lundi 20 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2005730 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SHBK AVOCATS SEGARD BRIOUT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 17 août 2020, 23 décembre 2020, 1er mars 2021, 8 mars 2021, 16 avril 2021 et 2 juin 2021, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de Lille-Douai, dont l'activité de recours contre tiers est exercée par la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing, représentée par Me de Berny, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille à lui verser la somme de 877 569,92 euros au titre des dépenses qu'elle a exposées pour son assuré M. E du fait de sa prise en charge dans cet établissement, assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 juin 2020 sur une somme de 329 597,12 euros et du 2 juin 2021 pour le solde, soit 473 174,80 euros ainsi que la capitalisation des intérêts ;
2°) de déclarer le jugement opposable à M. I E ;
3°) de mettre à la charge du CHRU de Lille l'indemnité forfaitaire de gestion ;
4°) de mettre à la charge du CHRU de Lille la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la responsabilité du CHRU de Lille est engagée en raison de la contraction par M. E de deux infections nosocomiales résultant de sa prise en charge par cet établissement.
Il en est résulté des préjudices patrimoniaux, à savoir des préjudices temporaires d'un montant de 343 272,12 euros (dépenses de santé actuelles pour 149 665,02 euros et perte de gains professionnels actuels pour 193 607,10 euros) et des préjudices permanents d'un montant de 534 297,80 euros (dépenses de santé futures pour 1 031,33 euros, perte de gains professionnels futurs pour 533 266,47 euros).
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2020, l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux (ONIAM), des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, représenté par Me Joliff, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à sa mise hors de cause.
Il fait valoir qu'un organisme social ne dispose d'aucun recours subrogatoire en cas de réparation par la solidarité nationale.
Par des mémoires, enregistrés les 17 décembre 2020, 12 mars 2021 et 15 décembre 2022, M. I E, Mme H E, Mme D E, Mme B E, M. K E et Mme F E, agissant en leur nom personnel, représentés par Me Potie, doivent être regardés comme demandant au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner solidairement le CHRU de Lille et son assureur, la société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), à leur verser la somme globale de 941 720,36 euros en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis du fait de la prise en charge de M. I E par cet établissement, avec intérêts au taux légal à compter de la date de la demande indemnitaire préalable et capitalisation de ces intérêts ;
2°) d'ordonner l'exécution provisoire du jugement ;
3°) de condamner solidairement le CHRU de Lille et la SHAM aux dépens ;
4°) de mettre solidairement à la charge du CHRU de Lille et de la SHAM, la somme de 5 000 euros, à verser à M. E, et de 800 euros à chacun des autres consorts E, soit 4 000 euros, au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité du CHRU de Lille est engagée du fait des deux infections nosocomiales que M. I E a contractées successivement au sein de cet établissement ;
- les préjudices subis par M. I E ont un lien de causalité direct et certain avec les infections nosocomiales en cause ;
- il est résulté de cette infection des préjudices patrimoniaux et extrapatrimoniaux subis par M. I E dont le montant global est de 897 724,86 euros, qui se décompose comme suit :
Pour les préjudices patrimoniaux temporaires :
- 184,31 euros au titre des dépenses de santé actuelles (soit sept montants de 16,07 euros, 50,60 euros, 24,40 euros, 25,80 euros, 3,04 euros et 64,40 euros);
- 51 440,65 euros au titre de l'assistance par tierce personne temporaire ;
- 855 euros pour un taille-haies ;
- 170 euros de sommes restées à sa charge au cours des hospitalisations ;
- 56,34 euros de frais de reprographie du dossier médical ;
- 40 318,30 euros de frais d'adaptation du logement avant consolidation ;
- 10 500 euros de frais d'adaptation du véhicule avant consolidation ;
-13 326,25 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire (DFT) ;
- 21 000 euros au titre des souffrances endurées ;
- 6 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire ;
- 3 950 euros de frais d'expertise ;
- 26 418,08 euros pour la taille de haies, capitalisée ;
- 54 205,98 euros pour les frais de véhicule adapté après consolidation ;
- 178 397 euros pour les frais de logement adapté après consolidation ;
- 250 euros au titre des frais de déplacement pour se rendre aux expertises ;
- 109 498,31 euros au titre de l'assistance par tierce personne ;
- 157 761,11 euros au titre des pertes de gains professionnels futurs au titre de l'incidence sur la retraite ;
- 145 390,53 euros au titre de l'incidence professionnelle.
- 33 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent (DFP) ;
- 30 000 euros au titre du préjudice d'agrément ;
- 5 000 euros au titre du préjudice esthétique permanent ;
- 10 000 euros au titre du préjudice sexuel.
- il est également résulté de cette infection des préjudices patrimoniaux subis par Mme H E et des préjudices extrapatrimoniaux subis par Mme H E, Mme D E, Mme B E, M. K E et Mme F E, victimes indirectes, dont le montant global est de 44 582,12 euros, qui se décompose comme suit :
Pour les préjudices patrimoniaux temporaires de Mme H E :
- 582,12 euros au titre des autres frais divers.
Pour les préjudices extrapatrimoniaux permanents de Mme H E :
- 10 000 euros au titre du préjudice sexuel de Mme E ;
- 12 000,00 euros au titre du préjudice d'affection ;
Pour le préjudice d'affection de Mme D E : 5 000 euros ;
Pour le préjudice d'affection de Mme B E : 5 000 euros ;
Pour le préjudice d'affection de M. K E : 5 000 euros ;
Pour le préjudice d'affection de Mme F E : 7 000 euros.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 février 2021, 30 avril 2021 et 29 juin 2021, le CHRU de Lille, représenté par Me Segard, conclut, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, au rejet des conclusions présentées par les consorts E et par la CPAM de Lille-Douai ;
2°) à la mise à la charge de la CPAM de Lille-Douai de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) à titre subsidiaire, à la limitation des demandes indemnitaires formulées par les consorts E à la somme de 426 675,24 euros ;
4°) toujours à titre subsidiaire, à la limitation à hauteur de 1 500 euros la somme mise à la charge du CHRU de Lille au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- aucun manquement ne peut être retenu à son égard quant au respect des règles d'asepsie et de lutte contre les infections nosocomiales et s'en remet à l'appréciation du tribunal quant à son éventuelle responsabilité ;
- les consorts E ainsi que la CPAM de Lille-Douai n'établissent pas leur intérêt à agir.
Un mémoire, enregistré le 30 décembre 2022, a été présenté pour le centre hospitalier régional universitaire de Lille.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la santé publique ;
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Michel, rapporteure publique,
- les observations de Me Choichois, substituant Me Segard, pour le centre hospitalier régional universitaire de Lille et la société hospitalière d'assurances mutuelles.
Considérant ce qui suit :
1. Le 14 septembre 2012, M. I E, alors âgé de 45 ans, a été victime d'un accident de la circulation. Après avoir été pris en charge par le service départemental d'incendie et de secours, M. E a été transporté au CHRU de Lille pour y effectuer des examens qui ont mis en évidence une fracture complexe multi fragmentaire et extrêmement comminutive de l'extrémité supérieure du tibia, et une fracture de l'extrémité supérieure du péroné. Dans la nuit du 14 au 15 septembre 2012, M. E a subi une intervention chirurgicale d'ostéosynthèse par plaque médiale verrouillée et vis en compression. M. E a quitté l'établissement public hospitalier le 26 septembre 2012, avec pour prescription l'absence d'appui, l'injection d'anticoagulants et une immobilisation par attelle. Le 12 octobre 2012, une consultation au service de chirurgie orthopédique du CHRU de Lille a mis en évidence un suintement de liquide séreux au niveau de la plaie, sans syndrome inflammatoire. Le 19 octobre 2012, M. E a été examiné par un chirurgien orthopédiste au service des urgences du CHRU de Lille en raison de douleurs importantes, lequel a confirmé le suintement et conclu à une désunion cicatricielle. M. E est alors hospitalisé une deuxième fois du 19 octobre 2012 au 7 novembre 2012 au sein du CHRU de Lille pour un lavage chirurgical du genou gauche et un drainage d'abcès. Les prélèvements bactériologiques effectués lors du lavage chirurgical du 19 octobre 2012 sont revenus positifs à la bactérie Propionibacterium acnes, justifiant la mise en place d'un traitement antibiotique. Les radiographies de contrôle et le scanner réalisés les 28 novembre 2012, 17 et 27 décembre 2012 ont fait état d'une ostéolyse marquée, signe d'un sepsis ostéo-articulaire. Vu en consultation le 30 janvier 2013, M. E a présenté, malgré une cicatrice propre, une non consolidation de son état, c'est-à-dire une pseudo-arthrose avec déplacement secondaire et translation du plateau tibial en externe. M. E a été hospitalisé une troisième fois, du 4 au 20 mars 2013 au CHRU de Lille et a subi une intervention chirurgicale le 5 mars 2013 pour ablation du matériel d'ostéosynthèse du plateau tibial avec réalisation de prélèvements bactériologiques peropératoires. Ces derniers sont revenus positifs aux bactéries Staphylococcus capitis et Staphylococcus epidermidis multi résistant. L'équipe médicale du CHRU de Lille a donc mis en place une antibiothérapie qui s'est poursuivie, sur décision prise en réunion de concertation pluridisciplinaire, pendant 6 à 12 semaines. Le 20 mars 2013, M. E a quitté l'établissement pour suivre une hospitalisation à domicile. Un contrôle radiographique réalisé le 2 mai 2013 a mis en évidence une ostéonécrose au niveau du plateau tibial associée à un valgus. L'hospitalisation à domicile et l'antibiothérapie ont cessé le 22 mai 2013. La consultation au service de chirurgie orthopédique du CHRU de Lille intervenue le 6 juin 2013 a conclu à la nécessité d'une fenêtre thérapeutique de six semaines avant d'envisager un geste chirurgical et la mise en place d'une prothèse totale du genou gauche. Le 5 juillet 2013, il est proposé à M. E d'effectuer une arthroplastie totale du genou au regard de la nécrose du plateau tibial gauche. Le patient a été hospitalisé une quatrième fois, du 28 août 2013 au 6 septembre 2013 au sein du CHRU de Lille. L'intervention chirurgicale a été effectuée le 29 août 2013. Le 16 octobre 2013, le centre hospitalier régional a confirmé la négativité des prélèvements bactériologiques réalisés lors de la dernière intervention chirurgicale. L'évolution progressivement favorable de l'état de M. E dans les suites opératoires a permis son déplacement à l'aide de deux cannes anglaises puis seulement une, à compter d'avril 2014, en dépit de la persistance de douleurs importantes. Néanmoins, une scintigraphie réalisée le 30 juillet 2014 a conclu au descellement de la partie tibiale dont le caractère septique n'a pu alors être écarté. M. E a été hospitalisé une cinquième fois, du 17 au 25 septembre 2014 au CHRU de Lille et a été opéré le 18 septembre 2014 afin que la prothèse contrainte soit remplacée par une prothèse à charnière. Les prélèvements peropératoires sont revenus négatifs. M. E, rentré à son domicile, a pu marcher avec une canne à compter de mi-novembre 2014 tout en souffrant d'importantes douleurs persistantes. Plusieurs examens ont été réalisés entre le 12 février 2015 et le 11 mars 2016, notamment un électromyogramme, une ponction et des radiographies, orientant vers une cause mécanique des douleurs. Une scintigraphie osseuse effectuée le 14 mars 2016 au service de médecine nucléaire du CHRU de Lille a mis en évidence une hyperfixation au niveau d'une ossification de la capsule antéromédiale du genou, des douleurs en bout de tige fémorale et tibiale persistantes et une gêne fonctionnelle importante. C'est dans ce cadre que, sur demande de M. E, celui-ci a été hospitalisé une sixième fois, du 30 mai 2016 au 7 juin 2016, au CHRU de Lille. L'intervention s'est déroulée le 31 mai 2016 pour effectuer des prélèvements, revenus stériles, avant que le patient subisse, le 1er septembre 2016, lors d'une septième hospitalisation du 31 août 2016 au 8 septembre 2016, l'intervention initialement prévue visant à l'arthrodèse et à l'ablation de la prothèse à charnière, l'amputation au-dessus du genou, également envisagée, ayant pu être évitée. Les suites opératoires ont été marquées par un défaut de cicatrisation distale sur la plaie antérieure dont l'évolution est favorable. M. E présente à ce jour des douleurs neuropathiques et des difficultés à la marche en lien avec la prise en charge en cause.
