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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2005890

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2005890

jeudi 13 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2005890
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSCP CAPELLE-HABOURDIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 août 2020, Mme G F, représentée par Me Lacherie, a demandé au tribunal :

1°) de condamner la société GRT Gaz à lui verser la somme de 7248,72 euros en réparation du préjudice que lui a causé le chantier d'installation d'une canalisation de transport de gaz ;

2°) de mettre à la charge de la société GRT Gaz la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle a soutenu que :

- la responsabilité de la société GRT Gaz est engagée en sa qualité de maître de l'ouvrage des travaux ayant causé des désordres sur les parcelles dont elle est propriétaire, et qu'elle avait donné à bail à M. A B qui y exploitait une cressonnière ;

- elle a subi un préjudice résultant de l'absence de perception de loyer depuis le 1er janvier 2015, date à laquelle M. A B a été contraint de cesser son exploitation.

Par un mémoire enregistré le 30 juin 2022, M. D F, représenté par Me Lacherie, déclare reprendre l'instance engagée par G F, décédée le 13 avril 2021, et demande au tribunal :

1°) de condamner la société GRT Gaz à lui verser la somme de 7 248,72 euros en réparation du préjudice causé par le chantier de pose d'un gazoduc ;

2°) de mettre à la charge de la société GRT Gaz la somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que l'action engagée par Mme F est recevable dès lors que le point de départ du délai de prescription a commencé à courir au plus tôt le 22 mai 2015, date à laquelle elle a reçu communication de la requête en référé instruction dont M. A B et C B avaient saisi le tribunal administratif, et compte tenu de l'application de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 15 janvier 2021, le 30 mars 2022 et le 21 avril 2023, la société GRT Gaz, représentée Me Beaumont, conclut dans le dernier état de ses écritures :

- à ce que soit constaté son désistement d'instance à l'égard de la société Bonatti qu'elle avait initialement appelée en garantie,

- au rejet de la requête ;

- à ce que soit mis à la charge de l'ayant-droit de Mme F la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens de l'instance.

Elle soutient que :

- l'action de la requérante était prescrite dès lors qu'elle avait eu une connaissance suffisamment certaine de l'étendue du dommage depuis l'établissement d'un constat d'huissier réalisé le 24 septembre 2012, puis à raison des résultats des prélèvements effectués les 16 et 23 mai 2013 ;

- la requérante n'établit pas qu'il existe un lien de causalité entre les travaux de rabattement de la nappe et la présence d'éléments polluants dans l'eau et les boues de la cressonnière ;

- la requérante n'établit pas que la présence de ces éléments polluants rend impossible toute production de cresson, cette production ayant commencé à diminuer de manière significative avant le début des travaux de rabattement de la nappe ;

- la requérante n'établit pas que la présence de ces éléments polluants aurait pour conséquence de rendre le cresson toxique ;

- la requérante n'établit pas au moyen de l'acte de donation partage établi le 6 juin 1973 être propriétaire des parcelles actuellement cadastrées section BS n° 0232 et BS n° 035 ;

- elle ne justifie pas de l'existence d'un bail conclu avec M. A B, ni de la perception de loyers, et n'établit donc pas la réalité de son préjudice.

Par des mémoires enregistrés le 31 août 2021, le 24 juin 2022 et le 6 septembre 2022, la société AIG Europe SA, venant aux droits de la société AIG Europe limited, représentée par Me Adrien, conclut :

- à l'incompétence des juridictions françaises pour statuer sur la demande de la société Bonatti et la demande de la société GRT Gaz de déclaration de jugement commun ;

- au rejet des conclusions de Mme F ;

- à sa mise hors de cause ;

- à la condamnation de toute partie perdante à lui verser la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Elle soutient que :

- la société AIG Europe limited a fait l'objet d'une fusion absorption par la société AIG Europe SA, société de droit luxembourgeois ;

- le tribunal administratif de Lille n'est pas compétent pour statuer sur les conclusions tendant à ce que le jugement à intervenir fasse l'objet d'une déclaration de jugement commun et opposable, dès lors que la clause d'attribution de compétence prévue par les conditions générales d'assurance de la police d'assurance souscrite par la société Bonatti aboutit à retenir la compétence des juridictions italiennes ;

- elle entend s'associer aux moyens développés par la société GRT Gaz en ce qui concerne la prescription de l'action engagée par Mme F et l'imputation du préjudice invoqué aux travaux réalisés par la société Bonatti ;

- la requérante n'établit pas l'existence d'un lien de causalité entre les désordres invoqués et les travaux ;

- elle ne justifie pas de la réalité du préjudice dont elle demande l'indemnisation à hauteur de 7 248,72 euros ;

- en tout état de cause, la société Bonatti n'est pas fondée à demander la mise en œuvre des stipulations de la police d'assurance qu'elle a souscrite, particulièrement en ce qui concerne les articles 14 et 22 du contrat.

