jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2006627 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | GUEY-BALGAIRIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2020 sous le numéro 2006627, et des mémoires, enregistrés les 14 avril 2022 et 5 août 2022, la société civile immobilière Les Deux Frères, représentée par Me Guey-Balgairies, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge ou la réduction des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 dans les rôles de la commune de Steenvoorde, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'établissement exploité sur le site de Steenvoorde n'est pas un établissement industriel, au sens de l'article 1499 du code général des impôts ;
- elle entend se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de ce que le service, à l'issue des contrôles dont la société Condiprim, exploitante des locaux, a fait l'objet au titre des années 2009 à 2012, n'a pas remis en cause la nature non industrielle de son activité, les conditions d'exercice de cette activité n'ayant pas évolué ;
- doivent être exclues de la base imposable les installations spécifiquement adaptées à l'activité, à savoir les installations frigorifiques, les portes sectionnelles avec motorisation et le système spécifique d'assainissement pour le lavage des fruits, correspondant à une somme totale de 306 120,76 euros pour chacune des années d'imposition en litige.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 février 2021 et 5 mai 2022, la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société Les Deux Frères ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 8 septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 octobre 2022.
II. Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2020 sous le numéro 2006629, et des mémoires, enregistrés les 26 janvier 2022, 14 avril 2022 et 5 août 2022, la société à responsabilité limitée Condiprim, représentée par Me Guey-Balgairies, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge ou la réduction des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 à 2018 à raison de locaux sis à Steenvoorde, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'établissement exploité sur le site de Steenvoorde n'est pas un établissement industriel, au sens de l'article 1499 du code général des impôts ;
- elle entend se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, de ce que le service, à l'issue des contrôles dont elle a fait l'objet au titre des années 2009 à 2012, n'a pas remis en cause la nature non industrielle de son activité, les conditions d'exercice de cette activité n'ayant pas évolué ;
- elle peut prétendre au plafonnement en fonction de la valeur ajoutée ;
- doivent être exclues de la base imposable les installations spécifiquement adaptées à l'activité, à savoir les installations frigorifiques, les portes sectionnelles avec motorisation et le système spécifique d'assainissement pour le lavage des fruits, correspondant à une somme totale de 306 120,76 euros pour chacune des années d'imposition en litige.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 février 2021, 30 décembre 2021 et 5 mai 2022, la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord conclut au non-lieu partiel à statuer et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Elle soutient que :
- il a été fait droit à la demande de plafonnement en fonction de la valeur ajoutée, les impositions en litige ayant été partiellement dégrevées en conséquence par des décisions en date du 22 septembre 2022 ;
- les autres moyens soulevés par la société Condiprim ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 8 août 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 16 septembre 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 2018-727 du 10 août 2018 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de M. Quint, rapporteur public,
- et les observations de Me Guey-Balgairies, avocat des sociétés Les Deux Frères et Condiprim.
Des notes en délibéré, enregistrés le 13 mars 2023, ont été présentées pour la société Les Deux Frères et la société Condiprim.
Considérant ce qui suit :
1. La société Les Deux Frères est propriétaire d'un ensemble immobilier sis à Steenvoorde, exploité par la société Condiprim, locataire, qui y exerce une activité de conditionnement et de stockage de fruits tropicaux. L'administration ayant considéré, à l'issue de contrôles dont ces sociétés ont fait l'objet, que l'établissement constituait un établissement industriel, au sens de l'article 1499 du code général des impôts, et que la valeur locative des immobilisations devait dès lors être déterminée par application de la méthode prévue par les dispositions de cet article, les sociétés Les Deux Frères et Condiprim ont été respectivement assujetties, dans les rôles de la commune de Steenvoorde, à des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties au titre des années 2017 et 2018, pour la première, et à des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises au titre des années 2015 à 2018, pour la seconde. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre pour qu'elles fassent l'objet d'un unique jugement, elles demandent au tribunal de prononcer la décharge ou la réduction de ces impositions, ainsi que des pénalités correspondantes.
