jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2006896 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL RESSOURCES PUBLIQUES AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2020, M. A B, représenté par Me Ramas-Mulbach puis par Me Fillieux, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la proposition de rectification qui lui a été adressée est insuffisamment motivée ;
- l'administration fiscale n'apporte la preuve ni de l'existence, ni de l'appréhension des bénéfices de la société ID TP ;
- les charges supportées par la société ID TP, à concurrence d'un montant de 430 000 euros, sont déductibles de ses résultats ;
- les provisions comptabilisées au titre de l'exercice clos en 2016 doivent être prises en compte pour la détermination du résultat de la société ID TP ;
- la société ID TP pouvait demander le report en arrière sur le résultat de l'exercice clos en 2016 de son déficit de l'exercice clos en 2017.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 janvier 2021, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 10 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- et les conclusions de M. Quint, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société ID TP, qui exerçait une activité de travaux publics et dont M. B était le gérant et l'associé unique, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle elle a été taxée d'office à l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2016, en application des dispositions du 2° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales. Le résultat bénéficiaire de cet exercice, fixé par le service à la somme de 192 184 euros, a été regardé comme un revenu distribué à M. B, imposable entre ses mains à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement des dispositions du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. En conséquence, à l'issue d'un contrôle sur pièces, M. B a été assujetti à des cotisations primitives d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2016. M. B doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge de ces impositions, ainsi que des pénalités correspondantes.
2. En premier lieu, Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / () ". Aux termes de l'article R. 57-1 de ce livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs de la rectification envisagée. () ".
3. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 30 septembre 2019 adressée à M. B, à laquelle était annexée une copie de celle envoyée le même jour à la société ID TP, mentionne les motifs et le montant du rehaussement envisagé, son fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle il est opéré, ainsi que les impositions et l'année d'imposition concernées. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en méconnaissance des dispositions précitées, la proposition de rectification qui lui a été adressée est insuffisamment motivée.
4. En second lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital ; / () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109 les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés. / () ".
5. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, () s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. / () ".
6. Il résulte de l'instruction que M. B, qui a été assujetti aux impositions en litige à l'issue d'une procédure de rectification contradictoire, s'est abstenu de répondre à la proposition de rectification du 30 septembre 2019 qui lui avait été régulièrement notifiée et de présenter des observations pour contester la rectification envisagée. Cette rectification doit dès lors être regardée comme ayant été tacitement acceptée. Par suite, en application des dispositions précitées de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, il appartient à M. B d'apporter la preuve du mal-fondé des impositions en résultant.
7. D'une part, la circonstance que la société ID TP aurait pu demander le report en arrière du résultat déficitaire de l'exercice clos en 2017, ce qu'elle n'a pas fait, est en tout état de cause sans incidence sur l'existence, le montant ou l'appréhension du revenu distribué en litige et, par suite, sur le bien-fondé des impositions résultant de sa taxation.
8. D'autre part, si M. B conteste le montant du revenu distribué en litige en faisant valoir que la société ID TP a supporté des charges et comptabilisé des provisions déductibles de son résultat de l'exercice clos en 2016, il n'apporte la preuve ni de l'existence de charges d'un montant supérieur à celui retenu par le service, à l'issue de la vérification de comptabilité de cette société, pour déterminer son résultat bénéficiaire imposable à l'impôt sur les sociétés au titre de cet exercice, ni de la comptabilisation de provisions déductibles, que le service aurait à tort omis de prendre en compte pour déterminer ce résultat.
9. Enfin, M. B n'apporte pas la preuve qu'ainsi qu'il le soutient, il n'a pas appréhendé le revenu distribué correspondant au résultat bénéficiaire de l'exercice clos en 2016 de la société ID TP. En tout état de cause, il résulte de l'instruction, et notamment de la proposition de rectification du 30 septembre 2019 qui lui a été adressée, que M. B était le gérant et l'associé unique de cette société, dont il était le seul représentant, et qu'il disposait seul et sans contrôle de la signature bancaire et des fonds de celle-ci.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander la décharge des cotisations primitives d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2016, ainsi que des pénalités correspondantes. Les conclusions à fin de décharge de M. B doivent dès lors être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles qu'il a présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Dang, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
L. DANGLe président-rapporteur,
Signé
O. C
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
No 2006896
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026