jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2007017 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | ROUMAZEILLE |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2020 sous le numéro 2007017, et un mémoire, enregistré le 15 juillet 2021, la société par actions simplifiée Willefert, représentée par Me Roumazeille, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 à 2018 à raison d'un établissement sis 86, rue Camille Desmoulins à Provin, ainsi que des pénalités correspondantes ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière, le vérificateur ayant omis de mentionner le contrôle approfondi effectué au titre des années antérieures ;
- le vérificateur n'a pas tenu compte de la législation relative à la détermination des valeurs locatives des établissements industriels selon la méthode comptable ;
- elle entend se prévaloir, sur le fondement des articles L. 80 A et L. 80 B du livre des procédures fiscales, de la prise de position du service pour ce qui concerne la détermination des valeurs locatives des immobilisations existantes au 31 décembre 2003, qu'elle peut opposer dès lors qu'elle exerce, avec les mêmes moyens, la même activité industrielle que celle des sociétés Établissements Willefert et E. Willefert, qu'elle a absorbées ;
- les valeurs locatives au 31 décembre 2003 doivent être déterminées à partir des valeurs locatives résultant du contrôle approfondi réalisé durant les années 2000 à 2005, avec application des coefficients de revalorisation ;
- doivent être exclues de la base imposable les installations spécifiquement adaptées à l'activité, à savoir les transformateurs, les installations incendie, les frais d'installation d'un bassin de confinement, les dépenses correspondant au générateur d'eau chaude et les dépenses d'aérotherme ;
- elle entend se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations du paragraphe n° 10 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques - impôts sous la référence IF-CFE-20-20-10-20 ;
- les dépenses correspondant aux chaudières UTB, au générateur d'eau chaude et à l'aérotherme constituent des dépenses d'entretien courantes et n'apportent pas une modification au niveau de la consistance des locaux ;
- la première facture d'achat d'une chaudière aurait dû être supprimée du bilan lors de l'achat de la nouvelle chaudière ;
- les biens correspondant à la facture " GLSI Sécurité incendie " ne sont pas installés dans l'usine de Provin ;
- les frais d'études d'installation d'un bassin de confinement ne constituent pas des immobilisations à caractère foncier éligibles à la méthode comptable ;
- la facture Eurovestiaire correspond à des vestiaires mobiles, qui ne sont pas attachés au sol et qui n'apportent aucun changement notable de consistance ;
- la facture Cathelain correspond à des travaux de terrassement de parkings, consistant en la réparation de travaux antérieurs immobilisés relatifs à des parkings, qui n'ont apporté aucune consistance supplémentaire aux constructions et terrains existants ; il ne s'agit pas de changements des caractéristiques physiques ou environnementales importants ;
- la facture Charpente métallique correspond à un abri sommaire pour palettes, qui est fixé au sol par de simples écrous et dont le caractère foncier est dès lors discutable ;
- eu égard aux valeurs locatives retenues par le service au titre des années 2002 à 2005, les bases imposables s'élèvent à 89 361 euros pour 2015, 90 270 euros pour 2016, 90 620 euros pour 2017 et 90 969 euros pour 2018 ;
- doivent être exclues de la base imposable les installations relatives au " réseau incendie " acquises jusqu'au 31 décembre 2003, qui sont exonérées, en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts ;
- doivent être exclus de la base imposable le rideau acier, le rideau métallique, le portail, les tabatières, la plateforme et le candélabre acquis jusqu'au 31 décembre 2003, qui constituent de petits éléments non soumis à déclarations modèles U ou IL ;
- doivent être exclus de la base imposable les rayonnages, l'aménagement placard et les racks acquis jusqu'au 31 décembre 2003, qui ne présentent pas de caractère foncier ;
- l'immobilisation relative à la charpente métallique, acquise en 2017 et correspondant à la facture d'un montant de 26 180 euros, ne peut devenir imposable qu'à compter de l'année 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2020, la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par la société Willefert ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 9 juillet 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 septembre 2021.