Par des mémoires enregistrés le 23 février 2022 et le 9 mai 2022, la société Bonatti, représentée par Me Feitussi, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête, à ce qu'il soit pris acte du désistement d'instance de la société GRT Gaz concernant l'appel en garantie dirigé à son encontre, à la condamnation de la société GRT Gaz à lui verser la somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à la condamnation de toute partie perdante aux dépens.

Elle soutient que :

- l'ordre juridictionnel administratif n'est pas compétent pour statuer sur l'appel en garantie formé par la société GRT Gaz à son encontre, dès lors qu'il s'agit de statuer sur l'application d'un contrat de droit privé ;

- elle est fondée à demander la mise en œuvre des stipulations de la police d'assurance souscrite auprès de la société AIG Europe SA venant aux droits de la société AIG Europe limited.

Un mémoire a été enregistré le 23 juin 2023 pour la société AIG Europe SA, venant aux droits de la société AIG Europe limited, qui n'a pas été communiqué.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- l'ordonnance du 18 avril 2018 par laquelle le président du tribunal administratif, dans l'instance de référé expertise n° 1503433, a taxé les frais et honoraires de l'expertise confiée à M. I E à la somme de 20 674 euros TTC.

Vu :

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Dang,

- les conclusions de Mme Lançon, rapporteure publique,

- et les observations de Me Lacherie, représentant M. D F, ayant droit de Mme F.

Considérant ce qui suit :

1. Mme G F donnait en location à M. A B des parcelles cadastrées section BS n° 0232 et BS n° 035 au lieu-dit Moulin le Comte sur le territoire de la commune d'Aire-sur-la-Lys. Dans le cadre des travaux d'installation d'une canalisation de transport de gaz entre le terminal méthanier de Dunkerque et le poste de Cuvilly (Oise), la société GRT Gaz a passé, le 16 novembre 2011, une commande à la société Bonatti pour la construction et la pose d'une partie de cette canalisation sur le tronçon reliant Pitgam à Nedon. Ces travaux impliquaient notamment de procéder au rabattement de la nappe alluviale alimentant les dix-huit bassins exploités par M. B. Les travaux ont débuté au mois de Juillet 2012. M. B s'est plaint de désordres constatés au mois de septembre 2012 tenant à une baisse du niveau d'eau dans la cressonnière, ayant eu pour conséquence l'impossibilité de mener à bien les récoltes. Des opérations d'expertise amiables ont été diligentées par la société GRT Gaz et la société d'assurance de M. B, à l'issue desquelles ont été relevées des concentrations de métaux lourds excédant les seuils réglementaires dans les eaux de la nappe alluviale. Par ordonnance du 18 août 2015, le président du tribunal administratif de Lille a désigné un expert, lequel a déposé son rapport le 17 avril 2018. Après une demande d'indemnisation préalable reçue le 3 janvier 2020, à laquelle la société GRT Gaz n'a pas répondu, Mme G F a demandé au tribunal de condamner la société GRT Gaz à lui verser la somme de 7 248,72 euros au titre de la perte de valeur locative de parcelles de la cressonnière dont elle est propriétaire.

Sur la recevabilité des conclusions à fin de reprise d'instance par M. D F :

2. Il résulte d'un acte notarié du 6 juillet 2021, que M. D F est l'héritier de Mme G F auteure de la requête enregistrée au greffe du tribunal sous le n° 2005890, décédée le 13 avril 2021. M. D F est ainsi recevable à reprendre l'instance engagée par G F.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne l'exception de prescription quinquennale :

3. Aux termes de l'article 2224 du code civil : " Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. ". Il résulte de ces dispositions que la prescription qu'elles instituent court à compter de la manifestation du dommage, c'est-à-dire de la date à laquelle la victime a une connaissance suffisamment certaine de l'étendue du dommage, quand bien même le responsable de celui-ci ne serait à cette date pas encore déterminé.

4. Mme G F doit être regardée comme ayant eu une connaissance suffisamment certaine de l'étendue du préjudice dont elle demande réparation le 17 avril 2018, date à laquelle l'expert désigné par le juge des référés du tribunal a établi son rapport qui décrit les désordres ayant affecté la cressonnière, ainsi que la nature, l'importance et la cause de ceux-ci ayant rendu impossible son exploitation dans des conditions technico-économiques processionnelles. La requête ayant été enregistrée le 21 août 2020, la fin de non-recevoir opposée par la société GRT Gaz doit être écartée.

En ce qui concerne la responsabilité :

5. Il appartient au requérant qui entend obtenir réparation des dommages qu'il estime avoir subis à l'occasion d'une opération de travaux publics à l'égard de laquelle il a la qualité de tiers d'établir, d'une part, le lien de causalité entre cette opération et les dommages invoqués, et, d'autre part, le caractère grave et spécial de son préjudice.