2. Le 3 mai 2016, M. E a saisi le juge des référés du tribunal judiciaire de Lille aux fins de réalisation d'une expertise judiciaire au contradictoire de la compagnie AXA France et de versement d'une provision de 350 000 euros. Par acte extrajudiciaire du 8 juin 2016, la compagnie AXA France a appelé le CHRU de Lille et l'ONIAM en intervention forcée. Par une ordonnance n°1600571 du 19 juillet 2016, la présidente du tribunal judiciaire de Lille a désigné le docteur J G, chirurgienne orthopédiste, avec mission, notamment, de déterminer si un manquement aux règles de l'art peut être reproché au CHRU de Lille et d'évaluer la part des postes de préjudice et des séquelles en lien direct et certain avec ce manquement, et a condamné la compagnie AXA France à verser à M. E une somme provisionnelle de 150 000 euros. Le rapport d'expertise a été déposé le 10 mars 2017. Par actes extrajudiciaires des 20 et 21 mars 2018, M. E a de nouveau saisi le juge des référés du tribunal judiciaire de Lille aux fins de réalisation d'une nouvelle expertise judiciaire au contradictoire de la compagnie AXA France, du CHRU de Lille, de l'ONIAM et de la CPAM de Lille-Douai, ainsi que l'allocation d'une nouvelle provision de 100 000 euros. Par une ordonnance n°1800399 du 15 mai 2018, la présidente du tribunal judiciaire de Lille a désigné à nouveau le docteur J G, avec mission, en particulier, de fixer la date de consolidation de l'état de M. E et d'évaluer les préjudices subis, et a condamné la compagnie AXA France à verser à M. E la somme prévisionnelle complémentaire de 80 000 euros. Un rapport d'expertise a été déposé le 21 janvier 2019. M. E a présenté en vain une demande indemnitaire au CHRU de Lille, reçue le 12 octobre 2020. Par sa requête, la CPAM de Lille-Douai demande au tribunal de condamner le centre hospitalier régional universitaire de Lille à lui verser la somme correspondant aux débours qu'elle a exposés pour son assuré, pour un total de 877 569,92 euros, somme des montants figurant dans son relevé des débours du 26 mars 2021, auquel se réfèrent ses conclusions, et non le total, erroné, figurant dans ce relevé et ces conclusions. Par un mémoire enregistré le 17 décembre 2020, M. I E demande au tribunal administratif la condamnation du même centre hospitalier à l'indemniser des préjudices résultant de sa prise en charge dans cet établissement.
Sur la déclaration de jugement commun et opposable :
3. Aux termes des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () L'intéressé ou ses ayants droit doivent indiquer, en tout état de la procédure, la qualité d'assuré social de la victime de l'accident ainsi que les caisses de sécurité sociale auxquelles celle-ci est ou était affiliée pour les divers risques. Ils doivent appeler ces caisses en déclaration de jugement commun ou réciproquement. A défaut du respect de l'une de ces obligations, la nullité du jugement sur le fond pourra être demandée pendant deux ans, à compter de la date à partir de laquelle ledit jugement est devenu définitif, soit à la requête du ministère public, soit à la demande des caisses de sécurité sociale intéressées ou du tiers responsable, lorsque ces derniers y auront intérêt () ". En application de ces dispositions, il incombe au juge administratif, saisi d'un recours indemnitaire de la victime contre une personne publique regardée comme responsable de l'accident, de mettre en cause les caisses auxquelles la victime est ou était affiliée. Symétriquement, lorsque le juge est saisi d'un recours indemnitaire introduit contre la personne publique par une caisse agissant dans le cadre de la subrogation légale, il lui incombe de mettre en cause la victime.
4. Il n'appartient pas au juge administratif de déclarer le présent jugement commun et opposable à M. E, celui-ci ayant été régulièrement mis en cause. Par suite, les conclusions présentées en ce sens par la CPAM de Lille-Douai doivent être rejetées.
Sur la responsabilité du CHRU de Lille et la mise hors de cause de l'ONIAM :
5. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de santé publique : " () Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère () ". Selon l'article L. 1142-1-1 du code de la santé publique : " Sans préjudice des dispositions du septième alinéa de l'article L. 1142-17, ouvrent droit à réparation au titre de la solidarité nationale : 1° Les dommages résultant d'infections nosocomiales dans les établissements, services ou organismes mentionnés au premier alinéa du I de l'article L. 1142-1 correspondant à un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à 25 % déterminé par référence au barème mentionné au II du même article, ainsi que les décès provoqués par ces infections nosocomiales [] ".
6. Doit être regardée, au sens des dispositions précitées de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était, ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.
7. Il résulte de l'instruction, à savoir des conclusions expertales, et n'est pas contesté ni par l'ONIAM ni par le centre hospitalier défendeur, que l'infection par la bactérie Propionibacterium acnes, devant être regardée comme contractée par M. E au cours de son hospitalisation au CHRU de Lille lors de l'intervention chirurgicale réalisée dans la nuit du 14 au 15 septembre 2012, constatée dans un prélèvement effectué le 19 octobre 2012, au décours de cette opération, et l'infection par les bactéries Staphylococcus capitis et Staphylococcus epidermidis multi résistant, constatées par des prélèvements peropératoires du 5 mars 2013 après plusieurs consultations et examens confirmant une ostéite évoluant depuis le lavage chirurgical du 19 octobre 2012, revêtent, dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'elles étaient présentes ou en incubation avant la prise en charge hospitalière de l'intéressé et en l'absence de toute cause étrangère alléguée ou démontrée, le caractère d'infections nosocomiales au sens des dispositions précitées de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique. Toutefois, il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté par les parties, que le déficit fonctionnel permanent de l'intéressé en lien avec les séquelles causées par ces deux infections est de 15%. Dès lors, il y a lieu de mettre l'ONIAM hors de cause dans la présente instance et d'indemniser sans faute, sur le fondement des dispositions précitées du second alinéa du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique, les conséquences dommageables des infections nosocomiales contractées par M. E.
Sur l'étendue de la réparation :
En ce qui concerne l'imputation des préjudices :
8. Il résulte de l'instruction, c'est-à-dire des conclusions du rapport d'expertise, que les infections nosocomiales ne sont pas la cause de l'ensemble des séquelles subies par M. E mais que l'accident initial, qui n'est pas imputable au centre hospitalier régional universitaire, était de nature à entraîner un dommage corporel résultant d'une mobilité réduite du genou. Au regard du partage effectué par l'expert quant au déficit fonctionnel permanent dont 10 points sur 25, soit 40%, résultent de l'accident initial, il sera faite une juste appréciation de la part du dommage corporel liée aux infections nosocomiales, c'est-à-dire imputable au centre hospitalier régional universitaire de Lille, en la fixant, sauf autre partage résultant de l'instruction, à 60%.
En ce qui concerne la déduction des sommes déjà versées à M. E :
9. Il appartient au juge administratif, en déterminant le montant de l'indemnité allouée à la victime d'une faute médicale, de veiller à ce que sa décision n'ait pas pour effet de procurer à celle-ci, compte tenu des autres indemnités qu'elle a pu obtenir en raison des conséquences dommageables du même accident, une réparation supérieure au montant total du préjudice subi. Lorsqu'une faute médicale fait suite à un accident de la circulation, la victime de cette faute, conducteur du véhicule et ayant perçu de sa compagnie d'assurance ou de celle de l'auteur de l'accident l'indemnité prévue par le contrat d'assurance, doit établir que le préjudice total résultant de cet accident de la circulation, incluant les conséquences dommageables de la faute commise par l'établissement public d'hospitalisation, est supérieur au montant de l'indemnité ainsi perçue.
10. En premier lieu, il résulte de l'instruction, c'est-à-dire du justificatif produit par M. E en réponse à une mesure d'instruction, qu'il a perçu le 26 décembre 2012, une somme de 53 euros de la compagnie d'assurances Generali Belgium au titre de la garantie de son casque. Il n'y a pas lieu de déduire cette indemnisation, qui répare exclusivement l'accident de circulation, de l'indemnisation à laquelle M. E a droit.
11. En deuxième lieu, il ressort également d'un justificatif produit en réponse à la mesure d'instruction précitée que M. E a perçu, le 2 janvier 2013, de la compagnie Generali Belgium une somme de 1 000 euros qui doit être regardée, compte tenu du justificatif de la provision ultérieurement accordée le 31 juillet 2013, comme réparant le préjudice esthétique temporaire de M. E. Si ce dernier soutient que l'indemnisation ne répare que l'accident de circulation, il résulte de l'historique, précité, de la prise en charge de la victime qu'à la date de cette indemnisation, une part du préjudice esthétique temporaire résultait nécessairement de l'infection, qui avait nécessité une nouvelle intervention chirurgicale. Il y a donc lieu de considérer que cette provision, à hauteur du taux précité de 60%, a réparé le préjudice lié aux infections nosocomiales.
12. En troisième lieu, la compagnie d'assurances Axa, en vertu d'un protocole transactionnel signé le 31 juillet 2013, produit en réponse à la mesure d'instruction précitée, a versé à M. E une somme complémentaire de 9 000 euros, soit 3 000 euros pour l'assistance par tierce personne, 3 000 euros en réparation des souffrances endurées et 3 000 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire. Pour le même motif que celui exposé au point précédent, c'est-à-dire l'intrication des séquelles des deux faits générateurs que constituent l'accident initial et les infections nosocomiales, il y a également lieu de considérer que cette provision, à hauteur du taux précité de 60%, a réparé le préjudice lié aux infections nosocomiales.
13. En quatrième lieu, la compagnie Axa, en vertu d'un protocole du 30 décembre 2013, également produit en réponse à la mesure d'instruction précitée, a complété son indemnisation de M. E à hauteur de 10 000 euros, qui se décompose en un montant de 1 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, 4 000 euros pour les souffrances endurées, 3 000 euros pour le déficit fonctionnel temporaire et 2 000 euros pour les frais d'adaptation du véhicule. Pour le même motif que celui exposé au point précédent, il y a également lieu de considérer que cette provision, à hauteur du taux précité de 60%, a réparé le préjudice lié aux infections nosocomiales.
14. En cinquième lieu, en vertu d'un protocole transactionnel signé le 22 décembre 2015, produit en réponse à la mesure d'instruction précitée, M. E a perçu de la compagnie Axa une indemnisation complémentaire de 15 000 euros, dont 7 000 euros au titre de l'assistance par tierce personne, 4 000 euros pour les souffrances endurées et 4 000 euros en réparation du déficit fonctionnel temporaire. Pour le même motif que celui exposé au point précédent, il y a également lieu de considérer que cette provision, à hauteur du taux précité de 60%, a réparé le préjudice lié aux infections nosocomiales.
15. En sixième lieu, ainsi qu'il a été dit, la compagnie Axa a été condamnée, par ordonnance du juge des référés du tribunal judiciaire de Lille du 19 juillet 2016, à verser à M. E une provision de 150 000 euros. Il ressort des termes mêmes de l'ordonnance, qui ne précise pas les préjudices indemnisés, que cette somme répare l'intégralité du dommage corporel de M. E y compris celui résultant de l'ensemble de la prise en charge hospitalière en cause. Ainsi, contrairement à ce que soutient M. E, cette provision ne peut être regardée comme réparant les seules séquelles de l'accident initial. Pour le même motif que celui exposé au point précédent, il y a également lieu de considérer que cette provision, à hauteur du taux précité de 60%, a réparé le préjudice lié aux infections nosocomiales.
16. En septième lieu, ainsi qu'il a été dit, la compagnie Axa a également été condamnée, par ordonnance du juge des référés du tribunal judiciaire de Lille du 15 mai 2018, à verser à M. E une provision complémentaire de 80 000 euros. Il ressort également des termes de cette ordonnance, qui ne précise pas davantage les préjudices réparés, que cette somme répare l'intégralité du dommage corporel de l'intéressé, notamment les frais d'adaptation de son logement en conséquence du déficit fonctionnel permanent qui résulte en partie, comme il a été dit, des infections nosocomiales. Ainsi, contrairement à ce que soutient M. E, cette provision ne peut être regardée comme réparant les seules séquelles de l'accident initial. Pour le même motif que celui exposé au point précédent, il y a également lieu de considérer que cette provision, à hauteur du taux précité de 60%, a réparé le préjudice lié aux infections nosocomiales.
17. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de considérer que l'assistance par tierce personne a déjà été réparée à hauteur de 6 000 euros (10 000 x 0,6), le préjudice esthétique temporaire à hauteur de 1 200 euros (2 000 x 0,6), les souffrances endurées à hauteur de 6 600 euros (11 000 x 0,6), le déficit fonctionnel temporaire à hauteur de 6 000 euros (10 000 x 0,6) et les frais d'adaptation du véhicule à hauteur de 1 200 euros (2 000 x 0,6). Par ailleurs le dommage corporel de M. E consécutif à sa prise en charge hospitalière a été déjà réparé, hauteur de 138 000 euros ((150 000 + 80 000) x 0,6), en exécution des deux ordonnances précitées du juge judiciaire.