II. Par une requête, enregistrée le 14 juin 2021 sous le numéro 2104597, la société par actions simplifiée Willefert, représentée par Me Roumazeille, demande au tribunal :
1°) de prononcer la réduction des cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 à raison d'un établissement sis 86, rue Camille Desmoulins à Provin ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure d'imposition est irrégulière, le vérificateur ayant omis de mentionner le contrôle approfondi effectué au titre des années antérieures ;
- le vérificateur n'a pas tenu compte de la législation relative à la détermination des valeurs locatives des établissements industriels selon la méthode comptable ;
- elle entend se prévaloir, sur le fondement des articles L. 80 A et L. 80 B du livre des procédures fiscales, de la prise de position du service pour ce qui concerne la détermination des valeurs locatives des immobilisations existantes au 31 décembre 2003, qu'elle peut opposer dès lors qu'elle exerce, avec les mêmes moyens, la même activité industrielle que celle des sociétés Établissements Willefert et E. Willefert, qu'elle a absorbées ;
- les valeurs locatives au 31 décembre 2003 doivent être déterminées à partir des valeurs locatives résultant du contrôle approfondi réalisé durant les années 2000 à 2005, avec application des coefficients de revalorisation ;
- doivent être exclues de la base imposable les installations spécifiquement adaptées à l'activité, à savoir les transformateurs, les installations incendie, les frais d'installation d'un bassin de confinement, les dépenses correspondant au générateur d'eau chaude et les dépenses d'aérotherme ;
- elle entend se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations du paragraphe n° 10 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques - impôts sous la référence IF-CFE-20-20-10-20 ;
- les dépenses correspondant aux chaudières UTB, au générateur d'eau chaude et à l'aérotherme constituent des dépenses d'entretien courantes et n'apportent pas une modification au niveau de la consistance des locaux ;
- la première facture d'achat d'une chaudière aurait dû être supprimée du bilan lors de l'achat de la nouvelle chaudière ;
- les biens correspondant à la facture " GLSI Sécurité incendie " ne sont pas installés dans l'usine de Provin ;
- les frais d'études d'installation d'un bassin de confinement ne constituent pas des immobilisations à caractère foncier éligibles à la méthode comptable ;
- la facture Eurovestiaire correspond à des vestiaires mobiles, qui ne sont pas attachés au sol et qui n'apportent aucun changement notable de consistance ;
- la facture Cathelain correspond à des travaux de terrassement de parkings, consistant en la réparation de travaux antérieurs immobilisés relatifs à des parkings, qui n'ont apporté aucune consistance supplémentaire aux constructions et terrains existants ; il ne s'agit pas de changements des caractéristiques physiques ou environnementales importants ;
- eu égard aux valeurs locatives retenues par le service au titre des années 2002 à 2005, les bases imposables s'élèvent à 97 934 euros pour 2019 et 99 106 euros pour 2020 ;
- doivent être exclues de la base imposable les installations relatives au " réseau incendie " acquises jusqu'au 31 décembre 2003, qui sont exonérées, en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts ;
- doivent être exclus de la base imposable le rideau acier, le rideau métallique, le portail, les tabatières, la plateforme et le candélabre acquis jusqu'au 31 décembre 2003, qui constituent de petits éléments non soumis à déclarations modèles U ou IL ;
- doivent être exclus de la base imposable les rayonnages, l'aménagement placard et les racks acquis jusqu'au 31 décembre 2003, qui ne présentent pas de caractère foncier.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 décembre 2021, le directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Willefert ne sont pas fondés.
Par une ordonnance en date du 8 avril 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 mai 2022.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lemaire,
- les conclusions de M. Quint, rapporteur public,
- et les observations de Me Roumazeille, avocat de la société Willefert.
Une note en délibéré, enregistrée le 3 juillet 2023, a été présentée pour la société Willefert.