6. Il n'est pas contesté que les travaux dont la société GRT Gaz est maître de l'ouvrage sont des travaux publics. Il résulte de l'instruction que l'installation de la canalisation de gaz nécessitait de procéder au rabattement de la nappe alluviale à proximité de l'exploitation de cresson. La nappe phréatique est composée de deux parties : la nappe de craie, à moins de vingt mètres de profondeur du sol qui est protégée par la couche d'argile du louvroil et la nappe alluviale sur une hauteur de trois mètres environ. La couche d'argile séparant les deux nappes n'étant pas totalement étanche, la mise en œuvre du rabattement de la nappe alluviale nécessitait certaines précautions afin de préserver la nappe de craie, d'où jaillissait l'eau alimentant les puits artésiens et les bassins de culture du cresson. Dans le cadre de l'exécution des travaux, la société Bonatti a procédé à un abaissement de la nappe phréatique au moyen de pointes filtrantes branchées au moyen de flexibles à un collecteur d'aspiration relié à une pompe à piston. Ces travaux dont la durée était initialement estimée à deux semaines et qui ont débuté au mois de juillet 2012, ont pris fin le 30 novembre 2012, le volume d'eau pompé s'élevant à 365 000 mètres cubes au lieu de 1 608 mètres cubes prévus initialement. Toutefois, alors que le niveau d'eau des puits de la cressonnière avait diminué significativement pendant les opérations de pompage, il est revenu à la normale quinze jours après l'arrêt des travaux à la fin du mois de novembre 2012. Pourtant, l'eau jaillissant des puits artésiens présentait une couleur rouille inédite, et au début du printemps 2013, il a été constaté que la pousse du cresson était très disparate sur l'ensemble des bassins.

7. La société GRT Gaz, sollicitée par M. B lorsque les désordres ont été constatés, a mandaté le cabinet d'ingénieurs conseil Burgeap au printemps 2013 afin de procéder à une étude géologique. Les analyses des eaux et boues de la cressonnière ont mis en évidence la présence de concentrations en cuivre, zinc et nickel dans des proportions dépassant les seuils de référence tant au niveau régional que national. Une première mission d'expertise a ensuite été décidée par l'assureur de M. B, avant qu'une expertise judiciaire soit confiée le 18 août 2015 à un autre expert. Dans le cadre de ces opérations, les prélèvements d'eaux et de boues en mars et septembre 2013, en mai 2014 et au mois de mai 2017, ont confirmé la présence de métaux lourds, avec toutefois une amélioration sensible de la qualité des eaux à distance de la réalisation des travaux. L'hydrogéologue consulté en tant que sapiteur dans le cadre de l'expertise judiciaire a relevé que les travaux de rabattement de la nappe alluviale ayant induit un rabattement de la nappe de craie sur une période de douze jours au minimum, avaient inévitablement modifié les conditions physico-chimiques du milieu, provoquant vraisemblablement la mise en solution du nickel, du zinc et du cuivre. Deux opérations de remise en eaux de certains bassins, puis de mise en culture du cresson ont été réalisées à l'été 2014 et à l'été 2017, établissant l'impossibilité de procéder à une culture dans des conditions technico-économiques professionnelles du cresson, avec cependant une amélioration qualitative de la récolte à distance de la réalisation des travaux.

8. Il résulte de l'instruction, notamment des conclusions du cabinet d'ingénieurs conseils de M. H et de M. E, qu'il existe un lien de causalité direct entre les travaux de rabattement de la nappe alluviale, confiés par la société GRT Gaz à la société Bonatti, et les désordres invoqués par le requérant, tenant à une baisse excessive et persistante du niveau d'eau dans la cressonnière ainsi qu'à une pollution des eaux ayant compromis la culture du cresson.

9. Il résulte également de l'instruction que les travaux de rabattement de la nappe alluviale ont privé Mme F de la possibilité de percevoir les fermages liés à cette exploitation, lui causant un préjudice anormal et spécial.

10. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité de la société GRT Gaz est engagée, en sa qualité de maître d'ouvrage, à l'égard de M. D F ayant droit de Mme G F, du fait des dommages causés par l'exécution des travaux publics d'installation d'une canalisation de transport de gaz naturel impliquant le rabattement de la nappe alluviale.

En ce qui concerne le préjudice :

11. M. D F, ayant droit de Mme G F, soutient que les désordres causés par les travaux de rabattement de la nappe alluviale l'ont privé, à compter du 1er janvier 2015, des fermages correspondant aux parcelles sur lesquelles était exploitée la cressonnière.