Sur les préjudices :
18. Il y a lieu, ainsi que l'a fait le docteur G dans son expertise, et en l'absence de contestation sur ce point, de fixer la date de consolidation au 7 février 2018.
En ce qui concerne l'indemnisation des préjudices patrimoniaux de M. I E :
S'agissant des préjudices patrimoniaux temporaires :
Quant aux dépenses de santé actuelles :
19. En premier lieu, M. E sollicite la somme de 16,07 euros correspondant à une facture pharmaceutique pour un bassin de lit et un urinal. Toutefois, il résulte de l'instruction, c'est-à-dire des conclusions expertales, que ces frais pharmaceutiques, dont M. E s'est acquitté le 26 septembre 2012 résultent de sa première hospitalisation au sein de ce centre, laquelle n'est pas imputable aux infections nosocomiales, mais est imputable à l'accident initial qu'a subi M. E le 14 septembre 2012. Par suite, M. E n'est pas fondé à demander le remboursement de cette somme.
20. En deuxième lieu, l'intéressé sollicite le versement de la somme de 50,60 euros correspondant à l'achat d'un tabouret de douche et de gel hydro-alcoolique le 21 mars 2013. Il résulte de l'instruction, et ressort notamment des conclusions de l'expert, que les infections nosocomiales contractées par M. E lors de deux hospitalisations successives au CHRU de Lille l'ont conduit au besoin de recourir à une aide matérielle, notamment un tabouret de douche. L'attestation d'imputabilité du 26 mars 2021, produite par la caisse mentionne l'achat de désinfectant qui doit être regardé comme en lien avec les précautions nécessaires après les infections subies. Si le centre hospitalier défendeur soutient que les sommes présentées comme restées à la charge de M. E ont été couvertes par l'assurance maladie, ou une éventuelle complémentaire santé, il résulte de l'instruction, particulièrement de l'attestation d'imputabilité, qui n'évoque ni le matériel médical en cause ni la délivrance pharmaceutique du 21 mars 2013, que ces sommes n'ont pas été prises en charge par l'assurance maladie. Compter du principe de priorité à la victime, la somme de 50,60 euros doit être mise à la charge du centre hospitalier régional universitaire.
21. En troisième lieu, M. E demande le remboursement d'achats pharmaceutiques du 14 mai 2013, pour un total de 25,80 euros, correspondant à une barre à ventouse et un spray détergent. Il résulte de l'instruction que ces achats complètent l'aménagement de la salle de bains rendu nécessaire par le handicap lié notamment aux infections et qu'ils n'ont pas été pris en charge par l'assurance maladie, l'attestation d'imputabilité ne mentionnant aucune délivrance de matériel médical ou pharmaceutique le 14 mai 2013. Cette somme doit également être mise à la charge du centre hospitalier régional universitaire.
22. En quatrième lieu, le remboursement d'une canne anglaise et d'un embout pour cette canne, achetés le 30 décembre 2015, pour des montants respectifs de 24,40 euros et de 3,04 euros est certes liés au handicap subi à la suite de la prise en charge litigieuse mais l'attestation d'imputabilité fait état de cette dépense d'appareillage pour l'assurance maladie. L'existence d'un reste à la charge pour la victime n'est pas démontrée, si bien que la demande présentée par M. E à ce titre doit être rejetée.
23. En cinquième lieu, M. E sollicite le remboursement de la somme de 64,40 euros concernant l'achat de deux cartouches d'encre, sans pour autant présenter de conclusions détaillées à ce titre. S'il produit une facture d'une enseigne de grande distribution, il ne produit aucun justificatif de nature à établir un lien entre cet achat et les infections nosocomiales en cause. Dès lors, il n'y a pas lieu de faire droit à sa demande de remboursement de cette somme.
24. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " Lorsque, sans entrer dans les cas régis par les dispositions législatives applicables aux accidents du travail, la lésion dont l'assuré social ou son ayant droit est atteint est imputable à un tiers, l'assuré ou ses ayants droit conserve contre l'auteur de l'accident le droit de demander la réparation du préjudice causé, conformément aux règles du droit commun, dans la mesure où ce préjudice n'est pas réparé par application du présent livre ou du livre Ier () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie () ".
25. La caisse primaire d'assurance maladie Lille-Douai exerce, par le biais de la caisse de Roubaix-Tourcoing, sur les réparations dues au titre des préjudices subis par M. E le recours subrogatoire prévu par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale. justifie avoir exposé pour le compte de l'intéressé, ce que le relevé détaillé des débours établi, en dernier lieu, en ce qui concerne les dépenses de santé, le 26 mars 2021 ainsi que l'attestation d'imputabilité de son médecin conseil du même jour permettent d'établir des prestations en nature d'un montant global de 149 665,02 euros, correspondant notamment aux hospitalisations de M. E du 19 octobre 2012 au 7 novembre 2012, du 4 au 20 mars 2013, du 20 mars 2013 au 22 mai 2013, du 28 août 2013 au 6 septembre 2013, du 17 au 25 septembre 2014, du 30 mai 2016 au 7 juin 2016 et du 31 août 2016 au 8 septembre 2016. L'ensemble de ces hospitalisations est exclusivement imputable, comme l'indique le rapport d'expertise, ce qui n'est pas contesté par le centre hospitalier défendeur, aux infections nosocomiales contractées par M. E lors de sa prise en charge au sein du CHRU de Lille. En outre, la caisse fait valoir, dans le relevé des débours et l'attestation d'imputabilité précités qu'elle a exposé des frais médicaux et des frais pharmaceutiques d'un montant global de 18 329,02 euros en raison des infections nosocomiales contractées par l'intéressé, correspondant notamment à des consultations médicales d'orthopédie effectuées de 2013 à 2017, à des consultations de cardiologie, de rhumatologie ou encore de médecine générale, ainsi qu'à des soins infirmiers, à des bilans biologiques, à des imageries médicales ou enfin, à des séances de kinésithérapie réalisées du 27 mai 2013 au 22 avril 2016, soit 325 séances. Il résulte également de l'instruction, du relevé des débours et de l'attestation d'imputabilité précités, que la CPAM de Lille-Douai a engagé des frais d'appareillage et de transport, à hauteur de 4 730 euros correspondant entre autres à la location d'un lit médical, à l'achat et au renouvellement de cannes anglaises, aux transports en ambulance réalisés pour les entrées et sorties d'hospitalisation ou encore les consultations spécialisées.
26. Il résulte de ce qui précède qu'il incombe au CHRU de Lille, au titre du préjudice des dépenses de santé actuelles de verser à M. E la somme de 76,40 euros (50,60 + 25,80) et à la caisse primaire d'assurance maladie de Lille-Douai la somme de 149 665,02 euros.
Quant aux frais d'assistance par tierce personne temporaire :
27. Lorsque le juge administratif indemnise dans le chef de la victime d'un dommage corporel la nécessité de recourir à l'aide d'une tierce personne, il détermine le montant de l'indemnité réparant ce préjudice en fonction des besoins de la victime et des dépenses nécessaires pour y pourvoir. Il doit à cette fin se fonder sur un taux horaire déterminé, au vu des pièces du dossier, par référence, soit au montant des salaires des personnes à employer augmentés des cotisations sociales dues par l'employeur, soit aux tarifs des organismes offrant de telles prestations, en permettant le recours à l'aide professionnelle d'une tierce personne d'un niveau de qualification adéquat et sans être lié par les débours effectifs dont la victime peut justifier. Il n'appartient notamment pas au juge, pour déterminer cette indemnisation, de tenir compte de la circonstance que l'aide a été ou pourrait être apportée par un membre de la famille ou un proche de la victime.
28. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise du docteur G, que M. E a nécessité, du fait des séquelles liées aux infections nosocomiales contractées lors de ses hospitalisations au CHRU de Lille, une assistance par tierce personne dont la quotité par période a été fixée par l'expert en fonction du déficit fonctionnel temporaire imputable aux infections. Il résulte également de l'instruction que, pour l'ensemble de ces périodes, M. E a nécessité une assistance par tierce personne pour tous les gestes de la vie quotidienne, notamment l'habillage, la toilette ou encore la préparation des repas. Afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, il y a lieu, ainsi que le prévoit le référentiel de l'ONIAM, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 15 euros pour une aide active non spécialisée.
29. En premier lieu, il résulte de l'instruction que l'hospitalisation de M. E du 14 au 26 septembre 2012 aurait eu lieu même sans infection. En outre, les besoins d'assistance de M. E étaient alors pris en charge par le centre hospitalier régional universitaire.
30. En deuxième lieu, selon l'expert, une évolution sans infection aurait conduit, du 27 septembre au 18 octobre 2012, à un DFT de 50%. Dès lors, si l'expert a évalué le DFT global de la victime au cours de cette période à 80%, seuls 30% sont imputables à l'infection nosocomiale. Selon l'évaluation de l'expert, un DFT de 30% correspond à une assistance par tierce personne de 2 heures par jour. Ce préjudice pour cette période de 22 jours s'élève donc à la somme de 744,99 euros (22 x 15 x 412/365 x 2).
31. En troisième lieu, M. E ayant été hospitalisé du 19 octobre au 7 novembre 2012, ses besoins d'assistance ont été pris en charge par le centre hospitalier.
32. En quatrième lieu, M. E, à son domicile du 8 novembre au 31 décembre 2012, subissait alors un DFT de 80 % dont 30% étaient imputable à l'infection nosocomiale. Compte tenu de l'évaluation du besoin d'assistance par l'expert, soit 2 heures par jour, ce préjudice pour cette période de 54 jours s'élève à la somme de 1 828,60 euros (54 x 15 x 412/365 x 2).
33. En cinquième lieu, il résulte de l'instruction que M. E a nécessité l'assistance d'une tierce personne à hauteur de deux heures par jour du 1er janvier 2013 au 15 février 2013, soit 46 jours, pendant lesquels il a présenté un déficit fonctionnel temporaire de 35% en rapport avec l'infection nosocomiale. Par suite, l'indemnisation due au titre de l'assistance par tierce personne temporaire pour cette période doit être fixée à la somme de 1 557,70 euros (46 x 15 x 412/365 x 2).
34. En sixième lieu, l'intéressé a nécessité une telle assistance à hauteur de deux heures par jour du 16 février 2013 au 3 mars 2013, soit pendant 16 jours. A cette période, M. E a présenté un déficit fonctionnel temporaire de 45% en rapport avec l'infection nosocomiale. Dès lors, l'indemnisation due au titre de l'assistance par tierce personne temporaire pour cette période doit être fixée à la somme de 541,81 euros (16 x15 x 412/365 x 2).
35. En septième lieu, M. E ayant été hospitalisé du 4 au 20 mars 2013, ses besoins d'assistance ont été pris en charge par le centre hospitalier.
36. En huitième lieu, M. E a été hospitalisé à domicile du 21 mars au 22 mai 2013. Si cette hospitalisation comportait des soins de kinésithérapie et des soins infirmiers, il ne résulte pas de l'instruction que l'assistance par une tierce personne ait été prise en charge. Ainsi, M. E a également nécessité cette assistance pour cette période de 63 jours au cours de laquelle, selon l'expert, son DFT global était de 75% dont 60% imputable à l'infection nosocomiale.. Par suite, l'indemnisation due au titre de l'assistance par tierce personne temporaire pour cette période doit être fixée à la somme de 3 200,05 euros (63 x 15 x 412/365 x 3).
37. En neuvième lieu, M. E a présenté un déficit fonctionnel temporaire de 35% en rapport avec l'infection nosocomiale du 23 mai 2013 au 27 août 2013, soit 97 jours, justifiant une assistance à hauteur de deux heures par jour. Ainsi, l'indemnisation due au titre de l'assistance par tierce personne temporaire pour cette période doit être fixée à la somme de 3 284,71 euros (15 x 97 x 412/365 x 2).
38. En dixième lieu, M. E ayant été hospitalisé pour la réalisation d'une prothèse du genou du 28 août au 6 septembre 2013, soit dix jours dont cinq non liés à l'infection, ses besoins d'assistance ont été pris en charge par le centre hospitalier.
39. En onzième lieu, selon l'expert, M. E aurait subi, même sans infection, un DFT consécutif à une arthrose " inéluctable ", de 50% pendant les 45 jours suivant la prothèse du genou. Dès lors, pour une période de 40 jours suivant son hospitalisation, soit du 7 septembre au 16 octobre 2013, son DFT global, également de 50%, n'est pas imputable aux infections nosocomiales contractées au centre hospitalier régional universitaire. Par suite, son besoin d'assistance lié à son DFT n'est pas davantage imputable à l'établissement.
