérébelleux gauche. A la suite de cette intervention, la patiente a été transférée au sein du service de soins intensifs post-opératoire. L'intéressée a présenté le lendemain de l'intervention des troubles de la déglutition, une hémiparésie droite, une paralysie faciale gauche et une diplopie. Une imagerie par résonance magnétique cérébrale, effectuée le 19 juin 2013, a permis de diagnostiquer une ischémie récente du tronc cérébral à gauche avec minimes remaniements hémorragiques. Le 24 juin 2013, il a été constaté une diminution de mobilité du voile du palais et de la langue gauche, avec une corde vocale gauche immobile. Mme A a été transférée le 11 juillet 2013 au sein du service de neurochirurgie du professeur D jusqu'au 22 juillet 2013. Au cours de ce séjour, il a été constaté la persistance de troubles de la déglutition ayant nécessité une alimentation par sonde nasogastrique puis la réalisation d'une endoscopie le 15 juillet 2013 ainsi qu'un déficit moteur gauche avec persistance d'une hémiparésie gauche proportionnelle prédominante au niveau distal. L'intéressée a été admise au centre hospitalier de Felleries Liessies, au sein du service de rééducation fonctionnelle, du 22 juillet au 11 septembre 2013, date à laquelle elle a été hospitalisée seulement en semaine et ce, jusqu'au 12 décembre 2013. Le 10 septembre 2013, la patiente a présenté une gêne oculaire et orbitaire, un écoulement et une inflammation de la conjonctive et de la cornée. Elle a bénéficié d'une suture des paupières entre elles de l'œil gauche et un traitement lui a été prescrit. Elle a enfin été hospitalisée en journée, à raison de trois jours par semaine, pour la période allant du 13 décembre 2013 au 27 janvier 2014.
2. Par une ordonnance du 14 septembre 2017, le président du tribunal administratif de Lille a ordonné une expertise médicale et désigné le docteur C, en qualité d'expert. Ce dernier a remis son rapport au greffe du tribunal le 3 août 2018. Les consorts A ont présenté une demande indemnitaire préalable auprès du CHRU de Lille par un courrier du 31 mars 2020. Par la présente requête, les consorts A demandent au tribunal la condamnation du CHRU de Lille et de son assureur à leur verser la somme de 597 883,58 euros au titre des préjudices qu'ils estiment avoir subis.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la responsabilité du CHRU de Lille :
3. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus () Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. / Cette information est délivrée au cours d'un entretien individuel. () En cas de litige, il appartient au professionnel ou à l'établissement de santé d'apporter la preuve que l'information a été délivrée à l'intéressé dans les conditions prévues au présent article. Cette preuve peut être apportée par tout moyen () ". Aux termes de l'article R. 4127-35 de ce code, relatif à la déontologie du médecin : " Le médecin doit à la personne qu'il examine, qu'il soigne ou qu'il conseille une information loyale, claire et appropriée sur son état, les investigations et les soins qu'il lui propose. Tout au long de la maladie, il tient compte de la personnalité du patient dans ses explications et veille à leur compréhension ".
4. En application de ces dispositions, doivent être portés à la connaissance du patient, préalablement au recueil de son consentement à l'accomplissement d'un acte médical, les risques connus de cet acte qui soit présentent une fréquence statistique significative, quelle que soit leur gravité, soit revêtent le caractère de risques graves, quelle que soit leur fréquence. En cas de manquement à cette obligation d'information, si l'acte de diagnostic ou de soin entraîne pour le patient, y compris s'il a été réalisé conformément aux règles de l'art, un dommage en lien avec la réalisation du risque qui n'a pas été porté à sa connaissance, la faute commise en ne procédant pas à cette information engage la responsabilité de l'établissement de santé à son égard, pour sa perte de chance de se soustraire à ce risque en renonçant à l'opération. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction, compte tenu de ce qu'était l'état de santé du patient et son évolution prévisible en l'absence de réalisation de l'acte, des alternatives thérapeutiques qui pouvaient lui être proposées ainsi que de tous autres éléments de nature à révéler le choix qu'il aurait fait, qu'informé de la nature et de l'importance de ce risque, il aurait consenti à l'acte en question. En outre, indépendamment de la perte d'une chance de refuser l'intervention, le manquement des médecins à leur obligation d'informer le patient des risques courus ouvre pour l'intéressé, lorsque ces risques se réalisent, le droit d'obtenir réparation des troubles qu'il a subis du fait qu'il n'a pas pu se préparer à cette éventualité.