Considérant ce qui suit :
1. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre pour qu'elles fassent l'objet d'un unique jugement, la société Willefert, qui exerce une activité de confection d'articles matelassés de linge de lit et de maison dans un ensemble immobilier à Provin, demande au tribunal de prononcer la réduction, d'une part, des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 à 2018, ainsi que des pénalités correspondantes, et, d'autre part, des cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020.
Sur les conclusions à fin de réduction :
En ce qui concerne la régularité des procédures d'imposition :
2. La circonstance que l'administration fiscale n'ait pas mentionné, dans les documents qu'elle a envoyés à la société Willefert au cours de la procédure à l'issue de laquelle celle-ci a été assujettie aux cotisations supplémentaires litigieuses de cotisation foncière des entreprises mises en recouvrement au titre des années 2015 à 2018, le contrôle qui avait été réalisé au regard de la taxe professionnelle au titre d'années antérieures est par elle-même dépourvue de toute incidence.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
S'agissant du cadre juridique du litige :
3. Aux termes de l'article 1447 du code général des impôts : " I. - La cotisation foncière des entreprises est due chaque année par les personnes physiques ou morales () qui exercent à titre habituel une activité professionnelle non salariée. / () ". Aux termes de l'article 1467 de ce code : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence définie aux articles 1467 A et 1478, à l'exception de ceux qui ont été détruits ou cédés au cours de la même période. / () / La valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière est calculée suivant les règles fixées pour l'établissement de cette taxe. / () ". Aux termes de l'article 1467 A du même code : " () la période de référence retenue pour déterminer les bases de cotisation foncière des entreprises est l'avant-dernière année précédant celle de l'imposition ou le dernier exercice de douze mois au cours de cette même année lorsque cet exercice ne coïncide pas avec l'année civile ".
4. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". Aux termes de l'article 1381 de ce code : " Sont également soumis à la taxe foncière sur les propriétés bâties : / 1° Les installations destinées à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits ainsi que les ouvrages en maçonnerie présentant le caractère de véritables constructions tels que, notamment, les cheminées d'usine, les réfrigérants atmosphériques, les formes de radoub, les ouvrages servant de support aux moyens matériels d'exploitation ; / 2° Les ouvrages d'art et les voies de communication ; / () ". Aux termes de l'article 1382 du même code : " Sont exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties : / () / 11° Les outillages et autres installations et moyens matériels d'exploitation des établissements industriels à l'exclusion de ceux visés aux 1° et 2° de l'article 1381 ; / () ".
5. Pour apprécier, en application de l'article 1495 du code général des impôts et de l'article 324 B de son annexe III, la consistance des propriétés qui entrent, en vertu de ses articles 1380 et 1381, dans le champ de la taxe foncière sur les propriétés bâties, et, par suite, pour déterminer la base de la cotisation foncière des entreprises, en application de l'article 1467, il est tenu compte, non seulement de tous les éléments d'assiette mentionnés par les articles 1380 et 1381, mais également des biens faisant corps avec eux. Sont toutefois exonérés de la taxe foncière sur les propriétés bâties et de la cotisation foncière des entreprises, en application du 11° de l'article 1382 et de l'article 1467 du même code, ceux de ces biens qui font partie des outillages, autres installations et moyens matériels d'exploitation d'un établissement industriel, c'est-à-dire ceux de ces biens qui relèvent d'un établissement qualifié d'industriel au sens de l'article 1499, qui sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un tel établissement et qui ne sont pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381.
S'agissant de l'application de la loi fiscale :
6. Il résulte de l'instruction que, pour déterminer les bases imposables à la cotisation foncière des entreprises de la société Willefert, qui ne conteste pas que l'établissement dans lequel elle exerce son activité de confection d'articles matelassés de linge de lit et de maison présente le caractère d'un établissement industriel, au sens de l'article 1499 du code général des impôts, et que la valeur locative des immobilisations doit dès lors être déterminée par application de la méthode prévue par les dispositions de cet article, l'administration fiscale s'est fondée sur la liste des immobilisations comptabilisées à l'actif par la société elle-même au titre des exercices correspondant aux années d'imposition, ainsi que sur la valeur des éléments de l'actif immobilisé figurant aux bilans.
7. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la somme de 13 320 euros correspondant à la facture établie le 11 janvier 2012 par la société UTB, qui est dépourvue de toute précision quant à son objet, se rapporte à des dépenses d'entretien courant et, en tout état de cause, n'ayant pas modifié la consistance des locaux de la société Willefert. Il résulte également de l'instruction que la somme de 16 584 euros correspond à la facture établie le 30 décembre 2016 par la société UTB à raison du remplacement d'une chaudière aérotherme, que la somme de 8 433,95 euros correspond à la facture établie le 6 février 2014 par la société SEET à raison de la fourniture d'un générateur d'air chaud et que la somme de 6 466 euros correspondant à la facture établie le 29 août 2014 par la société SDN NV à raison de la fourniture d'un aérotherme à eau. La société Willefert n'est dès lors pas fondée à soutenir que ces dépenses, qui correspondent à l'entrée de nouveaux éléments dans l'actif immobilisé, constituent des dépenses d'entretien courant. En outre, la circonstance que ces dépenses n'ont eu aucun effet sur le volume ou la superficie de ces locaux ne fait pas obstacle par elle-même à la prise en compte des immobilisations correspondantes pour la détermination des bases imposables à la cotisation foncière des entreprises.
8. En deuxième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la somme de 13 320 euros facturée le 11 janvier 2012 par la société UTB, à raison de laquelle la société Willefert ne verse au dossier qu'une facture dépourvue de toute précision quant à son objet, correspond à l'installation d'une chaudière dont le remplacement a donné lieu à la facture établie le 30 décembre 2016 pour un montant de 16 584 euros par la société UTB, et que c'est ainsi par erreur que cette somme de 13 320 euros a continué à figurer à l'actif immobilisé du bilan de la société requérante.
9. En troisième lieu, il ne résulte pas de l'instruction et la société Willefert ne verse aucun élément de nature à établir que la somme totale de 16 411,69 euros correspondant aux factures établies les 4 mars 2013 et 18 avril 2013 par la société GLSI pour des montants respectifs de 4 923,51 euros et 11 488,18 euros, qui ne comportent aucune précision sur les biens facturés et leur lieu d'installation, se rapporte à des biens installés sur un autre site que celui de Provin et qu'elle ne peut dès lors pas été prise en compte pour déterminer les bases imposables à la cotisation foncière des entreprises due par la société requérante à raison de l'activité qu'elle exerce à Provin.
10. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que, si la somme totale de 16 050 euros correspond à des frais d'étude facturés les 15 octobre 2013, 29 novembre 2013 et 19 décembre 2013 par la société Kaliès pour des montants de 600 euros, 4 950 euros, 9 900 euros et 600 euros, les frais en litige ont été engagés à raison de l'installation d'un bassin de confinement relevant de l'actif immobilisé de la société Willefert. La société requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que l'administration fiscale ne pouvait pas retenir cette somme pour la détermination des bases imposables à la cotisation foncière des entreprises.
11. En cinquième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que les vestiaires acquis le 26 janvier 2017 auprès de la société Eurovestiaire pour un montant total de 4 231,30 euros ne font pas corps avec les propriétés bâties à prendre en compte pour déterminer les bases imposables à la cotisation foncière des entreprises de la société Willefert. La circonstance que ces biens n'ont pas modifié le volume ou la superficie des locaux ne fait pas obstacle par elle-même à leur prise en compte.
12. En sixième lieu, il résulte de l'instruction que la somme totale de 30 644,42 euros correspond à une facture établie le 31 mars 2017 par la société Cathelain à raison de l'aménagement d'une aire de stockage, de la création d'un auvent et de la réfection consécutive de la voirie, selon les termes mêmes de la facture. Les travaux correspondants doivent être regardés comme se rapportant à une véritable construction, au sens des dispositions précitées du 1° de l'article 1381 du code général des impôts. C'est dès lors à bon droit que l'administration en a tenu compte pour la détermination des bases imposables à la cotisation foncière des entreprises, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que ces travaux n'ont pas modifié le volume ou la superficie des locaux de la société requérante.