Sur l'étendue des litiges :
2. Par des décisions en date du 22 septembre 2022, postérieures à l'introduction de la requête de la société Condiprim, la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord a prononcé le dégrèvement partiel, en conséquence du plafonnement en fonction de la valeur ajoutée, des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises mises à la charge de cette société au titre des années 2015 à 2018, à concurrence des sommes respectives de 9 324 euros pour 2015, 6 303 euros pour 2016, 3 074 euros pour 2017 et 10 794 euros pour 2018. Les conclusions à fin de décharge de la société Condiprim sont dès lors, dans cette mesure, devenues sans objet.
Sur le surplus des conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne l'application de la loi fiscale :
3. Aux termes de l'article 1447 du code général des impôts : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales () qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. / () ". Aux termes de l'article 1467 de ce code : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. / () / La valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière est calculée suivant les règles fixées pour l'établissement de cette taxe. / () ". Aux termes de l'article 1380 du même code : " La taxe foncière est établis annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1499 dudit code, dans sa rédaction applicable aux années d'imposition en litige : " La valeur locative des immobilisations industrielles passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties est déterminée en appliquant au prix de revient de leurs différents éléments, revalorisé à l'aide des coefficients qui avaient été prévus pour la révision des bilans, des taux d'intérêt fixés par décret en Conseil d'État. / () ".
4. En premier lieu, revêtent un caractère industriel, au sens des dispositions précitées de l'article 1499 du code général des impôts, les établissements dont l'activité nécessite d'importants moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste dans la fabrication ou la transformation de biens corporels mobiliers mais aussi lorsque le rôle des installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre, fût-ce pour les besoins d'une autre activité, est prépondérant.
5. Il résulte de l'instruction que la société Condiprim exerce une activité de stockage et de conditionnement de fruits tropicaux. Elle réceptionne les denrées destinées à ses clients importateurs, qu'elle prévient de leur arrivée et de leur état, avant de trier les fruits, de les conditionner, notamment par ensachage automatique ou mise sur plateaux ou barquettes, et de les stocker en chambres froides, puis de les expédier à leurs destinataires. Pour l'exercice de cette activité, la société Condiprim dispose, dans la commune de Steenvoorde, sur un terrain de 9 600 m2, d'un établissement d'une superficie totale de 6 769 m2 répartie sur trois ensembles. Le premier bâtiment, d'une superficie de 1 844 m2, comprend des bureaux, des quais de chargement et de déchargement, un espace de stockage pour la réception et l'expédition des produits et une chambre froide de 840 m2 munie de racks de 5,5 mètres de hauteur. Le deuxième bâtiment, d'une superficie de 2 525 m2, comprend une zone de froid composée de cinq cellules réfrigérées d'une surface unitaire de 157 m2, munies de racks d'une hauteur de 5 mètres, et des chaînes de conditionnement des fruits et d'ensachage. Le dernier bâtiment, d'une superficie de 2 335 m2, comprend une zone de stockage de produits nécessaires au conditionnement des fruits, une zone de stockage des déchets, une laveuse et une presse, ainsi que deux quais de chargement pour recevoir les produits d'emballage et expédier les déchets. Les zones de froid sont isolées par des portes isothermes à fermeture rapide. Les immobilisations se rapportant aux installations techniques liées à la production et à la conservation du froid s'élèvent à près de 300 000 euros et la part des immobilisations comptabilisées dans le compte " matériel industriel " s'élève à près de la moitié des immobilisations de la société. Compte tenu des conditions d'exploitation de l'établissement, l'existence des surfaces réfrigérées, qui correspondent environ au quart de la superficie totale des bâtiments, est nécessaire à la conservation des fruits tropicaux et au bon exercice de l'activité de stockage et de conditionnement de ces denrées fragiles, qui y est exercée. En outre, si les sociétés Les Deux Frères et Condiprim soutiennent que le personnel salarié, qui comprend 17 personnes, auxquelles peuvent être adjoints des saisonniers et intérimaires, assure la manipulation des produits, la société Condiprim traite en moyenne plus de 12 000 tonnes de fruits par an, avec des périodes de très forte activité, au cours desquelles elle peut traiter près de 3 000 tonnes par mois, grâce aux installations susmentionnées, ainsi qu'à un matériel informatique de gestion des stocks, à des engins de levage et à des chariots et transpalettes. Dans ces conditions, les moyens techniques nécessités par l'activité de la société Condiprim doivent être regardés comme importants et prépondérants dans l'exercice de cette activité. Par suite, les sociétés requérantes ne sont pas fondées à soutenir que c'est à tort que le service a regardé l'établissement comme revêtant un caractère industriel, au sens des dispositions précitées de l'article 1499 du code général des impôts.