40. En douzième lieu, selon l'expert, les suites de l'arthrose " inéluctable " même sans infection, auraient conduit, pendant une nouvelle période de 45 jours, à un DFT de 25%. Dès lors, pour une période de 45 jours suivant le 16 octobre 2013, soit du 17 octobre 2013 au 30 novembre 2013, au cours de laquelle le DFT global était de 50%, seuls 25% étaient imputables aux infections nosocomiales. Par suite, le besoin d'assistance lié aux infections nosocomiales était d'une heure par jour et le préjudice subi par M. E doit être évalué à la somme de 761,92 euros (15 x 45 x 412/365).
41. En treizième lieu, selon l'expert, les suites de l'accident initial auraient conduit à la persistance, de manière permanente, d'un déficit fonctionnel de 10%. Pour la période du 1er décembre 2013 au 30 avril 2014, marquée par un DFT global de 50%, le DFT imputable aux infections nosocomiales est donc de 40%, correspondant à un besoin d'assistance de deux heures par jour. Le préjudice imputable au centre hospitalier régional universitaire pour cette période de 151 jours s'élève à la somme de 5 113,32 euros (15 x 151 x 412/365 x 2).
42. En quatorzième lieu, selon l'expert, le DFT global dans la période du 1er mai au 16 septembre 2014, soit 139 jours, était de 30 % dont, compte tenu de ce qui a été dit sur le déficit fonctionnel permanent indépendant des infections nosocomiales, 20% imputables à ces infections, soit un besoin d'assistance d'une heure par jour. Le préjudice imputable au centre hospitalier régional universitaire, pour cette période, s'élève à la somme de 2 353,48 euros (15 x 139 x 412/365).
43. En quinzième lieu, M. E, ayant été hospitalisé du 17 au 25 septembre 2014, n'avait pas alors de besoin d'assistance par tierce personne.
44. En seizième lieu, pour la période du 26 septembre au 14 novembre 2014, soit 50 jours, le DFT global était de 60% dont 50% imputables aux infections nosocomiales, correspondant à un besoin d'assistance de deux heures par jour. Le préjudice imputable au centre hospitalier régional universitaire s'élève donc à 1 693,15 euros (15 x 50 x 412/365 x 2).
45. En dix-septième lieu, pour la période du 15 novembre 2014 au 29 mai 2016, soit 562 jours, le DFT global, de 25%, comprenait un DFT de 15% imputable aux infections nosocomiales, correspondant à un besoin d'assistance d'une heure par jour. Le préjudice imputable au centre hospitalier régional universitaire s'élève donc pour cette période à 9 515,51 euros (15 x 562 x 412/365).
46. En dix-huitième lieu, pour la période du 30 mai au 7 juin 2016, M. E, hospitalisé, n'avait pas de besoin d'assistance.
47. En dix-neuvième lieu, pour la période du 8 juin au 30 août 2016, soit 84 jours, le DFT global, de 25%, comprenait un DFT de 15% imputable aux infections nosocomiales, correspondant à un besoin d'assistance d'une heure par jour. Le préjudice imputable au centre hospitalier régional universitaire s'élève donc pour cette période à 1 422,25 euros (15 x 84 x 412/365).
48. En vingtième lieu, pour la période du 31 août au 8 septembre 2016, M. E, hospitalisé, n'avait pas de besoin d'assistance.
49. En vingt-et-unième lieu, pour la période du 9 septembre au 9 novembre 2016, soit 62 jours, le DFT global était de 50% dont 40% imputables aux infections nosocomiales, correspondant à un besoin d'assistance de deux heures par jour. Le préjudice imputable au centre hospitalier régional universitaire s'élève donc à 2 099,51 euros (15 x 62 x 412/365 x 2).
50. En dernier lieu, pour la période du 10 novembre 2016 au 6 février 2018, veille de la consolidation, l'expert a évalué le DFT global à 30%, dont 20% imputables aux infections nosocomiales, correspondant à une heure d'assistance par jour pendant 454 jours. Le préjudice imputable au centre hospitalier régional universitaire s'élève donc à 7 686,90 euros (15 x 454 x 412/365).
51. Il résulte de ce qui précède que le préjudice d'assistance par tierce personne imputable à la prise en charge hospitalière litigieuse s'élève à la somme totale de 41 803,89 euros. M. E ayant déjà perçu une somme de 6 000 euros en réparation de ce préjudice, le centre hospitalier régional universitaire devra lui verser au titre de ce préjudice la somme de 35 803,89 euros.
Quant aux frais divers :
52. En premier lieu, si M. E fait référence à des frais d'hospitalisation qui seraient restés à sa charge pour un montant de 170 euros, la pièce à laquelle il renvoie est une facture pour des frais de télévision de 43 euros, établie le 3 octobre 2012 pour l'hospitalisation du 14 au 24 septembre 2012, en lien exclusif avec l'accident initial et qui ne peut donc être mise à la charge du centre hospitalier régional universitaire.
53. En deuxième lieu, pour les 127 euros de " frais d'hospitalisation " autres que les 43 euros mentionnés au point précédent, M. E ne produit que cinq tickets du parking du centre hospitalier régional universitaire. Il ressort de l'attestation d'imputabilité de la caisse que M. E a dû se rendre dans cet établissement le 24 juin 2015 pour une consultation d'orthopédie, les 3 et 7 juillet 2015 pour des scintigraphies, soit une somme totale de 4,20 euros, imputable à la prise en charge hospitalière. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est même pas allégué que les déplacements des 6 et 8 juillet 2015 soient imputables à cette prise en charge.
54. En troisième lieu, M. E sollicite l'indemnisation des frais qu'il a exposés pour la reproduction de son dossier médical et ses envois, soit la somme de 56,34 euros. S'il justifie de factures de reprographie pour un montant de 33,25 euros, les frais postaux allégués, qui concernent en outre les démarches à l'égard des assureurs, ne sont pas justifiés. Contrairement à ce que fait valoir le centre hospitalier régional universitaire en défense, aucun protocole transactionnel signé avec les compagnies d'assurance n'a prévu l'indemnisation de ces frais mais la mention manuscrite figurant dans les pièces produites " dossier E/Axa " montre que la reprographie du dossier médical n'a pas été exposée exclusivement pour l'indemnisation de la prise en charge hospitalière en cause. Il n'y a ainsi lieu de mettre à la charge du centre hospitalier régional universitaire défendeur que la somme de 19,95 euros (33,25 x 0,6).
55. En quatrième lieu, M. E demande la condamnation du CHRU de Lille à l'indemniser des honoraires du Dr G pour la réalisation de deux expertises et des honoraires du Dr C, sapiteur. Cependant, il résulte de l'instruction, c'est-à-dire de l'ordonnance du juge des référés du tribunal judiciaire de Lille du 15 mai 2018, produite par M. E en réponse à une mesure d'instruction, que les dépens, qui comprennent ces frais ont été mis à la charge de la compagnie d'assurances Axa et non, comme il le prétend, de M. E. Par suite, ce dernier n'est pas fondé à solliciter le remboursement de ces honoraires.
56. En cinquième lieu, M. E demande au tribunal le remboursement des frais de déplacement qu'il a exposés pour se rendre, d'une part, aux réunions d'expertise contradictoire qui se sont déroulées les 15 décembre 2016 et 20 novembre 2018 à Montfermeil et d'autre part, pour se rendre à une réunion d'expertise unilatérale réalisée le 22 avril 2013. Si le centre hospitaliser défendeur soutient que l'intéressé ne produit aucun document de nature à justifier ces frais, il résulte de l'instruction et du rapport de l'expert que les déplacements effectués par M. E pour se rendre aux deux réunions d'expertise à Montfermeil sont corroborés par les pièces de la procédure, contrairement, certes, à la réunion d'expertise qui s'est déroulée le 22 avril 2013 pour laquelle l'identité complète de l'expert et le lieu d'exécution demeurent inconnues. La distance entre le domicile de M. E, situé à Haubourdin, dans le Nord, et le lieu des expertises, situé au cabinet du docteur G à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, est de 211 kilomètres, selon le trajet le plus court déterminé par un site internet de calcul d'itinéraires. Il résulte de l'instruction que le véhicule de M. E utilisé pour se rendre à la réunion d'expertise du 15 décembre 2016 dispose d'une puissance administrative de 6 CV. Compte tenu du barème kilométrique fiscal applicable en 2016, fixant un taux de 0,568 pour un véhicule de 6 CV, ces frais peuvent être évalués à la somme de 239,70 euros (211 x 2 x 0,568). Enfin, il résulte de l'instruction que le même trajet a été réalisé par M. E pour se rendre à la réunion d'expertise qui s'est déroulée le 20 novembre 2018, mais à l'aide d'un véhicule disposant cette fois d'une puissance administrative de 8 CV. Compte tenu du barème kilométrique fiscal applicable en 2018, fixant un taux de 0,595 pour un véhicule de plus de 7 CV, ces frais peuvent être évalués à la somme de 251,10 euros (211 x 2 x 0,595). Ces frais, d'un montant total de 490,80 euros, ayant été engagés dans le cadre de l'instance judiciaire consécutive à l'accident de circulation, il sera fait une juste appréciation de la part imputable à la prise en charge hospitalière litigieuse en la fixant, ainsi qu'il a été dit, à 60%, soit un montant, de 294,48 euros (490,80 x 0,6), à la charge du centre hospitalier régional universitaire.
57. En sixième lieu, si M. E sollicite l'indemnisation des frais qu'il a exposés et qu'il sera amené à exposer pour tailler les haies de sa maison de campagne, il ne résulte pas de l'instruction, ni du rapport d'expertise et ainsi que le fait valoir le centre hospitalier défendeur, que cette dépense soit en lien direct et certain avec les infections nosocomiales contractées par l'intéressé. Par suite, M. E n'est pas fondé à demander l'indemnisation de cette dépense.
58. Il résulte de ce qui précède que les frais divers, en lien direct avec les infections nosocomiales, s'élèvent à la somme de 318,63 euros (4,2 + 19,95 + 294,48), à la charge du CHRU de Lille.
Quant à la perte de gains professionnel actuels :
59. Le principe de la réparation intégrale du préjudice doit conduire le juge à déterminer, au vu des éléments de justification soumis à son appréciation, le montant de la perte de revenus dont la victime ou ses ayants droit ont été effectivement privés du fait du dommage qu'elle a subi. Ce montant doit en conséquence s'entendre comme correspondant aux revenus nets perdus par elle.
60. La caisse primaire d'assurance maladie, aux termes de l'attestation d'imputabilité de son médecin conseil, sollicite la somme de 193 607,10 euros au titre des indemnités journalières qu'elle a versées à M. E en raison de sa perte de gains professionnels actuels.
61. Il résulte de l'instruction, c'est-à-dire du rapport d'expertise, que l'infection nosocomiale contractée au cours de la première hospitalisation a entraîné l'ensemble des autres hospitalisations et nécessité, moins d'un an après cette première prise en charge, une première prothèse de genou, réduisant très nettement la mobilité de cette articulation. Comme l'indique l'expert, aucune reprise du travail n'a été possible. Si le chirurgien sollicité par le centre hospitalier pour émettre un avis critique estime quant à lui que les répercussions professionnelles de l'accident de circulation étaient attendus même en l'absence de complication infectieuse, il ne remet pas en cause, ce faisant, les conclusions de l'expert sur la contribution exclusive de l'infection nosocomiale à l'arrêt de travail, une fois passée la période d'arrêt de six mois, que les parties ne contestent pas, qui serait survenu après l'accident même sans complication infectieuse. Par suite, pour la période de 1 791 jours écoulée entre le 14 mars 2013, qui aurait marqué le début d'une reprise de travail, et le 6 février 2018, veille de la consolidation, la perte de gains professionnels actuels est imputable au centre hospitalier régional universitaire.
62. Il résulte de l'instruction, c'est-à-dire des douze bulletins de paie de septembre 2011 à août 2012, produits en réponse à une mesure d'instruction, que le salaire antérieur à a prise en charge, effectivement perçu et non le montant pris en référence par l'organisme pro-BTP aux termes d'un contrat de prévoyance, s'élevait à la somme de 42 848,07 euros pour une année, soit 3 570,67 euros par mois et 117,39 euros par jour. M. E aurait donc perçu, pour la période de 1 791 jours antérieure à la consolidation, la somme de 210 245,49 euros (117,39 x 1 791).