13. En septième lieu, il résulte de l'instruction que la somme totale de 26 180 euros correspond à une facture établie le 28 avril 2017 par la société Leleu à raison de la fourniture d'une charpente métallique. Si la société Willefert soutient qu'il s'agit d'un abri sommaire qui n'est fixé au sol que par de simples écrous, elle n'apporte aucun élément de nature à l'établir. Cette charpente devant être regardée comme une installation destinée à abriter des personnes ou des biens ou à stocker des produits, au sens des dispositions du 1° de l'article 1381 du code général des impôts, c'est à bon droit que l'administration en a tenu compte pour la détermination des bases imposables à la cotisation foncière des entreprises de la société Willefert.
14. En huitième lieu, si la société Willefert soutient que les rayonnages, l'aménagement placard et les racks acquis jusqu'au 31 décembre 2003 ne présentent pas de " caractère foncier ", en tout état de cause, elle ne verse au dossier aucun élément probant au soutien de ses allégations et il ne résulte pas de l'instruction que ces biens ne font pas corps avec les propriétés bâties à prendre en compte pour déterminer les bases imposables à la cotisation foncière des entreprises de la société requérante.
15. En neuvième lieu, il ne résulte pas de l'instruction qu'ainsi que le soutient la société Willefert, qui ne verse au dossier aucun élément probant au soutien de ses allégations, les immobilisations relatives au " réseau incendie " acquises avant le 31 décembre 2003 et celles correspondant aux factures établies les 4 mars 2013 et 18 avril 2013 par la société GLSI, qui ne comportent aucune précision sur les biens facturés, sont des biens spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel, exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts et, par suite, de cotisation foncière des entreprises.
16. En dixième lieu, si la société Willefert soutient, sans assortir son moyen de précisions suffisantes, que le rideau acier, le rideau métallique, le portail, les tabatières, la plateforme et le candélabre acquis avant le 31 décembre 2003 n'avaient pas à être portés à la connaissance de l'administration fiscale par la souscription de déclarations " modèles U ou IL ", il ne résulte pas de l'instruction que ces éléments n'avaient pas à figurer dans les immobilisations comptabilisées à l'actif par la société elle-même et à être prises en compte pour la détermination des bases imposables à la cotisation foncière des entreprises. La circonstance, dont la société requérante se prévaut, qu'il s'agisse de " petits éléments " est par elle-même sans incidence. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que ces biens sont spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel, exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts et, par suite, de cotisation foncière des entreprises.
17. En onzième lieu, il résulte de l'instruction que les immobilisations se rapportant au transformateur électrique de haute puissance acquis en 2011, inscrites en comptabilité pour des valeurs de 48 000 euros et 2 496,24 euros, correspondent à un bien spécifiquement adapté à l'activité exercée par la société Willefert. Par suite, ce bien ne figurant pas au nombre des éléments mentionnés aux 1° et 2° de l'article 1381 du code général des impôts, la société requérante est fondée à soutenir qu'il est exonéré de taxe foncière sur les propriétés bâties, en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts, et que sa valeur locative doit dès lors être exclue de la base de la cotisation foncière des entreprises, en application de l'article 1467 de ce code.
18. En douzième lieu, il ne résulte pas de l'instruction qu'ainsi que le soutient la société Willefert, les immobilisations se rapportant aux factures établies les 31 mai 2013, 31 juillet 2013, 31 août 2013, 30 septembre 2013, 31 octobre 2013 et 24 décembre 2013 par la société Phryse pour des montants respectifs de 1 450 euros, 1 125 euros, 1 500 euros, 1 125 euros, 950 euros et 500 euros, celles se rapportant à la facture établie le 6 février 2014 par la société SEET à raison de la fourniture d'un générateur d'air chaud et celle se rapportant à la facture établie le 29 août 2014 par la société SDN NV à raison de la fourniture d'un aérotherme à eau correspondent à des biens spécifiquement adaptés aux activités susceptibles d'être exercées dans un établissement industriel, exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en application du 11° de l'article 1382 du code général des impôts et, par suite, de cotisation foncière des entreprises.