6. En second lieu, aux termes de l'article 1381 du code général des impôts : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : / 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; / 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication ; / () ". Aux termes de l'article 1382 de ce code : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : / () / 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés aux 1° et 2° de l'article 1381 ; / () ".
7. Pour apprécier, en application de l'article 1495 du code général des impôts et de l'article 324 B de son annexe III, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu de ses articles 1380 et 1381, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties, et, par suite, pour déterminer la base de la cotisation foncière des entreprises, en application de l'article 1467, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par les articles 1380 et 1381, mais également des biens faisant corps avec eux. Sont toutefois exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties et de la cotisation foncière des entreprises, en application du 11° de l'article 1382 et de l'article 1467 du même code, ceux de ces biens qui font partie des outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.
8. D'une part, il résulte de l'instruction, et en particulier des libellés des écritures comptables, que les éléments acquis en 2003, 2006 et 2012 et comptabilisés par la société Condiprim au compte 28181000 pour des valeurs de 247 854,46 euros, 37 877,14 euros et 5 847,90 euros, correspondent à des installations frigorifiques permettant le stockage de fruits tropicaux. Ces installations étant ainsi destinées à stocker des produits, elles sont au nombre des éléments mentionnés au 1° de l'article 1381 du code général des impôts. Par suite, les sociétés requérantes ne sont pas fondées à soutenir que ces installations sont exonérées de taxe foncière sur les propriétés bâties, en application du 11° de l'article 1382 de ce code, et que leur valeur locative doit dès lors être exclue de la base de la cotisation foncière des entreprises, en application de l'article 1467 du même code
9. D'autre part, il résulte de l'instruction que les portes sectionnelles avec motorisation, garantissant la conservation du froid et le maintien d'une température adaptée au stockage des fruits tropicaux, correspondant à des immobilisations d'une valeur de 10 850 euros acquises en 2009, et le système d'assainissement destiné au lavage de ces aliments, correspondant à des immobilisations d'une valeur de 3 691,46 euros acquises en 2002, constituent des installations et moyens matériels d'exploitation spécifiquement adaptés à l'activité exercée par la société Condiprim dans l'établissement appartenant à la société Les Deux Frères, lequel doit être regardé comme un établissement industriel, au sens de l'article 1499 du code général des impôts, ainsi qu'il a été dit au point 5. Par suite, ces biens ne figurant pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381 de ce code, et sans qu'y fasse obstacle par elle-même la circonstance qu'ils aient été comptabilisés dans des comptes de constructions, les sociétés requérantes sont fondées à soutenir qu'ils sont exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties, en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts, et que leur valeur locative doit dès lors être exclue de la base de la cotisation foncière des entreprises, en application de l'article 1467 de ce code.