63. M. E a perçu, au cours de la période antérieure à la consolidation, des indemnités journalières à hauteur de 193 607,10 euros (108,10 x 1 791). Par ailleurs, il a perçu de son employeur, en appliquant au salaire net imposable, pour déterminer le salaire net perçu, un coefficient de 0,932, pour tenir compte de la cotisation de contribution sociale généralisée imposable, pour l'année 2013, au prorata temporis du 14 mars au 31 décembre 2013, soit 293 jours, un salaire net de 6 848,22 euros (9 153,50 x 0,932 x 293/365), pour 2014, 8 237,32 euros (8 838,33 x 0,932), pour 2015, 7 912,34 euros (8 489,64 x 0,932), pour 2016, 8 711,47 euros (9 347,07 x 0,932), pour 2017, 8 103 euros (8 694,21 x 0,932) et aucune somme pour 2018, les bulletins de paie produits ne concernant que les mois de mars et avril 2018. Le total des salaires perçus avant consolidation est ainsi de 39 812,36 euros. M. E a aussi perçu, de l'organisme Pro-BTP, une allocation, à compter de 2018. Au prorata temporis, pour les 37 jours entre le 1er janvier et le 6 février 2018, cette allocation s'élève à 2 302,31 euros (22 712 x 37/365). Le total des revenus perçus de tiers autres que la caisse primaire d'assurance maladie s'élève ainsi à 42 114,67 euros (39 812,36 + 2 302,31). La perte brute, c'est-à-dire indépendamment des sommes versées par la caisse primaire d'assurance maladie en réparation du préjudice, s'élève ainsi à 168 130, 82 euros (210 245,49 - 42 114,67) et la perte nette pour la victime, après réparation par la caisse, est nulle.
64. Il résulte de ce qui précède que la caisse primaire d'assurance maladie a droit au remboursement de la somme sollicitée, soit 168 130,82 euros, somme qui sera mise à la charge du centre hospitalier régional universitaire.
S'agissant des préjudices patrimoniaux permanents :
Quant aux dépenses de santé futures :
De la date de consolidation au jugement :
65. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé des débours du 26 mars 2021 produit par la caisse primaire d'assurance maladie de Lille-Douai, de l'attestation d'imputabilité de son médecin conseil du 24 mars 2021 et du détail des frais futurs qu'elle verse aux débats que l'état de santé de M. E nécessite, depuis la date de consolidation, un médicament à hauteur de 4 gélules par jour pour une durée de 6 jours à renouveler tous les 2 mois. Le montant annuel des dépenses de santé exposées par la caisse primaire d'assurance maladie à raison de soins nécessités par M. E du fait des infections nosocomiales contractées lors de sa prise en charge au CHRU de Lille s'élève ainsi à 41,04 euros par an, soit un montant journalier de 0,11 euros. Il s'est par ailleurs écoulé, de la période courant du lendemain de la date de consolidation, soit à partir du 8 février 2018, au jour du présent jugement 1 840 jours. Par suite, les dépenses exposées par la caisse primaire d'assurance maladie pour M. E au titre de cette période doivent être évaluées à 202,40 euros (1 840 X 0,11).
Pour la période postérieure au jugement :
66. Il résulte de l'instruction, en particulier du relevé des débours précités, de l'attestation d'imputabilité et du détail des frais futurs produits par la caisse primaire d'assurance maladie que les dépenses de santé qu'exposera la caisse primaire d'assurance maladie pour le compte de M. E postérieurement au jugement sont identiques à celles exposées de la date de consolidation au jugement. Par suite, compte tenu de l'âge de l'intéressé à la date du présent jugement, soit 55 ans, le montant des dépenses de santé exposées par la caisse primaire d'assurance maladie pour le compte de son assuré pour la période postérieure au 20 février 2023 s'élève, après application du coefficient de capitalisation de 26,873 issu du barème de capitalisation publié par la Gazette du Palais actualisé en 2022, reposant sur la table de mortalité sexuée pour 2017-2019 et un taux d'intérêt de 0% à la somme de 1 102,87 euros (41,04 X 26,873). Ce montant ne peut toutefois être versé à la caisse primaire d'assurance maladie sous forme de capital, faute pour le centre hospitalier défendeur d'avoir expressément accepté cette modalité de versement. Dans ces conditions, les futurs débours de la caisse donneront lieu à un remboursement par le CHRU de Lille au fur et à mesure de leur engagement, sur présentation de justificatifs à la fin de chaque année échue et dans la limite du montant total de 1 102,87 euros. En cas de refus du centre hospitalier, il appartiendra à la caisse de faire usage des voies de droit permettant d'obtenir l'exécution des décisions de la justice administrative.
Quant aux frais de logement adapté :
67. En premier lieu, il résulte de l'instruction, du rapport d'expertise et contrairement à ce qu'allègue le centre hospitalier défendeur, que la restriction de mobilité de M. E justifie l'adaptation de son logement en raison notamment de l'impossibilité pour ce dernier d'effectuer des mouvements complexes ou d'utiliser des escaliers. Si l'expert, reprenant les doléances de M. E, a indiqué que la résidence principale de ce dernier ne serait pas aménageable, il fait toutefois référence à un projet d'extension de sa maison, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'il serait rendu nécessaire du fait du handicap lié à la prise en charge hospitalière litigieuse. L'expert n'a par ailleurs pas retenu de nécessité d'adaptation de la salle de bains, nécessité qui n'est même pas alléguée par M. E. Si celui-ci produit des devis pour des travaux, ces documents sont établis soit à l'adresse de la résidence secondaire, située dans la Creuse, soit par un entrepreneur creusois, sans qu'aucun document ne mentionne l'adresse du chantier. M. E ne justifie ainsi pas de la nécessité de travaux d'aménagement de sa résidence principale qui résulterait de la prise en charge hospitalière litigieuse.
68. En deuxième lieu, les documents précités, produits par M. E, doivent être regardés comme relatif à la résidence secondaire de ce dernier, inadaptée à son handicap. Les travaux envisagés ont pour objet l'installation d'un garde-corps, l'installation de toilettes adaptées aux personnes à mobilité réduite (PMR) et l'agrandissement de l'entrée, de la cuisine et de la salle de bain. Il y a donc lieu, en tenant compte de la part, précitée, de 60%, imputable aux infections nosocomiales contractées par M. E lors de sa prise en charge par le CHRU de Lille, d'indemniser, sur la base des deux devis produits par l'intéressé, ces adaptations dont le montant s'élève à 22 357,45 euros (37 262,42 x 0,6).
69. En troisième lieu, il résulte des conclusions expertales que M. E a, du fait de la raideur que présente sa jambe suite aux infections nosocomiales en cause, dû adapter le mobilier composant sa résidence principale. M. E justifie l'achat d'une table adaptée et des chaises de salle à manger pour un montant de 518,80 euros, ainsi que l'acquisition d'un fauteuil et d'un canapé adaptés pour un montant de 1 279,10 euros. Si le document produit, s'agissant du lit médicalisé, est un bon de commande provisoire, la nécessité d'un tel lit médicalisé a été constatée par l'expert et il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme mentionnée dans ce bon de commande, soit 1 108 euros. En tenant compte de la part imputable aux infections, et au regard des devis produits par M. E, il y a lieu d'indemniser ces adaptations dont le montant global s'élève à 1 743,54 euros ((518,80 + 1 279,10 + 1 108) x 0,6) euros.
70. Il résulte de ce qui précède que M. E est seulement fondé à obtenir l'indemnisation d'une somme de 24 100,99 euros au titre des frais d'adaptation du logement, qui devra être mise à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Lille.
Quant aux frais de véhicule adapté :
71. Les frais de véhicule adapté comprennent les dépenses nécessaires pour procéder à l'adaptation d'un ou de plusieurs véhicules aux besoins de la victime atteinte d'un handicap permanent et doit inclure non seulement les dépenses liées à l'adaptation d'un véhicule, mais aussi, le cas échéant, le surcoût d'achat d'un véhicule susceptible d'être adapté.
72. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise, que M. E présente une mobilité réduite de genou gauche. Si l'expert s'est borné sur ce point à reprendre les doléances de M. E, il résulte de l'instruction, et n'est pas contesté en défense, y compris dans l'avis critique établi à la demande du centre hospitalier, que ce handicap nécessite l'achat d'un véhicule équipé d'une boîte de vitesse automatique. Si M. E soutient qu'il ne se déplaçait, avant son accident, exclusivement en moto, si bien qu'il devrait être indemnisé de l'acquisition d'une voiture, il ressort de ses propres écritures qu'il a vendu une voiture " 4 X 4 " pour acheter, le 9 avril 2014, une voiture d'occasion Scenic équipée d'une boîte automatique. M. E ne justifiant ni de la vente de sa moto ni de celle de sa voiture " 4 X 4 ", il sera fait une juste appréciation du surcoût d'acquisition de son véhicule adapté en l'évaluant, comme il le fait, à 1 200 euros. Par ailleurs, si M. E fait valoir que les raideurs dans sa jambe l'ont contraint à acheter un second véhicule, cette fois neuf, immatriculé le 14 octobre 2015, il ne résulte pas de l'instruction que cette acquisition soit consécutive à une évolution de son handicap. Il n'y a donc pas lieu d'indemniser le surcoût d'acquisition de ce second véhicule. Il y a seulement lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'indemniser le surcoût d'acquisition d'une boîte de vitesse automatique dans un véhicule, dont la part imputable aux infections nosocomiales contractées par M. E, s'élève à la somme de 720 euros. Pour évaluer ce préjudice au titre de la période postérieure au présent jugement, il y a lieu de capitaliser le montant annuel de ces frais, en tenant compte d'un renouvellement moyen de l'équipement tous les sept ans, et du fait que M. E est âgé de 55 ans à la date du jugement, du taux de l'euro de rente viagère fixé à 26,873 par le barème de capitalisation 2022 de la Gazette du Palais (taux d'intérêt égal à 0%), il sera fait une juste appréciation des frais futurs d'adaptation du véhicule de M. E en les fixant à la somme de 3 484,08 euros (720 + (720/7) X 26,873). Après déduction de l'indemnité perçue de la compagnie Axa à ce titre, soit 1 200 euros, la somme de 2 284,08 euros sera mise à la charge du centre hospitalier régional universitaire.
Quant à l'assistance par tierce personne permanente :
73. Il résulte de l'instruction, en particulier des conclusions de l'expert, que les séquelles de M. E, imputables aux seules infections nosocomiales qu'il a contractées au CHRU de Lille, rendent nécessaire, de manière pérenne, une assistance non spécialisée par une tierce personne qui peut être évaluée à trois heures par semaine.
De la date de consolidation au jugement :
74. Pour la période comprise entre le 8 février 2018, premier jour suivant la date de consolidation, et la date du présent jugement, il s'est écoulé 1 840 jours, soit 262,86 semaines. Il y a lieu, afin de tenir compte des congés payés et des jours fériés prévus par l'article L. 3133-1 du code du travail, et ainsi que le prévoit le référentiel de l'ONIAM, de calculer l'indemnisation sur la base d'une année de 412 jours, ainsi que sur la base d'un taux horaire moyen de rémunération tenant compte des charges patronales et des majorations de rémunération pour travail du dimanche, fixé à 15 euros pour une aide active non spécialisée. Par suite, l'indemnisation due au titre de l'assistance par une tierce personne pour la période comprise entre le 8 février 2018 et le 20 février 2023 doit être fixée à la somme de 13 351,85 euros (15 x (412/365) x 3 x 262,86).
Pour la période postérieure au jugement :
75. Pour évaluer ce préjudice à partir du 20 février 2023, il y a lieu de se référer au coefficient de capitalisation pour un homme âgé de 55 ans à la date du présent jugement, soit 26,873, issu du barème de capitalisation publié par la Gazette du Palais actualisé en 2022 (table de mortalité sexuée pour 2017-2019 - taux d'intérêt de 0%). Par suite, à compter du présent jugement, le montant de l'indemnité due au titre de l'assistance par tierce personne capitalisée sur la base d'un montant annuel de 2 648,57 euros (365/7 x 15 x 3 x 412/365), s'élève à la somme de 71 175,02 euros (2 648,57 x 26,873).
76. Il résulte de ce qui précède qu'après déduction de la somme, précitée de 6 000 euros, déjà versée par la compagnie Axa en réparation de ce chef de préjudice en tant qu'il est imputable aux infections nosocomiales, une somme de 78 526,87 euros sera mise à la charge du CHRU de Lille au titre des frais d'assistance par une tierce personne à titre définitif (13 351,85 + 71 175,02 - 6 000).