19. En treizième lieu, il résulte de l'instruction, et notamment des annexes à la lettre du 2 octobre 2018 qui lui a été adressée, que, contrairement à ce que soutient la société Willefert, pour déterminer les bases imposables à la cotisation foncière des entreprises due par celle-ci au titre des années 2015 à 2018, l'administration fiscale n'a pas tenu compte de la valeur locative des immobilisations qu'elle avait acquises en 2017.
20. En quatorzième lieu, le moyen tiré de ce que l'administration fiscale n'a pas " tenu compte de la législation relative à la détermination des valeurs locatives des établissements industriels selon la méthode comptable " n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
21. En dernier lieu, en soutenant que les valeurs locatives des immobilisations à retenir pour fixer ses bases imposables à la cotisation foncière des entreprises doivent être déterminées à partir des valeurs locatives résultant du contrôle approfondi réalisé durant les années 2000 à 2005, avec application des coefficients de revalorisation, la société Willefert ne conteste pas sérieusement la liquidation des impositions contestées.
S'agissant de l'interprétation administrative de la loi fiscale :
22. En premier lieu, la société Willefert ne saurait se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations du paragraphe n° 10 des commentaires publiés au bulletin officiel des finances publiques - impôts sous la référence IF-CFE-20-20-10-20, qui ne comportent aucune interprétation de la loi fiscale différente de celle dont il est fait application par le présent jugement.
23. En second lieu, les bases de liquidation des cotisations de taxe professionnelle mises à la charge des sociétés Établissements Willefert et E. Willefert, qu'elle a ensuite absorbées, au titre d'années antérieures aux années d'imposition en litige, ne constituent pas une interprétation formelle de la loi fiscale ou une prise de position formelle que la société Willefert, qui se trouve au demeurant dans une situation différente, pourrait opposer à l'administration fiscale sur le fondement des articles L. 80 A et L. 80 B du livre des procédures fiscales.
24. Il résulte de tout ce qui précède que la société Willefert est seulement fondée à demander l'exclusion des bases imposables à la cotisation foncière des entreprises des immobilisations se rapportant au transformateur électrique de haute puissance acquis en 2011 et la réduction correspondante, d'une part, des cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2015 à 2018, ainsi que des pénalités correspondantes, et, d'autre part, des cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2019 et 2020. Le surplus des conclusions à fin de réduction de la requête de la société Willefert doit dès lors être rejeté.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante pour l'essentiel dans les présentes instances, le versement des sommes que la société Willefert demande au titre des frais qu'elle a exposés.
DÉCIDE :
Article 1er : Les bases imposables à la cotisation foncière des entreprises de la société Willefert au titre des années 2015 à 2020 sont réduites conformément aux motifs du présent jugement.
Article 2 : Les cotisations supplémentaires de cotisation foncière des entreprises auxquelles la société Willefert a été assujettie au titre des années 2015 à 2018, ainsi que les pénalités correspondantes, et les cotisations primitives de cotisation foncière des entreprises auxquelles cette société a été assujettie au titre des années 2019 et 2020 sont réduites à concurrence de la réduction des bases imposables définie à l'article 1er.
Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes de la société Willefert est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée Willefert, à la directrice spécialisée de contrôle fiscal Nord et au directeur régional des finances publiques des Hauts-de-France et du département du Nord.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Lemaire, président,
- Mme Bonhomme, première conseillère,
- Mme Courtois, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
F. BONHOMMELe président-rapporteur,
Signé
O. LEMAIRE
La greffière,
Signé
S. RANWEZ
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Nos 2007017, 2104597
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026