12. Il résulte de l'instruction que les désordres causés par les travaux litigieux, constatés entre les années 2012 et 2017, ont eu pour conséquence une absence de repousse satisfaisante du cresson lors des mises en culture, compromettant la possibilité d'exploiter la cressonnière dans des conditions technico-économiques professionnelles. Compte tenu de l'amélioration de la qualité des eaux entre 2013 et 2017, l'expert judiciaire concluait à l'existence de perspectives de reprise de la culture du cresson dans des conditions satisfaisantes après une lente épuration naturelle des éléments toxiques présents en concentration trop élevée, mais sans qu'il soit toutefois possible d'évaluer cette durée, dans un contexte où l'exploitant atteindrait l'âge de soixante-cinq ans en 2017. Par ailleurs, s'il est constant qu'une baisse de la production a été constatée entre les années 2006-2007 et 2010-2011, antérieurement aux travaux, il ne résulte pas de l'instruction, contrairement à ce que fait valoir la société GRT Gaz, que cette baisse serait imputable à une pollution préexistante des eaux de la cressonnière. En outre, l'exploitant a précisé avoir mis la culture de certains bassins en sommeil compte tenu de problèmes de santé, tandis que des aléas météorologiques ont eu une incidence sur la quantité de cresson récoltée. M. A B a été admis à la retraite le 1er janvier 2015 après avoir cessé son activité le 31 décembre 2014, sans avoir pu céder l'exploitation à un potentiel repreneur.

13. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'acte notarié de donation partage du 6 juin 1973, que Mme G F était propriétaire de la moitié des parcelles de la cressonnière, données en fermage à M. A B, la seconde moitié des parcelles étant la propriété de son frère, M. C B. Ainsi qu'il a été dit au point précédent M. A B ayant cessé l'exploitation de la cressonnière le 31 décembre 2014, sans qu'il soit possible de céder l'outil de production à un repreneur, Mme G F a été privée de la perception des fermages. Ainsi, elle justifie de l'existence d'un préjudice certain.

14. M. D F se prévaut de l'évaluation établie par l'expert judiciaire qui se fonde sur l'arrêté préfectoral du 27 septembre 2017 concernant les fermages du Pas-de-Calais, et qui retient une période d'indemnisation de neuf années à compter de l'expiration du bail à la fin de l'année 2017 compte tenu de l'impossibilité de trouver un locataire ou de ce qu'un repreneur potentiel devrait être exonéré de loyer pendant la durée du bail en contrepartie des charges occasionnées par la remise en état de l'outil de production.

15. En vertu de l'arrêté préfectoral précité, le montant des fermages est calculé selon un indice national défini chaque année, applicable à la valeur locative d'un are, laquelle était fixée en 2017 à 20,10 euros. Compte tenu de la superficie des parcelles de 58,80 ares, leur valeur locative a été fixée respectivement à 1 223,80 euros pour l'année 2015, 1 218,68 euros pour l'année 2016 et 1 181,88 euros pour l'année 2017 soit une moyenne annuelle de 1208,12 euros. Jusqu'à la fin du bail conclu avec M. B, la perte de fermages s'élève donc à la somme de 3 624,36 euros, à laquelle il convient d'ajouter la somme de 10 873,08 euros correspondant à neuf années d'indemnisation sur la base de la valeur locative moyenne, soit un total de 14 497,44 euros à diviser par deux compte tenu de ce que M. C B est propriétaire pour moitié des terres. Dans ces conditions, la société GRT Gaz doit être condamnée à verser à M. D F une indemnité de 7 248,72 euros.

Sur l'appel en garantie de la société GRT Gaz à l'encontre de la société Bonatti et de son assureur la société AIG Europe limited :

16. D'une part, par un mémoire enregistré au greffe du tribunal le 30 mars 2022, la société GRT Gaz s'est désistée de son appel en garantie à l'encontre de la société Bonatti. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

17. D'autre part, ce désistement d'instance doit être regardé comme s'appliquant également à l'appel en garantie en tant qu'il est dirigé contre la compagnie d'assurance de la société Bonatti. Il convient par conséquent d'en donner acte.

Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :

18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société GRT Gaz la somme totale de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société GRT Gaz les sommes que la société Bonatti et la société AIG Europe SA demandent sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1er : La société GRT Gaz est condamnée à verser à M. D F, ayant droit de Mme G F, la somme de 7 248,72 euros.

Article 2 : Il est donné acte du désistement d'instance de l'appel en garantie de la société GRT Gaz à l'encontre de la société Bonatti et de son assureur, la société AIG Europe limited.

Article 3 : La société GRT Gaz versera à M. D F, la somme de 2 000 (deux mille) euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. D F, à la société GRT Gaz, à la Société Bonatti et à la société AIG Europe SA.

Délibéré après l'audience du 30 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Hervouet, président du tribunal,

Mme Bergerat, première conseillère,

Mme Dang, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.

La rapporteure,

Signé

L. DANG

Le président,

Signé

C. HERVOUETLe greffier,

Signé

N. PAULET

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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