Quant à la perte de gains professionnels futurs et à l'incidence professionnelle :
77. Il appartient au juge, en premier lieu, de déterminer si les séquelles des infections nosocomiales dont M. E a été victime ont entraîné pour lui des pertes de revenus professionnels et une incidence professionnelle et, dans l'affirmative, d'évaluer ces postes de préjudice sans tenir compte, à ce stade, du fait qu'ils donnent lieu au versement de prestations de sécurité sociale. Pour déterminer ensuite dans quelle mesure ces préjudices ont été réparés par ces prestations, il y a lieu de regarder chaque prestation comme réparant prioritairement les pertes de revenus professionnels et, par suite, comme ne réparant tout ou partie de l'incidence professionnelle que si la victime n'a pas subi de pertes de revenus ou si le montant de ces pertes est inférieur au montant de la prestation. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, s'il a été décidé, du partage de responsabilité avec la victime. Le juge doit allouer cette indemnité à la victime, dans la limite de la part du poste de préjudice qui n'a pas été réparée par des prestations, le solde, s'il existe, étant alloué à l'organisme de sécurité sociale.
Pour la période écoulée entre la date de consolidation et le jugement :
78. En premier lieu, en prenant en compte un salaire journalier de référence de 117,39 euros et la durée de 1 840 jours entre la date de la consolidation, le 7 février 2018, et le présent jugement du 20 février 2023, M. E aurait dû percevoir une somme de 215 997,60 euros (117,39 x 1 840).
79. Il résulte de l'attestation d'imputabilité produite par la caisse primaire d'assurance maladie que M. E a perçu de cet organisme, pour la période du 7 février 2018 au 29 mars 2018, des indemnités journalières dont le montant doit être regardé comme égal à celui de la période antérieure à la consolidation, soit 108,10 euros par jour, soit une somme de 5 513,10 euros pour une durée de 51 jours (108,10 x 51). Selon le relevé des débours définitif produit par la caisse, non contesté sur ce point, il a perçu ensuite, à compter du 30 mars 2018 en ce qui concerne la rente d'accident du travail et du 1er avril 2018 en ce qui concerne la pension d'invalidité, ces deux prestations, pour des montants respectifs de 57 139,11 euros et 54 202,48 euros jusqu'au 28 février 2021, soit pour des durées respectives de 1 067 et 1 065 jours, c'est-à-dire pour des montants moyens journaliers de 53,55 euros et 50,89 euros. Pour la période du 1er mars 2021 à la date du jugement, la caisse a produit, en réponse à une mesure d'instruction, le relevé des versements mensuels jusqu'au 31 octobre 2022 pour la pension d'invalidité et jusqu'au 30 novembre 2022 pour la rente d'accident du travail. Dès lors qu'il ne résulte pas de l'instruction que ces prestations ne continueraient pas à être versées, il y a lieu de considérer que M. E a perçu, jusqu'au jour du jugement, les montants versés en dernier lieu au titre de ces deux prestations. Par suite, M. E ayant perçu, jusqu'au jour du jugement, 5 513,10 euros d'indemnités journalières, 96 785,77 euros de rente d'accident du travail et 90 699,28 euros de pension d'invalidité, soit une somme totale de 192 998,15 euros.
80. Il résulte en outre de l'instruction, c'est-à-dire des bulletins de paie et des attestations de versement de l'allocation de l'organisme pro-BTP, produits en réponse à une mesure d'instruction, que M. E a perçu de son employeur, ainsi qu'il a été dit, pour l'année 2018, une somme nette de 2 199,68 euros (2 360,17 x 0,932). Il a perçu également, de l'organisme pro-BTP, une allocation nette de 34 180 euros pour 2019, 32 836 euros pour 2020, 34 811 euros pour 2021. Pour 2022, compte tenu du dernier montant communiqué, soit 2 694,09 euros au titre du mois de novembre 2022, le montant net de l'allocation s'établit à 31 289,20 euros. Pour 2023, au prorata temporis pour les 51 jours entre le 1er janvier et la date de mise à disposition du jugement, soit le 20 février 2023, l'allocation nette s'élève à 4 579,95 euros. M. E a donc perçu, de la part de tiers autres que la caisse primaire d'assurance maladie, une somme de 160 305,52 euros de la date de consolidation au présent jugement. La perte brute de revenus, pour cette période, s'élève ainsi à 55 692,08 euros (215 997,60 - 160 305,52) et la perte nette, pour M. E, est nulle.
81. En second lieu, il résulte de l'instruction que M. E bénéficie d'une pension d'invalidité de deuxième catégorie, correspondant à l'impossibilité d'exercer toute activité professionnelle, avec effet au 21 février 2018. Il résulte du rapport d'expertise que M. E, dont l'état est consolidé, souffre d'un déficit fonctionnel permanent de 25% imputable, à proportion de 60% et 40%, aux infections nosocomiales et à l'accident de circulation initial. Cette imputabilité seulement partielle est également admise par la caisse, dans son attestation d'imputabilité, en ce qui concerne la rente d'accident du travail. Contrairement à ce que fait valoir le centre hospitalier en défense, se fondant sur l'avis critique recueilli à sa demande, non motivé sur ce point, il ne résulte pas de l'instruction que le seul accident de circulation initial, qualifié d'accident de travail en vertu de la législation des accidents du travail, aurait nécessairement conduit à un arrêt définitif de toute activité professionnelle. A l'inverse, si l'expert estime que, sans les infections, un travail sédentaire aurait été possible, il mentionne également, à plusieurs reprises, que la gravité de la fracture initiale aurait entraîné, de manière " inéluctable ", une prothèse du genou dont les conséquences auraient pu être aussi graves que les complications infectieuses subies par M. E. Par suite, il sera fait une juste appréciation de la part du dommage imputable au centre hospitalier régional universitaire en l'évaluant à 60%. La perte brute de revenus imputable au centre hospitalier régional universitaire s'élève donc à 33 415,25 euros (55 692,08 x 0,6). A défaut de perte nette pour M. E, qui n'en demande pas, au demeurant, l'indemnisation, ce montant doit être alloué à l'organisme de sécurité sociale.
Pour la période à venir entre le jugement et la liquidation des droits à la retraite :
82. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment des relevés produits par la caisse, que M. E, qui aurait perçu, sans l'accident en cause, un salaire annuel de 42 848,07 euros, perçoit, pour une année, une somme de 20 806,08 euros (1 733,84 x 12) au titre de la rente d'accident du travail, une somme de 19 153,08 euros (1 596,09 x 12) et une somme de 32 329,08 euros, (2 694,09 x 12) au titre de son contrat de prévoyance conclu avec l'organisme pro-BTP, soit un total de 72 288,24 euros. La perte brute de gains professionnels s'élève ainsi, annuellement, à 10 518,99 euros (42 848,07 - 32 329,08) dont 6 311,39 euros (10 518,99 x 0,6) imputables au centre hospitalier régional universitaire défendeur, pour les motifs indiqués précédemment. La perte nette, pour la victime, qui ne demande pas d'indemnisation à ce titre, est nulle. Dans ces conditions c'est la somme de 6 311,39 euros par an qui revient à l'organisme de sécurité sociale.
83. En second lieu, compte tenu de la durée qui s'écoulera entre le lendemain du présent jugement, le 21 février 2023 et l'âge légal prévisible, à droit constant, de départ à la retraite de M. E, le 14 août 2029, date à laquelle il aura atteint l'âge de 62 ans, soit 2 367 jours, correspondant à 6,48 ans, et en prenant en compte l'aléa, c'est-à-dire le coefficient de capitalisation du barème 2022 de la Gazette du Palais pour un homme de 55 ans devant avoir 62 ans lors du dernier arrérage (taux d'intérêt à 0 %), c'est-à-dire 6,803, le montant capitalisé de la somme revenant annuellement à l'organisme de sécurité sociale s'élèverait à 39 746,83 euros (6 311,39 x 6,48 x 6,803/7). Le centre hospitalier régional universitaire défendeur n'ayant pas expressément accepté la capitalisation, il devra verser annuellement la somme de 6 311,39 euros, dans la limite du montant capitalisé de 39 746,83 euros.
Pour la période postérieure à la liquidation de la retraite :
84. En premier lieu, M. E demande l'indemnisation de la perte de ses droits à la retraite, qui se rattache à la perte de gains professionnels et non à l'incidence professionnelle. S'il produit une simulation, réalisée le 21 juillet 2020, de l'organisme Pro-BTP, estimant sa future pension à 1 870 euros par mois, celle-ci se fonde sur un montant de pension d'invalidité de 1 314 euros par mois alors qu'il ressort des pièces produites par la caisse, ainsi qu'il a été dit, que M. E percevait alors une pension mensuelle de 1 526,70 euros par mois (50,89 x 30). Il y a donc lieu de rectifier la simulation à due proportion, soit une estimation de 2 172,70 euros par mois (1 870 x 1 526,70/1 314). Pour estimer la pension qui aurait été perçue sans l'accident, soit un montant de 2 170 euros par mois, l'organisme a pris comme référence un salaire mensuel de 3 693 euros par mois qui n'est ni le salaire de référence précité, s'élevant à 3 570,67 euros par mois, ni au demeurant le salaire que M. E revendique comme étant son salaire de référence soit le montant précité de 59 297,09 euros à l'année, correspondant à 4 941,42 euros par mois. Par ailleurs, s'il est légitime de majorer, à hauteur de 15% comme demandé, l'estimation du salaire de référence, perçu en 2012, pour le calcul d'une pension perçue à compter de 2029, cette majoration ne s'applique pas, comme le prétend M. E, à la perte de pension mais au salaire pris en compte pour calculer cette perte de pension. En majorant le salaire de référence mensuel, précité, de 3 570,67 euros, de 15%, le salaire de référence à prendre en compte pour le calcul de la perte de pension s'élève à 4 106,27 euros (3 570,67 x 1,15). A proportion de cette majoration, la pension simulée, calculée sur la base d'une hypothèse de maintien en activité jusqu'à l'âge de la retraite, s'élève à 2 412,84 euros (2 170 x 4 106,27/3 693).
85. Toutefois, il résulte de l'instruction, en l'absence de réponse à la mesure d'instruction en ce sens, que M. E perçoit, sans limitation de durée, une rente mensuelle de 2 694,09 euros de l'organisme de prévoyance pro-BTP. Avant même réparation par une prestation versée par l'organisme de sécurité sociale, M. E n'a subi aucune perte brute de pension, si bien que la caisse n'est pas fondée à demander une indemnisation à ce titre.
86. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 434-6 du code de la sécurité sociale : " Les rentes allouées par application du présent livre se cumulent avec les pensions d'invalidité ou de retraite auxquelles peuvent avoir droit les intéressés en vertu de leur statut particulier et pour la constitution desquelles ils ont été appelés à subir une retenue sur leur traitement ou salaire. Toutefois, ce cumul est limité dans le cas où la pension d'invalidité serait allouée en raison d'infirmités ou de maladies résultant de l'accident qui a donné lieu à l'attribution de la rente, à une fraction du salaire perçu, au moment de l'accident ou de la dernière liquidation ou révision de la rente, par le travailleur valide de la catégorie à laquelle appartenait la victime. Ce salaire est affecté du coefficient mentionné à l'article L. 434-17. / En aucun cas, l'ensemble des indemnités allouées en application du présent article ne peut être inférieur au montant de la rente qui aurait été servie en vertu de l'article L. 434-2 ". Aux termes de l'article L. 341-15 du même code : " La pension d'invalidité prend fin à l'âge prévu au premier alinéa de l'article L. 351-1. Elle est remplacée à partir de cet âge par la pension de vieillesse allouée en cas d'inaptitude au travail ". Il résulte de ces dispositions que la rente d'accident du travail, se cumulant avec la pension de retraite, est versée de manière viagère tandis que la pension d'invalidité est remplacée par la pension de retraite, à l'âge de la liquidation de cette pension.
87. M. E devant bénéficier, y compris après la liquidation de sa retraite, d'une rente d'accident du travail de 1 733,84 euros par mois et d'une rente de l'organisme de prévoyance pro-BTP, il ne peut être regardé, en l'état de l'instruction, comme devant subir une diminution de ses revenus postérieurement à cette liquidation. Il n'est donc pas fondé à une demande une indemnisation au titre de ce chef de préjudice.
Pour l'incidence professionnelle :
88. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. E a été contraint, à l'âge de 45 ans de renoncer à son activité professionnelle de conducteur de chantier et a été placé, ainsi qu'il a été dit, en invalidité de deuxième catégorie, correspondant à l'incapacité à exercer toute activité professionnelle, à compter de 2018. Il sera fait une juste appréciation de son préjudice d'incidence professionnelle, après application du partage de responsabilité précitée, en l'évaluant à 12 000 euros.
