jeudi 2 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2005899 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GUEY-BALGAIRIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 août 2020, M. B A, représenté par Me Guey, demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des cotisations primitives de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 à 2014 et des droits de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période correspondante, ainsi que des pénalités s'y rapportant.
Il soutient que :
- en l'absence d'option, il n'était pas soumis, s'agissant de la taxe sur la valeur ajoutée, au régime de droit commun, mais au régime de la marge s'agissant du commerce de biens d'occasion ;
- s'agissant de la vente de métaux, la vente est soumise obligatoirement au dispositif de l'autoliquidation en application des dispositions du 2 sexies de l'article 283 du code général des impôts ;
- la décision de rejet de la réclamation préalable est insuffisamment motivée ;
- il n'a pas reçu avant la mise en recouvrement des impositions en litige la réponse aux observations qu'il avait formulées sur les rectifications proposées ;
- les revenus résultant de son activité constituent des revenus d'activité et de remplacement, au sens des articles L. 136-1 et L. 136-6 du code de la sécurité sociale, et il ne pouvait donc pas être assujetti, à raison de tels revenus, aux contributions sociales sur les revenus du patrimoine.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 novembre 2020, la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 14 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 15 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- l'ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemaire,
- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a fait l'objet d'un contrôle sur pièces à l'issue duquel il a été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et à des cotisations primitives de contributions sociales au titre des années 2012 à 2014, ainsi qu'à des droits de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période correspondante. Il demande au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions, ainsi que des pénalités s'y rapportant.
2. En premier lieu, les vices qui peuvent entacher la décision par laquelle l'administration fiscale rejette la réclamation dont elle est saisie par un contribuable sont sans incidence sur la régularité ou le bien-fondé des impositions contestées. Est dès lors inopérant le moyen tiré par M. A de ce que la décision de rejet de la réclamation préalable qu'il a présentée pour contester les droits de taxe sur la valeur ajoutée en litige est insuffisamment motivée.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales :
" L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / () / Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée ".
4. Il résulte de l'instruction que le service vérificateur a adressé à M. A une proposition de rectification datée du 2 septembre 2016, reçue par l'intéressé le 6 septembre suivant. Par une lettre du 28 octobre 2016, envoyée dans le délai de réponse prolongé qui lui était imparti, M. A a présenté des observations sur la rectification relative aux traitements et salaires de l'année 2013 qui lui avait été proposée. L'administration a rejeté ces observations par une réponse du 10 novembre 2016, qui a été régulièrement envoyée à l'adresse de M. A, et elle établit, par la production de l'avis de réception correspondant, que le pli envoyé en recommandé a été reçu le 16 novembre 2016. M. A n'est dès lors pas fondé à soutenir qu'en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales, le service n'a pas répondu aux observations qu'il avait formulées.
1.
5. En troisième lieu, d'une part, en vertu des dispositions du 2 sexies de l'article 283 du code général des impôts, pour les livraisons portant sur des déchets neufs d'industrie et des matières de récupération, la taxe sur la valeur ajoutée est acquittée par le destinataire ou le preneur qui dispose d'un numéro d'identification à la taxe en France. En outre, aux termes de l'article 297 A du même code : " I. - 1° La base d'imposition des livraisons par un assujetti revendeur de biens d'occasion () qui lui ont été livrés par un non redevable de la taxe sur la valeur ajoutée ou par une personne qui n'est pas autorisée à facturer la taxe sur la valeur ajoutée au titre de cette livraison est constituée de la différence entre le prix de vente et le prix d'achat. / () ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition ". Aux termes de l'article
R. 193-1 de ce livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré ". Les droits de taxe sur la valeur ajoutée en litige ayant été mis à la charge de M. A à l'issue d'une procédure de taxation d'office, en application du 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales, il lui appartient, conformément aux dispositions précitées, d'établir leur mal-fondé.
7. Il résulte de l'instruction, et notamment de la notification des bases imposables du 2 septembre 2016, que les droits de taxe sur la valeur ajoutée mis à la charge de M. A au titre de la période couvrant les années 2012 à 2014 ont été établis, notamment, à raison des ventes de marchandises, de métaux et de matériel qu'il avait réalisées au cours de ces années, le service ayant déterminé la taxe collectée en se fondant sur les crédits bancaires correspondant aux opérations de vente, regardés comme des prix de vente toutes taxes comprises. Si M. A soutient que la taxe sur la valeur ajoutée se rapportant à ces opérations devait être soit mise à la charge de ses clients, en application du 2 sexies de l'article 283 du code général des impôts, soit liquidée selon le régime de la marge prévu par les dispositions précitées de l'article 297 A de ce code, il n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, conformément aux articles L. 193 et R. 193-1 du livre des procédures fiscales, que ses clients disposaient d'un numéro d'identification à la taxe en France ou que les biens qu'il a vendus lui avaient été livrés par un non redevable de la taxe ou par une personne qui n'était pas autorisée à la facturer.
8. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article 34 du code général des impôts :
" Sont considérés comme bénéfices industriels et commerciaux, pour l'application de l'impôt sur le revenu, les bénéfices réalisés par des personnes physiques et provenant de l'exercice d'une profession commerciale, industrielle ou artisanale. / () ".