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que l'intervention s'est compliquée d'une lésion du nerf facial entraînant une paralysie faciale gauche avec une lagophtalmie aggravant une diminution de la sensibilité cornéenne pré existante responsable d'une kératite neurotrophique en raison de l'intrication de la lésion avec le tronc basilaire et le tronc cérébral d'une hémiparésie controlatérale droite. Le courrier adressé le 4 juin 2013 au médecin traitant, contrairement à ce qui est soutenu, ne constitue pas la seule information délivrée par le chirurgien sur les risques de l'opération. Ce courrier relate en effet l'entretien préalable à l'intervention chirurgicale avec Mme A le 27 mars 2013 au cours duquel le praticien lui a fait part du protocole de l'intervention en litige, des risques potentiels qui portent essentiellement sur l'audition et la fonction faciale du côté gauche ainsi que des conséquences d'une dissection prolongée de la face latérale du tronc cérébral. Il résulte également du compte rendu de cet entretien que Mme A a été informée de la possibilité d'une diplopie post opératoire eu égard aux rapports étroits de la lésion avec le nerf moteur oculaire externe. Mme A, qui ne réfute pas l'existence de cet entretien, se borne à alléguer, sans commencement de preuve, que les schémas dessinés lors de la consultation ne concerneraient que la localisation de la tumeur dont l'exérèse était prévue, alors que ces schémas mentionnent expressément une information de la patiente et de son mari et montrent que le praticien a évoqué les troubles en cause et les différentes hypothèses de traitement. Par ailleurs, la circonstance que la patiente a également reçu, à titre d'information complémentaire, une fiche de la société française de neurochirurgie, précisément établie pour l'information des patients, ne caractérise pas une information qui serait inaccessible au profane et, de ce fait, délivrée en méconnaissance du devoir d'information. Mme A n'est donc pas fondée à soutenir que sa prise en charge a été entachée d'un manquement au devoir d'information.
6. En second lieu, il résulte des conclusions expertales que l'exérèse du méningiome qu'elle a subie était la seule option thérapeutique envisageable pour traiter la tumeur dont elle souffrait. Le rapport d'expertise conclut en outre, sans que les requérants contestent cette conclusion, que l'indication opératoire était licite compte tenu des risques encourus du fait du grossissement inéluctable du méningiome, faisant courir des risques de dégénérescence et de compression du tronc cérébral, pouvant entraîner une issue fatale. L'absence d'une telle intervention aurait ainsi compromis ses chances de survie. Par suite, cette intervention chirurgicale, qui a été réalisée conformément aux règles de l'art et aux données acquises de la science, présentait un caractère impérieux, excluant toute possibilité raisonnable de refus. Dès lors, les consorts A ne sont pas fondés à engager la responsabilité du CHRU de Lille en raison du défaut d'information.
7. Il résulte de ce qui précède que les consorts A ne sont pas fondés à engager la responsabilité du CHRU de Lille ni, par suite, à demander sa condamnation ainsi que celle de son assureur à les indemniser des préjudices subis du fait de l'intervention subie le 12 juin 2013 au sein de cet établissement de santé.
En ce qui concerne la mise hors de cause de l'ONIAM :
8. Aux termes du II de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Lorsque la responsabilité () d'un établissement () mentionné au I () n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, () au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, () / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25 %, est déterminé par ledit décret ".
9. Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code, qui définit le seuil de gravité prévu par ces dispositions législatives : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24 %. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50 %. / A titre exceptionnel, le caractère de gravité peut être reconnu : 1° Lorsque la victime est déclarée définitivement inapte à exercer l'activité professionnelle qu'elle exerçait avant la survenue de l'accident médical, de l'affection iatrogène ou de l'infection nosocomiale ; 2° Ou lorsque l'accident médical, l'affection iatrogène ou l'infection nosocomiale occasionne des troubles particulièrement graves, y compris d'ordre économique, dans ses conditions d'existence ". En vertu des articles L. 1142-17 et L. 1142-22 du même code, la réparation au titre de la solidarité nationale est assurée par l'ONIAM.
10. Il est constant que les requérants recherchent uniquement la responsabilité du CHRU de Lille et n'ont présenté aucune conclusion à l'égard de l'ONIAM. En outre, il n'est pas contesté que les conditions d'indemnisation au titre de la solidarité nationale, telles que prévues par le code de la santé publique, ne sont pas réunies en l'espèce. Par suite, il y a lieu de faire droit aux conclusions de l'ONIAM demandant à être mis hors de cause.
Sur les frais liés au litige :
En ce qui concerne les dépens :
11. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ".
Par une ordonnance n° 1705275 du 24 avril 2019, le président du tribunal a liquidé et taxé le montant des frais de l'expertise du docteur C à la somme de 2 400 euros. Dans les circonstances particulières de l'espèce, il y a lieu de laisser les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 2 400 euros, avancés par l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle partielle dont bénéficient les requérants, à la charge de l'Etat.
En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans le dépens :
12. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHRU de Lille, qui n'est pas la partie perdante, la somme que demandent les consorts A au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales est mis hors de cause.
Article 2 : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 3 : Les frais de l'expertise sont laissés à la charge définitive de l'Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme G E épouse A, à M. B A, au centre hospitalier régional universitaire de Lille, à la Société hospitalière d'assurances mutuelles, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à la caisse primaire d'assurance maladie du Hainaut, à Me Aidi-Sedlak et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie en sera adressée au docteur C, expert et au service administratif régional de la cour d'appel de Douai.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Vincent Fougères, premier conseiller,
Mme Bruneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
La rapporteure,
signé
M. Bruneau
Le président,
signé
J.-M. Riou
La greffière,
signé
I. Baudry
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026