89. S'il résulte de ce qui a été dit plus haut que M. E subit une perte nette de gains professionnels, entre la date de consolidation et le jugement, et entre le jugement et l'âge légal de départ à la retraite, pour des montants respectifs de 20 924,16 euros et 18 207,14 euros (2 888,91 x 6,30), ainsi qu'une perte de pension, capitalisée, de 61 129,08 euros, ces pertes sont inférieures à la rente d'accident du travail qu'il percevra, de l'âge de la retraite à son décès, dont le montant capitalisé est de 441 359,38 (1 733,84 x 12 x 21,213). La rente d'accident du travail doit, par suite, être regardée comme réparant également l'incidence professionnelle, si bien que M. E n'est pas fondé à demander une indemnisation au titre de ce préjudice.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
En ce qui concerne l'indemnisation des préjudices extrapatrimoniaux de M. I E :
Quant au déficit fonctionnel temporaire :
90. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise précité et n'est pas contesté, que M. E a subi un déficit fonctionnel temporaire dont le pourcentage varie en fonction des périodes liées aux infections nosocomiales contractées par l'intéressé lors de sa prise en charge au sein du CHRU de Lille. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à 15 euros par jour.
91. En premier lieu, il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'expert, que M. E a subi un déficit fonctionnel temporaire de 30% en lien avec l'infection nosocomiale du 27 septembre au 18 octobre 2012, soit 22 jours. Le préjudice pour cette période s'élève à la somme de 99 euros (15 x 22 x 0,3).
92. En deuxième lieu, le DFT lié à l'infection était de 50% entre le 19 octobre et le 7 novembre 2012, soit 20 jours. L'indemnisation pour cette période doit être de 150 euros (15 x 20 x 0,5).
93. En troisième lieu, le DFT imputable était de 30% pour la période du 8 novembre au 31 décembre 2012, soit 54 jours. L'indemnisation pour cette période doit être de 243 euros (15 x 54 x 0,3).
94. En quatrième lieu le DFT était à hauteur de 35% en lien avec l'infection nosocomiale durant son hospitalisation au CHRU de Lille du 1er janvier 2013 au 15 février 2013, soit pendant 46 jours. Par suite, l'indemnisation due au titre du déficit fonctionnel temporaire de M. E pour cette période doit être fixée à la somme de 241,50 euros (46 x 15 x 0,35).
95. En cinquième lieu, du 16 février 2013 au 3 mars 2013, soit pendant 16 jours, M. E a subi un déficit fonctionnel temporaire de 45% en lien avec l'infection nosocomiale durant son hospitalisation au CHRU de Lille. Dès lors, l'indemnisation pour cette période doit être fixée à la somme de 108 euros (16 x 15 x 0,45).
96. En sixième lieu, l'intéressé a présenté un DFT de 85% en lien avec l'infection du 4 au 20 mars 2013, soit 17 jours. L'indemnisation pour cette période doit être de 216,75 euros (15 x 17 x 0,85).
97. En septième lieu, l'expert a évalué à 60% le DFT en lien avec l'infection nosocomiale pour la période du 21 mars 2013 au 22 mai 2013, soit pendant 63 jours. Ainsi, il y a lieu d'indemniser M. E à hauteur de 567 euros (15 x 63 x 0,6).
98. En huitième lieu, du 23 mai 2013 au 27 août 2013, soit pendant 97 jours, l'intéressé a subi un déficit fonctionnel temporaire de 35% en lien avec l'infection nosocomiale durant son hospitalisation au CHRU de Lille. Par suite, l'indemnisation due au titre du déficit fonctionnel temporaire pour cette période doit être fixée à la somme de 509,25 euros (15 x 97 x 0,35).
99. En neuvième lieu, l'hospitalisation du 28 août au 1er septembre 2013, soit pour cinq jours, était, selon l'expert, inéluctable pour la réalisation d'une arthrodèse, indépendamment de l'infection. Le DFT total subi pendant cette période n'est pas imputable au centre hospitalier régional universitaire.
100. En dixième lieu, la poursuite de cette hospitalisation, pour cinq jours jusqu'au 6 septembre 2013, est liée, selon l'expert, à la difficulté de réalisation de l'opération du fait des infections nosocomiales antérieures. Le DFT, total, de cette période est imputable au centre hospitalier régional universitaire, soit la somme de 75 euros (15 x 5).
101. En onzième lieu, l'expert a estimé que la prothèse du genou, indépendamment des infections aurait nécessité une convalescence marquée par un DFT de 50% pendant 40 jours, du 7 septembre au 16 octobre 2013. Le DFT subi pendant cette période n'est pas imputable au centre hospitalier régional universitaire.
102. En douzième lieu, le DFT subi du 17 octobre au 30 novembre 2013, soit pendant 45 jours, évalué globalement à 50% n'est imputable que pour moitié, soit 25% à l'infection nosocomial. Il y a donc lieu de l'indemniser à hauteur de 168,75 euros (15 x 45 x 0,25).
103. En treizième lieu, le DFT de 50% subi dans la période de 151 jours écoulée entre le 1er décembre 2013 et le 30 avril 2014, était, selon l'expert, à 40% en lien avec l'infection. Ainsi, il y a lieu d'indemniser M. E de la somme de 906 euros (15 x 151 x 0,4) à ce titre.
104. En quatorzième lieu, il résulte également de l'instruction et du rapport d'expertise que M. E a subi un déficit fonctionnel temporaire de 20% en rapport avec l'infection, du 1er mai 2014 au 16 septembre 2014, soit pendant 139 jours. Par suite, l'indemnisation due au titre du déficit fonctionnel temporaire pour cette période doit être fixée à la somme de 417 euros (139 x 15 x 0,2).
105. En quinzième lieu, au cours de l'hospitalisation du 17 au 25 septembre 2014, soit pendant 9 jours, l'expert retient un déficit fonctionnel temporaire de 90% imputable à l'infection qu'a présentée M. E. Dès lors, il y a lieu, pour cette période, de fixer l'indemnisation à la somme de 121,50 euros (9 x 15 x 0,9).
106. En seizième lieu, M. E a subi un déficit fonctionnel temporaire de 50% lié à l'infection pendant 50 jours, soit du 26 septembre 2014 au 14 novembre 2014. Il y a donc lieu de l'indemniser de la somme de 375 euros (50 X 15 X 0,5) pour cette période.
107. En dix-septième lieu, du 15 novembre 2014 au 29 mai 2016, soit durant 562 jours, l'intéressé a subi un déficit fonctionnel temporaire de 15% lié à l'infection. Au regard de ce pourcentage, l'indemnisation due au titre du déficit fonctionnel temporaire pour cette période doit être fixée à la somme de 1 264,50 euros (562 x 15 x 0,15).
108. En dix-huitième lieu, il résulte de l'instruction ainsi que des conclusions expertales que M. E a subi un déficit fonctionnel temporaire de 90% en rapport avec l'infection contractée au CHRU de Lille pendant son hospitalisation de 9 jours, du 30 mai 2016 au 7 juin 2016. Par suite, l'indemnisation due au titre du déficit fonctionnel temporaire de M. E pour cette période doit être fixée à la somme de 121,50 euros (9 x 15 x 0,9).
109. En dix-neuvième lieu, du 8 juin 2016 au 30 août 2016, soit pendant 84 jours, l'intéressé a présenté un déficit fonctionnel temporaire de 15% lié à l'infection en cause. Ainsi, il y a lieu de fixer à la somme de 189 euros (84 x 15 x 0,15) l'indemnisation due à ce titre, pendant cette période.
110. En vingtième lieu, il résulte de l'instruction ainsi que des conclusions expertales que M. E a subi un déficit fonctionnel temporaire de 90% en rapport avec l'infection contractée au CHRU de Lille pendant son hospitalisation de 9 jours, du 31 août 2016 au 8 septembre 2016. Par suite, l'indemnisation due au titre du déficit fonctionnel temporaire de M. E pour cette période doit être fixée à la somme de 121,50 euros (9 x 15 x 0,9).
111. En vingt-et-unième lieu, M. E a présenté un déficit fonctionnel temporaire fixé à 40% en lien avec l'infection par l'expert, du 9 septembre 2016 au 9 novembre 2016, soit durant 62 jours. Dès lors, il y a lieu d'indemniser M. E à ce titre à hauteur de 372 euros (62 x 15 x 0,4) pour cette période.
112. En dernier lieu, il résulte du rapport d'expertise que M. E a subi un déficit fonctionnel temporaire de 20% en relation exclusive avec l'infection nosocomiale en cause pendant 454 jours, soit du 10 novembre 2016 au 6 février 2018. Par suite, l'indemnisation due au titre du déficit fonctionnel temporaire qu'a subi l'intéressé à cette période doit être fixée à la somme de 1 362 euros (454 x 15 x 0,2).
113. Il résulte de ce qui précède que le DFT subi par la victime en lien avec la prise en charge hospitalière en cause doit être évalué globalement à hauteur de la somme de 7 628,25 euros. Compte tenu de l'indemnisation perçue de la part de la compagnie Axa, soit 6 000 euros, le CHRU de Lille versera à M. E la somme de 1 628,25 euros (7 628,25 - 6 000).
Quant aux souffrances endurées :
114. Dans son rapport, l'experte fait valoir, ce que ne conteste pas le centre hospitalier défendeur, que M. E a subi en lien seul avec les infections litigieuses, des souffrances qu'elle évalue à 3,5 sur une échelle allant de 0 à 7. Il sera par suite faite une juste appréciation du préjudice subi en l'évaluant, par référence au barème de l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, à hauteur de 5 141,50 euros. Il résulte toutefois des protocoles transactionnels conclus avec Axa que M. E a déjà perçu, à ce titre, une somme de 6 000 euros en lien avec les infections nosocomiales. Il n'est donc pas fondé à obtenir une indemnisation complémentaire au titre de ce préjudice.
Quant au préjudice esthétique temporaire :
115. Il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique temporaire lié aux seules infections nosocomiales contractées par M. E au sein du CHRU de Lille, consistant, selon l'experte, en une boiterie et en un port de cannes, en le fixant à la somme de 3 600 euros qui sera mise à la charge du centre hospitalier défendeur. Il résulte toutefois des protocoles transactionnels conclus avec Axa que M. E a déjà perçu, à ce titre, une somme de 1 200 euros en lien avec les infections nosocomiales. La somme mise à la charge du centre hospitalier régional universitaire sera donc de 2 400 euros.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents :
Quant au déficit fonctionnel permanent :
116. Il résulte de l'instruction, particulièrement des conclusions de l'experte, que M. E a subi une arthrodèse du genou pour laquelle le déficit fonctionnel permanent est évalué à 25%, et qui, en l'absence d'infection, peut être évalué à 10%. Le déficit fonctionnel permanent subi par l'intéressé doit dès lors être évalué à hauteur de 15% en rapport avec les infections litigieuses, en supplément du DFP de 10% que l'intéressé aurait conservé du seul fait de l'accident de circulation. Par référence au barème de l'ONIAM, il sera fait une juste appréciation des séquelles conservées par M. E, âgé de 50 ans à la date de consolidation, en évaluant son préjudice à la somme de 26 522 euros.
Quant au préjudice d'agrément :
117. M. E soutient avoir subi un préjudice d'agrément du fait de son incapacité conséquente aux infections qu'il a contractées au sein du CHRU de Lille à pratiquer la conduite de motocyclette et le bricolage. S'il résulte de l'instruction et du rapport d'expertise que l'impossibilité pour M. E de pratiquer la conduite de motocyclette résulte uniquement de l'accident initial, de sorte qu'elle est sans lien avec les infections en cause, l'expert a retenu une impossibilité du bricolage, implicitement mais nécessairement, en lien avec les infections nosocomiales litigieuses. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 1 000 euros, à la charge du centre hospitalier régional universitaire.
Quant au préjudice esthétique permanent :
118. Il résulte de l'instruction et en particulier du rapport d'expertise que, pour les mêmes raisons que celles exposées plus haut concernant le préjudice esthétique temporaire, et à cela ajoutées une boiterie et des cicatrices, le préjudice esthétique permanent subi par M. E doit être évalué à 3,5 sur une échelle de 7. Par référence au barème de l'ONIAM, il sera fait, dans les circonstances de l'espèce, une juste appréciation de ce chef de préjudice en l'évaluant à la somme de 2 600 euros.
Quant au préjudice sexuel :
119. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'experte, que M. E a des relations sexuelles limitées. Dès lors, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en lui allouant la somme de 1 000 euros, qui sera mise à la charge du CHRU de Lille.
120. Il résulte de ce qui précède qu'après déduction des sommes perçues de la compagnie Axa affectées à la réparation de préjudices déterminés, le préjudice subi par M E, imputable au centre hospitalier régional universitaire, s'élève à la somme de 176 261,11 euros. M. E ayant perçu de cette compagnie Axa deux provisions d'un montant total de 230 000 euros dont 138 000 euros devant être regardés comme réparant les conséquences de la prise en charge hospitalière litigieuse, la somme que le centre hospitalier régional universitaire devra verser à M. E s'établit à 38 261,11 euros (176 261,11 - 138 000).
121. Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier régional universitaire devra verser à la caisse primaire d'assurance maladie la somme de 351 413,49 euros (149 665,02 + 168 130,82 + 202,40 + 33 415,25) en remboursement de ses débours et prestations, ainsi que la somme annuelle de 41,04 euros, dans la limite de 1 102,87 euros, au titre des dépenses de santé futures et la somme annuelle de 6 311,39, dans la limite de 39 746,83 euros, au titre de la perte de gains professionnels futurs.
En ce qui concerne l'indemnisation des préjudices de Mme H E, victime indirecte :
S'agissant des frais divers :
122. D'une part, Mme H E, en tant qu'épouse de M. E, sollicite l'indemnisation des frais de déplacement restés à sa charge et déboursés pour rendre visite à M. E lors de ses hospitalisations au CHRU de Lille, soit la somme de 477,12 euros, ce que ne conteste pas le défendeur. La distance la plus courte entre le domicile de Mme H E, situé à Haubourdin, dans le Nord, et le CHRU de Lille est de 4,7 kilomètres. En ne tenant compte uniquement que des hospitalisations désignées par l'expert comme étant en lien avec les infections nosocomiales contractées par M. E au CHRU de Lille, il résulte de l'instruction que Mme H E s'est d'abord rendue au CHRU de Lille du 19 octobre 2012 au 7 novembre 2012, soit pendant 20 jours. Par suite, compte tenu du barème fiscal kilométrique pour un véhicule de 4 chevaux en 2012 soit 0,487 euros du kilomètre, le montant des frais de déplacement exposés par l'intéressée pour ces trajets est de 91,60 euros (4,7 x 40 x 0,487). Aussi, Mme H E a rendu visite à M. E du 4 au 20 mars 2013 et du 28 août au 6 septembre 2013, soit pendant 27 jours. Dès lors, ces frais de déplacement doivent être évalués, en retenant un coût par kilomètre de 0,487 euros, sur la base du barème fiscal des frais kilométriques applicable à l'année 2013 pour les véhicules 5 chevaux, à la somme de 123,60 euros (4,7 x 54 x 0,487). Du 17 au 25 septembre 2014, Mme H E s'est également rendue au CHRU de Lille, soit pendant 9 jours. Par suite, en retenant un coût par kilomètre de 0,491 euros, sur la base du barème fiscal des frais kilométriques applicable à l'année 2014 pour les véhicules 4 chevaux, les déplacements effectués peuvent être évalués à 41,50 euros (4,7 x 18 x 0,493). Enfin, l'intéressé s'est rendue une dernière fois au CHRU de Lille, du 30 mai 2016 au 7 juin 2016 puis du 31 août 2016 au 8 septembre 2016, soit pendant 18 jours. Ainsi, compte tenu du barème fiscal kilométrique pour un véhicule de 4 chevaux en 2016 soit 0,493 euros du kilomètre, le montant des frais de déplacement exposés par l'intéressée pour ces trajets est de 83,40 euros (4,7 x 36 x 0,493).
123. D'autre part, Mme H E souhaite être indemnisée de la somme de 105 euros correspondant aux frais de parkings exposés pour rendre visite à son époux, M. E. Il résulte de l'instruction, des pièces produites par l'intéressée et n'est pas contesté par le centre hospitalier défendeur, que Mme E a effectivement payé la somme de 1,25 euros lors de chacune des visites effectuées au sein du CHRU de Lille. En tenant compte des seules hospitalisations en lien avec les infections litigieuses, il y a lieu de lui accorder la somme de 92,50 euros (74 x 1,25).
124. Il résulte de ce qui précède que les frais de déplacement et de parking de Mme H E s'élèvent à la somme totale de 432,60 euros (91,60 + 123,60 + 41,50 + 83,40 + 92,50) qui sera mise à la charge du CHRU de Lille.
S'agissant du préjudice sexuel :
125. Pour les mêmes raisons que celles exposées au point 116, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en allouant à Mme H E la somme de 1 000 euros mise à la charge du centre hospitalier défendeur.
S'agissant du préjudice d'affection :
126. En se prévalant du préjudice qu'elle a subi en raison du changement de ses conditions de vie et de sa propre affliction face à l'état de santé de M. E, Mme H E doit être regardée comme se prévalant d'un préjudice d'affection. Il résulte de l'instruction que celle-ci a subi un tel préjudice en raison du dommage subi par son époux depuis le 19 octobre 2012 alors qu'il était âgé de 45 ans et dont l'état a été consolidé le 7 février 2018. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'évaluer ce préjudice à hauteur de 2 000 euros, somme qui sera mise à la charge du CHRU de Lille.
En ce qui concerne les préjudices des quatre enfants de M. E, victimes indirectes :
127. Il résulte de l'instruction que Mme D E, Mme B E, M. K E et Mme F E ont subi un préjudice résultant notamment du changement dans leurs conditions de vie, du handicap de leur père, M. E, ainsi que des souffrances que ce dernier a endurées et ce, pendant plusieurs années. Dès lors, les quatre enfants des époux E sont fondés à se prévaloir d'un préjudice d'affection. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'évaluer ce préjudice à hauteur de 3 400 euros, soit 850 euros par enfant. Cette somme sera mise à la charge du CHRU de Lille.
128. Il résulte de tout ce qui précède que le centre hospitalier régional universitaire de Lille doit verser aux consorts E, en réparation de leurs préjudices, une somme globale de 45 093,71 euros (38 261,11 + 3 432,60 + 3 400), à laquelle l'assureur de cet établissement, la SHAM, est également tenue en vertu de son obligation solidaire résultant du contrat d'assurance.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
129. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". Aux termes de l'article 1343-2 du même code : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ". Il résulte de ces dispositions que, d'une part, lorsqu'ils sont demandés, et quelle que soit la date de la demande, les intérêts des indemnités allouées sont dus à compter du jour où la demande de réclamation de la somme principale est parvenue à la partie débitrice ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité, et, d'autre part, que la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière.
130. En premier lieu, la CPAM de Lille-Douai sollicite que la somme qui lui est allouée soit assortie des intérêts au taux légal à partir du 3 juin 2020, date de réception de la demande indemnitaire formulée par elle, sur la somme de 329 597,12 euros, comme elle le demande. Il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation sur ces intérêts à compter du 3 juin 2021 à minuit, date à laquelle était due une année entière d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de celle-ci. Par ailleurs, la caisse a droit, comme elle le demande, aux intérêts au taux légal à compter du 2 juin 2021, pour le solde soit 21 816,37 euros (351 413,49 - 329 597,12). Il y a lieu de faire droit à la demande de capitalisation sur ces intérêts à compter du 2 juin 2022 à minuit, date à laquelle était due une année entière d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de celle-ci.
131. En second lieu, la somme allouée aux consorts E sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 12 octobre 2020, date de réception de la demande indemnitaire formulée par eux. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 12 octobre 2021 à minuit, date à laquelle était due une année entière d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de celle-ci.
Sur les conclusions tendant à ordonner l'exécution provisoire du jugement :
132. Aux termes de l'article L. 11 du code de justice administrative : " Les jugements sont exécutoires ". En outre, aux termes de l'article R. 811-14 du même code, applicable à la procédure contentieuse administrative : " Sauf dispositions particulières, le recours en appel n'a pas d'effet suspensif s'il n'en est autrement ordonné par le juge d'appel dans les conditions prévues par le présent titre ". Aucune disposition particulière ne fait obstacle, en l'espèce, au caractère exécutoire du présent jugement, sous réserve, en cas d'appel, des dispositions relatives au sursis à exécution. Par suite, les conclusions tendant à ce que le tribunal déclare le présent jugement exécutoire sont sans objet et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
Quant à l'indemnité forfaitaire de gestion :
133. Il résulte des dispositions du neuvième alinéa de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale que le montant de l'indemnité forfaitaire qu'elles instituent est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un plafond dont le montant est révisé chaque année par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget. Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 2022 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion : " Les montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale sont fixés respectivement à 115 € et 1 162 € au titre des remboursements effectués au cours de l'année 2020. ".
134. En application des dispositions précitées, il y a lieu de mettre à la charge du CHRU de Lille le versement à la caisse primaire d'assurance maladie de Lille-Douai de la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
En ce qui concerne les frais exposés et non compris dans les dépens :
135. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la caisse primaire d'assurance maladie, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le CHRU de Lille demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
136. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire du CHRU de Lille et de son assureur, la SHAM, une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. E, victime directe, et non compris dans les dépens, une somme de 200 euros au titre des frais exposés par chacun des autres consorts E, soit une somme globale de 2 500 euros pour les consorts E, et une somme de 1 500 euros, à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Lille, au titre des mêmes frais exposés par la caisse primaire d'assurance maladie.
D E C I D E :
Article 1 : L'ONIAM est mis hors de cause dans la présente instance.
Article 2 : Le CHRU de Lille est condamné à verser à la CPAM de Lille-Douai la somme de 351 413,49 euros au titre de ses débours, assortie des intérêts au taux légal à compter du 3 juin 2020 sur la somme de 329 597,12 euros et du 2 juin 2021 sur la somme de 21 816,36 euros, assortie de la capitalisation de ces intérêts.
Article 3 : Le CHRU de Lille est condamné à rembourser à la CPAM de Lille-Douai, la somme annuelle de 41,04 euros au titre des dépenses de santé de M. E dans la limite du montant de 1 102,87 euros.
Article 4 : Le CHRU de Lille est condamné à rembourser à la CPAM de Lille-Douai, la somme annuelle de 6 311,39 euros, dans la limite de 39 746,83 euros, au titre de la perte de gains professionnels futurs.
Article 5 : Le CHRU de Lille versera à la CPAM de Lille-Douai la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.
Article 6 : Le CHRU de Lille versera à la CPAM de Lille-Douai la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le CHRU de Lille et la SHAM sont condamnés solidairement à verser à M. I E la somme de 38 261,11 euros avec intérêts au taux légal à compter du 12 octobre 2020. Les intérêts échus le 12 octobre 2021 seront capitalisés à cette date pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 8 : Le CHRU de Lille et la SHAM sont condamnés solidairement à verser à Mme H E la somme de 3 432,60 euros avec intérêts au taux légal à compter du 12 octobre 2020. Les intérêts échus le 12 octobre 2021 seront capitalisés à cette date pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 9 : Le CHRU de Lille et la SHAM sont condamnés solidairement à verser à Mme D E la somme de 850 euros avec intérêts au taux légal à compter du 12 octobre 2020. Les intérêts échus le 12 octobre 2021 seront capitalisés à cette date pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 10: Le CHRU de Lille et la SHAM sont condamnés solidairement à verser à Mme B E la somme de 850 euros avec intérêts au taux légal à compter du 12 octobre 2020. Les intérêts échus le 12 octobre 2021 seront capitalisés à cette date pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 11 : Le CHRU de Lille et la SHAM sont condamnés solidairement à verser à Mme F E la somme de 850 euros avec intérêts au taux légal à compter du 12 octobre 2020. Les intérêts échus le 12 octobre 2021 seront capitalisés à cette date pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 12 : Le CHRU de Lille et la SHAM sont condamnés solidairement à verser à M. K E la somme de 850 euros avec intérêts au taux légal à compter du 12 octobre 2020. Les intérêts échus le 12 octobre 2021 seront capitalisés à cette date pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 13 : Le CHRU de Lille et la SHAM sont condamnés solidairement à verser à M. I E la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 14 : Le CHRU de Lille et la SHAM sont condamnés solidairement à verser à Mme H E la somme de 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 15 : Le CHRU de Lille et la SHAM sont condamnés solidairement à verser à Mme D E la somme de 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 16 : Le CHRU de Lille et la SHAM sont condamnés solidairement à verser à Mme B E la somme de 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 17 : Le CHRU de Lille et la SHAM sont condamnés solidairement à verser à Mme F E la somme de 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 18 : Le CHRU de Lille et la SHAM sont condamnés solidairement à verser à M. K E la somme de 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 19 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 20 : Le présent jugement sera notifié à la caisse primaire d'assurance maladie de Roubaix-Tourcoing, à M. I E, à Mme H E, à Mme D E, à Mme B E, à Mme F E, à M. K E, au centre hospitalier régional universitaire de Lille, à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales et à la société hospitalière d'assurances mutuelles.
Copie pour information en sera adressée à la caisse primaire d'assurance maladie de Lille-Douai.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Riou, président,
M. Fougères, premier conseiller,
Mme Bruneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2023.
Le président-rapporteur,
signé
J.M. A
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
signé
V. FOUGERES
La greffière
signé
I. BAUDRY
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2005730
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026