En ce qui concerne l'interprétation administrative de la loi fiscale :
10. Aux termes de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales : " Il ne sera procédé à aucun rehaussement d'imposition antérieures si la cause du rehaussement poursuivi par l'administration est un différend sur l'interprétation par le redevable de bonne foi du texte fiscal et s'il est démontré que l'interprétation sur laquelle est fondée la première décision a été, à l'époque, formellement admise par l'administration. / () ". Aux termes de l'article L. 80 B de ce livre : " La garantie prévue au premier alinéa de l'article L. 80 A est applicable : / 1° Lorsque l'administration a formellement pris position sur l'appréciation d'une situation de fait au regard d'un texte fiscal ; elle se prononce dans un délai de trois mois lorsqu'elle est saisie d'une demande écrite, précise et complète par un redevable de bonne foi. / () ".
11. L'absence d'application de la méthode comptable de l'article 1499 du code général des impôts pour la liquidation des cotisations de taxe professionnelle et de cotisation foncière des entreprises dues à raison de l'activité exercée dans l'établissement sis à Steenvoorde à l'issue de contrôles dont la société Condiprim a fait l'objet au titre des années 2009 à 2012 ne constitue pas une interprétation formelle de la loi fiscale ou une prise de position formelle que les sociétés Les Deux Frères et Condiprim pourraient opposer à l'administration fiscale sur le fondement des articles L. 80 A et L. 80 B du livre des procédures fiscales. Les sociétés requérantes ne sauraient utilement se prévaloir à cet égard des dispositions insérées à l'article L. 80 A par la loi susvisée du 10 août 2018 pour un État au service d'une société de confiance, aux termes desquelles : " Il en est de même lorsque, dans le cadre d'un examen ou d'une vérification de comptabilité ou d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle, et dès lors qu'elle a pu se prononcer en toute connaissance de cause, l'administration a pris position sur les points du contrôle, y compris tacitement par une absence de rectification ", ces dispositions n'étant applicables qu'aux contrôles dont les avis ont été adressés à compter du 1er janvier 2019, ce qui n'est pas le cas en l'espèce.
12. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 11 que les sociétés Les Deux Frères et Condiprim sont seulement fondées à demander la réduction des cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties établies au titre des années 2017 et 2018 et des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises établies au titre des années 2015 à 2018, auxquelles elles ont été respectivement assujetties dans les rôles de la commune de Steenvoorde, ainsi que des pénalités s'y rapportant, correspondant à l'exclusion des bases imposables des portes sectionnelles avec motorisation et du système spécifique d'assainissement pour le lavage des fruits.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Il y a lieu, dans les circonstances des espèces, de mettre à la charge de l'État le versement aux sociétés Les Deux Frères et Condiprim d'une somme de 1 500 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin de décharge de la requête de la société Condiprim à concurrence des dégrèvements partiels accordés en cours d'instance.
Article 2 : Les bases imposables à la taxe foncière sur les propriétés bâties de la société Les Deux Frères au titre des années 2017 et 2018 sont réduites conformément aux motifs du présent jugement.
Article 3 : Les cotisations supplémentaires de taxe foncière sur les propriétés bâties auxquelles la société Les Deux Frères a été assujettie au titre des années 2017 et 2018 dans les rôles de la commune de Steenvoorde sont réduites à concurrence de la réduction des bases imposables définie à l'article 2.
Article 4 : Les bases imposables à la cotisation foncière des entreprises de la société Condiprim au titre des années 2015 à 2018 sont réduites conformément aux motifs du présent jugement.
Article 5 : Les cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles la société Condiprim a été assujettie au titre des années 2015 à 2018 dans les rôles de la commune de Steenvoorde sont réduites à concurrence de la réduction des bases imposables définie à l'article 4.
Article 6 : L'État versera aux sociétés Les Deux Frères et Condiprim une somme de 1 500 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : Le surplus des conclusions des requêtes de la société Les Deux Frères et de la société Condirprim est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière Les Deux Frères, à la société à responsabilité limitée Condiprim et à la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Lançon, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
L.-J. LANÇONLe président-rapporteur,
Signé
O. A
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2006627, 2006629
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026