9. D'autre part, aux termes de l'article L. 136-1 du code de la sécurité sociale : " Il est institué une contribution sociale sur les revenus d'activité et sur les revenus de remplacement à laquelle sont assujettis : 1° Les personnes physiques qui sont à la fois considérées comme domiciliées en France pour l'établissement de l'impôt sur le revenu et à la charge, à quelque titre que ce soit, d'un régime obligatoire français d'assurance maladie ; / () ". Aux termes de l'article L. 136-2 de ce code, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige :
" I. La contribution est assise sur le montant brut des traitements, indemnités, émoluments, salaires, allocations, pensions y compris les majorations et bonifications pour enfants, des rentes viagères autres que celles visées au 6 de l'article 158 du code général des impôts et des revenus tirés des activités exercées par les personnes mentionnées aux articles L. 311-2 et L. 311-3. () ". En vertu du premier alinéa de l'article L. 136-3 du même code, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige, sont soumis à la contribution les revenus
professionnels des travailleurs indépendants au sens de l'article L. 242-11. En vertu du premier alinéa de l'article L. 242-11 dudit code, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige, les cotisations d'allocations familiales des travailleurs indépendants sont calculées conformément aux dispositions de l'article L. 131-6. En vertu de l'article R. 241-2 du même code, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige, la cotisation d'allocations familiales des travailleurs indépendants est due par toute personne physique exerçant, même à titre accessoire, une activité non salariée.
10. Enfin, aux termes de l'article 1600-0 C du code général des impôts : " La contribution sociale généralisée sur les revenus du patrimoine est établie, contrôlée et recouvrée conformément aux dispositions de l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale ". Aux termes du I de l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale : " Les personnes physiques fiscalement domiciliées en France au sens de l'article 4 B du code général des impôts sont assujetties à une contribution sur les revenus du patrimoine assise sur le montant net retenu pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, à l'exception de ceux ayant déjà supporté la contribution au titre des articles L. 136-3, L. 136-4 et L. 136-7 : / () / f) De tous revenus qui entrent dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux () au sens du code général des impôts, à l'exception de ceux qui sont assujettis à la contribution sur les revenus d'activité et de remplacement définie aux articles L. 136-1 à L. 136-5. / () ".
11. Il résulte des dispositions citées aux points 9 et 10 que les revenus tirés d'une activité non salariée sont assujettis à la contribution sociale sur les revenus d'activité dès lors que cette activité est exercée à titre professionnel, que ce soit de manière accessoire ou non.
12. En outre, en vertu des dispositions combinées de l'article 1600-0 G du code général des impôts et de l'article 15 de l'ordonnance du 24 janvier 1996 relative au remboursement de la dette sociale, la contribution pour le remboursement de la dette sociale assise sur les revenus du patrimoine définis au I de l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale est établie, contrôlée et recouvrée dans les conditions et selon les modalités prévues au III de cet article. Aux termes de l'article 1600-0 F bis du code général des impôts, alors en vigueur : " I. - Le prélèvement social sur les revenus du patrimoine est établi conformément aux dispositions de l'article L. 245-14 du code de la sécurité sociale. / () ". En vertu de l'article L. 245-14 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige, les personnes physiques fiscalement domiciliées en France au sens de l'article 4 B du code général des impôts sont assujetties à un prélèvement sur les revenus et les sommes mentionnés au I de l'article L. 136-6, les dispositions du III de cet article étant applicables à ce prélèvement. En vertu de l'article
L. 14-10-4 du code de l'action sociale et des familles, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige, une contribution additionnelle à ce prélèvement social est assise, contrôlée, recouvrée et exigible dans les mêmes conditions que celles applicables à celui-ci. En vertu de l'article 1600-0 S du code général des impôts, un prélèvement de solidarité sur les revenus du patrimoine mentionnés à l'article L. 136-6 du code de la sécurité sociale est assis, contrôlé et recouvré selon les mêmes règles que la contribution mentionnée à cet article.
13. Il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 2 septembre 2016, que le service vérificateur a imposé à l'impôt sur le revenu entre les mains de
M. A, dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, en application des dispositions précitées de l'article 34 du code général des impôts, les revenus correspondant à l'exercice habituel par le contribuable, au cours des années 2012 à 2014, d'une activité commerciale non-salariée de prestations de sous-traitance et de vente de marchandises, de métaux et de matériel. Cette activité ayant été exercée à titre professionnel, et sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'il n'ait pas été effectivement assujetti à la contribution sur les
revenus d'activité et de remplacement, M. A ne pouvait pas légalement être assujetti, à raison des revenus qu'il en avait tirés, à la contribution sociale généralisée sur les revenus du patrimoine et, par suite, aux contributions et prélèvements sur les revenus du patrimoine mentionnés au point 12.
14. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander la décharge des cotisations primitives de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 à 2014, ainsi que des pénalités correspondantes.
DÉCIDE :
Article 1er : M. A est déchargé des cotisations primitives de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre des années 2012 à 2014, ainsi que des pénalités correspondantes.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 9 février 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 mars 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
L.-J. LANÇON
Le président-rapporteur,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme, La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026