jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2005734 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | GUEY-BALGAIRIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 12 août 2020, le 24 mai 2021 et le 13 septembre 2021, la société par actions simplifiée (SAS) Etablissements Duranel, représentée par Me Guey, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie dans les rôles de la commune de Gauchin-le-Gal (Pas-de-Calais) au titre des années 2017 et 2018 à raison de biens situés 233 rue du Moulin.
Elle soutient que :
- les aménagements et constructions qu'elle a réalisés sur les parcelles cadastrées section AB nos 21, 22, 23, 26 et 32 et section ZD nos 107, 108, 109 et 113, propriétés de la SCI Duranel, qu'elle louait en application de baux auxquels il a été mis fin par un nouveau bail du 1er juin 2004, doivent être exclus de la base d'imposition dès lors qu'elle n'en est plus propriétaire ;
- les immobilisations " 0043 SILO ENGRAIS ", " 0044 SILO ENGRAIS ", " 0045 SILO ENGRAIS ", " 0046 SILO ENGRAIS ", " 0047 SILO C CONSTRUCTION METALLIQUE ", " 0048 SILO C BATIMENT AGRICOLE " du compte 213, et " 0013 BAT C INST SILO A GRAINS ", " 0014 BAT C INST SILO A GRAINS " du compte 2135 doivent être exclues des bases d'imposition en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts;
- les immobilisations " 0002 FOSSE HYDROCARBURE ZD 112 " du compte 212 et " 0010 AMENAGEMENT CHAUFFERIE ", " 0012 BAT 3 INSTALLATION ELECTRIQUE ", " 0022 CHAUFFERIE AMENAGT ", " 0024 RAMPE D'ACCES BAT ENGRAIS " et " 0035 TRAVAUX GARDE CORPS " du compte 2135 doivent être exclues des bases d'imposition en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts dès lors qu'elles sont spécifiquement adaptées à ses activités ;
- les immobilisation situées sur les parcelles exploitées affectées au négoce de marchandises ne doivent pas être reprises selon la méthode comptable.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 22 septembre 2020, le 1er juillet 2021 et le 17 mars 2023, la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est tardive ;
- les moyens soulevés par la SAS Etablissements Duranel ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 13 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 12 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bergerat, rapporteure,
- les conclusions de Mme Lançon, rapporteure publique,
- et les observations de Me Guey, représentant la SAS Duranel.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Etablissements Duranel demande au tribunal de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 dans les rôles de la commune de Gauchin-le-Gal à raison de biens immobiliers situés 233 rue du Moulin.
2. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction et notamment de la liste des immobilisations produite à l'instance que les aménagements et constructions autres que ceux dont la SAS Etablissements Duranel serait propriétaire figureraient dans les bases d'imposition de la taxe foncière à laquelle elle a été assujettie. Par suite, la SAS Etablissements Duranel n'est pas fondée à soutenir que les aménagements et constructions réalisés sur les parcelles cadastrées section AB nos 21, 22, 23, 26 et 32 et section ZD nos 107, 108, 109 et 113 devraient être exclus de cette base d'imposition de la taxe foncière sur les propriétés bâties.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1381 du même code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; / 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication ; () ". Aux termes de l'article 1382 de ce code : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : () 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés aux 1° et 2° de l'article 1381 ; () ".
4. Pour apprécier, en application de l'article 1495 du code général des impôts et de l'article 324 B de son annexe III, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu de ses articles 1380 et 1381, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par ces deux derniers articles mais également des biens faisant corps avec eux. Sont toutefois exonérés de cette taxe, en application du 11° de l'article 1382 du même code, ceux de ces biens qui font partie des outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.
5. D'une part, les silos, installations destinées à stocker des produits, sont soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties en application des dispositions, précédemment citées, du 1° de l'article 1381 du code général des impôts et sont par conséquent exclus de l'exonération prévue par les dispositions du 11° de l'article 1382 du même code. D'autre part, la fosse hydrocarbure, l'installation électrique, l'aménagement de la chaufferie, la rampe d'accès engrais et les travaux de garde-corps figurent à l'actif de son bilan dans les comptes 212 (agencements et aménagements de terrains) et 2135 (constructions - installations générales - agencements - aménagements des constructions). La société, qui n'établit pas que la comptabilisation de ces biens, qui ne permet pas d'apprécier leur consistance, serait erronée, ne démontre en outre pas, par la production d'une facture concernant l'aménagement de la chaufferie, que les immobilisations dont il s'agit seraient spécifiquement adaptées aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que ces installations sont exonérées de taxe foncière sur les propriétés bâties, en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 1499 du code général des impôts dans sa rédaction applicable aux impositions en litige : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'Etat () ". En outre, aux termes de l'article 1500 de ce code dans sa rédaction applicable : " Les bâtiments et terrains industriels sont évalués : 1° selon les règles fixées à l'article 1499 lorsqu'ils figurent à l'actif du bilan de leur propriétaire ou de leur exploitant, et que celui-ci est soumis aux obligations définies à l'article 53 A ; () ".
7. Selon ses déclarations auprès de l'administration fiscale, la SAS Etablissements Duranel exploite un établissement industriel dont les installations sont implantées sur les parcelles cadastrées AB nos 21, 22, 23, 26 et 32 et ZD nos 107, 108, 109, 112 et 113. Si la société requérante fait valoir qu'elle exerce son activité industrielle sur les seules parcelles cadastrées AB nos 21, 22 et 23, cette seule circonstance, au demeurant non établie, n'est pas de nature à lui ôter la qualité d'établissement industriel et écarter l'application de la méthode comptable prévue par les dispositions de l'article 1499 du code général des impôts.
8. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que la SAS Etablissements Duranel n'est pas fondée à demander la décharge des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie dans les rôles de la commune de Gauchin-le-Gal au titre des années 2017 et 2018 à raison de biens situés 233 rue du Moulin.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Etablissements Duranel est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Etablissements Duranel et à la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 30 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Hervouet, président du tribunal,
- Mme Bergerat, première conseillère,
- Mme Dang, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
S. BERGERAT
Le président,
Signé
C. HERVOUETLa greffière,
Signé
N. PAULET
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026